Au 1er rang des "Vérités révélées" écolos, les ampoules basse consommation sont cependant sur la sellette. Leur rendement énergétique est moindre quannoncé, elles seraient la source d’une pollution électromagnétique, et elles posent un problème de recyclage. Pas complètement lumineuse comme idée, finalement.
Une économie en énergie moindre que proclamée
Les ampoules basse énergie produisent beaucoup moins de chaleur que les ampoules à incandescence et consomment moins d’énergie, c’est incontestable. Mais dans quelle proportion ? D’après le tableau disponible sur le site de l’Ademe, elles consomment 4,4 à 5 fois moins d’énergie, à valeur d’usage égale. Dans une déclaration au Monde, Hervé Lefebvre de l’ADEME, tranche à 4,6. S’il est évident, le bénéfice énergétique est cependant inférieur à celui annoncé par les fabricants. Entre en ligne de compte la qualité des éléments électroniques du "ballast", autrement dit, le culot de la lampe BC. Le lecteur averti décèlera dès lors un léger problème de recyclage.
Autre critère, l’éclairement exprimé en lumens : 1200 lumen pour une "classique" de 100 watts, contre 1 040 à 1 060 pour une "fluocompacte" équivalente de 20 watts. A prendre en compte également, la perception de cet éclairage qui évoque le peu exaltant néon (normal, c’est le même procédé d’excitation électrique d’un gaz confiné). En fait, l’indice de rendu des couleurs d’une "basse consommation" est inférieur à celui d’une "incandescente" (qui comporte un filament porté à incandescence).
Autres bémols : il faut un certain temps, jusqu’à 2 minutes, avant que l’ampoule "basse consommation" ne donne tout son éclat. De plus, sa durée de vie théoriquement 6 à 15 fois plus longue, diminue avec des allumages répétés (minuterie) ou si elle est utilisée avec un variateur.
Une nuisance électromagnétique probable
En septembre 2007, les fluocompactes ont été contestées par une étude du Criirem (Centre de recherche et d’information sur les rayonnements électromagnétiques). Celle-ci révèle la présence d’un champ électromagnétique de 4 à 180 Volt/mètre pour des puissances "basse consommation" de 11 à 20 watts. A un mètre, on retrouve la neutralité en ce domaine. Des pics de 100 à 300 V/m ont même été observés à l’allumage. Face à ces champs "susceptibles de gravement perturber les biens et les personnes", le Criirem déconseille ces ampoules comme lampes de chevet ou de bureau.
Levée de bouclier, bien sûr, de l’ELC (Fédération européenne des industries de la lampe) et de l’AFE (Association française de l’éclairage). Le Criirem reste de marbre : il estime que les contre-études négligent les rayonnements dans la gamme des 1 à 10 MéhaHertz, les plus nocifs en l’espèce. Il dénonce par ailleurs l’obsolescence des réglementations européennes en la matière.
Tout cela embarrasse l’ADEME, qui, sur les pas du Président Sarkozy au Grenelle de l’Environnement, milite pour les fluocompactes, dans la perspective d’une interdiction à la vente des ampoules à incandescence en 2010. L’Agence compte d’ailleurs un représentant, Hervé Lefèbvre, déjà cité, au conseil d’administration de ... l’AFE. Bref, l’ADEME joue les casques bleues, réclamant une "norme commune à toutes les parties" ; AFE, Syndicat de l’éclairage, Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail).
A noter : Une PME monégasque s’est ruée dans la brèche en annonçant fin janvier 2008 la création d’un filtre anti-radiation divisant par 40 le niveau de radiation des ampoules fluocompactes classiques. Ce qui confirmerait l’existence des susdites radiations.
Un casse-tête en recyclage
"Electronique embarquée", poudre fluorescente, ça évoque le recyclage délicat. Exact, d’autant plus que s’y ajoute un gaz à base de vapeur de mercure, susbstance toxique progressivement éradiquée de nos bonne vieilles piles. Votre vendeur doit reprendre les fluocompactes en fin de vie et les transmettre à Récylum, éco-organisme spécialisé dans le recyclage des produits d’éclairage. Vous payez d’ailleurs 0,25 euros par ampoule pour cela. Le distributeur doit adhérer à la charte "Collecteur de lampes" de Récylum.
Les
ampoules fluocompactes nécessitent donc des études ultérieures, un
circuit de recyclage strict et spécifique et une adaptation à des
usages autres qu’un éclairage régulier et permanent. De quoi apporter
un bémol à leur généralisation.
Plus d’infos
Les ratés des ampoules basse consommation (Le monde - 5 avril 08)
La pollution électromagnétique des lampes basse consommation sous observation (Novethic - 1er février 08)
Ampoules basse consommation trop rayonnantes - GEO
Lampe fluorescente - Wikipédia
Eclairage : trouver le bon produit - ADEME
lien image : http://terrenatale.blogspot.com...
Pour les vieilles ampoules : "incandescente" et non "fluorescente". Physiquement ça n’a strictement rien à voir et la majorité des publications ne font pas cette erreur : elle est donc du fait de l’auteur. D’autant plus que justement, les nouveaux systèmes sont à fluorescence, ce qui induit la confusion de facto.
Quelques précisions de l’auteur :
1 - Natura Vox a repris cet article sur mon blog Terre Natale, sans demande préalable. Lorsqu’ils ont copié/collé cet article, j’étais en train de le relire et de procéder à des corrections, comme remplacer "fluorescente" par "incandescente", lorsque cela était opportun. Malgré 2 mais demandant ces corrections, doc word à lappui, le texte est resté tel que publié, et donc, comportant effectivement des erreurs.
2 - La version finale est donc à l’adresse : http://terrenatale.blogspot.com/200...
3 - Par ailleurs, c’est Natura Vox qui a choisi de mettre des passages en gras, et non moi.
4. Il ne me semble pas "chichiteux" de s’interroger sur les bénéfices écologiques réels d’un nouveau type d’ampoule qui nécessite des composants plus complexes, embarque des vapeurs de mercure, et va donc poser un sérieux problème de retraitement lorsqu’il sera diffusé massivement et même exclusivement.
What Else..what’s up ? Ces considerations sont celles de personnes plus soucieuse de leur petits confort chichiteux que du reste. J’ai fait l’effort de m’équiper depuis des années et je puis affirmer que cet éclairage répond aux besoins basiques que l’on en fait dans une famille lambda. Il est évident qu’une ampoule halogène de 20 watts sur un bureau est plus confortable comme dans un placard qui reste très ponctuellement sollicité pour un temps de fonctionnement très court. Il faut donc rester cohérent et adapter le type d’éclairage au besoin. Sorti de là, pour des appareils d’éclairage qui sont destinés à fonctionner pendant plusieurs heures par jour, ces ampoules basse consommation sont à mon sens la solution. Ne pas privilégier ce type d’éclairage revient à le condamner commercialement et même si ce n’est pas la panacée il doit être conforté en attendant la maturité des systèmes LEDS
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