Une enquête menée en mai dernier par l’Institut d’Etudes OpinionWay pour la société WebEx (spécialiste des téléconférences) indique que 57%
des salariés du secteur privés attendent de leur entreprise "des
actions en faveur de l’économie d’énergie plutôt qu’en faveur du tri et
du recyclage des déchets".
L’étude montre que très peu
d’entreprises ont adopté une véritable démarche environnementale en
leur sein, la prise de conscience des salariés et de leur direction
générale demeurant encore faible. En conséquence, les changements
d’habitude de travail pour limiter les impacts sur l’environnement
restent rares.
Seuls 41% des salariés interrogées font partie
d’une entreprise ou d’une organisation agissant en faveur de
l’environnement (contre 46% affirmant que rien est fait) et il s’agit
bien souvent de mesures dérisoires. La plupart portent sur le tri ou le
recyclage (74%) alors que les économies d’énergie sont peu favorisées.
Pourtant, 66 % des salariés "seraient plus enclins à travailler pour une organisation qui prendrait des initiatives en faveur de l’écologie" tandis que 90% de ceux dont l’entreprise est déjà impliquée déclarent ces actions importantes. Mais attention, agir en faveur de l’environnement consiste trop souvent à financer des projets extérieurs ou mettre en place des grosses infrastructures. Or, les actions toutes simples, les "petits gestes" sont trop souvent oubliés : 66 % des salariés souhaiteraient d’ailleurs que "leurs entreprises mettent en place des mesures en faveur de l’économie d’énergie, de l’utilisation d’énergie verte ou de produits verts".
Lors d’un échange récent avec Henri Proglio, le directeur de Véolia Environnement, groupe très impliqué dans ce secteur (en plus de ses activités propres : financement de projets, mécénat...), je lui ai demandé pourquoi au sein des salariés du groupe (près de 300.000 dans le monde), il n’existait aucune politique de réduction des impacts digne de ce nom (économie de papier, d’impression, d’électricité, produits verts...) tandis qu’il semblait judicieux de commencer à appliquer ces principes au sein même de ses troupes. Sa réponse ? L’avantage pour l’environnement "est marginal" (sic) et, vu que les salariés (notamment les cadres) s’investissent déjà énormément, mentionnant que certains travaillaient d’emblée 70h par semaine, il refusait d’exiger plus.
Dommage... car il a tout faux. L’étude montre que 93%
des salariés (dont 97% des cadres supérieurs) déclarent "être disposés
à changer leurs habitudes de travail pour contribuer au respect de
l’environnement". Quand on sait que les veilles des appareils
(comme les écrans d’ordinateurs ou d’imprimantes se comptant par
milliers dans un groupe comme Veolia), ce sont 10% de la facture
énergétique, que l’écoconduite (pour des camions) économise 10% de carburant, que 400 millions d’euros par an sont dépensés en impressions inutiles (=1,2 millions d’arbres) dans les entreprises en France... tout ceci est effectivement totalement marginal...
Quelques autres chiffres intéressants...
- 72% des salariés du secteur de l’industrie estiment que les actions menées par une entreprise en faveur de l’environnement sont un critère de motivation pour accepter un poste. 45% considèrent comme très important le fait que leur entreprise soit concernée par la protection de l’environnement.
- En région : Les salariés interrogés habitant le sud de la France se considèrent majoritairement écolo (entre 54 et 66% dans leur vie professionnelle selon les régions, 73% dans leur vie quotidienne). C’est en Ile-de-France qu’on trouve le plus grand écart : seuls 40% des Franciliens se considèrent comme écolo au travail contre 66% dans leur vie privée.
- Enfin les salariés des grandes
entreprises sont plus informés sur les actions que mène leur entreprise
que ceux des PME (de 31% pour les entreprises de moins de 50 salariés à
60% pour celles de plus de 500 salariés)
Signalons que WebEx vient de lancer un calculateur d’émissions de carbone s’adressant spécialement aux entreprises pour évaluer l’impact de leurs déplacements : www.webex.fr/fr/go-green/calc.html
Sources :
- "Environnement » : les salariés attendent plus de leur patron !", résultat de l’enquête WebEx (communiqué du 15 juin 2007)
- Lire également "Les employés Britanniques pointent du doigt les patrons qui ont des comportements irresponsables à l’égard de l’Environment", enquête menée en novembre 2006 pour WebEx









