Les Amis de la Terre France auraient reçu par une "fuite" le courrier suivant adressé à des parlementaires. Si l’on peut douter du caractère authentique de la lettre, les chiffres et faits cités sont, eux, malheureusement exacts ainsi que le fait que des parlementaires français ont quand même voté en faveur des OGM.
Washington, Bruxelles et Paris le 10 avril 2008
à Mesdames et Messieurs les députés et sénateurs
Objet : loi OGM
Madame, Monsieur,
C’est avec la plus profonde gratitude que nos techniciens et nos banquiers vous remercient. Vous n’avez pas faibli devant l’adversité et pourtant, la bataille a été dure !
Traditionnellement en France, nos compagnies ont toujours pu compter sur les partis de droite, partisans sans défaillance d’une agriculture intensive et fortement consommatrice de nos produits chimiques (engrais et pesticides) - la gauche étant parfois versatile, surtout depuis l’influence nuisible des Verts.
Le soutien en France à nos nouveaux produits, les plantes GM, semblait garanti, ce qui est loin d’être le cas dans beaucoup de pays européens, où même les plus conservateurs nous empêchent de développer nos activités. Pologne, Italie, Grèce, Autriche pour ne citer que les plus virulents ! A notre grande surprise donc, des députés de droite commencent, même en France, à remettre en question nos produits. Ce n’est pourtant pas faute de leur avoir envoyé nos brochures ou celle des semenciers de leurs circonscriptions.
C’est vrai que certaines nouvelles faussement alarmistes pouvaient déstabiliser des personnes plus faibles. Il y a effectivement multiplication des herbes tolérantes au glyphosate aux Etats-Unis. Mais avec une augmentation des doses et des applications, on contrôle facilement ce phénomène. Dans le pire des cas, si ça ne suffit pas, on peut, comme le font de plus en plus d’agriculteurs, augmenter les doses d’autres produits chimiques, comme le 2-4D dont on a bien exagéré la toxicité en tant que composant de l’agent orange au Viet Nam.
En Argentine aussi, des chiffres alarmistes on été brandis : le plan pour éradiquer une herbe résistante – le sorgho d’Alep - nécessiterait jusqu’à 25 millions de litres supplémentaires de paraquat, diquat et atrazine et pourrait coûter jusqu’à 950 millions de dollars par an. Nous tenons à vous rassurer. Premièrement, ces produits ne sont pas aussi dangereux que certains le prétendent – la preuve, nous les vendons - quant aux frais, ils seront vraisemblablement pris en charge par l’état argentin et ne devraient en aucun cas avoir de conséquence sur nos bilans commerciaux.
Nous vous remercions d’ailleurs d’avoir adopté des dispositions similaires dans le dispositif juridique français concernant la contamination, en faisant porter l’entière responsabilité sur les agriculteurs qui utiliseront nos produits.
Vous nous faites confiance et vous avez raison. Vous savez que nous ne nous dérobons pas face à nos responsabilités. Dans ce but et pour permettre à des milliers d’agriculteurs de continuer à utiliser nos semences transgéniques et nos produits chimiques, nous travaillons d’arrache pieds à la mise au point de nouveaux OGM agricoles. Ces plantes GM peuvent maintenant supporter des doses de produits chimiques beaucoup plus fortes, voire plusieurs herbicides à la fois. Comme vous le voyez, on n’arrête pas le progrès.
Vous nous avez été d’une grande aide aussi en ayant le courage d’instituer des peines exemplaires contre toute personne qui détruirait des champs de plantes GM. En effet, une de nos entreprises a annoncé lors d’une réunion d’investisseurs, il y a quelque temps, que d’ici 2 ans l’ensemble du maïs de l’Union européenne serait GM. Il serait quand même intolérable que des entreprises ne puissent respecter leurs engagements envers leurs actionnaires, ni atteindre d’aussi nobles objectifs, à cause d’une minorité d’activistes qui représentent le refus des OGM d’à peine 75% des Français.
Tout au long de ce débat, vous avez su faire preuve d’un grand discernement. Alors que vos collègues dénonçaient le fait que 80% des OGM servent à nourrir les animaux des pays riches, vous avez compris que c’est parce qu’il n’y a pas assez d’OGM pour nourrir aussi les humains ! Certains de vos collègues semblent ainsi avoir vraiment perdu tout bon sens, au lieu de nous aider à produire encore plus d’OGM pour le bien de l’humanité. Nous savons quel courage et quelle détermination il vous aura fallu pour voter contre l’immense majorité des concitoyens de votre pays et de votre circonscription qui refusent les OGM. Ce n’est pas donné à n’importe quel élu de voter ainsi contre ses électeurs. Encore une fois merci.
Veuillez agréer Madame, Monsieur, l’assurance de nos sentiments les meilleurs
(signature illisible)








