Quel que soit le résultat des prochaines élections françaises, une volonté communautaire à dominante verdâtre dessine, pour notre Europe, un avenir énergétique susceptible d’inciter certains mouvements associatifs à engager une phase radicalement plus active de la contestation. Leurs responsabilités sociétales devraient logiquement leur en faire obligation.
L’action phare, susceptible d’inaugurer de façon retentissante la confrontation de deux visions de l’Europe énergétique, serait d’attaquer, devant la cour européenne de justice, le principe de l’obligation d’achat de certaines productions électriques.
Pareille démarche, largement à la portée financière d’une communauté d’intérêts associatifs au moins franco-belge, pourrait être encouragée par des sympathisants suisses et recevoir l’appui de certains syndicats. Elle présente l’énorme avantage de hisser médiatiquement ce débat à son légitime niveau dans la hiérarchie des préoccupations d’avenir.
Un spécialiste du droit européen et des règles du marché ne devrait pas éprouver de grandes difficultés à monter un solide dossier de remise en cause de cette disposition. On voit mal, en effet, comment un marché de l’énergie « réputé libre et sans entrave » peut s’accommoder de l’obligation de consommer les plus chères et les plus instables énergies électrogènes, en considération d’arguments non-économiques, de surcroît largement contestables.
Le but de l’opération ne serait pas tant d’obtenir pleinement gain de cause - prétendre vaincre une ligue politico-industrielle, désormais aussi puissante, relève de la gageure - qu’une contrepartie pour les Européens n’acceptant pas de se voir imposer une surfacturation dont l’origine monopolistique « entendue » est pourchassée dans tous les autres secteurs marchands du continent. Des commissaires, habituellement très sourcilleux sur la préservation « des intérêts inaliénables du consommateur », devront expliquer pourquoi ils sont si accommodants avec un mélange des genres - économie libérale/économie administrée - pratiqué au gré des convenances politiciennes.
La contrepartie, conforme au principe de subsidiarité, venant aussitôt à l’esprit serait l’acceptation définitive de la coexistence concurrentielle du marché (libre) européen de l’électricité et des marchés nationaux réglementés, dans les pays qui la souhaitent. Même si, dans ces pays, le développement à échelle industrielle de l’éolien et du photovoltaïque ne devait pas s’en trouver immédiatement interrompu, ce développement deviendrait une affaire de politique exclusivement nationale et l’acceptation de son surcoût, dans le prix public du KW.h, constamment à la merci du renouvellement de la classe dirigeante… Un renouvellement qui, à terme, ne manquerait pas de se révéler l’expression élective du refus majoritaire de continuer une politique énergétique absurde.
Outre que, pour l’instant, l’éolien et le photovoltaïque ne pèsent pas encore trop lourd dans le prix du KW.h français, une telle décision communautaire confèrerait à notre pays un rôle énergétique central et privilégié, qui, du jour au lendemain, mettrait nos partenaires au pied du mur, la volonté purement idéologique de leurs ressortissants à l’épreuve des surcoûts économiques et de la dégradation de leur confort.
Nos compatriotes ne doivent surtout pas oublier que, dès le premier juillet prochain, tous les usagers domestiques de l’hexagone se verront basculés autoritairement sur le marché libre de l’électricité, à la faveur de la première mutation ordinaire : changement de domicile, modification de la puissance souscrite…
Ce dessaisissement non compensé des légitimes dividendes dus à des Français ayant massivement investi dans l’outil industriel produisant l’électricité la plus abondante, la moins polluante et la moins chère d’Europe, s’apparente à une intolérable spoliation. Aujourd’hui, le schéma marchand du continent est à ce point verrouillé que militants, sympathisants ou seulement indifférents à la cause électronucléaire ne peuvent plus désormais que compter sur la conquête procédurale pour s’affranchir d’une législation promulguée à la hâte par un mouvement politique désormais très marginal dans le corps électoral actuellement mobilisé.
Il est donc grand temps de prendre conscience qu’une réelle convergence d’intérêts populaires et associatifs résolument hostiles au ruineux paradigme éolien peut encore être efficacement mise à profit. Pour cela, les intéressés doivent, sans tarder, se départir d’une trop grande discrétion revendicative et manifester haut et fort, par une action spectaculaire, leur totale confiance en leur capacité à influencer la politique nationale et européenne. Prendre ainsi l’initiative d’investir ce terrain médiatique depuis trop longtemps abandonné à un seul protagoniste revient sans conteste au mouvement associatif concerné. Des circonstances historiques sérieuses lui font une obligation morale de fédérer toutes ses structures sur un projet revendicatif spécifique.
L’explication et la pédagogie de masse ne sont jamais aussi efficaces que placées sous les feux d’une actualité contrainte par l’événement. Les actions juridiques de terrain - tant redoutées des multiples convoitises suscitées par l’extravagant gâteau éolien - menées par la fédération « Vent de colère » sont là pour le prouver. Elles prouvent davantage encore qu’un interlocuteur des pouvoirs publics incontournable peut en émerger. Aussi, mesdames et messieurs les dirigeants associatifs concernés, vous revient-il de créer cet événement attendu par beaucoup plus de gens qu’une certaine propagande ne le laisse accroire. La prégnance de certaines perspectives géopolitiques vous confronte à vos responsabilités citoyennes.
André PELLEN
Bonjour, je ne peux que souscrire à votre titre ; c’est éxactement la même chose pour l’ensemble des énergies renouvelables. Ce n’est pas en France que l’on aurait trouvé chez nos chères élites une quelconque envie de développer ces énergies alternatives. Parce que la France s’est investie plus que d’autres dans le nucléaire, elle défend celui-ci avec plus d’âpreté. C’est une énergie non carbonée, selon la nouvelle appellation en vigueur, mais qui reste radioactive.
N’est-ce pas paradoxal de voire EDF ou Areva courir derrière le graal éolien ou solaire, qu’ils n’ont JAMAIS voulu voir se développer en France jusqu’à il y a peu. Mais il est vrai que depuis la Loi POPE de juillet 2005, qui a atteint son objectif d’imposer l’EPR, ces deux acteurs peuvent être rassurés.
Combien de centrales nucléaires évitées, ou de fioul, ou de gaz, avec des bâtiments efficaces énergétiquement ? combien d’industries restent en France pour cet avantage d’une électricité nucléaire pas chère ? Le modèle de la centrale de grande puissance est-il le paradigme ultime ?
Les énergies renouvelables sont au début de leur courbe d’expérience, donc plus chères et nécessitent un soutien politique et financier (via les contribuables ou les consommateurs). Ce choix politique n’est pas moins noble que celui du nucléaire il y a 40 ans, et permet de commencer à répondre à l’enjeu des émissions de GES, sans avoir à se soucier de la gestion des déchets radioactifs.
Alors, oui, il y a un surcoût au MW, mais ramené à une consommation qui devrait devenir plus économe, le consommateur devrait finir par s’y retrouver. L’atome restera certainement utile, mais il devra partager, même si c’est Bruxelles qui le lui impose.
cordialement
Un seul chiffre va peut-être vous faire réfléchir : l’Allemagne dispose, sur son territoire visuellement dévasté, une puissance éolienne installée de 20 GW. L’équivalent de 20 tranches nucléaires ou de guère moins de la puissance nucléaire installée en France. L’an dernier, cette puissance éolienne a produit.... 5 % de la consommation allemande totale ! Par quoi croyez-vous que le reste a été fourni ? 27 % de nucléaire et tout le reste fuel, gaz, charbon. Et ne croyez surtout pas que cet état de choses changera un jour. Car, quelle que soit l’amélioration du rendement des aérogénérateurs, l’énergie du vent restera très diffuse et, surtout, instable. En conséquence des générateurs classiques de secours doivent obligatoirement être construit en parallèle, s’il n’existaient pas déjà, comme c’est le cas en France où les éoliennes font double emploi avec le nucléaire. L’énergie restera toujours très chère - en tout cas plus chère que le nucléaire - et devra toujours être subventionnée. Au risque de vous choquer elles n’apportent aucune valeur ajoutée dans la lutte contre le réchauffement climatique : pour les raisons indiquées ci-dessus, les Allemands, Espagnol et Danois emettent annuellement 2 fois plus de CO2 que la France. Songez : 4000 à 5000 éoliennes de 2 MW (180 m de haut) seraient nécessaires pour remplacer... un seul EPR ! Je ne sais pas où vous habitez, mais peut-être seriez-vous volontaire pour en accueillir quelques dizaines autour de votre village ? Cordialement. André PELLEN









