Nous allons nous pencher sur la stratégie défensive des industriels du liège. L’émergence de nouvelles formes de bouchage met clairement en péril une activité bien établie. Le site "Yes to cork" (voir capture d’écran ci-dessous) a été spécialement mis en place en Australie. Ce n’est pas un hasard : l’Australie est avec la Nouvelle Zélande, en pointe pour imposer les capsules à vis.

Si
l’article néozélandais est bien en lien avec les actions d’influence des industriels du liège,
alors il ne serait que le dernier exemple d’une longue série. En
2002, la guerre liège contre capsule à vis avait atteint une intensité
jamais vue. Chaque partie avait tenté de taper surl’autre à grands coup
d’enquetes "indépendantes" et de statistiques sur la proportion de vins
bouchonnés. La British Wine and Spirit Association
dans
une étude avait avancé le chiffre de 0,7% de bouteilles, vite
contredite par des journalistes se basant sur les estimations
classiques (de 3 à 6%).
C’est vraissemblablement à cette date que l’APCOR, fédération professionnelle des industriels du liège portugais, a commencé à financer des recherches au Portugal, visant à trouver des moyens de réduire les problèmes du bouchon de liège, provenant d’une molécule présente dans le liège, appelée le TCA (tri-chloroanisoles). Pourquoi le Portugal ? Parce qu’avec 54% de la production mondiale de liège (voir la carte ci dessous) le Portugal a tout interet à pérenniser l’usage du bouchon de liège...
Toujours en 2002, une belle opération de communication avait été faite par le Prince Charles himself, puisqu’il avait déclaré que la capsule à vis était responsable des déséquilibres écologiques qui risquaient de survenir dans l’Europe du Sud. En effet, la perte d’un débouché essentiel pour le liège allaient conduire à une destruction certaine des forets de chene liège au Portugal notamment, qui abritent des espèces végétales et animales en voie de disparition.
Il n’avait fait que relayer le message d’alerte de la WWF dans un rapport paru en 2002, et qui appelait clairement l’industrie du vin à renoncer aux modes de bouchage autres que le liège naturel ! Dans son programme de sauvegarde des subéraies-forets de lièges (voir ci-dessous) ainsi que sur cette partie du site de la WWF , on voit bien les alliances d’interet se dessiner.

Les
industriels se sont-ils réveillé trop tard ? On peut se le demander,
meme si le groupe Amorim, leader mondial du liège semble avoir mis en
place depuis longtemps des structures destinées à influencer les
prescripteurs du monde du vin. C’est l’exemple de l’Académie Amorim
gérée
par l’agence de communication Greenwich. L’Académie Amorim organise
régulièrement des rencontres et conférences entre personnalités du
monde du vin : oenologues, journalistes spécialisés, négociants et
producteurs... Elle organise également un concours destiné à
récompenser chaque année et depuis 1992, des études sur le vin en
général et le liège en particulier.
Quelles sont les portes de
sortie pour les industriels du liège ? Le produit aux qualités
d’isolation reconnues, n’a pas pour seule vocation de finir dans les
bouteilles de vin ou de champagne, puisqu’il est utilisé y compris dans
l’industrie aéronautique. Une étude récente
du départment d’Ingénierie Mécanique de la Faculté des Sciences et de
la Technologie de l’Université de Coimbra (FCTUC) a ainsi montré que
l’introduction de liège dans les carosseries de voiture permettrait de
tripler la sécurité des passagers. Une voie de reconversion pour le
liège ?
Oui, isolation thermique et phonique dans le bâtiment.
Les débouchés potentiels du liège sont nombreux, ne pas désespérer !










