Comment ?!!
Un ouragan qui se permet de diminuer d’intensité et de repasser de
Force 4 à Force 2 alors qu’on avait tout fait, pour une fois, afin de
rassurer l’électorat en faisant évacuer près de deux millions
d’habitants ! Que le Dieu des Républicains est cruel !
C’est donc sur une ville morte, La Nouvelle-Orléans, que vont souffler des vents beaucoup moins forts que prévu. Georges Bush peut rentrer à la Maison Blanche et Mc Cain à son congrès républicain. Il n’y aura pas de catastrophe, en tout cas pas climatique... Tout juste un grand mécontentement populaire d’avoir été pris pour des girouettes !
Le catastrophisme élevé au niveau d’un mode de
gouvernement comporte ses revers, et l’agitation déployée par les
Républicains pour tenter de compenser ce qu’ils n’avaient pas fait en
2005 lors de la catastrophe provoquée par Katrina (cyclone de force 5),
tombe donc à plat et pourrait bien se retourner contre eux. On aura
jeté sur les routes de l’exil près de deux millions de personnes qui
auraient pu, en fin de compte, rester tranquillement chez elles.
J’appelle ça de l’incompétence dans l’évaluation des risques. En 2005
une sous-estimation flagrante et irresponsable, en 2008 une exagération
patente pour raisons électorales qui n’est pas moins irresponsable.
C’est plutôt bon pour Obama qui, lui, avait pris un peu de recul
face au catastrophisme ambiant et attendait d’avoir davantage
d’informations sur le danger imminent, annoncé à grand renfort de spots
médiatiques où il ne se passait rien, et où l’on pouvait juste voir des
envoyés spéciaux qui racontaient que la ville était vide.
Impressionnant, une ville vide ! Mais encore plus impressionnante est
la bêtise des décideurs qui mêlent la politique à tout, de crainte que
tout ne rattrappe la politique.
En est-il de même en politique qu’en météo ?
Il semble que certains de nos politiciens européens, se
sentant inspirés par les méthodes de l’administration bushesque,
pratiquent eux aussi la politique du catastrophisme. Mais, de même que
la science est bien incapable de contrer les forces de la Nature et
doit se contenter de les étudier, de même nos moyens politiques sont
incapables de contrer la volonté d’un gouvernement fermement décidé.
On le voit bien avec l’affaire du nucléaire iranien où l’on
cherche en vain à étouffer dans l’œuf les velleïtés des mollahs visant
à rétablir un équilibre militaire au Moyen-Orient.
On le voit également avec la convocation en urgence par Nicolas
Sarkozy d’un « Sommet Européen » exceptionnel afin de trouver des
« sanctions » à opposer à la position des Russes en Georgie... Face à
la fermeté de Moscou, on a un peu l’impression d’un flop programmé.
Quelque chose qui rappelle la vanité d’un père « faisant les gros
yeux » à son fils après une énorme bêtise, ou même le scénario bien
connu de Coluche au comptoir d’un bistrot qui s’en prend aux CRS beurs
et se dégonfle peu à peu face à l’un d’eux, pour finir par lui demander
ce qu’il peut lui offrir...
La Russie ne craint évidemment aucune « sanction » européenne car
elle sait parfaitement que l’essentiel de l’énergie dont l’Europe a
besoin vient de chez elle...
Les « sanctions », c’est elle, la Russie, qui pourrait les prendre !









