Article publié le 19 mars 2008
La tête dans les étoiles et les pieds sur terre. Voilà plusieurs années que l’astrophysicien québécois Hubert Reeves a enraciné son amour du cosmos dans l’affirmation de valeurs écologiques fortes. Président de l’association de défense de la nature La Ligue ROC, le scientifique était de passage à Bruxelles, voici peu, à l’occasion d’une conférence donnée à l’académie des Sciences et qui résume en soi la trajectoire du personnage : De l’astrophysique à l’écologie.
Cinq ans après la publication de « Mal de Terre », ouvrage dans
lequel vous lanciez un cri d’alarme, avez-vous toujours mal à votre
planète ?
Il y a un élément très positif, depuis deux ans, qui me
rendrait plutôt optimiste. C’est le fait que les décideurs ont enfin
pris conscience du problème. Le film d’Al Gore sur le réchauffement et
le rapport Stern qui a chiffré le coût du réchauffement à des milliers
de milliards de dollars ont été déterminants. Je me souviens avoir
donné une conférence au Forum économique de Davos voici quelques années
sur ces mêmes sujets. Cela n’intéressait personne ! Dans le dernier
rapport de Davos, il n’y a pas un article qui n’aborde pas, d’une
manière ou d’une autre, l’écologie. Le conflit entre la question
économique et écologique s’estompe. Maintenant, les choses sont admises
: sans l’écologie, l’économie s’effondre. C’est cela, le message qui
est passé.
En France, l’action de Nicolas Hulot a été déterminante. Vous étiez aussi un acteur de ce pacte écologique…
Il faut reconnaître la grande finesse de Nicolas Hulot, sans
qui on aurait même pas parlé d’écologie. Et il a été très astucieux de
ne pas se présenter.
Le « Grenelle de l’environnement », grand débat franco-français
sur les questions de développement durable, ne reste-t-il pas un
chantier de promesses…
Agriculture biologique, chimie, lutte contre le réchauffement…
Beaucoup d’éléments sont en marche. Ce qui est important, c’est que les
mouvements écologistes et les agriculteurs, si l’on évoque la question
des pesticides ou des OGM, ont pu se mettre au tour d’une même table
et discuter. Il sera impossible de s’en sortir si on se fait
continuellement la guerre. Des choses sont sorties du Grenelle, comme
le « bonus malus » pour les voitures. C’est très bien. Mais ce qui me
paraît essentiel, c’est de se diriger vers l’application à terme d’une
taxe carbone. L’Europe doit gérer tout cela et cela prend un certain
temps.
La Commission vient de mettre sur la table un paquet
énergie-climat qui vise à produire, notamment, 20 % d’énergies
renouvelables d’ici à 2020… Cela va-t-il dans le bon sens ?
Cela va dans le bon sens, certes, mais la question est de
savoir si c’est assez rapide. Or, la situation se détériore. On sait
qu’il faut réduire les émissions de gaz carbonique de 50 à 60 % à
l’échelle planétaire pour retrouver une stabilité. Or, on est passé à
une augmentation annuelle de 2 à 2,1 % l’an dernier. Un autre signe
d’inquiétude trouve racine en Amazonie où la déforestation s’était
stabilisée ces dernières années. Elle a repris de plus belle. Les
agrocarburants, qui sont une bonne idée au départ, menacent désormais
d’être catastrophiques. On coupe des forêts entières pour planter des
palmiers et faire rouler des voitures. Avant, il y avait deux marchés,
celui de la voiture et de la nourriture. Il y a une compétition qui
pointe : à qui va-t-on donner à manger ? A la voiture ou aux gens ? En
pratique, les riches voudront les deux et les pauvres auront de moins
en moins les deux… Aux Etats-Unis, le maïs consommé par les Mexicains
est devenu un maïs destiné aux agrocarburants. Si bien que le prix du
maïs a grimpé et ces gens ne peuvent plus se nourrir.
Quel est votre espoir environnemental par rapport à l’échéance électorale américaine en novembre ?
Cela a déjà beaucoup a changé aux Etats-Unis. Plusieurs Etats
comme la Californie ou la Nouvelle-Angleterre sont devenus très verts.
Beaucoup de maires se sont réunis pour s’opposer aux idées de
l’administration fédérale. Cette philosophie qui consiste à ne pas
nuire aux intérêts industriels américains touche à sa fin. Les
Etats-Unis vont devenir très verts comme la Chine…
On entend des scientifiques s’alerter pour nous dire qu’il
faudra peut-être faire encore davantage d’efforts face à la rapidité du
réchauffement…
Il y a de fait des chances que l’on dépasse l’augmentation du plafond
de deux degrés, en 2050, fixé par la communauté scientifique. Quand on
chauffe l’atmosphère, on y injecte davantage d’énergie thermique. Donc,
l’atmosphère réagit plus violemment. Cela peut amener une dérégulation
et des phénomènes extrêmes. Les cyclones ne sont pas plus nombreux,
mais ils sont plus violents. Et cela concerne autant les canicules que
les grands froids. Il est possible que les températures très basses
enregistrées en Chine cet hiver soient liées à une déstabilisation du
climat. On joue avec le feu, c’est clair.
Vous soutenez encore l’idée du risque d’un emballement du
climat si le méthane contenu dans les sols gelés du grand Nord devait
s’échapper ?
Oui. Ce qui est inquiétant, c’est que depuis plusieurs années,
ce sont toujours les scénarios les plus pessimistes qui se réalisent à
ce niveau. La fonte des glaces est très rapide. Il y a quelques temps,
on parlait d’une augmentation des océans de 30 centimètres en 2100.
Désormais, on évoque cinquante centimètres au moins… J’aimerais me
tromper. Mais il y a un consensus dans la communauté scientifique. Les
faits sont les faits et les chiffres sont les chiffres.
Comment éviter le pire ? Y a-t-il une baguette magique ?
Par
rapport à la question de l’énergie, l’avenir, c’est d’abord la
diminution de notre dépense en énergie. Si on continue à doubler cette
consommation tous les trente ans, il n’y aura aucun avenir. C’est une
exponentielle : si on devait doubler vingt fois cette consommation, on
prendrait toute l’énergie que le soleil amène sur la Terre. Et si on
doublait cinquante fois, toute l’énergie de la galaxie devrait être
utilisée. La deuxième solution, c’est qu’il faut des sources pérennes.
Les énergies fossiles et le nucléaire, on le sait, ne sont pas des
sources à long terme. Il n’y a qu’une source à long terme : tout ce qui
vient du soleil : le vent, la géothermie, la force des marées…
Le problème du nucléaire, c’est les risques d’accidents, l’absence de solution pour les déchets, la prolifération ?
Notamment, mais avant toute chose, il convient de rappeler
qu’il reste peu d’uranium et que dans les meilleurs scénarios, il ne
reste de l’uranium qu’à l’échelle de quelques siècles.
C’est déjà pas mal…
Certes, mais l’humanité a cent
mille ans. Quelques siècles, ce n’est rien par rapport à cent mille
ans. Et si on se retrouve dans quelques siècles sans énergies fossiles
et sans uranium, on ne sera pas plus avancé. Il y a une source qui est
bonne pour cinq milliards d’années, c’est le soleil. Tous les efforts
d’innovation doivent viser à capter cette énergie avec la plus grande
efficacité. On en capte un dix millième. Il faut améliorer cette
capacité. C’est la seule solution à long terme.
Comment intégrer ce long terme dans nos processus démocratiques ?
Quand Clinton était président, il avait demandé à Al Gore
combien cela allait coûter pour sauver la planète. Al Gore lui a
répondu : « Le minimum requis pour sauver la planète est bien
supérieur au minimum requis pour ne pas perdre les prochaines
élections ! » C’est l’enjeu dans lequel nous sommes. Mais je pense que
nos démocraties sont en train d’intégrer cette dimension…
La démocratie, ce sont des personnes qui choisissent leurs
élus. Pensez-vous que les électeurs ont compris l’importance de l’enjeu
et sont prêts à entendre des choses éventuellement désagréables quant
au changements des modes de vie…
Je pense qu’il y a une mutation progressive de l’opinion à ce
sujet. Les citoyens des pays riches sont devant les faits et ont par
exemple vécu l’ouragan Katrina aux Etats-Unis ou les épisodes
caniculaires en Europe. L’homme réagit quand il a mal. Il est hélas
difficile de faire rentrer dans l’esprit d’une société qui vit bien que
ses choix ne sont pas durables.
Le danger, n’est-ce pas le rejet face à des mesures qui pourraient apparaître impopulaires ?
Il convient d’éviter de décourager les gens en disant que
c’est fichu ! A ce moment-là, chacun retire son épingle du jeu. La
situation est grave, mais il y a des possibilités. Depuis deux ans, les
choses ont bougé et il y a des signes d’espoir. L’exemple d’une
décision récente de Nicolas Sarkozy est intéressant : voilà plusieurs
années que nous nous opposons à la présence d’une mine d’or dans une
forêt primaire de Guyane. Ce projet risquait de déverser des quantités
de cyanure dan l’eau et de polluer la vie des autochtones. Le président
Sarkozy a opposé son veto à ce projet…
Avez-vous été tenté par l’aventure politique ?
J’ai
eu beaucoup d’invitations à droite comme à gauche, mais je n’ai jamais
voulu m’impliquer dans un parti. Mon activité, comme celle de Nicolas
Hulot, exerce de l’extérieur une pression sur ceux qui ont le pouvoir.
Choisir un parti, c’est être rejeté par les autres. Or, l’environnement
est trop sérieux pour être livré aux clivages politiques.
La préservation de la biodiversité est par ailleurs au chœur de
vos préoccupations. Ce débat, qui inquiète la communauté scientifique,
apparaît moins comme une évidence dans l’opinion,…
Cette notion, il est vrai, n’est pas très présente et ne
dispose pas du même éveil dans l’opinion. Un « Giec » (NDLR : Groupe
d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat) de la
biodiversité est en gestation et pourrait contribuer à mieux alerter
l’opinion et les décideurs car la situation est sérieuse. Nous sommes
une espèce parmi beaucoup d’autres. Toutes les espèces sont reliées et
chaque fois qu’on élimine une espèce, on affaiblit tout le système. On
le voit bien avec le krill, cette crevette pratiquement exterminée qui
constitue la nourriture des petits poissons qui sont eux-même la
nourriture des plus grands poissons. On le voit aussi avec les abeilles
dont les colonies souffrent partout dans le monde. On ne sait pas très
bien pourquoi, mais on a de bonnes raisons de penser que c’est en
raison des pesticides. Exterminer une espèce, ce n’est pas seulement
triste, mais c’est comprendre qu’elle joue un rôle particulier dans un
réseau. En ce sens, sauver la biodiversité, c’est nous sauver
nous-mêmes.
Pourtant, l’homme a encore tendance à considérer cette
diversité biologique selon les avantages récréatifs ou en termes
économiques qu’elle peut apporter aux grandes compagnies
pharmaceutiques, par exemple…
Ce n’est pas une bonne façon de penser. C’est ce point de vue
qui justifie les termes « mauvaise herbe » ou « animal nuisible ». Dans
un parc américain, il y avait un panneau qui disait : « Ne coupez pas
les fleurs pour le plaisir des gens ». Il a été changé et dit
aujourd’hui : « Ne coupez pas les fleurs, laissez les vivre ». Cette
notion récente montre que tout cela n’existe pas pour l’homme.
Au plan politique, vous défendez l’idée d’une organisation des
Nations unies pour l’environnement. Où en est cette proposition ?
Cela progresse, de plus en plus de pays acceptent d’en être.
Quel serait le rôle de cette organisation ?
Il s’agirait avant tout d’une institution susceptible de faire
pression à l’échelle internationale pour sauvegarder des écosystèmes et
injecter des moyens le cas échéant si une menace précise pèse sur des
zones. Il est plus utile de préserver une forêt primaire de Madagascar
pour ce qu’elle apporte à la population en termes de ressources locales
et de tourisme, par exemple, que de la raser au bénéfice de projets non
durables. Une forêt primaire morte ne se remplace plus.
Vous évoquez le tourisme comme un moyen de préserver
l’environnement. Mais la question de la pauvreté demeure centrale pour
les populations de ces pays…
Certainement et c’est pour cela que le tourisme peut contribuer à
réduire la pauvreté. Mais c’est une bénédiction autant qu’une
malédiction. Tout dépend comment ce tourisme est pratiqué et si cela
fait au détriment des écosystèmes et des populations locales. Ce qui
m’inquiète le plus, c’est la guerre. Car dans ces moments-là, les parcs
nationaux sont les premiers à faire les frais des exodes et des
conflits.
A quoi ressemblera la Terre en 2050 ?
Personne ne peut vraiment le dire…
Que pense l’astrophysicien de coloniser une autre planète si celle-ci devenait invivable ?
Si on a pas réglé nos problèmes ici, on les exportera ailleurs. Ce serait une fuite en avant…
Vous
pariez sur l’assagissement de l’humanité. Cette forme d’optimisme est
potentiellement générateur des énergies dont nous avons besoin ?
C’est mon espoir depuis longtemps. Jean Monet disait dans les années
cinquante : « L’important, ce n’est pas d’être optimiste ou pessimiste,
mais d’être déterminé à faire ce que l’on pense qu’il faut faire, et
cela quoi qu’il arrive. » Je le redis depuis deux ans parce que je
perçois une réaction mondiale qui donne l’impression que cela pourrait
ne pas trop mal se passer…
On assiste pourtant à une série de discours apocalyptiques,
comme celui de René Girard, ces dernières années. Qui nous disent
notamment que tout ce qui se passe a été écrit il y a bien longtemps…
Je trouve le messianisme très naïf. Je pense que « personne »
ne viendra. C’est une vieille tendance, l’idée de la fin du monde ! Au
début du christianisme, c’était déjà le cas. Les idées millénaristes
resurgissent en période de crise. Et ceux qui les défendent trouvent
toujours des éléments pour que la réalité colle avec leurs idées. Je
suis un peu allergique à cela.
Vous évoquez la Terre, sublime, vue de la lune. Et comment considérez-vous les choses si vous regardez vers le cosmos…
Il
s’y passe des choses merveilleuses ! Une de ces choses, c’est
l’apparition de la vie sur une petite planète. Je pense que la vie est
un phénomène régulier et qu’il doit y avoir des millions sinon des
milliards de planètes habitées Avec des gens qui s’inquiètent comme
nous !
C’est un scoop ?
Oui (rires). C’est évidemment une
intuition que je ne peux pas défendre. Mais je pense que ce phénomène
est répandu. Le mouvement et les événements qui amené la vie sont
extraordinaires. Quand l’on songe aux milliards de réactions chimiques
dans le corps humain qui permettent à la vie de se maintenir, c’est
ahurissant. Ce qui ressort de cet univers qui apparaît dans un chaos et
qui se structure ensuite incite aussi à l’émerveillement. Qu’est-ce que
cela signifie ? Y a-t-il quelque chose derrière et cela rime-t-il à
quelque chose ? Certains évoquent un dieu, une divinité…
Et vous, vous pensez que cette merveilleuse machine est le fruit du hasard, de l’intention, de la nécessité… ?
Je me méfie d’abord de l’idée d’une forme de planification. A
la fameuse phrase de Voltaire qui dit « Je ne peux imaginer qu’il y
ait une horloge sans horloger », je réponds que c’est un constat
valable à notre échelle humaine. Je demeure sceptique à l’égard des
extrapolations à partir nos jugements et de nos raisonnements humains à
l’échelle de l’univers. Mais je ne crois pas pour autant que ce soit le
fruit du hasard. Je suis frappé par cette structuration de la matière
qui amène des atomes, des molécules, la vie… C’est en somme la belle
histoire. La mauvaise histoire, c’est la suite, les camps de
concentration, les guerres et ces éléments qui nous interrogent sur la
nature humaine et dans lesquels il est difficile de trouver quelque
chose de beau et de compatible avec un projet grandiose. L’être humain
est quelque chose d’énorme capable du meilleur et du pire. Il y a en
lui Mozart et Hitler. Ce sont des réalités et je ne peux pas penser que
tout cela est la réalisation d’un rêve.
Mozart et Hitler, c’est aussi le thème d’une nouvelle chanson
écrite pour l’artiste Diane Dufresne. Comment cette rencontre
s’est-elle produite ?
Diane Dufresne m’a simplement écrit pour me demander si
j’avais un poème pour elle. Et je lui ai transmis cette « Terre,
planète bleue » qui évoque tous ces éléments contradictoires et
incohérents de l’humanité auxquels nous sommes confrontés. Avant de
comprendre, il faut d’abord intégrer les choses. Quand on regarde la
Terre de la lune, on se dit, ah ! il s’y passe tout ça ! Mon idée,
c’était de dire des choses qui n’ont pas de relation entre elles, comme
des flashs. Cela se passe et nous dépasse. J’ai accumulé des textes
pendant des années. Diane Dufresne a fait quelque chose de très bien
avec ce poème.
Vous pensez que la vie existe ailleurs. A quelle échéance pourra-t-on le savoir ?
Quand on parle de la vie, il faut savoir de quoi on parle.
Est-ce de la vie microbienne et planctonique, qui a trois milliards
d’années sur Terre ? Ou la vie intelligente et les questions posées par
la conscience qui sont le domaine de l’humanité et peut-être des grands
singes ? Déceler la vie planctonique primitive ailleurs que sur la
Terre ne sera pas trop difficile à mon sens. Notre planète à une
atmosphère d’oxygène. Nous sommes la seule planète du système solaire à
avoir une telle atmosphère. Les autres ont du gaz carbonique, de
l’hydrogène… A sa naissance notre planète n’avait pas une atmosphère
d’oxygène, c’était justement du gaz carbonique. C’est parce que ce gaz
a été respiré par ces plantes et ces animaux qu’il a été transformé en
oxygène. Ce qui veut dire que si la vie cessait sur la Terre, on
retrouverait une atmosphère de gaz carbonique. Il y a plusieurs
centaines de planètes autour du système solaire et on est sur le point
de trouver sur une de ces planètes une atmosphère composée d’oxygène.
C’est une question d’années ou de décennies. Si on trouve cela, il y
aura de bonnes raisons de penser qu’il y a de la vie.
Quelle forme de vie ?
Cela ne nous dirait pas si il
s’agit de vie planctonique ou de gens qui envoient des messages radio
comme la Nasa avec la chanson des Beatles ! Pour détecter de la vie
intelligente, il convient de mener des recherches par radiotéléscope.
Jusqu’à présent, aucun signal ne le laisse penser. On a bien de la
friture sur la ligne, mais trouver quelque chose qui a l’air
d’organisé, non, on a rien. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de
vie ailleurs : peut-être sont-ils plus avancés que nous ? L’hypothèse
du Prix Nobel Enrico Fermi, dans les années cinquante, était sombre. Il
disait, en somme : « Je n’y crois pas parce que je ne les vois pas ».
Son idée, c’était que si il y a avait des civilisations comme la nôtre,
elles seraient à un stade assez avancé pour nous contacter et nous
rendre visite. Car elles auraient d’une certaine manière dépassé ce
stade de l’auto-destruction qui menaçait alors l’humanité à l’époque de
la guerre froide. Heureusement, nous n’avons pas eu cette guerre
nucléaire. Fermi pensait que lorsque l’on atteint ce stade d’évolution
atomique, on est pas viable. Et donc, d’autres sociétés n’y auraient
pas résisté..
Avez-vous des nouveaux projets de livre ?
Il en est un qui fut en gestation durant au moins une décennie
et qui va sortir au printemps… Il s’agit d’un livre de mémoires surtout
axé sur ma vie professionnelle depuis le choix de ma carrière
scientifique jusqu’au choix de ma carrière associative… car je ne
conçois pas de rester sans activité et il m’importait d’agir pour la
préservation du vivant. En effet si j’ai choisi l’astrophysique par
amour des mathématiques, mon amour de la nature m’a incité à m’occuper
d’elle en accordant à sa défense l’essentiel du temps libéré par la
mise à la retraite imposée aux chercheurs en France (de mon point de
vue beaucoup trop tôt…).
Propos recueillis par
William Bourton et Christophe Schoune
qu’est-ce que c’est que cet interviewer qui pose des questions plus bêtes les unes que les autres ?! et qui prête à Girard des propos qu’il n’a jamais tenus ?! (il faut lire, jeune homme, on sait : c’est du travail, ça demande de la patience... mais c’est la seule façon de procéder pour comprendre et restituer avec un minimum d’honnêté intellectuelle)










