Pour comprendre Claude Allègre !
Article publié le 4 juin 2009
La rumeur s’intensifie, Claude Allègre pourrait donc rejoindre le gouvernement pour gérer la politique de recherche et d’innovation. Il ne s’agit pas ici de remettre en cause les qualités d’un scientifique à l’intelligence et au courage reconnus. La question est de comprendre les raisons qui le poussent à adopter une posture contraire aux règles de bases de l’esprit scientifique qu’il chérit tant.
Le dogme est l’ennemi du scientifique, en ce sens Claude Allègre a raison d’en souligner les dangers. La controverse est nécessaire à la science qui se repose sur elle pour valider ses avancées, il a raison de la promouvoir.
Mais Lorsque Claude Allègre récuse avec mépris les travaux d’un scientifique au motif qu’il n’est pas climatologue mais glaciologue, il semble ignorer (est-ce possible ?) que la climatologie est faite de l’agrégation de disciplines ayant un rapport avec le climat (océanographes, glaciologues, géographes physiciens, hydrologues, etc.). Lorsqu’il déclare qu’il n’y a pas de réchauffement climatique au motif que « l’année 2008 est la plus froide de la décennie devant l’année 2007 » (C’est dans l’air, 15 décembre 2008), il dénigre les principes même de l’analyse scientifique, omettant volontairement de souligner qu’il s’agit de la décennie la plus chaude jamais enregistrée. Les scientifiques avant leurs interventions écrivent leurs textes, car ils savent que la précision des mots est la pierre angulaire d’une démonstration rigoureuse. Jade Lindgaard l’a démontré, Claude Allègre est hélas coutumier d’imprécisions, d’inexactitudes et autres « grosses ficelles ». Tout chercheur traitant de sujets utiles à l’analyse du climat contribue aux travaux du GIEC. Un scientifique contributeur n’est pas porteur d’un dogme, mais d’études elles mêmes soumises à la controverse. Le travail de l’organisation consiste à agréger et à synthétiser ces différents travaux par l’obtention d’un consensus, par la convergence des résultats. Si Claude Allègre mène des études sérieuses pouvant contribuer aux travaux du GIEC, il sera le bienvenu !
Alors pourquoi en est-on arriver là ? Comment un scientifique reconnu peut-il se fourvoyer dans une posture le poussant à dénigrer les principes mêmes sa discipline, dont la rigueur et l’honnêteté intellectuelle… ? L’orgueil !
Si les observations de Claude Allègre n’étaient à l’origine pas forcément injustifiées, elles sont devenues obsolètes avec le temps et l’avancée des recherches. Mais reconnaître son erreur est difficile
pour un scientifique, qui plus est à l’orgueil hypertrophié. Claude
Allègre s’enferre dans un combat quitte à raconter n’importe quoi. Bien que probable futur ministre, il est finalement bien à plaindre...
Alexis du Fontenioux. Mai 2008
Thèmes
règles de bases de l’esprit scientifique .... ???
J’avais pas vu ! ...
La question devrait être rapidement réglée maintenant. Les résultats des élections montrent très clairement que ce n’est plus Allègre qui devrait entrer au gouvernement mais Cohn Bandit. Il est en plus beaucoup plus compétent, qualifié, objectif, réservé, etc.... qu’Allègre, non ?
Et bien entendu, Bové à l’agriculture, çà va de soi, il faut utiliser les meilleures compétences.
Oui, mais est-ce qu’un individu ayant un casier judiciaire bien garni dont certaines peines n’ont d’ailleurs pas encore été effectuées peut être ministre ? Pourquoi pas, puisqu’il est maintenant député européen.....









