NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
L'espérance "océane" du développement durable

Article publié le 5 mars 2008

La recherche de sources d’énergies renouvelables soulève le problème des surfaces disponibles pour recevoir les systèmes générateurs d’électricité renouvelables et les cultures nécessaires à la production de biomasse. D’une manière beaucoup plus générale, devant l’évidence que le XXIe siècle ne trouvera aucun territoire d’expansion en dehors de Gaïa, la terre nourricière dont nous sommes prisonniers, se posera en priorité la question de l’utilisation de l’espace.

Il semble que nous focalisions nos espoirs de développement sur l’utilisation des continents alors que les espaces maritimes et océaniques sont incomparablement plus vastes et dépeuplés. Nos projets d’avenir ne doivent-ils pas conduire au retour vers un élément dont sont sortis nos plus anciens prédécesseurs dans l’évolution, à savoir le milieu aquatique ?

Pour les centrales éoliennes, les nuisances sont l’occupation au sol, le bruit et la destruction des paysages. Ne serait-il pas sage de les concentrer dans des zones marines propres à les recevoir sans gêner la navigation ?

L’investissement sera plus onéreux mais l’obstacle de l’opposition des riverains serait levé et le choix de secteurs climatiquement favorables sera plus étendu.

L’urgence est plus grande pour la photosynthèse : le recours à la croissance des végétaux pour séquestrer puis recycler le carbone présent par excès dans l’atmosphère est une voie idéale de progrès. Mais n’est-ce pas une erreur capitale de consacrer une part de la terre arable de nos continents à la production de végétaux convertis en biocarburant alors que la montée vers dix milliards d’humains, qui exigera une extension importante des productions alimentaires, s’annonce pour la fin du siècle ? Ne voit-on pas la terre épuiser ses ressources en oligo-éléments ? Rompre ses équilibres par l’excès des pesticides et des engrais ? Se saliniser où se désertifier ? Manquer d’eau d’irrigation ? Sous réserve d’inventaire, le milieu marin paraît moins fragile. Il est, en tout cas, beaucoup plus vaste.

L’avenir semble donc être celui des plantes marines, particulièrement des micros algues, sièges de photosynthèses. Nous sommes loin d’avoir épuisé nos recherches dans cette direction qui offrira dans un avenir prochain de sérieux espoirs d’investissements rentables et vraisemblablement de nouvelles ressources pour l’alimentation, l’hygiène et la santé.

L’océan est une source de mouvements dont la force pourrait être utilisée dans la production d’énergie électrique. Il existe des prototypes d’usine marémotrice et d’utilisation de l’énergie des vagues et des courants dont la rentabilité s’affirmera à mesure que s’éteindront les ressources en carbone fossile.

Le sol et le sous-sol marins sont également des territoires de conquête loin d’être atteints par la saturation d’une exploitation excessive. L’Arctique offre de nouvelles espérances aux ressources en carbone fossile, pétrole et gaz. Et si les nodules métalliques qui peuplent les fonds des océans (nickel, manganèse, cobalt, chrome) sont abondants mais d’une récolte souvent trop onéreuse, il reste à exploiter des mines sous-marines riches en sulfure concentrés de minerais précieux.

Quand aux ressources halieutiques mises en danger par des pêches excessives et destructrices, il est possible de les protéger par des mesures techniques et réglementaires de nature à contraindre à un retour vers une situation plus sage permettant d’étendre les différentes formes d’aquaculture.

Mais l’océan ne doit pas être compris seulement comme le territoire d’une ressource. Il est aussi comme le présente Bruno Barroin, directeur à IFREMER, un milieu favorable au développement humain, aux plaisirs du littoral, aux sports nautiques, au tourisme de croisière, à la thalassothérapie... avant d’être peut-être un jour un lieu d’habitat.

L’opinion publique française est mal informée de cette « espérance océane » en dépit de la place importante qu’occupe notre pays dans cette évolution grâce aux travaux de l’IFREMER

1. Un rapport du gouvernement français « Poséidon » a été produit récemment. La Commission européenne a étendu à l’Union ses conclusions sous la forme du livre vert « Une vision européenne des océans et des mers »

2. La présidence française du second semestre de 2008 aurait intérêt à promouvoir les propositions qu’il contient dans le cadre de la politique de Développement Durable, en raison notamment des territoires maritimes contrôlés par la France dans les espaces très ensoleillés de l’hémisphère Sud, très favorable à la culture des micros algues et à l’aquaculture.

Avant de craindre que la planète devienne trop petite pour l’homme, regardons vers les océans.

Réveiller L’Europe

Bookmark and Share
44 votes
commentaires
votez :
par seb59 (IP:xxx.xx4.180.194) le 5 mars 2008 à 10H59

"Avant de craindre que la planète devienne trop petite pour l’homme, regardons vers les océans."

Et si, avant de nous tourner (et de polluer) vers les océans, nous limitions la demographie à ce que nous pouvons assumer sans ravager la planete ???

Ca serait surement plus intelligent.

votez :
(IP:xxx.xx7.65.232) le 5 mars 2008 à 13H30

Au lieu de limiter la démographie, limitons la consommations des populations occidentales car c’est elle qui ravage la planète.

Comparez juste la consommation d’une Europe de 400 millions d’habitants avec la consommation des 2 milliards de personnes les plus pauvres, il n y’ pas photos.......et je ne parle même pas des USA qui a eux seuls consomment plus que tous les autres réunis.

avant d’exterminer les enfants d’Afrique faut réfléchir un peu.

Sinon pour les océans, moi j’y crois et je n’ai aucun doute que la science devrait nous montrer le chemin pour mieux les gérer et répondre a beaucoup de nos problèmes

votez :
par jcm (IP:xxx.xx6.18.78) le 5 mars 2008 à 13H55

"L’espérance océane" dans le domaine du vivant est assez faible : différentes études semblent montrer que les océans sont déjà très malades.

Voir par exemple La revanche des méduses, Les déserts océaniques progressent aussi..., L’impact humain sur les océans revu à la hausse....

Et il y aurait bien d’autres liens à donner auxquels correspondent autant de mauvaises nouvelles.

La première urgence : tout mettre en œuvre pour cesser de polluer et détruire, ce qui serait un énorme travail aux multiples implications, difficile....

Et nou ne sommes pas sur cette voie aujourd’hui... !

votez :
par Atlantis (IP:xxx.xx3.70.22) le 5 mars 2008 à 22H23

encore une proposition de fuite en avant vers du pharaonique ?

Le mode de pensée qui a généré un problème, ne peut être celui qui va le résoudre. A. Einstein.

votez :
par taihun (IP:xxx.xx3.157.63) le 6 mars 2008 à 00H42

Sans vouloir casser votre optimisme sur l’utilisation de l’océan il faut relativiser grandement ses possibilités actuelles pour l’énergie propre (je ne parle pas des fossiles ou il y a une ruée sur l’off-shore et les hydrates de gaz). Les champs éoliens off-shore en France ne sont pas énormes car les conditions météo ne sont pas très favorables (trop dures pour les structures) comme au Danemark ou en Allemagne. Quand à l’énegerie des vagues et courants il faudra bien 20 ans pour que cela sorte de l’anecdotique. Les micro-algues je ne vois pas comment on pourra caser des réacteurs à planctons de taille industrielles suffisantes pour que la production soit rentable. L’avenir semble plutôt être vers les micro-algues à usage spécifique (médicament, enzymes etc..). Quant à l’aquaculture telle qu’elle est pratiquée actuellement elle consomme beaucoup plus de protéine qu’elle n’en produit (la pêche minotière du Danemark est de l’ordre du 1,5 millions de tonnes). 60% du poisson péché n’est pas consommé par la population. J’ai donc des doutes sur l’opportunité de développer plus avant cet élevage de poissons carnivores. manger des sardines plutôt que du saumon d’élevage. Quant à l’exploitation minérale des océan attention au coup énergétique. Je suis tout à fait d’accrod avec vous sur la méconnaissance de la mer par les français. Je déplore aussi l’absence totale (et je suis assez bien placé pour le savoir) de politique marine construite de la part du gvt français. Ce n’est d’ailleurs pas les sorties de Sarkozy sur les quotas de pêches qui vont me faire changer d’avis. Je doute que la france puisse donner une quelconque impulsion à la politique européenne quand on connait la mauvaise réputation qu’elle traine sur la gestion des ressources halieutiques.

votez :
par Archimédron (IP:xxx.xx6.141.52) le 6 mars 2008 à 09H27

Pourquoi j’ai voté "non" à cet article ?

parce qu’il ne faut jamais lâcher prise sur la question du “développement durable” car le message à malheureusement du mal à passer, tant les intérêts financiers-capitalistes font pression pour maintenir l’ILLUSION.

Je me permets donc de rappeler que le développement durable est un canular, un concept menteur, une auto-contradiction, une illusion, une chimère : durable et développement sont des mots impossible à associer car la terre sur laquelle nous vivons étant un espace FINI, on ne peut ni croître ni se développer indéfiniment. Le durable, si durable il peut y avoir, implique nécessairement ce qu’on nomme la croissance zéro.

Et compte tenu de la déferlante des pays émergents, il nous faudra accepter bien au contraire une décroissance, qui, de toute manière est inévitable, compte tenu de l’épuisement des matières premières.

La fin du pétrole est d’ailleurs la preuve mécanique de la fin de la croissance, au sens actuel du terme. Disons qu’aujourd’hui nous sommes confrontés à un nouveau défi : redéfinir une nouvelle forme de croissance, non plus basée sur la consommation, sur la production de biens, mais sur la qualité de la vie. D’où des mouvements parfaitement adaptés à cette réalité qui se nomment “simplicité volontaire”, “décroissance soutenable”, “commerce équitable”.

Arrêtons, s’il vous plaît, de parler de développement durable, c’est un CANULAR.

Quant à exploiter les océans après avoir massacré la terre ferme, ce n’est pas autre chose qu’une fuite en avant.

Votre article me désole car c’est une manière de dire : « nous avons tout détruit sur terre, allons tout détruire au fond des océans »…

Je conseille à tous deux excellents livres : “L’Humanité disparaîtra, bon débarras !” d’Yves Paccalet, chez Artaud éditeur, et “Comment les riches détruisent la planète” d’Hervé Kempf, chez Seuil.

votez :
par lio (IP:xxx.xx2.197.204) le 20 septembre 2008 à 10H56

etonnant cet article qui prone entre autre l’exploitation des energies fossiles en arctique ? Reveiller les européens ou continuer a les endormir avec de fausses bonnes idées ??


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Les Auteurs deSociété
Dynamicsauto - 11 articles
Anne-Laure - 1 articles
Jean Zin - 30 articles
Ecoloteky - 163 articles
Greg - 5 articles
Thierry Follain - 33 articles
Loïc Fel - 77 articles
herbinet - 3 articles
Articles de la rubrique
les +
visités
les +
commentés
les +
appréciés