Alors que le Medad a remis hier le document qui servira de trame à la négociation finale du Grenelle, arrêtons nous aujourd’hui sur un aspect encore peu évoqué dans les médias : la responsabilité sociale des entreprises (communément dénommé RSE). Et ce suite au billet d’hier, et afin de relayer une initiative soutenue par plusieurs jeunes de partis politiques.
De nombreuses entreprises se sont engagées dans des démarches de progrès visant à mieux intégrer l’impact environnemental de leur activité. Cependant, pour beaucoup de citoyens, l’activité économique reste synonyme de destruction de l’environnement. Dans une enquête TNS sur les Français et l’environnement (06/04/2006), seuls 5 % des Français répondaient faire confiance à l’entreprise pour protéger l’environnement. Il faut que les choses changent et encourager une réconciliation entre l’activité économique et la préservation de la planète. Dans le cadre du Grenelle, cette thématique a été traitée par le groupe 5.
En réalité, il est impossible aujourd’hui pour un Français de savoir par exemple qui de Renault ou de Peugeot a le meilleur comportement environnemental. Les informations qui sont accessibles au grand public sont illisibles et non vérifiées. Les rapports de développement durable publiés par les entreprises sont toujours lisses, ne suivent aucune norme et il est difficile de vérifier la véracité et l’engagement réel de ces firmes.
Les trois mesures phares suggérées par l’Alliance en matière de RSE (cf. ce document pdf, p. 26 ) sont de renforcer le cadre d’information concernant la responsabilité sociale des entreprises, de responsabiliser les entreprises françaises face aux dommages environnementaux commis en France et à l’étranger et de réformer la régulation de la publicité. L’Alliance pour la planète demande donc une obligation réelle d’information sur l’ensemble de l’activité d’une entreprise et sur 3 ou 4 indicateurs sociaux et environnementaux compréhensibles par chaque consommateur et citoyen.
C’est dans ce cadre qu’est lancée aujourd’hui une déclaration de soutien de jeunes responsables PS, UDF-Modem, UMP, Nouveau Centre, Verts, Radicaux de Gauche et d’indépendants, à ces propositions de l’Alliance pour la Planète dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Je vous la relaie ici, pour information ! :-)
“Nous n’avons pas peur de la société de consommation, nous n’avons connu qu’elle. Travailler pour des entreprises oui ! Consommer oui ! Mais pas pour n’importe qui, pas n’importe comment, pas à n’importe quel prix !
Aussi éloignés du “patrons voyous” et du “tous pourris” imbéciles que de la fascination stupide devant l’hypercapitalisation, nous, jeunes engagés de différentes sensibilités, citoyens actifs ou simples consommateurs d’aujourd’hui et de demain, salariés et entrepreneurs, demandons à l’Etat français d’oeuvrer très concrètement pour une obligation d’information des entreprises sur leur impact, et ainsi de remédier à la schizophrénie de la relation entre Français et entreprises.
Le seul moyen, à nos yeux, de rétablir un lien de confiance est d’aider les Français à distinguer les entreprises les unes des autres.
Pour ce faire, nous demandons la mise en place d’outils d’évaluation de l’impact des entreprises dans les domaines environnementaux et sociaux demandés par l’Alliance pour la Planète et ses membres (WWF, Greenpeace, Amis de la Terre, Écologie Sans Frontières, Good Planet, Agrisud…).
Non les entreprises ne sont pas à ranger toutes dans le même panier ! Oui nous souhaitons aider et favoriser celles qui n’handicapent pas notre avenir ni celui des générations futures.
Il nous manque des informations compréhensibles par tous, informations permettant à chacun de comparer et de choisir.
Quels sont les impacts positifs et négatifs des entreprises françaises, présentes sur le sol français, ou de leurs filiales à l’international ? (Que vaut en 2007 une entreprise propre en France et pollueuse dans le reste du Monde ?)
Pour permettre ce choix, les bons élèves doivent être distingués des autres. Il est donc normal que les entreprises qui refusent d‘informer sur leur impact environnemental soient sanctionnées. C’est à ce prix que les entreprises vertueuses récolteront l’avantage concurrentiel qu’elles méritent.
Seules ces informations permettraient d’influer réellement sur les pratiques.
Ce que nous demandons aux élus de la République, ce n’est pas de parler du changement mais de réaliser celui-ci.”
Signataires illustrant cette démarche de rassemblement autour de cette proposition (un par parti) :
- Farid Ben Malek, Parti socialiste, président de “Rénover Maintenant” Paris
- Quitterie Delmas, Membre du Bureau Politique de l’UDF-Modem, Conseillère nationale UDF-Modem
- Medhi Guiraud, Président du Parti blanc
- Sophie Montrigot-Lavignon, Déléguée Nationale des jeunes UMP
- Olivier Maillebuau, Président des Jeunes Radicaux de Gauche
- Julien Sage, Responsable du groupe local de Nanterre des Verts, Membre du Conseil Départemental des Verts des Hauts-de-Seine
- Pierre Vallet, Responsable Nouveau Centre Paris 14
Contacts Coordination : Good Planet - Jean-Philippe Teboul jeanphilippe”at”goodplanet.org
Construction juridique de la proposition : Sherpa -Yann Queinnec - yann.queinnec”at”asso-sherpa.org









