Contrairement à ce que pense l’opinion publique, les entreprises considèrent que la crise financière va les conduire à renforcer leurs actions de développement durable. C’est en tout cas l’avis de 69% d’entre elles, et 88% des entreprises de plus de 5000 salariés (source : IFOP, mars 2009). Le traitement et le recyclage des déchets, ainsi que la réduction des dépenses d’énergie arrivent en 1ère position des domaines d’actions jugés prioritaires.

Au-delà
d’une possible prise de conscience des chefs d’entreprises de l’impact
de leur activité sur l’environnement, leurs motivations sont
principalement d’ordre économiques et s’expliquent, selon nous, par 2
facteurs principaux, conséquences directes de la crise que nous
traversons :
- l’évolution du contexte réglementaire
- la volatilité des coûts de l’énergie
L’évolution du contexte réglementaire
Le Grenelle de l’environnement est probablement le moteur principal des
engagements des entreprises vers le développement durable. Le train de
mesures du Grenelle est lui-même essentiellement motivé par les
objectifs européens
- en matière d’énergie (cf. Paquet Climat - réduire de 20% les consommations d’énergie et utiliser 20% d’énergies renouvelables en 2020)
- en matière d’agriculture (cf. Paquet Pesticides, PAC)
- ou en matière de toxicité pour les industriels (cf. REACH).
Le secteur du bâtiment est le secteur qui se voit attribuer le plus de
mesures incitatives. Le financement de la rénovation thermique des
bâtiments (via les éco-prêts,...) est au cœur du budget 2009
du MEEDDAT. Le ministère estime qu’entre 2009 et 2020, les mesures du
Grenelle de l’Environnement apporteront plus de 300 milliards d’euros
de chiffre d’affaires au secteur de la construction (dont 192 milliards
au titre de la rénovation énergétique) et permettront de créer ou de
préserver plus de 300.000 emplois. De quoi inciter Bouygues à se lancer désormais dans la construction durable dans un contexte où la crise frappe le bâtiment.
Le secteur de l’énergie est également soutenu par l’Etat qui a engagé
plus 300 M € sur 3 ans pour soutenir les entreprises et les
collectivités qui souhaitent utiliser la biomasse (déchets agricoles,
forestiers ou agro-alimentaires) pour produire la chaleur dont elles
ont besoin. Plusieurs dispositifs publics sont mis en place dont un appel d’offre biomasse et un fonds chaleur.
Le secteur de l’agriculture est également soutenu sur le plan de l’énergie via le plan de performance énergétique des exploitations agricoles
PPE, pour atteindre un taux de 30 % d’exploitations agricoles à faible
dépendance énergétique d’ici 2013. Les agriculteurs sont également
contraints de réduire de 50% l’utilisation de pesticides
en moins de 10 ans. En ligne de mire enfin, l’étiquetage
environnemental des produits agro-alimentaires obligatoire à partir de
2011. Le groupe Casino fait partie des pionniers dans cette démarche.
L’industrie n’est pas en reste avec une démarche de recensement et de
retrait progressive de substances chimiques dans la droite ligne
imposée par la réglementation REACH votée en décembre 2006, petite révolution pour secteur de la chimie.
La volatilité des coûts de l’énergie
L’envolée du baril de l’été 2008 a provoqué une prise de conscience
quasi généralisée de notre dépendance au pétrole et au gaz. C’est
pourquoi, quand bien même le baril serait revenu à un niveau très bas,
les entreprises poursuivent leurs actions de réduction d’énergie,
au-delà même des mesures du Grenelle.

Au point que même les entreprises dont le coeur de métier est de produire de l’énergie, mettent l’efficacité énergétique et la réduction des consommations au coeur de leurs offres, comme c’est le cas d’EDF ou de DALKIA.
La route sera peut être encore longue mais le virage est pris.









