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Les uns perdent leurs maisons, les autres leurs terres, et des millions ont faim

Article publié le 22 août 2008

Les uns perdent leurs maisons, les autres leurs terres, et des millions ont faim

Y-a-t-il un lien entre la crise des subprimes et la crise alimentaire qui sont, comme par hasard, survenues l’une après l’autre ? En un sens, oui. Frances Moore Lappé (Diet for a Small Planet), rappelait récemment qu’il est tout à fait possible de nourrir tous les êtres humains. Des millions sont mal nourris parce que les systèmes de production et de distribution fonctionnent mal, de plus en plus à la merci qu’ils sont des grandes corporations et des spéculateurs de ce monde. Comme les petits emprunteurs hypothécaires.

Lors de l’effondrement du marché immobilier américain, les grands investisseurs, à la recherche d’occasion de faire fructifier les placements de leurs clients, se sont intéressés aux prix des denrées alimentaires sur les marchés à terme, spéculant sur leurs valeurs futures.

La banque belge KBC a même trouvé un slogan qui démontre une grande insensibilité aux malheurs de ce monde : « Tirez avantage de la hausse du prix des denrées alimentaires ! » Tirez sur les affamés en tirant ce profit, serait-on tenté d’ajouter.

Terres en vue

Peu importe que les stocks de denrées fussent élevés ou bas, cette spéculation sur les marchés à terme a entraîné l’ensemble des prix à la hausse, créant ainsi une bulle certes appelée à crevée, mais qui n’en a pas moins touché des millions de personnes mises, presque du jour au lendemain, devant l’obligation de devoir débourser en moyenne 40% de plus pour se nourrir (voir le dernier numéro (juillet 2008) du magazine Seedling, Biodiversity, Rights and Livehood, page 1).

Les choses semblent s’être un peu tassées, mais il y a des forces en présence qui provoquent en ce moment un bouleversement profond des économies des pays où vivent les centaines de millions de petits paysans.

De grandes corporations, et même des pays, achètent la terre dans des pays étrangers. Le Japon aurait même, en ce moment, trois fois plus de terres arables à l’étranger que sur son territoire. La Lybie loue des terres agricoles en Ukraine. Les Émirats arabes unis achètent de grands domaines fonciers au Pakistan. À la suite d’un accord entre la Chine et les Philippines, des sociétés chinoises louent des terres philippines pour la production de riz et de maïs destinés à la Chine. Des sociétés chinoises achètent aussi des terres agricoles en Afrique et ailleurs dans le monde. Bref, c’est la ruée vers la terre.

Le marché des agrocarburants est un facteur aggravant de cet accaparement à grande échelle des terres et de création de grandes plantations, avec éviction des paysans et recul de la production alimentaire locale en prime.

À qui profite la flambée des prix alimentaires ?

Certainement pas aux petits producteurs agricoles. Les marchés urbains dans les pays en développement sont inondés de produits bon marché venant d’ailleurs. Les produits locaux ne font pas le poids et les multinationales de l’alimentaire engrangent les profits.

Ouvrez vos marchés, ont dit en coeur les , la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) aux . Une avalanche d’accords bilatéraux de libre-échange et d’investissement s’est abattue sur ces pays, avec les conséquences qu’on imagine sur les productions agricoles locales.

Un exemple parmi d’autres : des fermiers thaïlandais retirent maintenant moins d’argent de leur riz que les consommateurs paient trois fois plus. Allez comprendre.

C’est la faim du monde

Selon une compilation faite par le courtier en matières premières Gresham Investment Management, le montant des investissements spéculatifs dans les marchés à terme de produits de base est passé de 5 milliards de dollars US en 2000 à 175 milliards de dollars en 2007.

La récente flambée des prix des aliments a pour sa part ramené le nombre de mal nourris au niveau qu’il avait avant que l’Assemblée des nations unies adopte les Objectifs du millénaire pour le développement.

Le Cycle de Doha de l’OMC était aussi censé être le Cycle du développement.

Comme c’est curieux ; l’argent circule de plus en plus vite. Ça doit être pour cela que les paysans ne réussissent pas à l’attraper.

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commentaires
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par La crise (IP:xxx.xx3.157.15) le 4 novembre 2008 à 23H03

On voit bien en effet que cette crise est morale : le capitalisme cherche uniquement à maximiser ses profits alors que cela ne profite pas forcement au plus grand nombre. Je retrouve bien cela dans votre exemple : mieux au jouer au casino sur les produits dérivés que développer l’agriculture ’un pays qui en a besoin.

Problème : on ne connaît pas encore de meilleur système que ce capitalisme

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par yunhe (IP:xxx.xx7.72.111) le 11 novembre 2009 à 09H29

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