Dix priorités exprimées dans la circulaire de rentrée 2008 et pas un mot pour l’environnement. Une réalité difficile à accepter pour les acteurs engagés mais qui illustre hélas une tendance bien affirmée.
Comme on peut le constater au regard des dix orientations prioritaires
exprimées par le Ministère de l’Education Nationale, l’environnement
n’est toujours pas à l’ordre du jour dans l’enseignement scolaire. Pour
nous, pour les acteurs qui ont confiance dans l’élaboration collective,
c’est signal très négatif.
Alors que c’est toute la société française qui, dans la concertation,
est à la recherche de réponses à la crise environnementale, pas un mot,
pas un signe significatif dans les priorités de la circulaire de
rentrée 2008, comme si
la prise de conscience de la population particulièrement forte en 2007
n’avait pas eu lieu, comme si le Grenelle de l’environnement n’avait
pas existé, comme si l’éducation n’avait pas un rôle à jouer. Le seul
mot d’ordre qu’on pourrait en tirer est : "on continue comme avant
!"
Tous les acteurs mobilisés en France autour de la question de
l’éducation à l’environnement vers un développement durable, tous les
acteurs qui travaillent dans les associations, les ministères, les
collectivités, les entreprises, tous ceux réunis autour de la mission
de Michel Ricard dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour
l’éducation en vue du développement durable, tous ceux mobilisés autour
de Jacques Brégeon et des inspecteurs généraux dans le cadre du
"chantier 26" du Grenelle sont invités à prendre acte de l’évaluation
de leurs efforts : rien, aucun résultat !!! Ce n’est pas
prioritaire.
Les choses devront pourtant changer, elles devront changer parce que la
situation environnementale l’exige, elles devront changer parce que la
population le souhaite, elles changeront parce que des méthodes de
travail participatives et efficaces sont déjà en marche dans les
territoires, des citoyens responsables, eux, avancent. Un jour les
enseignants devront ils en venir à la désobéissance civile pour faire
de l’EEDD ?
Comment interpréter cette situation incroyable sans évoquer un blocage,
une volonté
consciente de ne pas faire évoluer la situation, les acteurs les plus
motivés en viendraient à douter.
Alertons la population, écrivons à nos élus, mettons les responsables
de la nation face à leurs responsabilités. La France et le monde ont
besoin aujourd’hui d’envisager l’avenir sous un nouvel angle, sous un
angle qui donne le droit à la nature à une autre relation que celle de
la domination, sous un angle qui prend acte que plus la démocratie est
avancée plus l’environnement est protégé. C’est ça le projet de
l’éducation à l’environnement, il s’épanouit dans les territoires quand
il étouffe au niveau national, ce n’est plus acceptable.
Notre école a besoin de s’ouvrir à la nature et à l’environnement, elle
a à prendre à bras le corps cette notion nouvelle qu’est le
développement durable, le ministère, notre ministère de l’Education
nationale ne peut plus regarder ce train avancer et accélérer tous les
jours, sans bouger. Le développement durable c’est précisément le
contraire d’"on continue comme avant !" ou alors il faut tout reprendre
à zéro ! Comment les choses pourraient-elles changer sans la confiance
des populations ?
Agissons, l’écocitoyenneté doit se répandre, c’est une urgence,
c’est une nouvelle culture qui avance, au contraire de cet exemple
encore si décevant, aidons-la à avancer.
RG
PRÉPARATION
DE LA RENTRÉE 2008
C. n° 2008-042 du 4-4-2008
NOR : MENE0800308C
RLR : 520-0
MEN - DGESCO
Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’éducation nationale
- scolariser les élèves handicapés ;
clarifier les objectifs de l’école primaire. Mieux apprécier les
résultats des élèves ;
développer l’éducation artistique et culturelle ;
découvrir les métiers et les formations pour mieux s’orienter ;
assurer l’égale dignité des différentes voies de formation en
rénovant
la voie professionnelle ;
améliorer l’efficacité de l’éducation prioritaire pour plus
d’équité scolaire ;
assouplir la carte scolaire pour renforcer l’égalité des chances ;
généraliser l’accompagnement éducatif ;
lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations,
notamment
l’homophobie ;
développer l’ouverture à l’Europe dans le cadre de la Présidence
française de l’Union européenne.
Thèmes
"développer l’ouverture à l’Europe dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne."
Du tribalisme glorifié, voilà ce que l’on donne en éducation à notre jeunesse
Je veux croire que ce billet sera lu et relayé, car nous sommes au coeur de l’inconséquence totale, et du double discours. J’invite l’auteur a se rendre sur www.libracteur.fr, il constatera qu’il n’est pas seul. L’éducation a l’environnement dés le plus jeune age est centrale, pour inculquer des notions fortes de développement durable, de croissance éco-compatible, de saisonnalité des fruits et légumes qui permet une production de proximité, ou les attraits des AMAP. Voilà pour le théme, mais c’est aussi l’illustration parfaite de l’inanité des GRENELLES MACHINS, des lois votées en grande pompes, et dénaturées dans le meilleur des cas par des circulaires d’applications.
d’accord avec vous pour rapprocher l’EEDD de l’action citoyenne (a votre invitation je suis allé voir libracteur.fr et j’y retournerai). De notre coté nous retiendrons quand même l’effet positif du Grenelle de l’environnement qui a contribué sérieusement à brasser tous les sujets environnementaux, les choses ont bougées. Nous nous donnons comme ligne en tant que citoyens organisés autour de la question de l’EEDD d’être toujours dans le dialogue et de plus en plus avec l’Etat, les collectivités et les entreprises, c’est ensemble, dans la discussion que les choses pourront avancer.
Ce n’est peut être pas dans la circulaire de rentrée, mais c’est déjà dans les programmes ! Et ça l’était avant le "Grenelle de l’environnement". Cela va l’être encore plus quand paraitront, ces jours prochains, les nouveaux programmes d’histoire géographie de collège. Allez faire un tour sur les sites académiques et vous verrez qu’il existe partout des rubriques EDD (on ne dit plus EEDD) et des initiatives dans de nombreux établissements (ce serait trop long à développer ici). Un exemple ? Dans mon établissement, les élèves de 5è ont mis en place le tri sélectif des déchets.
Mila, prof.
Je suis étonnée par la manque de réaction à mon commentaire, y compris de la part de l’auteur de cet article. C’est dommage, on aurait pu discuter.....
Mila.
Bonjour,
de retour de vacances, je trouve votre message. Le sens de mon article c’est qu’avec le Grenelle, l’environnement est désigné comme une priorité pour la nation et que j’aurais trouvé normal que cette priorité soit reprise de façon explicite par l’EN. Nous avons bien conscience des progrès réalisés, reste que ce qui est inscrit dans les programmes ne l’est pas forcement dans la réalité. Nous savons tous les difficultés (elles semblent de plus en plus nombreuses) pour les profs a mettre en place des projets) suppression des TPE en terminale, IDD en voie de disparition ainsi que les classes d’environnement.... Au sujet du choix entre EDD et EEDD il faut voir que le ministère de l’écologie, la grande majorité des collectivités locales et presque toutes les associations ne veulent pas rayer d’un trait le mot "environnement" de leur vocabulaire, si le MEN suit une autre voie, il en a le droit c’est sa responsabilité, mais je ne vois pas sur quel critère il pourrait imposer cette façon de parler. Pour plus d’information voir le site du CFEEDD. A+ RG









