Madame la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie,
Monsieur le Secrétaire d’Etat aux Transports,
Je suis une Saint Georgeaise atterrée par le projet de terminal méthanier du Verdon.
Que dire du souci écologique du maître d’ouvrage qui propose de rejeter de l’eau de mer refroidie de 2.5° avec ajout d’eau de javel, d’une torchère qui ira chauffer le ventre des oiseaux migrateurs qui nous visitent depuis des lustres, des émanations et du co2 à 800 mètres d’une école ?
Que dire de l’aspect "développement" quand la création annoncée d’une quarantaine d’emplois (dont les bénéficiaires ne seront pas forcément locaux) impliquera le disparition pure et simple de milliers d’emploi dans le tourisme, l’hôtellerie, la pêche, l’ostréiculture ?... Epargnons-nous la liste ahurissante des secteurs d’activités inéluctablement frappés de plein fouet.
Que dire de la notion d’ "aménagement" quand on imagine la pollution visuelle, olfactive, auditive, les problèmes liés à la navigation dans une passe réputée difficile et dangereuse, un gazoduc d’1.20m de diamètre en plein milieu des habitations ?
Et la durabilité dans tout ça ?
Sûrement pas celle de la faune ni de la flore terrestres et maritimes...
Mais le non-sens va plus loin : on nous annonce a priori que l’exploitation d’un tel site n’est que de courte durée (3, voire 5 ans) ! Du coup, la seule chose qui risque de devenir durable, ce sont des installations délaissées, horribles et dangereuses verrues sur un horizon massacré.
Alors Madame, Messieurs, à quoi sert d’encourager les citoyens au civisme écologique, de subventionner des installations propres si c’est pour anéantir ainsi l’effort de chacun à sa petite échelle ?
Je viens de dépenser 30.000€ pour passer à l’énergie solaire, si j’avais encore cet argent, je le dépenserais en chrysanthèmes (c’est de saison) pour les déposer devant le Parc de l’Estuaire !
Il est clair que ce projet résulte de calculs d’investisseurs qui n’enverront pas leurs enfants à l’école du Verdon ! Mais je me refuse encore à croire que vous soyez prêts à concilier le souci écologique que vous affichez avec la politique d’ouverture à la concurrence que vous menez si c’est là le prix à payer.
Alors, de grâce, préservons la richesse que Dame Nature nous a généreusement donnée ! Tous les amis du littoral, natifs ou pas, comptent sur vous.








