Article publié le 31 octobre 2008
Les "emplois verts", ceux des "green collars", deviennent un enjeu fondamental dans une Amérique dépendante du pétrole, guettée par la récession. Les "green jobs" concernent aussi bien la haute technologie environnementale que la régénération de centre-villes appauvris, dévastés. Objectif : une croissance verte pour les Etats-Unis.
Frappée
par la crise des subprimes, la délocalisation de l’emploi industriel et
l’éclatement de la nième bulle spéculative, l’économie américaine
déprime. Politiciens, syndicats et militants de la revitalisation des
centre-ville trouvent une nouvelle source de développement et d’espoir
dans les "green collars jobs", métiers liés à l’environnement, aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables. Se crée ainsi une 3ème vague de "collars", après les "blue collars" (industrie) et les "white collars" (services).
Une croissance durable pour les Etats-Unis
Le "ticket" démocrate Obama-Biden prévoit la création de 5 millions d’emplois, dans la partie de son programme intitulée New Energy for America. Il projette en particulier 10% d’énergie d’origine renouvelable à l’horizon 2012.
Souhaitant préserver l’emploi, l’United Steel Workers of America (USWA), syndicat de la métallurgie, s’est allié au vénérable lobby environnementaliste du Sierra Club dans la Blue green Alliance, qui
vise, quant à elle, la création de 2 millions d’emplois dans les "green
jobs for America". Actuellement présente dans le Michigan, le
Minnesota, l’Ohio, la Pennsylvannie, l’Etat de Washington et le
Wisconsin, l’alliance porte un programme que ne renierait pas notre
Grenelle de l’Environnement.
L’USWA fait également partie des 40 syndicats qui soutiennent l’Appolo Alliance.
Objectif : viser l’indépendance énergétique des Etats-Unis et le
développement d’énergies propres et renouvelables, suivant la
proclamation "Clean energy, good jobs". Autres "supporters" : une centaine d’entreprises et 40 associations environnementales et ONG, dont Global Green USA, qui dépend de Green Cross International,
fondée par le dernier Président de l’Union soviétique, Mikahil
Gorbatchev, conscient des retombées catastrophiques de Tchernobyl en
termes politiques, humains et environnementaux.
Face
à un gouvernement Bush hostile au Protocole de Kyoto, les forces vives
syndicales, politiques et économiques américaines se mobilisent donc
pour un future "vert" libéré de la dépendance au pétrole. Ainsi, le
site California Green business Solutions met en relation les acteurs économiques en quête de solutions d eproduction verts et ceux qui en fournissent.
Autre volet des "green collars" jobs, l’immense espace de la recherche et de l’innovation ouvert dans la construction, le transport propre, les économies d’énergie, les énergies renouvelables. C’est aux Etats-Unis que sont nés Plextronics et Nanosolar qui substituent des cellules solaires à couche fines aux coûteuses cellules en silicium. Plextronics produit des encres conductrices d’électricité. Démarche plus globale pour Nanosolar, qui imprime sur rotatives des panneaux solaires à couche mince à haut rendement. D’où une démocratisation prévisible du solaire photovoltaïque.
Régénérer l’emploi et l’environnement dans les centre-villes
Aux Etats-Unis, nombre de centre-ville dégradés sont souvent laissé aux plus défavorisés, aux Afro-Américains, en particulier. D’où une autre approche des "green collars", emplois
simples mais indispensables destinés à améliorer l’environnement de ces
cités, permettant graduellement aux travailleurs de se qualifier et de
s’incorporer dans la société. Au bénéfice de leur quartier et de leur famille.
Tels sont les objectifs d’associations comme Green for All, Sustainable South Bronx ou Urban Habitat. Le cas du Bronx est assez spectaculaire. Ce quartier à la réputation douteuse "accueille" en effet 40% du traitement des ordures new-yorkaises, deux unités de traitement des eaux et 4 centrales électriques. D’où le passage de 60 000 bennes à ordures par semaine. Majora Carter, fondatrice de SSBx a donc lancé son projet sur une idée simple : confier la régénération du quartier à ses habitants, ex-taulards inclus, en formant ceux-ci. Même démarche pour Van Jones, fondateur de Green for All. Dans son livre "The green collar economy", il établit d’ailleurs un lien entre régénération urbaine et développement de l’économie.
Une nouvelle vision du développement américain
On le voit, les "green collars", les "green jobs" sont divers dans leurs obectifs, leur nature et leurs degrés de compétence. Ils reposent tous sur un constat : l’économie et la société américaine ne progresseront désormais qu’en prenant en compte l’environnement, la raréfaction et le renchérissement des ressources énergétiques et la nécessité d’un développement accessible à tous. Des objectifs honorables, quelles qu’en soient les concrétisations.
Thierry Follain
Sources : Busines Week, International Herald Tribune, TIME, Los Angeles Times, New York Times.
Je n’achète pas. Je dirais que le programme énergétique d’Obama c’est bien trop peu trop tard et mal ficelé. Le "charbon propre" est un slogan publicitaire qui ne correspond à rien, il veut relancer le nucléaire (investissement maximal pour un retour dans plus de 10 ans quand les finances sont à zéro), il continue les agrocarburants sur leur lancée, il oublie largement la filière biogaz (cultures et déchets organiques), aucune transition du gaz au charbon, rien sur le déploiement de transports en commun électrifié, il croit encore aux effets bénéfiques du "Cap and Trade" pour limiter les émissions de CO2. Je ne donnerais pas la moyenne à son programme énergétique. Rien dans ses propos qui égale le discours d’Al Gore d’il y a quelques semaines sur le même sujet.
Oops ! I did it again... Je voulais dire du charbon au gaz.










