Non, bien sûr, on
ne va pas essayer de tomber dans le cliché du banquier, cigare au bec
qui parle du CAC40 avec amour... non, on ne va pas faire ça.
Quoique ! La
semaine dernière, je suis allé tenir un stand sur le développement
durable dans une grande banque. Le groupe semble avoir la volonté de
développer un peu son côté développement durable. On ne peut que
l’encourager. Cela dit, un univers sépare la politique de la direction
et la vision du développement durable des cadres de l’institution.
Mon
intervention s’intégrait dans une semaine du développement durable
organisée par la banque pour faire de la "sensibilisation". J’avais eu
quelques échos de la tenue d’un stand, quelques jours plus tôt, par une
association de commerce équitable. Cette dernière s’était faite accuser
de fausser le marché, en assurant un
prix plancher décent aux petits producteurs.
Aux dires des banquiers donc, tant pis pour les conditions de survie
des agriculteurs, du moment que le prix est optimum et que le marché
reste efficient. Mais que dire alors des subventions que verse l’Europe
dans la cadre de la politique agricole commune à l’industrie
agroalimentaire (dans laquelle les banques investissent de manière
conséquente) ? N’est-ce pas là aussi une manipulation des cours ?
Enfin, c’est un autre sujet. Bref, ces échos laissaient présager une
séance de sensibilisation "motivante"...
Lorsque
nous sommes arrivés sur les lieux, après avoir passé le portique de
sécurité, donné notre carte d’identité, nous avons installé notre étal
de documentation, nos posters fraîchement imprimés et nous étions prêts
à confronter nos opinions à tous ceux qui voudraient bien croiser notre
route. Notre stand était stratégiquement placé entre la cantine et la
cafétéria, passage habituellement incontournable pour la plupart des
employés de l’entreprise. Pourtant, ce jour là, comme les autres jours
de cette semaine du développement durable, les employés empruntaient
des chemins détournés pour éviter de passer devant notre stand.
Pourquoi donc ? Difficile de trouver des explications à cela, mais on
peut tout de même avancer quelques hypothèses. Tout d’abord, il y a
clairement un refus de la discussion. Je pense que les cadres de cette
banque (représentative de bien d’autres...) n’ont pas envie de discuter
avec des ONG. Ils croient connaîtrent nos arguments et, fiers de leur
savoir, ne veulent pas remettre en cause leur jugement et le système
capitaliste dans lequel ils évoluent. Nous sommes certainement perçus
comme des écolos écervelés, utopistes, rêveurs, irréalistes,
passéistes, extrémistes, catastrophistes... les qualificatifs ne
manquent pas. Il nous a suffi de voir les regards de mépris de certains
pour comprendre que nous n’étions pas vraiment les bienvenus. Et puis
du point de vue du système libéral, nous ne créons pas de richesse !
Nous
avons discuté entre autre avec une dame, responsable d’un département,
qui, après nous avoir questionné sur de la finance, pour juger notre
pertinence, nous a, tout de go, sorti que les éoliennes, c’était moche
et bruyant, que le projet EPR ne pouvait pas être contesté, que les
déchets nucléaires n’étaient pas un souci, qu’elle refusait de prendre
les transports en commun par peur de se faire agresser et donc venait
au travail en voiture... Le tout avec un aplomb inébranlable... bref,
l’écologie c’est de la connerie...
Cela
dit, nous avons eu quand même quelques échanges intéressants, ça et là,
plus souvent avec les employés(plus soucieux des problèmes
environnementaux apparemment) qu’avec les cadres. Au bout d’une heure
et demi, une dizaine de discussions plus tard, et une 50aine de
dépliants distribués, nous avons plié baggages et quitté ce milieu
plutôt fermé à la discussion. Néanmoins, il est toujours enrichissant
de confronter ses idées, même devant des publics un peu virulents. Cela
nous contraint à nous remettre en cause, à préciser nos arguments, à
approfondir certaines questions. C’est aussi à ce prix que nos idées
peuvent avancer et si quelques personnes seulement sont convaincues ou
même seulement intéressées par le développement durable, c’est toujours
un pas supplémentaire de franchi.
Et devant l’urgence de la situation, chaque conducteur de 4x4 ou de coupé Mercedes converti au vélo est une petite victoire !
Une des solutions les plus efficaces pour que nous pratiquions le "développement durable" plutôt que de seulement "en parler" serait que nous disposions tous d’un système de repères qui situerait nos actions récentes par rapport à des limites que nous ne devrions pas dépasser.
Cela s’appelle un indicateur, et l’on pourrait transformer le PIB en un indicateur qui ne refléterait pas seulement notre activité économique mais la caractériserait par rapport à leur nocivité potentielle.
On pourra lire une telle approche ici : Du PIB au PIB+.
Une des solutions les plus efficaces pour que nous pratiquions le "développement durable" plutôt que de seulement "en parler" serait que nous disposions tous d’un système de repères qui situerait nos actions récentes par rapport à des limites que nous ne devrions pas dépasser.
Cela s’appelle un indicateur, et l’on pourrait transformer le PIB en un indicateur qui ne refléterait pas seulement notre activité économique mais la caractériserait par rapport à leur nocivité potentielle.
On pourra lire une telle approche ici : Du PIB au PIB+.
Bonne approche que ce PIB+, mais je doute que ça les intéresse. Même le PIB à mon avis ils s’en tapent. C’est des macro paramètrse qui intéressent les analystes financiers de haut vol, ainsi que les gouvernementaux. Dans une banque on te demande de tirer le plus de fric possible de ton client sans le faire partir (ou alors faut un roulement). En gros on pourrait même assimiler ça à une religion extrémiste, le culte du fric.
Déjà le social ils voient pas l’intérêt, mais alors l’écologie ... Alors le développement durable qui essaie de concilier l’économie, le social et l’écologie à un juste niveau, c’est le diable incarné !
Mon banquier a compris que les schémas classiques ne marcheraient pas sur moi et je lui rend grâce de pas me prendre pour un veau. Il est géographiquement très loin de moi, mais je le changerait pas pour un autre, dans ce milieu ils sont trop rares ! Mais il y a malheureusement des limites à ce qu’il peut faire, du fait des contraintes de la boite. Je parie qu’il aurait p-e évité votre stand si il était potentiellement observable par des collègues, mais qu’il aurait p-e dialogué avec vous si ça restait dans la sphère privée.
Malheureusement, les travailler tous individuellement c’est pas possible techniquement et c’est épuisant.
Ben moi je viens de quitter le crédit agricole (sic) pour m’installer à la NEF et j’en suis bien contant et mon argent aussi ! ;-) J’ai pu discuter avec ma banquière de développement durable, etc. Le plus dingue : c’est son metier ! :-p









