Article publié le 22 mai 2008
A l’origine de ce scandale ? L‘Atlantic Osprey, un navire parti du port anglais de Workington, samedi 17 mai, est arrivé, mercredi 21 mai à 2 heures du matin, à Cherbourg. Il transportait environ 360 kg de Plutonium, “contenu dans des récipients de type Safkeg, d’une capacité de 18 kg (…) et placés par dix dans un conteneur d’une longueur de vingt pieds, lui-même posé sur le plateau d’un camion. Deux camions ont débarqué [dans la nuit du 20 au 21 mai]”, explique Yannick Rousselet, de Greenpeace.
Le hic, c’est que l’Atlantic Osprey est un “simple ferry, construit en 1986 ; alors que des vaisseaux spécialement conçus pour le transport de matières nucléaires, le Pacific Pintail et le Pacific Teal, sont disponibles. A la différence de ceux-ci, il n’est pas armé, ne comprend qu’une simple coque et un seul moteur. Cela pourrait faciliter une attaque terroriste, comme l’ont souligné des parlementaires britanniques quand l’affaire a émergé, en mars.”
Dans un premier temps, les compagnies Sellafield Limited et Areva auraient prévu d’acheminer à La Hague du plutonium anglais (1,3 tonne, soit 4 à 5 transports), afin qu’il soit expédié à Cadarache pour être transformé en Mox, un combustible nucléaire mélangeant plutonium et uranium.
Comme le précise le journaliste, “si l’industrie et le gouvernement voulaient montrer que le nucléaire est secret et dangereux, ils ne s’y prendraient pas autrement. Il a fallu que Greenpeace et l’association anglaise Core enquêtent pour que l’on apprenne que la Grande-Bretagne et la France organisaient, entre Sellafield et La Hague, des transports secrets de plutonium – une des matières les plus toxiques au monde.”
Naturellement, les principaux intéressés ont été contacté et leurs réponses laissent vraiment plus que perplexe…
“Au téléphone, le porte-parole d’Areva est mal à l’aise : “En ce qui concerne la mise en œuvre du transport maritime, je ne peux vous l’indiquer, par ordre de nos autorités, qui nous imposent la confidentialité.
– Mais à qui le Mox produit, à partir de ce plutonium, est-il destiné ?
– Je ne peux pas nommer les clients, ce sont des éléments commerciaux non publics.
– Et quelle quantité de plutonium est-elle transportée ?
– Je ne peux pas vous le dire, pour la même raison commerciale.”
Areva ne veut donc rien dire… Mais les autorités ne semblent pas plus disposées à répondre…
“Au ministère de l’écologie, le conseiller de Jean-Louis Borloo chargé des questions de l’énergie avoue qu’il “n’est pas plus au courant que ça” [du transport]. L’Autorité de sûreté nucléaire explique quant à elle que son rôle se limite à s’assurer que le plutonium sera manipulé de manière sûre, mais qu’elle n’en sait pas plus. Le Haut-Comité pour la transparence et l’information nucléaire abordera la question… en juin.”
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De surcroît, “ces navettes de plutonium à travers le rail maritime le plus fréquenté du monde sont dangereuses, dit Jacky Bonnemains, de Robin des bois. En 1984, un ferry chargé d’uranium, le Montlouis, avait coulé dans la Manche”.
Derrière cette histoire se cache aussi l’intention d’Areva : traiter les déchets nucléaires venant de l’étranger : “sans débat ni information, Areva, qui voudrait construire des réacteurs nucléaires outre-Manche et est candidate à la gestion de Sellafield, engage la France de plus en plus nettement dans la gestion des déchets nucléaires anglais. La société a aussi accepté de traiter 235 tonnes de combustibles usés italiens. “Est-ce l’intérêt de la France de gérer les déchets nucléaires européens ?, interroge Mycle Schneider, consultant indépendant. L’intérêt public n’est pas forcément le même que celui des compagnies.”
Questions : à quoi bon des débats, un Grenelle et tout le tralala si c’est au final pour que le gouvernement et les grosses entreprises implicitement soutenues par notre cher président n’en fassent qu’à leur tête ? Sommes nous tous des “pauv’cons” et méritons nous aussi peu de respect ? Sur des sujets aussi sensibles et aussi dangereux, c’est un vrai scandale que d’apprendre de telles choses ! Quelle irresponsabilité et manque de considération !
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J’ai lu cet article de Kempf, et je l’ai trouvé tout à fait ridicule. Contrairement à ce qu’a dit Greenpeace (GP), le chargement était annoncé depuis au moins une semaine. Il est destiné à faire du combustible MOX. Cela GP le savait, et d’ailleurs, il y a déjà eu une décision de justice invitant le même GP à se tenir à l’écart, sous peine d’une forte amende.
Simplement, à cause de tous les énergumènes qui trainent, les déplacements de Plutonium sont couverts par le secret défense. Pas sans raison : savez-vous même qu’un abruti a tiré une roquette sur Superphenix ? Donc on ne sait pas les horaires des déplacements du plutonium, et le communiquant qu’a contacté Kempf ne pouvait rien lui répondre.
Simple, donc. Je ne vois pas le problème. Il en est de même pour la sécurité des centrales nucléaires et pour de nombreuses installations industrielles : le commun des mortels ne sait pas quelles sont les mesures de sécurité, et c’est là...la première de ces mesures de sécurité. PAr exemple, vous ne savez pas où l’armée stocke ses armes pour une éventuelle mobilisation des réserves.
Je pense que les gens comme Kempf ou GP sont tous sauf des naifs. Ils savent bien cela. C’est juste un travers par lequel ils veulent semer leurs phobies "du nucleaire militaro-industriel engoncé dans le secret".
Il me semble au contraire que c’est là une sage gestion des risques. Grace à cela, le nucléaire civil a fait infiniment moins de victimes qu’un tremblement de terre ou un cyclone..
Karva
Voir aussi l’ordonnance signée en douce par notre cher Borloo en mars, qui fait qu’au lieu de renvoyer à destinataire après traitement, maintenant on a le droit de transformer la france en poubelle nucléaire et de garder tous les déchets des autres pays. OGM, grenelle détourné dans les rapports finaux, travers du nucléaire amplifiés, ... Le pire ministre de l’environnement depuis Voynet. On vit une époque formidable.
Desole, je ne connais pas l’ordonnance Borloo.
Je voudrais intervenir sur les dechets nucleaires. Ils sont difficiles à définir :
par exemple, les stocks d’uranium naturel appauvris sont définis par certains comme déchets, alors qu’ils sont moins radioactifs que l’U naturel, qui est dans la nature, comme son nom l’indique. On a eu une protestation récemment parce que AREVA retransporte du U appauvri pour-je crois- le retraiter (le U appauvri redevient interessant quand le prix de l’uranium naturel est haut).
Ensuite, il sort à peu près 20 tonnes d’uranuim enrichi brûlé par centrale par an (avec 200Kg de PU et pas mal de vrais déchets:100Kg ? : Transuraniens et Produits de fission).
Ces 20t sont destinés à être retraités. On obtient un peu moins de 20t de Uranium, qui contient encore 1% de U235. On le recycle pour refaire du combustible (en Russie, pour l’instant). Est-ce encore un déchet, si c’est de l’uranium, ou du combustibel ? Les deux, mon général, car c’est un combustible, donc il est utile, mais il est aussi dangereux, car, contrairement à l’uranium initial, il contient pas mal d’isotopes radioactifs...
Ensuite, il y a le Plutonium...C’est aussi un carburant, on le recycle (en MOX, pour l’instant), donc est-ce un déchet ? Par contre, le MOX après avoir été dans le réacteur n’est pas pour l’instant retraité : dans ce cas, vous pouvez l’appeler un déchet...mais si on se décidait à le recycler ???
Sur les déchets, plutôt que de semer la terreur, je suggère qu’on raisonne dialectiquement : un déchet, convenablement traité, peut se transformer en quelquechose d’utile...Le déchet est une notion relative :
les US ne retraitent pas leurs combustibles, donc tout ce qui sort de leurs centrales est du déchet...jusqu’à ce qu’ils se décident a retraiter : ça va peut-être arriver..
Les Canadiens (procédé Candu, qui met de l’U naturel, non enrichi dans les réacteurs) se retrouvent à sortir 200t de déchets là où on n’en sort que 20 en France. Donc ils ont au moins 10 fois plus de déchets que nous. Sauf si vous vous entêtez à considérer l’uranium appauvri comme un déchet, mais méfiez-vous, il y a des milliards de tonnes d’U à la surface de la terre !
Donc, je veux que vous réfléchissiez à ce qu’est un "déchet"...
Karva
@ Karva, juste pour info, les cretins tirant a la roquette sur SuperPhenix etaient des militaires, le LRAC n etant pas l armement de base du chasseur dauphinois de plus, si d aventure ça interesse quelqu un sur le site airliners ou planespictures, on peut voir de photos d An 124 chargeants des containers à Satolas/St Exupery avec un sigle bien connu dessus, le tout etant affrete par nos amis d AREVA
Maintenant qu’il y a prescription, il y a un gars (un Suisse ?) qui va expliquant que c’est lui, un ecolo, qui avait tiré la roquette. Il s’en vante, mais il donne suffisamment de détails pour que l’on n’ait guère de doute. Quant au LRAC, je l’ai assez manipulé pour savoir qu’on peut soustraire une roquette a nos braves militaires. De plus, on m’avait appris a faire partir une roquette sans LRAC (c’etait un classique en infanterie de l’embuscade).
Je pense que c’est un abruti, mais il ne pouvait evidemment faire bien de mal...Ayant travaillé un peu partout dans la Recherche scientifique, après avoir été officier d’infanterie, j’ai vu les mesures de securité autour des réacteurs, y compris des réacteurs de recherche, etre augmentées, et cela à cause en partie des violents mouvements de contestation.
Par ailleurs, je crois que c’est une erreur de dire que seule l’industrie nucléaire est opaque : au contraise, à cause en partie des peurs des gens, c’est l’industrie la plus surveillée et elle est très réglementée. D’abord toutes les activités industrielles sont susceptibles de problèmes et d’accident, et vous ne pouvez pas rentrer n’importe où. Le fonctionnement d’un pays comme le nôtre l’impose. Je vous arppelle que les déchets chimiques toxiques, souvent à vie infinie, sont beaucoup plus importants que les déchets nucléaires, et que les mesures de sécurité sont bien moins drastiques.
Je crois que vous êtes polarisés sur le nucléaire comme sur un punching ball, mais ça vous aveugle sur beaucoup d’autres problèmes.
Karav










