Article publié le 26 août 2008
Fonctionnement
En
utilisant ces sites pour vos recherches (plutôt que d’aller sur google,
par exemple), vous contribuez à aider des associations grâce à
l’affichage de pubs sur les pages d’accueil. Pour chaque requête lancée, quelques centimes d’euros sont donc reversées
(parfois, ce sont des arbres plantés). Quant aux résultats de vos
recherches, ce sont les mêmes que google, qui est utilisé massivement
par ces sites pour les effectuer. En général, une multitude de projets
sont proposés touchant au développement durable et la solidarité.
Qui se cache derrière ?
La plupart des moteurs sont gérés par des entreprises
qui se financent grâce aux publicités affichées sur leur site : seul un
pourcentage (plus ou moins faible selon les cas) est reversé aux
projets. Ainsi, les principaux challengers en France sont le pionnier HooSeek (SARL au capital de 47.000 euros basée à Neuilly-sur-Seine) et Veosearch (SAS au capital de 40.000 euros située dans le 16ème arrondissement parisien). Les moteurs solidaires, ça rapporte...
D’autres sites sont gérés par des associations, comme Doona, animé exclusivement par des bénévoles, qui reversent l’intégralité des gains générés.
Question d’éthique...
Une chose est certaine : entre chercher sur google avec 0 centimes pour l’associatif et chercher grâce à google en générant des gains reversés, la deuxième solution est toujours plus intéressante pour les projets solidaires. Mais de tels sites n’offrent au final que très peu de services (c’est le partenaire google qui fait l’essentiel du boulot, associé à une régie publicitaire avec des pubs pas toujours ciblées). En d’autres termes, les requêtes des internautes offrent sur un plateau d’argent 50% du chiffre d’affaire aux dirigeants. Si je n’ai rien contre cette véritable manne financière, vu le peu de service rendu (une fois la machine lancée, le travail derrière est très limité), j’ai un peu de mal avec l’idée que ce type de modèle économique soit vraiment "éthique".
Visiblement, je ne suis pas la seule : Handicap International, Médecins sans frontières et Greenpeace ont ainsi demandé à être retirés des listings d’HooSeek, tout comme Ingénieurs Sans Frontière qui a refusé l’invitation de Veosearch et s’apprête à demander son retrait de Hooseek.
Interviewé dans Politis, Guillaume Heintz, dirigeant de Veosearch, affirme que son modèle se calque sur les "Charity Business" anglo-saxons. Ce concept s’applique avant tout aux associations qui établissent des partenariats avec des entreprises (comme Lafarge et WWF). Les entreprises concernées reversent une partie de leurs revenues en échange de l’utilisation d’un logo ou d’une accréditation... et un regard de l’ONG sur leurs activités. Dans le cas de Veosearch, tout le monde est certes gagnant, mais l’image des associations est utilisée sans qu’il y ait pour autant le moindre travail collaboratif.
Au passage, sur HooSeek, il est encore possible de faire une recherche via google, alors que ce dernier ne fait plus parti du programme (donc, gains non comptabilisés : plus d’info ici). Seul un ’€’ barré minuscule le rappelle... cyberpigeons bienvenus !
Et le gagnant est...
Doona ! C’est le seul site associatif animé par des bénévoles, avec ses statuts disponibles en ligne, affichant une totale transparence. Créé en 2006 par quatre étudiants, le site utilise gracieusement la technologie du moteur de recherche Exalead (sans doute la meilleure alternative à Google) et redistribue la totalité des gains à une association élue par les internautes. La publicité est gérée par Goodaction (une régie publicitaire associative). Les sommes collectées restent pour l’instant modestes (1.000 euros depuis le lancement). Mais après ma petite enquête, je suis désormais prête à faire des recherches régulièrement sur ce site... et seulement sur celui-là. Question de principe.
Le site Veosearch a le mérite de lever pas mal de fonds... mais je trouve qu’il joue beaucoup trop sur le marketing solidaire (il n’apporte aucun service additionnel, 50% des gains sont simplement mis de côté). Je préfèrerais de loin que les internautes se tournent vers la solution "Doona" qui pourra, ainsi, engranger plus de gains.
Pour ceux que cela intéresse, voici une liste non exhaustive des moteurs solidaires :
En français :
- Doona (moteur utilisé : Exalead)
- Veosearch (moteur utilisé : Google)
- HooSeek (moteur utilisé : Google, Yahoo)
- Ecoogler, entreprise espagnole qui plante des arbres en partenariat avec l’ONG Aquaverde (moteur utilisé : Yahoo)
- Mention spéciale au moteur EkOolos, qui n’est pas un moteur solidaire mais offre de rechercher parmi plus de 2000 sites répertoriés dans le domaine de l’environnement. Il est géré par une boutique en ligne mais aucune pub sur la page d’accueil : il n’y a pas de gain généré, certes, mais il est bien pratique, avec un vrai boulot de recensement derrière !
En anglais
- My Eco Seek qui investit dans les énergies renouvelables, joli petit site aux gains encore très faibles (voir leur blog)
- EcoSearch, une association américaine qui mentionne les ONG soutenues... mais les gains générés.
- Et quelques autres que je ne citerai pas car trop obscurs (aucune transparence sur leurs activités et leurs propriétaires).
Sources
- Euridile (Registre National du Commerce et des Sociétés) et societe.com
- "Un problème de cohérence", article de Xavier Frison paru dans Politis
(22 mai 2008)
Thèmes
Utilisatrice de Veosearch pendant un temps, j’avais croisé quelque part sur le Web de virulents défenseurs de Hooseek, arguant que ce moteur solidaire, contrairement à Veosearch, n’était pas une entreprise... et j’apprends le contraire dans votre (très intéressant) article :-o
Je m’étais alors intéressée à Hooseek, et notamment à la liste des associations bénéficiaires : cette liste m’avait laissée sceptique. Un nombre faramineux d’associations, récoltant quelques euros au bout de plusieurs mois, nombre d’entre elles étant plus ou moins obscures, et/ou n’ayant aucun but caritatif ou humanitaire (clubs de sport etc).
Veosearch a à mes yeux l’avantage de sélectionner un nombre plus réduit d’associations, celles-ci étant bien présentées (lien vers un site internet, vidéo de présentation...). J’ai cessé de l’utiliser depuis quelques temps pour des questions de bug .
Il ne me reste plus qu’à me pencher sur Doona ;-)
Pour info, Veosearch utilise Yahoo et non pas Google
ec
Et bien, j’ai bien fait de choisir Doona quand leMonde.fr avait parlé de ces moteurs de recherche. Je suis un homme de goût à n’en point douter :p
j’utilise pour ma part "ecocho"(google) quelqu’un pourrait il m’en dire un peu plus sur ce moteur de recherche ?? merci d’avance
un moteur de recherche personnalisé à votre nom
http://www.lafouinedunet.com/google/
pour mettre votre nom ou une phrase cliquez sur ” modifier mon logo “
pour infos en moteur de recherche solidaire ecolo il y a FORESTLE
pour le sauvetage de la foret tropicale










