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La solidarité n'est qu'affaire de lucidité et de discipline sociales

Article publié le 9 juin 2009

La solidarité n'est qu'affaire de lucidité et de discipline sociales

L’idée d’une civilisation planétaire cohérente – à défaut de fraternelle – ne sera donc jamais qu’une vue de l’esprit. Même si d’aucuns veulent encore croire que les conséquences logiques de la crise actuelle sonnent le glas de l’ère prédatrice de l’économie mondiale, le caractère intrinsèque des conflits d’intérêts qui, depuis la nuit des temps, jalonnent l’histoire des sociétés animales de disettes et d’affrontements meurtriers n’est, une fois de plus, que trop souligné. Non seulement le vivant cognitif n’échappe pas à ce tropisme, mais rien n’indique qu’il soit un jour capable de juguler son puissant instinct d’appropriation au nom d’une idée supérieure de l’Humanité. N’en déplaise aux disciples de Vernadski, l’entendement humain s’accommode parfaitement d’une mentalité primaire de l’homo sapiens, immuable depuis l’origine de sa socialisation.

 

N’est-il pas surprenant d’observer que toutes les doctrines projetant une mutation profonde de la société ont jusqu’ici considéré la cupidité naturelle des hommes comme une donnée intangible du problème à résoudre ? Du collectivisme implacable au protectionnisme plus ou moins larvé, en passant par le régime fiscal spoliateur, toutes ont invariablement procédé de la même coercition de l’individu : une « nécessaire » contrainte destinée à dépasser ses instincts primitifs et à tenter de l’élever, malgré lui, au rang d’artisan d’un phalanstère pétri d’entraide et gouverné par les plus hautes valeurs spirituelles ou morales.

Ces derniers temps, un mouvement partisan, en campagne électorale permanente, semble manifester la velléité de s’affranchir d’une telle ornière méthodologique : l’écologisme. Hélas, une fois encore, en dépit des apparences, l’idéologie à la mode appelle davantage les décideurs à sévir que la conscience collective à s’interroger sur ce qui est prioritairement en jeu dans cet avenir planétaire menaçant dont on se repait de la noirceur, et, surtout, à tirer du diagnostic les conclusions autodisciplinaires qui s’imposent. Chacun, en effet, sent plus ou moins confusément que le salut communautaire repose désormais sur des responsabilités individuelles, mises massivement et concrètement dans la balance de l’intérêt collectif.

 

Vendredi 5 juin, Yann Arthus Bertrand nous a gratifié d’un épisode de la campagne électorale en cours, qui ne dit pas son nom, inédit en ce que son écho fut planétaire. Fallait-il cette heure est demie d’images sublimes, auxquelles le génial photographe nous a habitué, pour amener l’affirmation toute triviale que les Hommes sont trop nombreux sur Terre – et le seront de plus en plus –, qu’ils ont globalement des appétits démesurés ? L’écologiste, journaliste reporter à succès, n’ignore certainement pas que pareilles images sont capables de faire passer n’importe quel message. Aussi, la conscience d’une éthique et d’une déontologie professionnelles auraient-elles dû y être plus présentes que dans l’expression médiatique de n’importe lequel de ses confrères. Or, Yann Arthus Bertrand n’a pas craint de s’y livrer à un abus de confiance caractérisé : celui de prétendre implicitement qu’il a les compétences techniques et scientifiques l’autorisant à suggérer que La solution énergétique universelle d’avenir passe par le recours massif aux électricités éolienne et photovoltaïque...

En définitive, quel message s’emploie-t-il à nous adresser ? Devons-nous sauver, coûte que coûte, une abstraction idéalisée, aux exigences esthético-affectives souveraines et figées dans l’inconscient collectif, appelée planète Terre ? Ou ne devons-nous pas plutôt sauver l’idée généreuse d’une solidarité humaine vraisemblable, sinon l’existence physique de l’espèce ? N’y a-t-il pas, tout à la fois, une incroyable présomption et une confusion des intentions émotionnelles sous-jacentes à prétendre que les hommes sont capables de détruire la planète ? On s’empresse de rassurer Yann Arthus Bertrand et ses coreligionnaires : il ne fait pas l’ombre d’un doute que notre Terre et toutes les créatures qui la peuple se remettraient facilement et rapidement des stigmates causés par la métastase humaine dont la disparition partielle ou totale n’affecterait guère la marche du monde.
En tout état de cause, aucune superproduction cinématographique – fût-elle constellée des plus alarmantes observations statistiques – n’est aujourd’hui en mesure de répondre à la seule question s’imposant avec prégnance : jusqu’où les Hommes peuvent-ils aller, sans s’entre-déchirer, dans l’automodération économique et, surtout, démographique pour tenter de réduire les atteintes à la biodiversité et la dénaturation des sols et des océans, corollaires inéluctables du processus de civilisation ? De même qu’à la question subsidiaire : à quels niveaux de dégradations – considérés proches des niveaux de dégradations naturels – peuvent-ils considérer que leur sobriété ne s’imposerait plus ou s’imposerait moins ? Nos nouveaux prophètes n’iront quand même pas jusqu’à affirmer qu’en l’absence du genre humain la biodiversité demeurerait inaltérée !

 

Au risque de choquer, il semble donc bien que l’Homme soit condamné à une fuite en avant civilisatrice, perpétuelle et contrôlée, mais une fuite en avant tout de même. Il sait son règne limité et, lucide, se voit comme ce lierre n’ayant d’autre choix que coloniser le chêne puissant, jusqu’à l’étouffer et, tôt ou tard, ne pas survivre à sa disparition. C’est en vertu de cet implacable ordre des choses que tout individu est légitimement fondé à donner une priorité absolue à l’optimisation de sa communauté de destin. Même s’il ne perd pas de vue des préoccupations métaphysiques qui l’on toujours aidé à vivre, celles-ci ne seront jamais en mesure d’influencer sa condition et celle de ses enfants autant que les vicissitudes sociales contemporaines.

Le contexte économique actuel incite plus que jamais cet individu – généralement citoyen – à considérer que la garantie d’un niveau de vie élémentaire ne peut désormais plus reposer que sur la capacité des ressortissants nationaux à veiller eux-mêmes sur leur intérêt collectif, quitte à composer avec les préceptes politiques et les règles du jeu économique en vigueur, quels qu’ils soient.

Ainsi, du choix sélectif des comportements grégaires à celui des biens de consommation, une intelligence sociale inédite pourrait-elle mettre rapidement à jour le vrai périmètre d’un humanisme débarrassé de l’hypocrisie et de la démagogie du discours théologique. Ce faisant, elle ne tarderait pas à révéler que la solidarité universelle est un leurre idéologique auquel la conscience ordinaire du concept caritatif a toujours été indifférente. Tôt ou tard, elle finira bien par décomplexer ceux qui qualifient de funeste irresponsabilité le fait d’en appeler à la conscience de citoyen du Monde pour structurer une vie nationale.

 

Ceux que cette problématique sociétale passionne découvriront un type de mutation sociale, susceptible de secouer la société plus tôt qu’on ne le pense, en se procurant l’ouvrage auquel le présent article emprunte le titre, publié aux éditions Edilivre-Aparis (http://www.edilivre.com/doc/12002). Ils y trouveront également la relation d’une trahison caractérisée de l’intérêt général : le sabordage, en 1997, du surgénérateur Superphénix, victime sacrificielle (et écologique !) de la conquête du pouvoir. Fidèle à la vérité établie des faits, cette relation décline l’identité réelle des protagonistes.

 

André PELLEN

Thèmes

Energie Développement durable Réflexion Crise

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commentaires
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par quetzacoatl (IP:xxx.xx9.46.223) le 14 juin 2009 à 10H50

Il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour tenter de déchiffrer cette bouillie absconse et grandiloquente. Au terme de l’exercice, on en reste à se demander où "l’auteur" du pavé veut finalement en venir...... Exercice nombriliste à visée strictement d’autosatisfaction !! Aucun intérêt.

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par PELLEN (IP:xxx.xx5.27.172) le 15 juin 2009 à 10H14

Ne cherchez pas à comprendre et contentez-vous de communier avec les vôtres, dans la fruste liturgie de Bové et consort ! L’occasion de contribuer généreusement à la sauvegarde des générations futures, tant psalmodiée par vos nouveaux prophètes, va vous être offerte bien plus tôt que vous ne croyez :

Cf le lien http://www.investir.fr/cours-action...

Le drame c’est que les égoïstes comme moi, qui ne pensent qu’à l’intérêt des générations actuelles, tant malmenées par une société prétendument solidaire, ne pourront se soustraire à cet admirable acte de foi en l’avenir indéfini d’une catégorie d’hommes au-dessus de tout soupçon, dont vous faites naturellement partie... Comme, sans doute, ces cohortes de Français à statut hyper-protecteur, qui fournissent l’essentiel des effectifs de l’Ecologisme et ne craignent ainsi pas de réclamer la contrainte pour tous.

André Pellen

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par quetzacoatl (IP:xxx.xx4.166.201) le 22 juin 2009 à 09H05

Ne cherchez pas à comprendre et contentez-vous de communier avec les vôtres, dans la fruste liturgie de Bové et consort ! L’occasion de contribuer généreusement à la sauvegarde des générations futures, tant psalmodiée par vos nouveaux prophètes, va vous être offerte bien plus tôt que vous ne croyez :

><>< Moi, suppôt de Bové et consorts ?? Vous plaisantez je suppose !! Vous me prêtez gratuitement et complaisamment des positions qui sont totalement à l’opposé des miennes !!!!

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par PELLEN (IP:xxx.xx4.69.179) le 22 juin 2009 à 10H55

Alors, si vous voulez réellement savoir où je veux en venir... il vous suffit d’acheter mon livre ! Mais je doute que vous ayez réellement envie de savoir où je veux en venir.

A.P

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