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OGM : lettre ouverte aux députés

Article publié le 4 avril 2008

OGM : lettre ouverte aux députés

Mesdames et Messieurs les députés,

C’est en tant que citoyenne que je vous écris pour vous demander de ne pas voter pour le projet de loi concernant les OGM, tel que le Sénat vous l’a soumis, car les enjeux - aussi bien environnementaux, économiques et sociaux - sont considérables et d’une extrême gravité dont il faut bien mesurer l’ampleur.

Premièrement, ce texte introduirait le terme de "coexistence" dans la loi, ce qui rendra officielle l’hypothèse qu’il est possible de faire coexister la filière OGM et non OGM de manière étanche, alors que les cas de contamination sont révélés en permanence à travers le monde.

Ne trouvez-vous pas que lorsqu’on introduit une nouvelle technologie dans la nature - une technologie qu’on sait être "à risque" - la loi devrait protéger les cultivateurs qui refusent d’employer cette technologie pour diverses raisons (notamment éthiques), protéger les citoyens qui majoritairement n’en veulent pas dans leur assiette, et protéger l’environnement, qui est également exposé au risque ?

Ayant la preuve que cette coexistence est impossible, vous êtes sur le point de vous prononcer sur l’acceptation d’un seuil pour une contamination "légalisée". Cette acceptation reviendrait à éliminer à terme notre droit à produire et à consommer sans OGM. Vous conviendrez qu’une plante avec "seulement" 0,9% d’OGM n’est pas une plante "sans OGM", et qu’une fois le principe de tolérance d’un seuil étant admis, il est fort probable que de 0,9%, on passe rapidement à 2%, puis 5%, puis... jusqu’où ? Vous savez sans doute que ce seuil de 0,9% n’a aucun fondement scientifique ; il a été choisi arbitrairement en se basant sur le seuil qui s’applique à l’obligation d’étiquetage des produits alimentaires. Mais ce seuil-là n’a jamais eu d’autre vocation que celle-ci, et certainement pas celle de définir l’irresponsabilité de la filière OGM en cas de contamination accidentelle.

La question de la responsabilité est un point crucial. Elle ne devrait pas être portée uniquement par les cultivateurs d’OGM, mais devrait être partagée par les semenciers. Croyez-vous réellement que ceux-ci seraient aussi enclins à commercialiser leurs OGM s’ils risquaient d’être tenus responsables pour chaque contamination ? Qu’en penseraient leurs assureurs ?... Cette responsabilité devrait être bien plus vaste que celle prévue dans le projet de loi : la réparation du préjudice y est limitée à la dépréciation du prix du produit issu d’une contamination supérieure à 0,9%. Mais la perte des agriculteurs non-OGM sera bien plus importante que cela. Les agriculteurs bio, par exemple, perdraient leur label, leur clientèle, leur notoriété, leurs semences, et seraient obligés de se lancer dans une reconversion, une décontamination des sols... tout cela n’est pas pris en compte !

De plus, le projet de loi n’incite pas les agriculteurs d’OGM à prendre des mesures visant à éviter la contamination. Il ne prend en compte que les contaminations issues de cultures, or, bien d’autres facteurs sont porteurs du risque de contamination : le transport, la transformation, le conditionnement, la distribution...

Et pour finir sur ce chapitre de la contamination, celle de l’environnement n’est pas prise en considération. La loi n’envisage que la contamination de productions agricoles, mais qu’en est-il de toute la végétation aux alentours des champs ? Et des animaux qui s’y nourrissent ? Face à cette "culture expérimentale" (rappelons que la culture d’OGM est considérée comme telle), nous sommes tous des cobayes et nous traînons dans notre sillage l’ensemble des êtres vivants sur Terre.

À ceux qui vont me rétorquer "mais quels sont donc les risques ?!", je réponds qu’en partie, les risques sont potentiels, inconnus à ce jour, il s’agit de ceux qui concernent la santé humaine et animale. Quelques études sur des effets néfastes sur la santé animale ont vu le jour, notamment sur des rats, mais je le consens, la recherche doit progresser. Personne - ni même les écologistes qui sont souvent accusés à tort sur ce point - ne demande l’arrêt de la recherche, bien au contraire : appliquer le principe de précaution serait de persévérer dans la recherche en milieu confiné jusqu’à ce que l’innocuité soit prouvée. En revanche, d’autres risques sont certains et se situent au plan éthique. Si la contamination n’est pas maîtrisée (en l’interdisant fermement), nous risquons très sérieusement de ne plus avoir la liberté de produire et de consommer sans OGM. La disparition à terme de l’agriculture bio et le préjudice subi par les agriculteurs en cas de contamination sont des risques bien réels. Et j’ajouterai un point fondamental  : compte tenu de la question épineuse du brevetage du vivant, nous risquons aussi de mettre le plus grand marché mondial, celui de l’alimentation, entre les mains des semenciers multinationaux. Que la question de la sécurité alimentaire dans le monde ne soit plus du ressort des États et des citoyens, ce serait tout de même d’une gravité extrême, n’est-ce pas ? Et c’est un pas de plus vers cela que nous franchirons si Monsanto arrive à s’imposer dans la législation française.

À ceux qui croient en toute bonne foi ce que Monsanto s’acharne à leur faire avaler depuis des années : que les OGM sont une aubaine pour le tiers-monde et une solution pour combattre la faim, je réplique que sur le plan économique, la commercialisation des OGM dans le tiers-monde est une véritable aberration. Il faut s’attaquer aux problèmes à la source : la faim fait des ravages (selon l’ONU, 850 millions de personnes en souffrent ; un enfant meurt toutes les 5 minutes de malnutrition), tandis que la production alimentaire mondiale augmente plus vite que la population. Des pays du Sud qui comptent des millions de personnes mal nourries - dont la majorité sont, paradoxalement, des paysans - exportent une grande partie de leurs denrées alimentaires vers le Nord. Au total, 13% de la population mondiale souffre de malnutrition et 15%, de suralimentation. C’est flagrant : le combat contre la faim dans le monde doit se mener au niveau de la répartition des richesses et de la souveraineté alimentaire des pays du Sud. La solution est clairement politique et économique et ce ne sont pas les OGM qui vont résoudre quoi que soit, bien au contraire. La culture des OGM met les cultivateurs du Sud dans une situation de dépendance vis-à-vis des semenciers, et le coût annuel des semences, déjà exorbitant pour eux, ne sera amené qu’à augmenter. Le documentaire « Le Monde selon Monsanto », diffusé récemment sur Arte, a démontré un des effets tragiques de ce commerce : en Inde, le suicide des paysans endettés est un phénomène d’une ampleur nationale.

Mesdames et Messieurs les députés, ce projet de loi fait peser une très grande responsabilité sur vos épaules, qui dépasse largement les enjeux nationaux. Je vous prie de faire preuve de bon sens et de précaution, et de faire tout ce qui en votre pouvoir pour préserver notre liberté de produire et de consommer sans OGM, avec une réelle considération pour la santé humaine, l’environnement, la sécurité alimentaire dans le monde et les générations futures.

Je vous prie d’agréer, Mesdames et Messieurs les députés, l’expression de mes salutations distinguées.

Mikhal Bak

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103 votes

commentaires
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par bubbledom (IP:xxx.xx6.88.179) le 4 avril 2008 à 13H32

très bel article, clair et concis. Je te remercie Mikhal pour tes efforts. Espérons que vos politiques prennent le temps de vous lire.

Entre ce vote sénatorial et le grenelle de l’environnement il n’y a donc aucun lien ? D’un côté le blabla qui plait et de l’autre justement les mesures que personne ne veut ?

La France fait mal à voir. Comment son gouvernement peut-il être aussi anti-français et autant se foutre de la gueule de ses citoyens ? Comment ceux-ci pourraient-ils préférer être menés ainsi arbitrairement plutôt que de se doter des outils législatifs qui leur permettraient de prendre les décisions par vote ?Incompréhensible. :/-)

Qu’en serait-il de l’envoi de nouvelles troupes et du ralliement aveugle à l’OTAN ?

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par Olivier (IP:xxx.xx6.36.135) le 4 avril 2008 à 16H02

merci pour cet article très clair Mikhal En espérant que nos élus t’entendent, beaucoup même à l’UMP qui défend cette loi dangereuse, sont partagés.

je peux comprendre que l’on veuille avancer dans la recherche et se doter de nouveaux produits pour se soigner ou mieux manger (bien que d’après mon expérience, m^me en temps que scientifique, il vaut mieux s’attacher à bien utiliser ce que l’on a déjà plutôt qu’inventer de nouveaux outils, souvent des gadgets mal contrôlés).

Mais ça ne doit pas être au détriment de ce qui "marche" déjà. On parle de progrès économiques pour les OGM, pourquoi pas un jour. Mais il ya déjà un potentiel énorme avec l’agriculture bio, de qualité. Et sans doute grandissant avec le temps, et les pollutions de + en + pressantes.

Favorisons plutôt ce potentiel "bio", avéré plutot que celui des OGM, pour le moins controversés quant à leurs résultats :
- meilleurs rendements ?!? ce n’est pas l’avis des paysans indiens !
- moins de pesticides !?! avec des plantes OGM RoundUp Ready !
- indépendance alimentaire !?! avec l’obligation de racheter chaque année ses semences à un industriel ! ...

Or autoriser la "co-existence" entre OGM et non OGM, c’est accepter la fin du non OGM : A qui peut-on faire croire que le vent ou les insectes pollinisateurs, s’arrêtent au bout de 25, 50m, et m^me plusieurs km ? Ce n’est pas un risque de contamination généralisée, c’est une certitude ! D’autant que comme tu le rappelles, les plantes OGM, ne font pas que pousser dans un endroit bien (?) délimité, mais sont transportées aux quatre coins du monde

D’ailleurs pourquoi, les assureurs ne veulent-ils pas assurer les producteurs OGM contre ce risque ?!?

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par Lucrezia (IP:xxx.xx9.150.51) le 4 avril 2008 à 19H06

Heureusement que Mikhal Bak n’a pas vécu fin du 19ième siècle, début du 20ième siècle sinon l’électricité, le cheval à vapeur, la vaccination, la radiothérapie ...etc .. n’existeraient pas et nous enverrions encore aujourd’hui nos enfants à la mine et les femmes au lavoir !

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par Zevengeur (IP:xxx.xx8.79.206) le 4 avril 2008 à 23H59

Un vrai progrès en effet, alors que j’avais déjà dans mon assiette le pesticide Roundup & co à raison d’1 Kg/an, j’ai maintenant en plus un composé OGM qui modifie les organes des rats. Heureusement que la poursuite des tests sur les rats été interdite par Berlusconi sinon on aurait peut être une vue d’ensemble de ce fameux "progrès technique" ! :->

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par TSS (IP:xxx.xx0.146.50) le 4 avril 2008 à 20H11

ce dernier commentaire peut se revendiquer d’être une idiotie parfaite ..

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par Zevengeur (IP:xxx.xx8.79.206) le 5 avril 2008 à 00H03

Mais voyons réfléchissez !

Grâce à l’exception française, on sait maintenant que les nuages radio-actifs contournent nos frontières, on peut donc raisonnablement en déduire que c’est pareil pour les pollens OGM, ils contournent les champs de cultures BIO !

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par jesuisunhommelibre (IP:xxx.xx2.112.166) le 5 avril 2008 à 01H59

Plusieurs remarques pour tempérer les passions :

Dans l’article, l’auteur demande le confinement "jusqu’à ce que l’innocuité soit prouvée". Sur le papier, c’est bien, mais comment prouver l’innocuité de quelque chose ? C’est absolument impossible. Ce qui est possible, c’est de prouver la dangerosité d’une substance dans des conditions normales d’utilisation. Actuellement, le produit le plus dangereux sur le marché est l’automobile ! Faut-il immédiatement l’interdire ?

Concernant les risque de "contamination", ils sont extrèmement faibles, et ceci pour plusieurs raisons :

* Les semences sont programmées pour ne pas pouvoir se développer sur plusieurs cycles : les semences OGM récoltées ne repoussent pas si on les replante.

* En Europe, les plantes actuellement utiliées en culture OGM ne sont pas des plantes autochtones : tabac, maïs, pommes de terre... Ces plantes n’existent pas à l’état sauvage dans nos régions. Le risque sont un peu plus importants si les cultures OGM sont pratiquées sur des choux, de l’orge, du seigle, toutes plantes endémiques dans nos régions.

* Enfin, à l’état sauvage, une plante subit de nombreuses mutations totalement aléatoire. Néanmoins, seules, celles apportant un vrai plus à la plante, sont conservées. Les caractéristiques nouvelles disparaissent après quelques générations.

* Le principe de précaution veut qu’une étude de toxicité soit réalisée avant la mise sur le marché. Un peu comme pour un médicament. La responsabilité des semenciers pourrait, comme pour le tabac (cf. procès contre Philip Morris), être reconnu en cas de problème grave.

* Le seul vrai risque actuel, est le risque de monopole, et le risque de collusion entre les organes de contrôle et d’analyse, et les laboratoires de biotechnologie.

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par JL (IP:xxx.xx3.87.192) le 5 avril 2008 à 09H04

Vivelecentre a écrit : "" Les semences sont programmées pour ne pas pouvoir se développer sur plusieurs cycles : les semences OGM récoltées ne repoussent pas si on les replante"".

C’est sans doute vrai bien que parfois, les défenseurs d’OGM nient cette caractéristique. Passons. Mais quid des plantes contaminées ?

Les lobbyistes, lorsque lorsqu’ils font du "hors piste", disent n’importe quoi et sans aucune rigueur scientifique. D’ailleurs, tout le débat est faussée par ce principe" non scientifique de l’équivalence en substance".

L’industrie des OGM c’est le mariage de la "Carpe et du lapin", l’alliance de la haute technologie et de la pensée magique.

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par Mikhal (IP:xxx.xx9.168.21) le 5 avril 2008 à 17H21

>> "Dans l’article, l’auteur demande le confinement "jusqu’à ce que l’innocuité soit prouvée". Sur le papier, c’est bien, mais comment prouver l’innocuité de quelque chose ? C’est absolument impossible. Ce qui est possible, c’est de prouver la dangerosité d’une substance dans des conditions normales d’utilisation. Actuellement, le produit le plus dangereux sur le marché est l’automobile ! Faut-il immédiatement l’interdire ?"

Éffectivement, on ne peut jamais montrer l’innocuité d’un produit, d’un procédé technologique, d’un comportement. C’est un raccourci pour demander la non-commercialisation des OGM tant qu’un doute persiste (plusieurs études montrent un impact de la consommation des OGM sur le métabolisme des animaux, le dernier en date étant celui de Gilles-Éric Séralini à partir des données de Monsanto. Cf references ci-dessous) et tant que les procédures d’autorisation ne sont pas plus complètes. La réglementation européenne sur la sécurité alimentaire (RE 178/2002) le demande clairement dans son article 14.
" 4. Pour déterminer si une denrée alimentaire est préjudiciable à la santé, il est tenu compte :
a) de l’effet probable immédiat et/ou à court terme et/ou à long terme de cette denrée alimentaire sur la santé non seulement d’une personne qui la consomme, mais aussi sur sa descendance ;
b) des effets toxiques cumulatifs probables ;
c) des sensibilités sanitaires particulières d’une catégorie spécifique de consommateurs lorsque la denrée alimentaire lui est destinée."

Or, lorsqu’on nourrit des rats pendants 3 mois, il est impossible que les études répondent aux points a et b !
L’autorisation des OGM bafoue complètement le principe de précaution. Quand j’entends les politiques dire "on ne sait pas", il est facile de leur rétorquer qu’en cas de doute, les produits ne doivent pas être commercialisés.

Article de Gilles-Éric Séralini = New Analysis of a Rat Feeding Study with a Genetically Modified Maize Reveals Signs of Hepatorenal Toxicity, Gilles-Eric Séralini, Dominique Cellier et Joël Spiroux de Vendomois (Archives of Environmental Contamination and Toxicology, Volume 52, Number 4 / mai 2007).

>> "Les semences sont programmées pour ne pas pouvoir se développer sur plusieurs cycles : les semences OGM récoltées ne repoussent pas si on les replante."

C’est totalement faux. C’est bien le problème des OGM : ce sont des organismes vivants incontrôlables. Les semences qui ne regerment pas sont appelées "terminator" et ne sont autorisées dans aucun pays du monde et à priori ne sont pas prêtes de l’être du fait du risque de dissémination des gènes.

>> "En Europe, les plantes actuellement utilisées en culture OGM ne sont pas des plantes autochtones : tabac, maïs, pommes de terre... Ces plantes n’existent pas à l’état sauvage dans nos régions. Le risque sont un peu plus importants si les cultures OGM sont pratiquées sur des choux, de l’orge, du seigle, toutes plantes endémiques dans nos régions."

Exact, c’est pour cela que le colza GM n’est pas cultivé en France (gros risque de dissémination à des plantes sauvages proches), mais cela n’exclut pas la contamination des cultures conventionnelles des plantes de la même espèce. Comme je l’ai expliqué dans l’article, les conséquences de la contamination ne sont pas que financières, ce sont aussi la perte de marché, de clients qui n’ont plus confiance et de pertes des semences pour les agriculteurs qui sélectionnent eux-mêmes leurs semences.

>> "Enfin, à l’état sauvage, une plante subit de nombreuses mutations totalement aléatoire. Néanmoins, seules, celles apportant un vrai plus à la plante, sont conservées. Les caractéristiques nouvelles disparaissent après quelques générations."

"Les caractéristiques nouvelles disparaissent après quelques générations." Darwin doit se retourner dans sa tombe ! Autre élément à prendre en compte est la stabilité et la plasticité du génome (Cf livre de Séralini "Génétiquement incorrect"). On ne maîtrise pas l’insertion de la construction génétique puisqu’elle est introduite de force et s’insère où elle peut et comme elle peut. Ces constructions génétiques comportent des fragments d’ADN exogène dont on ne peut pas prévoir l’évolution en cas de recombinaison. L’Homme est adapté à son environnement depuis des millénaires mais on ne connaît absolument pas l’impact de plantes créées en laboratoire sur les écosystèmes naturels.

>> "Le principe de précaution veut qu’une étude de toxicité soit réalisée avant la mise sur le marché. Un peu comme pour un médicament. La responsabilité des semenciers pourrait, comme pour le tabac (cf. procès contre Philip Morris), être reconnu en cas de problème grave."

Tout à fait d’accord. Les études avant autorisation (car il y en a) sont insuffisantes, mais les multinationales usent de tous leurs pouvoirs pour être exonérées des risques que leurs actes font courir. Aux États-Unis, la responsabilité des semenciers pourrait difficilement être reconnue. Des sociétés comme Monsanto ont obtenu, grâce à leurs appuis politiques, le droit de ne pas rendre obligatoire la traçabilité et l’étiquetage des OGM. Sans étiquetage, si la moitié de la population américaine s’avère malade, personne ne pourrait mettre en évidence le lien entre le mal et la consommation des OGM.

>> "Le seul vrai risque actuel, est le risque de monopole, et le risque de collusion entre les organes de contrôle et d’analyse, et les laboratoires de biotechnologie."

Je préférerais parler de l’insuffisance des moyens de contrôle français, tant pour les produits importés que ceux mis sur le marche. Nos services de contrôle sont suffisamment intégrés. En revanche, ce sont nos hommes politiques qui manquent parfois de courage et/ou d’indépendance face à la volonté américaine de faire passer les lois du commerce avant la protection des consommateurs que nous sommes (cf. viande aux hormones, viande issue d’animaux clonés, OGM). Nous avons perdu la bataille du brevetage du vivant, et le risque est grand que les multinationales cherchent à maîtriser la chaîne alimentaire mondiale par le biais des semences OGM dont elles sont propriétaires.
Les écologistes se battent pour que soit inscrit dans la loi sur les OGM la co-responsabilité pleine et entière des semenciers en cas de contamination par les OGM. Et ça, ça doit absolument être obtenu. C’est l’application simple du principe polleur-payeur. Est-ce irraisonnable de le demander ?


- Plus d’informations : Greenpeace et Stop-OGM.

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par tse (IP:xxx.xx5.193.184) le 6 avril 2008 à 20H23

Pour être réellement protecteur, le texte de loi doit prévoir une co-responsabilité automatique de l’exécutif politique ou gestionnaire européen et national, qui aura laisser se produire, ou favorisé par décision - sans respecter le principe essentiel de précaution, avant toute autre considération - cette dissémination et contamination durable du vivant et, de tous les semenciers concernés.
La tendance actuelle est inverse puisque tous les exécutifs, soutenus par les médias dominants, veulent minorer, voire nier, les risques et faire disparaitre le principe de précaution génant la "concurrence libre et non faussée".
Pour ce qui est des dégâts génétiques induits, parfaitement identifiés, par ces organismes, , se reporter aux très solides explications du chercheur Christian Vellot :
http://www.dailymotion.com/video/xp...

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par jrr (IP:xxx.xx2.77.198) le 9 avril 2008 à 21H16

Il est clait que NS est le cheval de Troye de Bush-Monsanto en Europe. Les OGM de Monsanto sont toxiqques (cf. étude de Seralini mentionnée ci-dessus). NS : il faut en finir rapidement avec ce dangereux guignol.


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