Article publié le 28 juin 2007
Lors de son son allocution devant les parlementaires la semaine dernière, Nicolas Sarkozy a défini le développement durable comme une "politique de production" qui ne doit pas remettre en cause la croissance dans son sens premier de création de richesse. En revanche, et toujours selon ses termes, elle doit en changer le contenu pour y mettre "la qualité, la modération et le bien-être".
"Il nous faut une nouvelle politique d’aménagement du territoire, une nouvelle politique industrielle. Mais au cœur de ces priorités, je veux placer le développement durable. Le développement durable, cela ne doit pas être seulement une politique de protection et de précaution. Je vais peut-être vous étonner. Le développement durable, cela doit être une politique de production, qui ne soit pas simplement un frein à la croissance quantitative mais qui doit renouveler le contenu de la croissance, qui doit mettre la qualité, la modération et le bien-être au cœur de cette nouvelle croissance et qui va tirer la croissance, qui va même stimuler la croissance."
Et c’est désormais à Jean-Louis Borloo, ancien membre du parti écologique Génération Ecologie, de
définir les conditions d’une croissance verte qui doit stimuler
toujours l’économie de la France sans mettre en péril les ressources de
générations à venir. Le prochain rendez-vous du ministre d’état voulu
par son président : le Grenelle de l’environnement
qui réunira à la rentrée prochaine les partenaires sociaux, les
organisations syndicales et patronales, des associations de la société
civile et des collectivités territoriales sur le thème de
l’environnement. Ces états généraux devront aboutir à une forme de
contrat entre l’État, les collectivités territoriales, les syndicats,
les entreprises et les associations, qui engage les responsables. Ces
contrats pourraient porter sur une période de cinq ans avec une
évaluation annuelle des engagements.
Ca va être tendu aux grenelles, c’est le moins qu’on puisse dire. Même si je suis pas du tout en phase avec ses actions et discours, je me demande si quelque part c’est pas plus mal que ce soit lui qui assène le coup de grâce à cette erreur de traduction, ce leurre, cette antinomie qu’est le "développement durable".










