NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Quels sont les enjeux du bio ?

Article publié le 14 avril 2009

Derrière la promotion du bio à la cantine c’est tout un mode de production agricole, durable et équitable que nous voulons mettre en place. Lylian le Goff nous le rappelle en détail.

Quels sont les enjeux du bio ?

Dans un long article paru dans l’ouvrage Aliments irradiés : atome, malbouffe et mondialisation, Ed. Golias, en juin 2008 et repris sur le site internet actionconsommation.org, Lylian Le Goff explique bien l’ensemble des enjeux derrière le bio à la cantine. Nous résumons ici quelques idées forces du texte.

1) Le pseudo-surcoût du bio : il n’y a pas de miracle, tout se paie y compris les produits agricoles pas chers. En l’occurence ce sont nos impôts qui via la PAC rémunèrent les producteurs agro-industriels et leur permettent de mettre des produits peu chers sur le marché. Il serait intéressant de connaître le coût de revient d’un kg de blé élevé industriellement une fois factorisé le coût des intrants (pesticides, engrais de synthèse) nécessaire à sa production.

2) Un commerce Nord-Nord direct et au juste prix : en payant le juste prix, le consommateur de produits bio permet à l’agriculteur de vivre de sa production sans subvention. En privilègiant le circuit court, le marché du bio permet à l’agriculture locale de se redynamiser et de créer des emplois. En réalité privilégier l’agriculture biologique revient pour le consommateur à payer directement le prix réel des produits agricoles et alimentaires plutôt qu’indirectement via les impôts.

3) Prendre conscience des enjeux environnementaux du bio : manger bio c’est consommer de façon durable. C’est consommer plus de protéines végétales, moins de protéines animales. Il s’agit de reconvertir les terres consacrées aujourd’hui à la production de céréales destinées à la nourriture animale. Ces productions sont excessivement intensives et appauvrissent les terres. Privilégier le bio c’est permettre la production de céréales et légumineuses pour l’alimentation humaine sans pesticides et engrais de synthèse.

4) Rendre le commerce nord-sud plus équitable : Acheter bio c’est laisser l’agriculture des pays émergents se développer sans être concurrencée par les produits agro-industriels subventionnés. Cette agriculture de proximité sera de surcroît bio car les agriculteurs dans ces pays ne pourront se payer les intrants (pesticides, engrais de synthèse). Elle sera donc durable et protégera l’environnement. Moins productive elle nécessitera plus de main d’oeuvre. Elle sera donc créatrice d’emploi et maintiendra dans les campagnes des millions de personnes qui sinon iront s’entasser dans les bidonvilles urbains que l’on voit aujourd’hui dans de nombreuses mégapoles d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique Latine.

6) Privilégier la restauration collective pour mettre en place la nouvelle PAC. Nous devons nous emparer de cette idée et la promouvoir auprès de nos élus.

Pour en savoir plus : http://macantinebio.wordpress.com/

Thèmes

Développement durable Agriculture Bio Commerce équitable Mondialisation

Bookmark and Share
29 votes

commentaires
votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 16 avril 2009 à 23H15

1) Pour ce que vous aimeriez savoir , voilà . 2,5 milliards de subventions pour 64,3 milliard de production. (y compris subventions pour le bio) (4%). Ça ne suffit pas à expliquer l’écart de prix considérable entre le bio et le non-bio (40% ?). L’argument des impôts ne tient pas.

La rentabilité économique du bio est notoirement inférieure (moins de rendement, plus de main d’œuvres : les pesticides coutent chers, mais le désherbage manuel ou mécanique encore plus.). La question des frais commerciaux mériterait d’être examinée. Voilà pourquoi le bio est cher.

Rappelons que le bio n’est pas un label de qualité, aucune étude sérieuse n’a mis en évidence un avantage nutritionnel ou organoleptique en faveur du bio. Le surcout est donc réel, seul un engagement idéologique en faveur de « l’agriculture paysanne » peut justifier son acceptation.

2) Ainsi l’un des mérite du bio serait de faire baisser les impots en supprimant les subventions agricoles, les prix n’étant alors guidés que par le marché : le consommateur paye le juste prix. . Argument inédit. Le bio serait-il libéral ? Ses supporters de gauche plus ou moins extrême vont être déçus.

On dirait donc que vous n’avez pas entendu parler des subventions à la conversion et au maintient à l’agriculture biologique. Ces subventions sont mal placées car elles ne sont pas fondées sur une exigence de résultat (y compris dans le domaine environnemental ) mais sur le respect d’un programme purement idéologique .

Ce programme n’exige que le respect de certaines interdictions discutables, érigées il y a bientôt cent ans et qui sont pour leur partisans un dogme intouchable (comme le refus des OGM, qui par ailleurs permettent d’économiser herbicides ou pesticides, et le refus des engrais chimiques, — ce qui peut contribuer à l’épuisement des terres , notoirement en phosphore — engrais ou pesticides chimiques qui ne sont pas nocifs intrinsèquement mais dont l’usage doit être raisonné, et par ailleurs cela n’empêche pas l’agriculture bio d’utiliser d’autres engrais de même nature que les engrais chimiques, par exemple la la vinasse de betterave)

Ce caractère dogmatique est commun à bien des folies humaines. On peut faire le parallèle avec l’ homéopathie dont les principes sont inchangés depuis sa fondation. Ce qu’il y a de bon dans le bio peut être adopté par tout un chacun. Mais le caractère idéologique du bio le prive à tout jamais des progrès des biotechnologies.

Par ailleurs l’on comprends mal alors que la FNAB réclame une réorientation de la PAC en faveur du bio, si l’une des qualités du bio consiste à ne pas recevoir de subventions...

3) Et si l’on supprime les productions animales, ou prendre les fertilisants d’origine animale tant prisés par l’agriculture biologique ? D’autre part vous mélangez deux chose la balance animal/végétal ne fait pas partie de la charte du bio, l’élevage bio existe également, manger plus de légumes bio ne rendra pas les français végétariens...

4) pourquoi refuser aux autres ce qui nous a réussi ? De quel droit vouloir imposer aux pays du sud le maintien de sociétés agricoles ? Qui en France voudrait encore ramasser des pommes de terres à la main ou suivre la charrue pour tuer les vers blancs ?

votez :
par sobriquet (IP:xxx.xx5.100.34) le 17 avril 2009 à 13H44

Je suis au moins d’accord sur un point : vouloir faire du bio avec des méthodes issues de mentalités NPK, ça n’a pas de sens, c’est dangereux pour les cultures, et c’est sans doute assez fréquent.

Mais on n’est pas obligé d’exterminer les adventices et insectes, on peut nourrir le sol sans engrais chimiques (même sans phosphates).

Et je n’ai jamais entendu dire que des OGM permettaient de faire l’économie de pesticides ; leur mode de dispersion est juste différent.

Quand vous parlez de surcoût vous oubliez qu’il est contrebalancé par le surcoût écologique de l’agriculture non-bio. Après, je ne sais pas si on peut considérer cela comme idéologique.

votez :
(IP:xxx.xx8.114.156) le 18 avril 2009 à 10H34

Les « méthodes npk » sembles inévitables en grande culture. Pour l’anecdote un débat intéressant

Pour le phosphore, voyez le dernier paragraphe de cette page du cite de l’INRA

Les insectes et adventices, même l’agriculture bio ne se fixe pas pour objectif de les entretenir et cherche à les réduire à la portion congrue. Ce que je dis c’est que les bonnes méthodes prophylactiques ne sont pas le propre du bio (Même si elles ne sont sans doute pas assez utilisées). par contre le bio s’interdit certains usage par principe , c’est à dire que même les plus inoffensifs des outils issue de la synthèse chimiques sont exclus (même s’ils sont parfois moins nocifs pour la faune et la flore non cible que certains produits utilisés en AB, et que suivant le dogme même un intrant chimique qui serait parfait de ce point de vue resterait interdit)

Sur le fait que les OGMs diminuent l’usage des intrants, c ’est ce qui fait leur succès là ou il ne sont pas diabolisés. Pour les usa par exemple voir ce document, graphique p13 .

Pou le surcout écologique, tous les types d’agricultures peuvent veiller à ne pas gaspiller les ressources gratuites. Par exemple le non labour est utilisé aux usa conjointement au colza résistant au roundup, ce qui permet d’éviter l’érosion. Le bio prétend que seuls des moyens « naturels » peuvent concourir à ce but, ce qui n’ a rien d’évident.

votez :
par sobriquet (IP:xxx.xx3.117.9) le 18 avril 2009 à 15H32

Concernant l’article de l’INRA, je crois qu’on est sur la même longueur d’onde : l’agriculture biologique dérivée de l’agro-industrie risque fort de ne pas tenir ses promesse. Un changement de pratiques plus radical est nécessaire ; le compost et les apports organiques d’origine animale doivent avoir un rôle plus important. Les techniques de mise en œuvre de ces principes sont connues.

Pour l’apport de pesticides dans les OGM, vous vous laissez induire en erreur d’une manière courante : si la question est d’ordre économique, en se demandant combien de bidons de pesticides acheter, ces chiffres sont pertinents. Mais si l’on se préoccupe davantage des effets sur l’environnement, les chiffres des épandages ne sont pas pertinents pour ces OGM, puisque ce sont les plantes elles-mêmes qui produisent les pesticides.

votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 19 avril 2009 à 18H01

Sur votre premier point, non, ce n’est pas ce que j’ai dit. Tout au contraire mon opinion est que le refus de principe des engrais de synthèses par l’AB est un dogme probablement sans fondement. Je vous ai joint deux liens prouvant que ce principe fondateur de l’AB peut mener à des impasses : un lien vers un résumé d’une étude de l’INRA établissant un déficit de phosphore sur le long terme, et un lien vers un forum agricole pour montrer que dans les fait le dogme est très souvent contourné par ses partisans car inadéquat (rendements trop faibles et irrégulier.)

Ce dogme a été établi au début du 20 siècle sous inspiration philosophique ou religieuse par des pères fondateurs dont les plus modérés écrivent « nature » avec un grand N. Qu’il se soit répandu en réaction à certains excès à partir des années 70-80 n’en fait pas la panacée universelle.Il me semble de bon sens de penser que la façon de nourrir les plantes doit être déterminée concrètement, culture par culture et sol par sol, compte tenu des objectifs agronomiques, écologiques et économiques, sans a priori sur les moyens employés.

Pour votre second point, je suis tout à fait d’accord : pour les pesticides la seule considération des volumes n’est significative que du point de vue économique. Mais cela ne m’apparait déjà pas négligeable.

Du point de vue écologique, il faut examiner l’impact sur la faune et la flore cible et non cible, la rémanence des produits, le bilan carbone etc. Ce qui a priori n’ a rien avoir avec les prix et les tonnages.

Mais justement les plantes OGM Bt sont excellentes de ce point de vue, surtout lorsqu’on les compare à ce qu’elles remplacent. Elles agisse de façon très spécifique et efficace, sans rémanence inquiétante à long terme (Du moins c’est l’opinion très majoritaire de la communauté scientifique spécialisée, il y a une foultitude d’études allant dans ce sens, les rares études se voulant inquiétante étant vivement contestées, voir par exemple l’affaire du papillon monarque)

De plus,elles ont un bilan carbone nul et sont sans effet sur la santé humaine.

votez :
par sobriquet (IP:xxx.xx8.33.228) le 20 avril 2009 à 13H15

Rien a priori n’empêche de se passer d’engrais de synthèse : si le cycle de la matière est bouclé entre la production et la consommation, il n’y a pas de raison a priori d’ajouter des intrants extérieurs.

Si les pratiques actuelles sont insuffisantes, c’est précisément parce que l’on ne se préoccupe pas de boucler ce cycle. C’est ce que suggère le document de l’INRA en proposant l’apport de fumier ou de compost. Cette idée de cycle est étrangère à l’agro-industrie et se fait naturellement ressentir dans les tentatives de conversion au bio.

De fait, il y a peu de points communs entre les méthodes agricoles biologiques proposées par Howard ou Rusch et certaines exploitations dites bio. Ces exploitations méritent davantage le qualificatif de "sans engrais de synthèse" que celui de "agrobiologique".

La prise en compte du cycle de la matière ne suffit pas à résoudre tous les problèmes et en particulier pas celui de la biodisponibilité, mais cette biodisponibilité est généralement améliorée par l’usage de composts.

votez :
par Ma Cantine Bio (IP:xxx.xx5.163.55) le 20 avril 2009 à 22H37

Quand on consulte les stats de l’INSEE il faut les lire jusqu’au bout : http://www.insee.fr/fr/themes/docum...

"Le montant total des subventions à la branche agriculture ( subventions sur les produits et subventions d’exploitation) passe de 9,7 milliards à 10 milliards d’euros. Les subventions sur les produits diminuent de 5 milliards ; en revanche les subventions d’exploitation s’accroissent de 5,3 milliards (tableau 2)."

Le tableau 2 sur la même page montre que les subventions versées après calcul de la valeur ajoutée représentent 30% du revenu agricole net. Vous en connaissez beaucoup des revenus dépendant à 30% de subventions ? Moi j’appelle cela de la distortion de concurrence.

votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 20 avril 2009 à 19H53

De là où il est, Howard doit être scandalisé par la charte de l’AB, puisqu’elle permet l’utilisation de d’engrais organiques comme les farines de soie de porc d’un ISB (indice de stabilité biochimique) de 0,07, qui n’apportent donc que très peu de matière organique au sol.

Si l’on suivait ses préceptes à la lettre, les rendements tomberaient si bas qu’il faudrait multiplier les surfaces cultivées par 2 ( au bas mot.)

Cela prouve simplement qu’une agriculture écologiquement responsable et économiquement viable ne peut pas s’encombrer de principes fumeux.

L’AB se pare de ses oripeaux idéologiques pour mieux vider les poches des bobos.Que l’on rançonne le bobo, ça ne me dérange pas.

Ce qui me dérange c’est la propagande mensongère faite par le secteur commercial tournant autour du bio (Sur ce site, par exemple, dont de nombreux rédacteurs sont liés au secteur vert). Propagande contre les pesticides et les OGM, attribution de qualités imaginaires aux produits de l’AB. Car cette propagande est contraire à l’intérêt public (et aussi à la vérité des faits, ce qui il est vrai ne semble pas passionner les foules)

votez :
par sobriquet (IP:xxx.xx8.39.45) le 20 avril 2009 à 22H12

Si l’on suivait les préceptes d’Howard à la lettre, l’usage du compost serait prépondérant. Or, les exploitations agricoles actuelles capables d’assumer une telle gestion du compost sont actuellement marginales et se raréfient avec la taille des exploitations. Pour rendre l’usage du compost prépondérant, il faudrait commencer par arrêter de chier dans l’eau potable.

Par ailleurs, une agriculture écologiquement responsable ne consacrerait pas les deux tiers de surface agricole mondiale à la production de viande. En réduisant la production de viande à un niveau raisonnable, on pourrait réduire les surfaces agricoles mondiales et faire en sorte que les cultures conservées soient significativement plus respectueuses de l’environnement qu’aujourd’hui. En effet, à mes yeux, le problème de la surproduction de viande est bien plus important que celui de l’agriculture biologique ou de la valeur du label AB.

Pour la question de la propagande bio, chacun accuse l’autre de lobbying ; et de fait, il y a des intérêts économiques de tous les côtés. Pour ma part, j’y trouve beaucoup de questions qui méritent d’être étudiées (dans cet article par exemple), et peu de contre-vérités infondées, quoi qu’on en dise.

Après, si pour vous consommer de manière éthique est une manière de se faire pigeonner, le débat se situe à un autre niveau.

votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 21 avril 2009 à 08H35

Cher auteur,

Vous avez raison pour le montant des subventions ;

Et j’ai encore plus tort que vous ne le dites, car mon argument consistant à mettre en rapport le montant des subventions à la différence de prix n’a guère de sens.

Plaçons nous dans l’ancienne PAC : subventions à la production. Chaque quintal de blé, par exemple, reçoit autant de subventions, bio ou pas. La concurrence n’est pas faussée. Ce n’est pas comme dans le cas ou la production d’un pays versant des subventions se trouve en concurrence sur le marché international à la production d’un pays ne subventionnant pas.

Plaçons nous dans le cas de subventions à l’hectare (actuellement on est entre les deux). Le producteur qui a le moins bon rendement (le bio, en général) reçoit plus de subventions par tonnes : c’est lui qui est avantagé. Rien de surprenant puisque ce système est conçu pour freiner la surproduction.

Mais en fait, il n’y a même pas de concurrence. Une Peugeot et une Renault de la même catégorie sont en concurrence : si l’une des deux baisse ses prix, les parts de marchés sont modifiées. Une Logan et une Jaguar ne le sont pas : même si la Jaguar baisse de moitié, les part de marchés ne seront pas modifiés. Hors donc si les prix du bio peuvent être bien plus haut que ceux de l’agriculture ordinaire sans provoquer la fuite de la clientèle, c’est qu’il n’y a pas concurrence car ce sont deux marchés disjoints : même si le prix de l’œuf bio augmente, et même si une fois l’omelette faite il n’y a plus la moindre différence matérielle entre les deux, le consommateur bio continuera à acheter responsable. C’est la magie du bio.

votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 21 avril 2009 à 08H53

Sobriquet,

Pour la viande ça n’a rien à voir avec le bio. La production s’adapte à la demande, sauf dans un régime soviétique. Et la demande de viande s’accroit au fur et à mesure que les gens s’enrichissent, dans le monde entier (y compris Chine et Inde). Inutile de rêver.

La FNAB, lITAB et compagnie se moquent bien d’ Howard. Vous serez bientôt le seul à défendre votre prophète.

votez :
par sobriquet (IP:xxx.xx8.33.228) le 21 avril 2009 à 11H49

Au contraire, la surconsommation de viande a beaucoup à voir avec le bio, bien que ce ne soit pas évident.

On justifie l’usage de méthodes peu respectueuses de l’environnement dans l’agro-industrie par le manque de surface disponible pour nourrir tout le monde. C’est également un des gros arguments de ceux qui s’opposent à l’agriculture biologique. Or, en France et dans le monde, la plus grande partie des surfaces agricoles sont destinées à la production de viande : fourrages et pâtures. Cela, bien entendu, pour répondre à la demande des consommateurs "occidentaux" (par leur mode de vie plus que par leur nationalité). Or, nous consommons beaucoup trop de viande par rapport à nos besoins réels ; notre consommation moyenne pourrait allègrement être divisée par 3, voire par 10. Ainsi, notre alimentation serait également plus saine. Cela est d’autant plus significatif qu’il faut une surface agricole 7 fois plus importante pour produire 1kg de viande qu’un kg de légumes.

Ainsi, en réduisant notre consommation de viande à une quantité raisonnable pour notre santé, nous libérerions davantage de surface agricole que celle qui est nécessaire pour nourrir le monde en produits "bios".

C’est une question d’éducation ; croire que la consommation de viande s’accroît inévitablement avec la richesse relève d’un fatalisme aveugle.

Pour finir, Howard n’est en aucun cas mon "prophète" ; les techniques agrobiologiques ont nettement évolué depuis son époque. Il serait bon que vous cessiez d’entretnir la confusion entre le label AB, les lobbys du bio, les techniques agricoles bio, la philosophie de l’agriculture biologique.

votez :
par Ma Cantine Bio (IP:xxx.xx5.163.55) le 16 avril 2009 à 23H53

Les rendements de l’agriculture biologique sont effectivement inférieurs dans les pays avec des sols riches et fertiles comme la France. C’est pourquoi il nous faudra diminuer (et non supprimer) notre consommation de viande pour convertir les terres en produits pour l’alimentation humaine. Je suis également d’accord avec vous, il faudrait supprimer toutes les subventions à l’agriculture y compris à l’agriculture agro-industrielle. Elle cesserait ainsi de faire concurrence aux petits agriculteurs des pays émergents qui n’ont pas les moyens de se payer les engrais, les pesticides et les OGM que vous préconisez. Cela leur laisserait toute liberté pour cultiver de façon naturelle (c’est mieux que bio non ?) des cultures vivrières adaptées à leur sol, à leur climat et à leur régime alimentaire.

votez :
par Capitaine poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 18 avril 2009 à 10H53

Ce n’est pas seulement les rendements qui sont moins bons en AB, c’est surtout la productivité. D’ailleurs cela est somme toute revendiqué par les adeptes de la décroissance. Le bio c’est aussi (au moins pour certains) une utopie sociétale.

Quand à l’agriculture "naturelle", cela semble un contre sens. L’agriculture est le premier moyen de contraindre la nature.

En fait ce que vous proposez pour les pays du sud, vous le qualifiez plus adéquatement d’agriculture vivrière. C’est à dire une agriculture qui occupe la grande majorité de la population, et qui ne permet pas de dégager des surplus pour la santé, l’éducation ou simplement pour la vie agréable. On peut ne pas aimer.

Les Auteurs deSociété
rcoutouly - 65 articles
voxpopuli - 1 articles
ble2 - 35 articles
çaDérange - 299 articles
Biosphère Blog - 57 articles
ecolomaisjetemmerde - 3 articles
Mobilité durable - 178 articles
Greendriver - 1 articles