NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Le mythe du développement durable

Article publié le 18 mars 2008

Comment fait-on entrer quatre éléphants dans une voiture ? Peut être connaissez vous cette blague enfantine qui reflète malheureusement assez fidèlement le dilemme auquel l’humanité va devoir faire face prochainement. Les crises écologiques et sociales se font plus nombreuses chaque jour à mesure que la catastrophe approche. Le concept d’empreinte écologique, qui est un indicateur visant à traduire de manière facilement compréhensible l’impact d’activités humaines sur les écosystèmes et la planète [1], est assez révélateur de ces crises (tout en occultant leur diversité).

image
Ville de Baguio, aux Philippines. Le développement peut-il être durable ?

Tout d’abord, l’empreinte écologique des pays marque une inégalité entre pays du Nord et du Sud. Alors que l’empreinte écologique soutenable que ne devrait pas dépasser chaque pays pour que la Terre puisse supporter notre présence est de 15, l’empreinte écologique des USA est de ... 109, celle du Canada 83, celle de la France de 65, etc. [2] Dans un même temps, l’empreinte écologique de la Chine est de 12,5, celle de l’Inde de 5, celle du Burundi de 1,5. Les riches prennent donc plus que leurs parts. Plus inquiétant encore, l’empreinte écologique de l’humanité s’élève à 21, ce qui signifie que nous consommons plus que ce que la planète peut supporter, au détriment des générations futures.

Mise devant le mur des limites écologique, l’humanité doit donc trouver des solutions. Le développement durable, dont la définition est apparue en 1987 dans le Rapport Brundtland de la "Commission mondiale sur l’environnement et le développement", est une des solutions proposées. Si près de 60% des Francais ont déjà entendu parler du Développement Durable, seuls 16% d’entre eux savent réellement ce qu’il signifie [3].

Le developpement durable, une notion ambigüe

On ne peut pas vraiment en vouloir aux français de ne pas connaitre la signification réelle de ce concept. En effet l’expression même est trompeuse, car elle mêle deux termes qui semblent contradictoires (on parle d’oxymore). Le développement durable est-il un développement dans la durée ? Le sénateur Marcel Deneux a bien compris l’intêret d’une telle expression : "de prime abord, le concept de "développement durable" peut rallier à peu près tous les suffrages, à condition souvent de ne pas recevoir de contenu trop explicite". Il faut dire que réussir le tour de force de rallier écologistes, politiques et industriels mérite le respect. Voici la définition donnée dans le rapport Brundtland : « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de " besoins ", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. [4] »

Le développement durable vise donc la satisfaction des besoins présents. L’idée de besoin est nécessairement subjective, ce qui pose problème. Qui doit donc juger des besoins d’une population ? Il semble naturel que ce soit les populations elles-mêmes, ce qui peut entraîner des disparités. Il semble de toute façon inévitable que ces besoins se situent en dessous d’une empreinte écologique soutenable. La population des État-unis serait-elle prête à réduire ses besoins par 7 ? À en juger par le célèbre "notre mode de vie n’est pas négociable" de George Bush sénior, on peut en douter (au moins d’un point de vue politique). De plus comment réduire l’empreinte écologique alors même que le développement l’accentue (on remarque une corrélation entre le PIB d’un pays et son empreinte écologique [5]) ? Comment réussir ce tour de force ? De plus, le développement des "plus démunis" ne va pas s’en poser de questions, car c’est considèrer le développement (toujours associé au développement économique) comme source de progrès, ce qui peut être perçu comme de l’ethnocentrisme [6], voire une forme de neo-colonialisme.

"Le développement durable, c’est tout d’abord produire plus d’énergie, plus de pétrole, plus de gaz, peut-être plus de charbon et de nucléaire ...

... et certainement plus d’énergies renouvelables. Dans le même temps, il faut s’assurer que cela ne se fasse pas au détriment de l’environnement.". Cette phrase prononcée par Michel de Fabiani, président de British Petroleum France, est assez révélatrice de ce qui se cache derrière le développement durable. En effet, elle fait echo à la nécessité de satisfaire les besoins présents, sans cesse accrus par une société de croissance. Ce qu’il faut voir derrière cette phrase, ce n’est pas tant l’opposition caricaturale entre des termes comme "pétrole" ou "nucléaire" et "environnement", mais bien l’accumulation des "plus", même lorsqu’il s’agit d’alternatives renouvelables. Dans développement durable, il y a d’abord développement.

Comment donc concilier le développement et l’environnement ? En repoussant les limitations de nos techniques, comme le suggère le rapport Brundtland, c’est à dire produire des technologies "vertes". Loin de décontenancer nos industriels, les technologies vertes fournissent un terrain d’innovation et de compétitivité. Et voici venu le temps des énergies vertes et des voitures propres. À l’air du développement durable, et par le tour de force du marketing publicitaire, utiliser un sac plastique ou prendre sa voiture devient presque un geste écologique (Ainsi on peut lire sur une publicité pour une voiture, "Emission de CO2 : 177 gr/km = respect de l’environnement" [7]).

Un autre phénomène est beaucoup plus inquiétant, celui de l’effet rebond. L’effet rebond est "l’augmentation de consommation liée à la réduction des limites à l’utilisation d’une technologie’’ [8]. On peut citer par exemple la baisse de consommation des automobiles. Cette réduction permet d’équiper les voitures de climatisation de série, ce qui entraîne une surconsommation de carburant. On peut aussi envisager d’aller plus loin (car la limitation d’un plein est réduite, sur le plan kilométrique et financier). Un autre effet rebond est celui de l’informatique et d’internet. Ces technologies qui devaient reléguer le papier au rang du silex, n’a fait qu’augmenter leur utilisation (à cause de l’information plus importante et accessible). L’effet rebond est largement présent dans notre société, car seule une organisation radicalement différente permettrait de sortir du cercle vicieux. On peut par exemple prendre en compte le coût réel du carburant et des automobiles (infrastructures, pollution, insécurité routière), tout en améliorant le réseau des transports en commun ou peu polluants (trains, tramways, réseau cyclable). S’agirait-il des limitations de l’organisation sociale dont parle le rapport Brundtland ? Mystère ... En tout cas force est de reconnaître que le concept de développement durable "réellement existant" ne propose aucune organisation sociale qui irait vers plus de sobriété (et donc moins de développement !), au contraire ...

"Le développement durable n’est ni une utopie ni même une contestation, mais la condition de survie de l’économie de marché."

Le PDG de renault, Louis Schweitzer, l’a bien compris. Il semble que le véritable but du développement durable soit la conservation du système actuel. C’est d’ailleurs l’interprétation que l’on pourrait faire du développement durable : la durée du développement. Pour Paul Ariès, le développement durable, c’est "polluer un peu moins pour polluer plus longtemps". Peut-on raisonnablement penser que les crises écologiques et sociales peuvent être réglées par le développement, la croissance, le capitalisme, le libéralisme ? Sur ce point, on peut se référer à l’analyse de Jean Pierre Tertrais dans "Du Développement à la Décroissance" : "La question fondamentale apparaît clairement : quelle organisation sociale permettra d’accueillir favorablement trois milliards d’individus supplémentaires, tout en réduisant notre consommation d’énergie et de matières premières ? La réponse est aussi limpide : celle qui se fixera comme objectif prioritaire la disparition du capitalisme. Ce système a suffisamment démontré sa nocivité : alors qu’il a généré une croissance économique gigantesque au point de compromettre les grands équilibres de la planète, il condamne aujourd’hui la moitié des habitants de cette planète à vivre avec deux dollars par jour. Faudrait-il donc poursuivre dans cette voie ? Le capitalisme est condamné à la fuite en avant :

  • parce que le meilleur moyen de créer des besoins nouveaux, et donc d’éviter la saturation des marchés, c’est l’innovation technologique ;
  • parce que la méthode la plus efficace pour augmenter les profits, pour bénéficier des économies d’échelle, c’est d’augmenter les volumes de production ;
  • parce que la concentration capitaliste s’oppose au partage des richesses, la seule parade au mécontentement des plus démunis est la croissance économique dans la mesure où celle-ci permet de masquer l’aggravation des inégalités sociales."


Pour une décroissance conviviale

L’organisation sociale qu’appelle Jean-Pierre Tertrais de ses voeux est celle d’une société décroissante. A la fois mot-obus destiné à pulvériser l’idéologie et la foi en la croissance (et à son messager PIB) et projet collectif (voire politique), la décroissance propose une réponse aux critiques écologiques, sociales et de sens. Car dans une société ou l’on perd sa vie à la gagner, il est fondamental de redonner à l’humain sa dignité, de transformer le consommateur en usager et en citoyen. La décroissance propose de "décoloniser notre imaginaire", suivant la formule de Serge Latouche, pour pouvoir amorcer une société où le bonheur ne se résume pas à un indicateur économique.

Pour conclure

Plus qu’une querelle de clocher, les critiques des objecteurs de croissance vis-à-vis du développement durable marquent une vision radicalement différente de la société. Le développement durable, au délà de son inefficacité, permet au système de se maintenir, gaspillant un temps précieux alors que le réchauffement climatique et le pic pétrolier frappent à la porte. Alors, comment fait on entrer 4 éléphants dans une voiture ? En en mettant deux devant et deux derrière ! Cette blague illustre finalement le type de solutions que propose le développement durable face aux défis à venir.

Annexe : Pour aller plus loin


Notes : [1] Wikipedia. Pour les empreintes des différents pays, voir http://ecologicalfootprint.org

[2] Chiffres http://ecologicalfootprint.org/] (2001).

[3] Sondage Louis Harris, juin 2005. http://www.ledeveloppementdurable.fr/

[4] Wikipedia.

[5] Université de Bath, citée par WWF dans sa lettre de diffusion "empreinte écologique" (juillet 2007).

[6] Lire à ce sujet "Contre l’ethnocentrisme du développement, Et la décroissance sauvera le Sud..." de Serge Latouche, Monde Diplomatique de Novembre 2004

[7] Pour une critique de cette publicité et bien d’autres, voir le site de l’Alliance pour la planète.

[8] François Schneider, dans l’édition française de The Ecologist n°11 Octobre 2003, Vol 4, n°3, p45.

Bookmark and Share
142 votes
commentaires
votez :
(IP:xxx.xx6.210.190) le 18 mars 2008 à 10H35

J’adore cette approche et je pense qu elle mériterais plus de développements du coté "géopolitique"... qu es ce qui va faire arriver le capitalisme à la fin de son application, son effondrement ? tant qu il y a un gagnant au loto il y en a des milions qui jouent et perdent... oui mais ils ont tous le secret espoir de gagner un jour... donc tant que notre société ne sort pas de ce cercle vicieux nous sommes condamnés au développpement durable... pour que la lotterie dure un peu plus longtemps !

votez :
par Nicollas (IP:xxx.xx9.107.116) le 18 mars 2008 à 10H48

>J’adore cette approche et je pense qu elle mériterais plus de développements géopolitique

Seulement à condition qu’il soit durable ;-) Qu’entendez vous par développement géopolitique ?

> tant qu il y a un gagnant au loto il y en a des milions qui jouent et perdent

La métaphore de la lotterie est pertinente en effet. Malheureusement j’ai plutôt l’impression qu’il s’agit d’une roulette russe...

votez :
(IP:xxx.xx5.132.149) le 18 mars 2008 à 10H57

"Le développement durable, au délà de son inefficacité, permet au système de se maintenir (...)"

Je plussoie votre assertion, ainsi le protocole de Kyoto est déjà largement trop "permissif", permettant au système de péréniser, ainsi la mendicité qui permet aux plus défavorisés d’accepter l’inacceptable, sans jamais résoudre le problème.

Le développement durable qui ne se projette pas sur du long terme est une illusion.

votez :
par Lucie Vivien (IP:xxx.xx8.185.238) le 18 mars 2008 à 11H42

Je pense aussi que si notre monde ne commence pas à vivre selon les principes de la "simplicité volontaire", non seulement ses problèmes de violence et de frustration, de stress et de mal-être ne disparaîtront pas , mais la planète entière sera en danger. On ne peut pas continuer ainsi à en user et en abuser, elle ne pourra pas résister très longtemps. Il faut vraiment prendre conscience que notre civilisation doit évoluer, que la course à la production de biens matériels et à la consommation doit cesser. Il faut redevenir raisonnable car nous, occidentaux, nous exigeons trop de la planète. Il nous faut retrouver un mode de vie plus sobre, plus économe, un mode de vie fondé sur la priorité donnée aux relations humaines, à l’équilibre mental, au bonheur et non à la consommation à outrance de biens matériels

votez :
par Di Girolamo (IP:xxx.xx6.192.173) le 18 mars 2008 à 13H25

Le développement durable c’est l’art et la manière de répondre à une question SANS la poser.

C’est pourtant LA SEULE question politique vraiment sérieuse du moment : allons nous pouvoir faire face aux enjeux environnementaux (au sens très large du terme) en conservant la même logique sociétale , ou bien devons nous imaginer une alternative ?

La très grande majorité des citoyens et de leurs représentants politiques utilisent ce paravent du DD pour éviter de poser cette question. C’est la politique de l’Autruche puissance 1000 ; une autre partie , très minoritaire de la population : les décroissants , y répondent mais entre eux dans leur coin en tant que contestataires alors que les enjeux obligent à poser cette question sur la place publique et à y travailler tous ensembles.

votez :
par Nicollas (IP:xxx.xx9.107.116) le 18 mars 2008 à 15H36

> "une autre partie , très minoritaire de la population : les décroissants , y répondent mais entre eux dans leur coin en tant que contestataires alors que les enjeux obligent à poser cette question sur la place publique et à y travailler tous ensembles"

Les décroissants sont loin de rester dans leur coin, comme en témoignes les nombreuses soirées projection/débat, les marches pour la décroissance, les grands dons, les messes de la très sainte consommation, les actions pendant les journées sans achat etc.

Un parti pour la décroissance a été créé, certains candidats décroissants se sont présentés.

Mais la décroissance, c’est aussi la construction d’une nouvelle utopie, et ce n’est pas une mince affaire. Il faut donc réfléchir et préparer un projet à présenter aux gens, certains (Latouche) estiment que la décroissance n’est pas encore prête pour la politique par exemple.

votez :
par Di Girolamo (IP:xxx.xx6.192.173) le 18 mars 2008 à 16H25

je sais bien que les décroissants ne sont pas des gens fermés sur eux mêmes ;sur le fond je partage l’essentiel de leurs idées ; ce que je veux dire c’est que je regrette que cette question de l’inévitable décroissance se présentant d’ailleurs comme un fait auquel on ne peut se soustraire reste marginalisée ; je pense que cette question ne peut pas être l’affaire d’un mouvement ou d’un parti mais doit être La question centrale du débat public, un débat réorganisé autour de cette question globale de l’avenir de nos sociétés ; tant que ce débat émminemment politique sera éludé , il sera difficile d’avancer ; il n’est plus temps de parler du pouvoir d’achat , de ceci ou de cela , il est temps de se poser la question de la survie de nos sociétés ; et cette question par sa globalité et sa dimension impose un travail collectif au delà des partis et des mouvences.C’est un travail politique qui pour l’instant n’est même pas demandé par les uns ou les autres comme revendication essentielle.

votez :
par Di Girolamo (IP:xxx.xx6.192.173) le 18 mars 2008 à 16H35

"Mais la décroissance, c’est aussi la construction d’une nouvelle utopie, et ce n’est pas une mince affaire. Il faut donc réfléchir et préparer un projet à présenter aux gens,"

Non. Il ne faut pas concocter un projet à présenter "aux gens" grâce à un nouveau parti ; il faut créer les conditions pour que les citoyens puissent eux mêmes réfléchir et débattre pour construire ensemble ce projet. Il faut sortir du jeu politique tel qu’il est organisé actuellement et créer une démocratie participative de projet , c’est par là que l’utopie doit commnencer.

votez :
par Nicollas (IP:xxx.xx9.107.116) le 18 mars 2008 à 16H45

Il ne s’agit pas de fournir des solutions clefs-en-main. Par exemple dans la proposition de Paul Ariès de réévaluer le prix suivant l’usage (gratuité de l’usage, rénchérissement du mauvais usage), les valeurs d’usages ne sont pas définies, et il laisse donc le soin aux citoyens de les défnir conjointement.

Il est difficile (voir néfaste) d’avoir une critique de la croissance et donc de notre société actuelle, aussi juste soit-elle, sans proposer un projet.

On est d’accord sur le fait que la décroissance gagne à être connue, mais bien sur sa découverte se heurte à l’inertie (voire la complaisance) des médias, l’absence de remise en cause du productivisme par tous les partis politiques, les artifices d’une écologie-light (developpement durable, grenelle de l’environnement, Pacte écologique d’Hulot ...).

Que devraient faire les décroissants pendant se temps, s’empêcher de réfléchir à leur projet, attendant qu’on daigne tendre l’oreille ?

votez :
par Di Girolamo (IP:xxx.xx6.192.173) le 18 mars 2008 à 16H58

"Que devraient faire les décroissants pendant se temps, s’empêcher de réfléchir à leur projet, attendant qu’on daigne tendre l’oreille ?"

bien sûr que non. Mais la question de la décroissance ne peut se poser aux citoyens lambda (la grande majorité ) que si ils rentrent dans un processus de réflexion et d’expertise du triste état des lieux de la planète ; si ce travail n’est pas fait , impossible d’accéder à la décroissance ! c’est bien trop loin de la société où l’on baigne et cela demande un changement de regard , une révolution culturelle ; et si nous ne créons pas d’outil(public) pour faire vivre cette réflexion ... cette prise de conscience risque d’arriver un peu tard quand il y aura trop de casse. je pense que stratégiquement les décroissants et plus généralement tous ceux qui pensent qu’il faut faire qqchose devraient penser à se regrouper autour de cette revendication d’un outil public de réflexuion et de débat , de recherche développement d’une société durable.

votez :
par caco (IP:xxx.xx2.219.27) le 18 mars 2008 à 21H30

Pour nos institutions et politiques, est considéré comme relevant du développement durable les actions qui combinent respect de l’environnement, cohésion sociale et croissance économique. La quadrature du cercle en somme... Il va être long, le chemin de la décroissance ! Merci pour cet article très intéressant, l’effet rebond va me faire réfléchir un petit moment je le sens ! :)

votez :
par Nicollas (IP:xxx.xx5.191.130) le 19 mars 2008 à 07H09

>La quadrature du cercle en somme...

Pas étonnant que l’on tourne en rond !

>l’effet rebond va me faire réfléchir un petit moment je le sens

J’ai cité des effets rebonds immédiats, mais on peut aussi trouver des effets rebonds plus indirects : j’économise de l’argent grâce aux économies de carburant alors je pars en vacances à l’autre bout du monde ; j’achète local et éthique, mais mon maraicher bio va peut etre s’acheter un 4x4 avec mon argent etc...

Voici l’article que je cite dans le mien : http://decroissance.free.fr/Schneid...

votez :
par Di Girolamo (IP:xxx.xx0.119.103) le 20 mars 2008 à 07H42

L’effet rebond est une explication technique logique , un peu comme une balle de tennis que deux joueurs se renvoient par dessus le filet ; il n’y a qu’une seule manière de l’éviter : passer à une autre jeu ;changer les règles ; c’est ce qui justifie l’ALTERNATIVE ; mais comment quitter la partie quand tout dans notre vie est organisé autour de ce jeu ? Individuellement c’est possible . Mais collectivement ? Cela nous renvoit à comment s’organise le collectif dans notre société ? Et là on s’apperçoit que cette organisation du collectif ( en d’autre terme l’action politique )est elle même inscrite dans la logique produisant l’effet rebond. C’est une organisation de GESTION du jeu et des équilibres entre les joueurs .C’est une organisation libérale de la politique : on ne choisit pas ; on ne se PROJETTE pas dans un avenir décidé collectivement : nous sommes dans une démocratie de gestion et non de projet . Comment passe t on d’une démocratie de gestion à une démocratie de projet ? Deux chemins : une dictature ou la démocratie participative bien organisée ; c’est la porte d’entrée de l’alternative.

votez :
par faxtronic (IP:xxx.xx3.170.189) le 20 mars 2008 à 21H17

( dictature ou democratie participative bien organisée) Une dictature communiste en somme !

votez :
par Di Girolamo (IP:xxx.xx2.183.43) le 21 mars 2008 à 10H50

le communisme a fait ses "non preuves" ; le bien de l’humanité ne se décrette pas d’en haut par un système étatique : on obtient au bout du compte tout l’inverse . Le capitalisme est en train très vite de faire aussi ses "nonpreuves" :on va à la catastrophe !

On arrive en qqsorte au bout de l’histoire humaine , on est dos au mur et on ne pourra plus tricher ; c’est une impossibilité physique , matérielle , c’est un fait.

L’issue de l’organisation d’une démocratie participative où les citoyens et leurs représentants sur la base de réflexions, d’expertises , de débats , établissent un état des lieux et définissent un projet , est une issue difficile mais possible ; c’est en tous cas la seule.

votez :
par ch. le bec-troadec, réflexologue (Paris) (IP:xxx.xx7.54.44) le 29 mars 2008 à 14H26

Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse sur la tromperie ou le contre-sens qu’implique l’expression "développement durable".

Il me semble toutes fois impossible de ne pas prendre en compte la réalité des hommes, cette volonté farouche d’aller de l’avant, de conquérir de "nouveaux territoires" (maison, carrière, argent, voitures, etc). L’homme cherche à s’imposer, il est génétiquement fait pour cela, comme toutes les espèces d’ailleurs. Cette soif de conquête était (est encore ?) la seule solution que les espèces ont trouvé pour ne pas s’éteindre.

Il nous faut composer avec cette vérité. La décroissance a ceci d’illusoire à mon sens, qu’elle implique que tous les hommes soient raisonnables, altruistes, généreux, ouverts, bienveillants ; bref des êtres "éveillés". Ce n’est pas et ce ne sera jamais le cas.

Il me semble donc que l’avenir doit composer avec notre soif de modernité (à définir !), notre goût du confort (à définir aussi !). De plus l’humanité est de plus en plus urbaines. C’est peut-être dommage, mais c’est ainsi, et cela n’est pas près de changer. De Lhassa à Kiev, en passant la Mongolie, tous les enfants rêvent de télé, de mp3. Et il va falloir composer avec cette réalité, ou bien se résoudre à choisir le totalitarisme et faire le bien de l’homme malgré lui !

Cherchons donc à concevoir des lecteurs mp3 qui fonctionnent avec une manivelle ou l’énergie solaire, à developper les matière plastiques sans plastique, mais en fibres naturelles, à créer des habitats plus sains ou recyclables, à réduire notre consommation de viandes et d’aliments raffinés et transformés. Rendonc cette démarche ludique et alléchante : en gros apprenons à vendre cette perspectives comme on vend une nouvelle voiture, un nouveau mode de transport ! Acceptons le marché, et jouons avec !

De toute façon, nous sommes de plus en plus nombreux, et cette simple réalité démographique nous tuera immanquablement !

http://danslaremise.blogspot.com/

http://www.lepilori.net/

votez :
par Nicollas (IP:xxx.xx9.107.116) le 31 mars 2008 à 15H34

Merci d’apporter un exemple éclairant sur tout ce que critique dans mon texte ... tout en étant totalement d’accord avec lui, vous êtes mûr pour le développement durable !

Il me semble que le but des espèces n’est pas de s’imposer, mais bien de survivre, et actuellement nous faisons l’un au détriment de l’autre.

L’avenir de l’humanité se joue donc entre la télévision d’un côté, et le totalitarisme de l’autre. La seule issue de secours reste donc la cause même des problèmes auxquels nous devons faire face : le marché, la compétitivité, la consommation.

Ne vous êtes vous jamais demandé si la capacité prédatrice que vous semblez attribuer à l’humanité n’est pas le fait d’une certaine idéologie occidentale ? Les aspirations des peuples ne passent pas forcément par le lecteur mp3.

Il semble bien que ce soit bientôt aux Hommes et à leur "soif de modernité" et de "confort" de composer avec les évenements à l’avenir.

Le pic pétrolier promet d’être rude.

votez :
par Jérémy (IP:xxx.xx8.230.155) le 31 mars 2008 à 14H59

Je rajoute que le livre de Jean-Pierre Tertrais "Du développement à la décroissance". De la nécessité de sortir de l’impasse suicidaire du capitalisme (2004), est désormais disponible en ligne et gratuitement sur le site des éditions du Monde Libertaire.


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Les Auteurs deSociété
Mobilité durable - 19 articles
Biosphère Blog - 15 articles
Magalie - 1 articles
Ecoloteky - 177 articles
Littlecelt - 15 articles
Thierry Follain - 37 articles
Dynamicsauto - 16 articles
Greg - 4 articles