Article publié le 29 mai 2007
A l’heure de la guerre le ministère de la défense prend une grande importance, voilà le ministère de l’écologie qui fait un pas en avant immense. L’heure devient encore plus urgente de faire la paix.
Quels mouvements autour de l’écologie en ce moment, Al Gore avec son film « une vérité qui dérange », des élections où enfin l’écologie trouve sa place, une conférence sur le climat qui confirme toutes nos craintes, maintenant un film de Leonardo Di Caprio, un Grenelle de l’environnement... ça se mobilise pour la planète !
Les humains sont parfois d’accord entre eux... et solidaires comme lors d’un enterrement dans un village, ou juste après une inondation ou après une guerre... En naissent parfois des projets magnifiques, comme l’Europe mise en chantier par des hommes de paix juste après la deuxième guerre mondiale.
Mais le plus souvent les humains ne sont pas d’accord, ils sont en conflit, ils s’affrontent. ça fait du 53/47 comme au 6 mai dans le meilleur des cas ou ça fait la guerre comme en ce moment au Liban. Et la guerre, c’est ce qu’il y a de pire au monde, c’est la catastrophe sociale et écologique dans son expression la plus dure.
Or dans l’action où nous sommes, dans cette volonté que nous avons en commun de nous impliquer pour trouver des solutions pour l’environnement, nous pouvons être de différents bords, nous pouvons être opposés. Gens de droite, gens de gauche, jeunes ou vieux, industriels ou associatifs... comment se retrouver pour travailler ensemble ?
Une solution pour nous tous c’est de piocher dans les textes internationaux.
Nous connaissons la générosité et la force de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Un texte avec lequel il est impossible de ne pas être d’accord.
1948
Souvenez-vous de ce que je disais à l’instant, nous sortions de la guerre la
plus horrible que l’humanité ait connue.
Dignité, famille humaine, droits, liberté, justice et paix dans le monde, voilà les mots du préambule.
Avons-nous l’équivalent pour l’environnement ?
Pas encore avec une telle force, mais nous allons vers là. Nous avons eu la Charte de l’environnement adossée à la Constitution en 2005, nous avons depuis 2006 la stratégie européenne de développement durable, elle mériterait d’être plus connue.
Je voudrais tirer une phrase clé de ce texte qui sert de référence à 460 millions d’européens. Si elle est là, c’est que tous en Europe sont d’accord avec ça :
« Le principal défi est de modifier progressivement nos modes de consommation et de production qui ne sont pas durables, ainsi que la manière cloisonnée d’élaborer les politiques ».
C’est une très grande difficulté pour nos sociétés de faire face à un tel défi.
En triant nos déchets, en économisant l’eau et l’électricité, en faisant du co-voiturage, en organisant des repas bio... nous modifions notre mode de consommation.
En installant un capteur solaire, en récupérant l’eau de pluie, en jardinant bio... nous modifions notre mode de production.
Nous sommes en bonne voie dans l’action concrète et nous montrons la voie...
Nous y serons encore plus dans la voie en agissant sur un registre qui n’est pas dans les textes européens, mais qui est dans tous les cœurs. C’est celui de l’accord de paix que nous avons à signer avec la nature. On peut lui tendre la main à la nature en installant un nichoir à chauve-souris contre un mur, en creusant une mare, en créant un verger conservatoire... On peut le faire ; des amis l’ont fait chez eux où même dans leur établissement scolaire.
Cette phrase que nous avons choisie ne dit pas seulement qu’il faut consommer et produire autrement, elle dit aussi que nous devrons modifier la manière cloisonnée d’élaborer les politiques.
Nous pouvons en parler du cloisonnement, tous peuvent en parler, c’est à hurler parfois de voir l’étanchéité d’un pays à l’autre, d’une classe à l’autre, d’un service à l’autre, d’un bureau à l’autre. Selon le vieil adage « chacun dans son pré et les vaches seront bien gardées ».
Nous avons un exemple tout récent : ce lundi huit associations d’environnement invitées à l’Elysée, pas une d’éducation. Si on a demain un Grenelle de l’éducation, il y a fort à parier qu’il n’y aura pas une seule association d’environnement. Et pourtant comment pourrait-on s’en sortir sans une révolution culturelle ? Education, formation, sensibilisation, information sont au cœur de l’action pour un environnement meilleur.
Et
pourtant il faut en sortir de toute urgence de cette façon cloisonnée de
fonctionner parce que les prés ce sont les pays et que les vaches ce sont les
gaz à effet de serre, les pollutions chimiques ou radioactives (rappelons nous
de ce cher professeur Pèlerin en 86) et ça c’est impossible de bien les garder,
quoique l’on fasse, ça passe les frontières ! Ou alors il faudrait un seul pays la Terre.
Je reviens donc à cette phrase du début : le principal défi est de modifier progressivement nos modes de consommation et de production actuels, qui ne sont pas durables, ainsi que la manière cloisonnée d’élaborer les politiques.
En faisant le lien entre guerre et écologie, je soulignerais juste pour finir le fait que le n°2 du gouvernement est le ministre de l’Ecologie. C’est un saut gigantesque, un pas historique. Souvenons nous qu’au moment de la guerre contre un autre pays, le ministère de la Défense devient le plus important des ministères.
Aujourd’hui la question écologique devient une question grave et le ministère prend du poids.
Est-ce une guerre entre la nature et nous les humains - une guerre où nous serions les agresseurs ?
Si maintenant en 50 ans d’Europe nous avons démontré que nous pouvions faire la paix entre nous les humains et que pour cela peut-être il suffisait d’avoir un projet commun et des valeurs partagées, alors nous pouvons trouver le chemin de la paix avec la nature.
Pour cela, convoquons quotidiennement ces valeurs, dignité, famille humaine, droit, liberté, justice, auxquelles nous ajouterons l’élaboration d’un lien intime avec la nature. C’est vital !
Une guerre contre la nature est une guerre contre nous même, une guerre contre l’humanité que nous avons en nous.
Et maintenant faisons ce que nous faisons, faisons des projets, faisons des actions concrètes et faisons le savoir.
l’ecologie n’est ni de droite , ni de gauche , mais l’affaire de tous. Est ce seulement de la poudre aux yeux ou le droit dans ses bottes va vraiment agir ? Il commence déjà à reculer devant les lobbies agricoles pour le mais OGM .....
"Nous connaissons la générosité et la force de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Un texte avec lequel il est impossible de ne pas être d’accord. "
Evidement que si ! Plein de personne sont contre ce texte (qui d’ailleur, en passant, n’a aucune valeur légal..)
" Si maintenant en 50 ans d’Europe nous avons démontré que nous pouvions faire la paix entre nous les humains et que pour cela peut-être il suffisait d’avoir un projet commun et des valeurs partagées, alors nous pouvons trouver le chemin de la paix avec la nature."
Oui, merci aux centaines de milliers de GI’s, surtout..
Pour réduire la consomation, donc la polution, il suffit d’augmenter massivement la TVA. Ce n’est qu’une question de volonté politique.
C’est quand même étrange cette propention qu’ont les anciens gouvernants, à se ruer sur l’écologie, alors que lorsqu’ils étaient au pouvoir ils n’ont rien fait de significatif.
L’écologie leur servirait-elle de tramplin vers de nouvelles aventures ou prolongerait-elle leurs illusions du pouvoir perdu ?
Ton légèrement "Pol Pot" dans son affirmation de la vérité omnipotente et inaltérable. Légèrement "Orwell" dans l’opposition guerre/paix. Ce que je comprends de l’auteur : Il n’y a pas d’opposition possible à ce que je dis. Donc tout le monde est d’accord avec moi. :-o
Au delà du fond, je suis d’accord sur la méthode. "Modifier -progressivement- nos modes de consommation" n’est pas chose acquise. La guerre est issue d’une voie sans issue. A nous tous de trouver la sortie par des méthode de prises de décision différentes. Remontons nos manches et GO GO GO comme ils disent...
bien d’accord, c’est la méthode qui compte le plus. Faire de l’éducation à l’environnement c’est d’abord faire du terrain, travailler en groupe, stimuler la créativité collective, s’exercer à la pratique du débat... La capacité de prendre des décisions ensemble est peut être bien ce qui devra être le plus travaillé par les éducateus à l’environnement si on veut arriver un jour à la participation de la population que tant de textes européens et autres invoquent.
Non pas "Déclaration des Droits de l’Homme", mais Déclaration Universelle des Devoirs de l’Etre Humain dans www.savoir-ce-qu-est-l-unive... avec pour nous aider à les accomplir, une science achevée.










