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Modes et tendances, vous tuez la planète !

Français, Françaises, cessez d’enfanter des clones !

Article publié le 21 février 2008

La révolution industrielle a été une des plus grosses erreurs de l’humanité

Le danger lié au réchauffement climatique semble avoir pénétré les esprits des Français. L’écologie est entrée en force depuis peu dans les chaumières, surtout depuis les débats lors de l’élection présidentielle.

Le pacte écologique de N.Hulot et la polémique soulevée par C.Allègre montrent assez bien les clivages entre les différentes chapelles environnementales qui existent en France, comme le fut, toute proportion gardée, la querelle entre les Anciens et les Modernes.

N.Hulot et C.Allègre apparaissent comme les dignes représentants de deux thèses qui divisent actuellement nos concitoyens.

En effet, les deux protagonistes s’opposent essentiellement sur la notion de "progrès". C.Allègre, en scientifique convaincu,est persuadé que le progrès résoudra nos difficultés à venir. N.Hulot estime que le progrès doit être évalué à chaque étape afin d’éviter des dégâts collatéraux.

L’un, C.Allègre a été formé par les sciences et formaté par les chiffres, outils suprêmes de l’intelligence humaine qui ont permis d’envoyer des hommes sur la lune.

L’autre, N.Hulot, un pragmatique, un hommme de terrain, a vu les dégâts occasionnés par les "scientifiques" sur le monde animal et végétal.

L’un a sûrement cru au DTT, à l’amiante, aux engrais chimiques ; l’autre a vu des pingouins et des ours polaires saturés de DDT dans leur masse graisseuse.

L’un est favorable au progrès qui permet de solutionner les problèmes de l’humanité ; l’autre pense qu’il faut redonner un sens au progrès, aller vers une décroissance quantitative, respecter et réguler les rythmes de production soumis à la raréfaction des ressources terrestres.

Les deux estiment pourtant, à juste titre, que ce siècle est le siècle de tous les défis.

Il y a une composante cependant que tous deux occultent.

Etrangement, les défenseurs de la planète, quelque soit leur couleur politique ne l’abordent jamais.
Il s’agit de "la mode", en particulier la mode vestimentaire.
Le "textile", pour parler comme dans ce milieu commercial très fermé.
"La mode", accessible à de nombreuses couches sociétales est partout ; elle se propage comme un éclair, elle meurt aussi vite qu’elle est née. Elle façonne les humains, elle les fascine aussi, elle préside tous les instants de la vie, surtout dans nos sociétés de nantis.

Tel l’Hydre de Lerne, elle renaît sans cesse, son haleine empoisonée crache son venin de "tendances", faisant de nombreuses "fashion victims" dans le monde, quelque soit le milieu..

Souvent accompagnée de son lot d’accessoires issus d’un pétrole de plus en plus cher, "la mode" sans cesse alimentée par les créateurs de " tendances" nous mène tout droit vers une société de privation, de renoncements, voire de sacrifices à venir.

Pourquoi ? Parce que les ressources énergétiques de la planète se font de plus en plus rares.
Elle est dévastatrice en termes d’énergies fossiles non renouvelables. Elle sera dans quelques années la bête noire que nos riches sociétés devront dénoncer, car la "mode et les tendances" se nourrissent d’un poison mortel pour la planète, poison que l’on appelle communément le "consumérisme".

Ce consumérisme s’alimente de biens précieux qu’ils soient d’origine textile (coton,lin), fossile (pétrole,charbon), ou animale (laine).
Et comme toute consommation, il suit le cycle de la production, transformation, destruction.
"Certains matériaux utilisés sont parmi les plus polluants. La culture du coton, par exemple, utilise 28% des pesticides mondiaux, alors qu’il ne représente pas plus de 2,5% des terres cultivées." (source Wikipédia)

Outre les sols saturés d’engrais chimiques, d’insecticides, de pesticides, l’eau douce fait partie des victimes de ce consumérisme.
Tout le monde connaît le destin tragique de la mer d’Aral, presque assèchée, qui a perdu 60% de sa surface, à cause du captage d’eau de fleuves en amont, eau qui est utilisée essentiellement pour la culture du coton en plein désert !

Concernant la mode vestimentaire, il est peu probable que celle-ci soit condamnée par le grand public, même à long terme, à moins que les prédictions du GIEC ne se concrétisent plus tôt que prévu.

Le sujet est tellement tabou, tellement explosif qu’il va certainement soulever beaucoup d’opposition, parce qu’il touche l’univers de la femme, le monde du paraître, le monde du plaisir, la sphère du transfert affectif.

L’envers s’appelle frustration, monotonie, austérité, déprime, voire burka dans certains milieux !

Personne ne peut aborder le sujet de la mode sans désigner indirectement les gardiennes de ce domaine réservé que sont les femmes en général, et les ados en particulier.
Pourtant, il s’agit de démontrer ici que "la mode et les tendances" font beaucoup plus de dégâts à l’environnement que l’on n’imagine.

Alors, il n’y a qu’à supprimer " la mode et ses tendances " ?

Projet démentiel ? Défi irresponsable ? Ou issue inéluctable ?

(à suivre...)

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36 votes

commentaires
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par Ulysse (IP:xxx.xx4.144.229) le 21 février 2008 à 11H01

Article intéressant mais qui n’attaque qu’une partie du problème de la mode. Il y a aussi la mode technologique. Il suffit de voir par exemple l’engouement pour la sortie de l’Iphone avec des gens constituant des files d’attente immenses pour l’acheter à des heures impossibles (minuit ! Bravo pour la vie des salariés !). Il y a sûr à parier que ce gadget sera obsolète dans quelques mois et on fera à nouveau la queue pour un autre... Mis à part ce comportement consumériste individualiste, résultante de la victoire de l’homo economicus, il y a la question des ressources. La plupart des matières premières utilisées pour les composants électroniques des portables proviennent d’Afrique ( le Coltran en particulier ne se trouve que sur ce continent.) dont l’exploitation se perpétue sans aucun soucis de l’environnement et est à l’origine de conflits. Plus généralement, l’Homme moderne n’est plus qu’une série de pulsions désorganisées qui a pour résultante une frustration infinie comblée partiellement par le Marché. Le travail à accomplir consiste à transformer cet homo economicus en Citoyen. Vaste pogramme dans ce monde Thatchérien où l’individu est roi.

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par hifi (IP:xxx.xx2.136.243) le 21 février 2008 à 13H44

Merci Ulysse pour votre intelligent commentaire.

J’ai "en réserve" des articles à venir, qui dénoncent toutes les modes et tendances,et pas seulement vestimentaires.

J’y aborde notamment le phénomème du mobile, appelé communément "portable" qui fait de nombreuses victimes financières (et pour la planète) parmi les accros de la mode.

Avec un peu de patience, je vous invite à lire les prochains posts.

Merci encore pour votre finesse d’analyse

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par mister varnoux (IP:xxx.xx9.77.109) le 22 février 2008 à 10H17

Un vrai sujet à mettre en rapport avec le remarquable travail de HERVE KEMPF dans "Comment les riches détruisent la planète" (Edit. du Seuil 2007) où il présente l’analyse de l’économiste d’origine norvégienne Thorstein Veblen. A lire absolument pour ceux qui veulent comprendre le véritable moteur du système global.

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par hifi (IP:xxx.xx2.11.32) le 22 février 2008 à 18H11

merci pour l’info

bien cordialement

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par Violette (IP:xxx.xx7.135.177) le 23 février 2008 à 14H47

Un peu réducteur - voire misogyne - d’accoler mode vestimentaire et femmes, non ? Les grands couturiers ne sont-ils pas des hommes ? où avez-vous vu que seuls les femmes et les ados suivent la mode ??? Dommage également de ne pas évoquer les solutions qui s’offrent à ceux et celles qui ne veulent pas sortir seulement vêtus d’une feuille de vigne : les circuits de l’occasion et les vêtements en coton bio et équitable...

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par hifi (IP:xxx.xx1.215.157) le 23 février 2008 à 17H15

Chère Violette,

Si vous avez un peu de patience et le temps de lire mes prochains posts, vous verrez que j’aborde également la fameuse "mode bio"...

Quant à la fameuse "feuille de vigne", je suis prêt à parier que ladite feuille n’aura du succès que si elle est "très tendance" !

Une raison de plus d’en parler.

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