Article publié le 23 septembre 2008
Selon
un rapport d’une ONG indienne, une grande partie des produits
électroménagers arrivés en fin de vie dans les pays industrialisés
finissent... dans les pays émergents. Avec les avantages (le commerce
lié au recyclage) et surtout les inconvénients (pollution) qui en
résultent. La Convention de Bâle, qui interdit ce genre d’exportations,
n’est pas ratifiée par tous les pays riches.
Vingt à cinquante millions de tonnes de déchets d’équipements
électriques et électroniques, les D3E, sont produits chaque année dans
le monde. Nos téléviseurs, ordinateurs, machines à laver ou encore
réfrigérateurs contiennent du plastique, des substances toxiques dont
des métaux lourds (plomb, mercure, chrome, cadmium) et autres polluants
chimiques. Ces déchets sont à la fois dangereux pour la santé et pour
la nature.
Arrivés
en fin de vie, ils sont démantelés, déchiquetés, incinérés, ou, pour
une grande partie d’entre eux, exportés vers les pays émergents. Selon
un rapport de l’ONG indienne Toxics Link, 70% des D3E de New Dehli, par
exemple, proviendraient de pays industrialisés. Ce type d’exportation
est pourtant interdit selon la Convention de Bâle du 22 mars 1989. Ces
déchets sont envoyés sous couvert de dons ou souvent dans l’illégalité
la plus totale. Et, à l’instar des Etats-Unis, tous les pays riches
n’ont pas ratifié ce traité.
Les D3E constituent une véritable filière économique
En Chine, en Inde ou au Pakistan, les appareils électriques et
électroniques usagés peuvent être réutilisés encore une ou deux années
ou bien directement recyclés par une main d’oeuvre bon marché. Mais au
final, c’est aux pays émergents que reviendra le soin de traiter les
déchets générés.
Or, le recyclage des D3E est rarement réglementé dans ces pays. Et
lorsqu’il l’est, la loi n’est souvent pas appliquée. Les conditions de
travail et de sécurité y sont rudimentaires. La pollution engendrée
n’est souvent pas maîtrisée. La rivière Lianjiang en Chine située à
proximité d’un lieu de retraitement de déchets présenterait, par
exemple, un taux de concentration en plomb 2 400 fois supérieur au taux
que l’Organisation Mondiale de la Santé préconise.
Cependant, le recyclage des équipements électroménagers, hi-fi et
informatiques constitue un véritable système économique dans les pays
émergents. Leurs composants métalliques et plastiques, notamment, sont
récupérés pour la fabrication de nouveaux produits. Pas si facile alors
d’interrompre les importations sans bouleverser toute une filière
d’activité. La production de D3E dans le monde augmente de 3 à 5%
chaque année. Les pays industrialisés doivent arrêter de prendre les
pays émergents pour leurs poubelles, au risque de voir rapidement le
cadavre sortir du placard.
Par Gaëlle COURCOUX
Eco-Life










