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Nouveaux problèmes, veilles solutions

Article publié le 11 décembre 2008

Nouveaux problèmes, veilles solutions

Les débats franco-français autour de la gestion de la crise (relance par la consommation, l’investissement, interdiction administrative de licenciements...) rappellent les vielles querelles entre néo-marxisme (la crise est congénitale à l’idéologie libérale) et libéralisme (vertu de la destruction créatrice, cycles longs...).

Chacun s’accorde à penser que notre crise est l’occasion de repenser un système, pourtant devant notre impuissance à imaginer, nous cédons à la facilité et ressortons nos veilles recettes. Les relances inédites et astronomiques en sont l’illustration. 1 000 milliards de $ pour les Etats-Unis, de 600 à 700 milliards de $ pour la Chine ! En comparaison, les relances européennes font figure d’argent de poche. Nos experts expliquent la crise en partie par le fait que nous vivons au-dessus de nos moyens (endettement), les relances actuelles démontrent que nous ne sommes pas prêts à une cure d’amaigrissement.

Ces relances, cette volonté de créer de la croissance coûte que coûte, (avec les dents dirait note président), vont relancer une course à l’énergie démesurée, les pressions sur les ressources vont s’accentuer, les consommations de matières premières vont exploser (les cimentiers voient d’ailleurs leurs valeurs boursières s’envoler). Andrew Oswald le démontrait, « une nouvelle croissance ne peut se perpétuer à l’échelle mondiale sans engendrer de nouveaux chocs pétroliers ». Aujourd’hui, nous pourrions ajouter « chocs environnementaux ». La croissance de nos modèles implique de facto une augmentation de la demande d’énergie. Cette demande excessive d’énergie engendre inévitablement les déséquilibres dénoncés depuis le rapport Brundtland en 1987. En gros, la satisfaction de nos besoins actuels restent définitivement plus importante que celle se nos descendants. Cette relance mondiale engendrera plus de pressions environnementales, plus de déséquilibres et d’inégalités mondiales (André Lebeau). En d’autres termes, si nous suivons cette obsession de la croissance selon notre perception actuelle du développement, les conséquences seront l’inverse de celles souhaitées et nous continuerons à vivre démesurément au-dessus de nos moyens en termes de ressources.

La première étape d’une reconstruction réside dans les solutions de substitutions (principalement énergétiques), dans les nouvelles gouvernances (la fameuse organisation du vaisseau de Marcel Boiteux). Hors nous n’en prenons pas le chemin, les dévaluations monétaires chinoises, les relances américaines et les difficultés rencontrées aux conférences internationales sur le climat (Bali, Poznan et le plan climat européen) laissent à penser que nous nous orientons vers un chacun pour soi potentiellement fatal.

Si les mutations ne se font pas sans crises, les crises n’engendrent pas forcément de mutations. Espérons que nos difficultés actuelles ne génèrent pas de conservatisme.

 

Alexis du Fontenioux. Décembre 2008

Thèmes

Développement durable Environnement Politique Crise

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commentaires
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par Croa (IP:xxx.xx0.250.181) le 14 décembre 2008 à 20H53

Pour ma part je ne pense pas que la première étape soit dans des « solutions de substitutions » ou dans dans les « nouvelles gouvernances ».

Il faudrait d’abord :-( rendre possibles :-( les précitées !

Ce, - En rétablissant la démocratie (condition pour de « nouvelles gouvernances » ; Le régime actuel est ploutocratique et nous élus sont fantoches ; L’information est en réalité de la propagande libérale et les élections sont inéquitables.)

- Et en réformant la finance. Le système actuel de type capitaliste a été poussé à son maximum de rendement et aussi de nuisance. Le système de crédit privé règne par la dette sur tout le reste, gouvernements comprits. La création monétaire précède la création des richesses réelles alors qu’il faudrait faire le contraire (C’est cela qui rend la croissance indispensable.) Bref il faut nationaliser les banques et gérer nous-même les monnaies (à chaque peuple sa devise ; De toutes façons il faudra relocaliser l’économie.)

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