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Eclairage

Article publié le 19 mars 2009

Eclairage

Un mot à prendre au propre ou au figuré.

Très important au figuré : l’éclairage d’une affaire, l’angle sous laquelle on la regarde, est essentiel. Quand on vous laisse certains éléments dans l’ombre, votre jugement risque d’être faussé. C’est ce qui est arrivé pendant des années sur les coûts environnementaux et le long terme. Ils n’étaient pas très bien éclairés, et par suite négligés. Le réveil est brutal, quand les dégâts sont mis en pleine lumière[1],

comme la pollution d’une rivière ou d’une nappe, privant une population d’une ressource et l’obligeant à se doter d’un équipement coûteux pour compenser cette perte de qualité des eaux.

Très important aussi au propre, avec les enjeux croisés du confort et du plaisir procuré par une bonne ambiance, et l’impératif d’économies d’énergie. La meilleure énergie étant celle que l’on ne consomme pas, exploitons au maximum notre frère le soleil, ou notre dieu, comme vous voulez. Il est généreux, et si l’on arrive à capter quelques pour cents de sa lumière pour éclairer une salle, c’est le bonheur[2].

La lumière du jour est bonne pour l’effet de serre, notre porte-monnaie et notre moral. D’une pierre trois coups, c’est ça le développement durable.

Mais le soleil se couche, il est parfois masqué par des nuages sombres. La fée électricité a remplacé la bougie, réservée aujourd’hui pour les ambiances intimes et les dépannages. Et c’est bien commode : une pression sur un bouton, et la lumière envahit une pièce. Une commodité à contrôler, car elle conduit aisément à un comportement de facilité, surtout avec une énergie pas chère comme ce fut pendant des années.

A l’heure du facteur 4, de la division par 4 des émissions de gaz à effet de serre, avec une recherche d’économies de ressources naturelles et de matières premières, l’éclairage est devenu un point sensible. Comment garder notre confort en consommant moins ?

Tout d’abord, en n’éclairant que quand c’est nécessaire. On s’est aperçu qu’il y avait moins d’accidents en Ile-de-France sur les routes non éclairées que sous les lampadaires. Le comportement des automobilistes s’ajuste spontanément aux conditions physiques, et l’éclairage a pu donner un sentiment trompeur de sécurité. Il y a des lieux qu’il faut éclairer, et d’autres non. Le développement durable conduit à adopter une attitude circonstanciée. Fini les choix automatiques, l’heure est à l’intelligence et à la compréhension du terrain avant toute chose.

Il faut aussi utiliser la technique. En matière d’éclairage, elle évolue rapidement. Quand on sait que 2% seulement de l’énergie consommée par une ampoule à incandescence se transforme en lumière, on mesure la marge de progression qu’il faut exploiter. Selon les types de lampes utilisées, les écarts d’efficacité énergétique sont de 1 à15. Après les fluo et les lampes au sodium, la technologie des LED se développe rapidement. Les diodes n’ont pendant longtemps servi qu’à être vues, pour équiper les feux rouges par exemple. On sait faire aujourd’hui des LED beaucoup plus puissantes. Elles arrivent en force sur le marché des lampes, à l’intérieur comme pour l’éclairage public, avec des perspectives d’économies prometteuses. Un cout élevé au départ, pour l’investissement, mais une très longue durée de vie et une consommation très modérée, de bons atouts qui devraient se renforcer encore au cours des prochaines années.

Dans un immeuble de bureau, l’éclairage et l’informatique consomment autant : 30% chacun de l’énergie, contre 20% pour le chauffage et la climatisation et un autre 20% pour le reste. Ça fait beaucoup, et ça vaut le coup de faire quelques efforts. Ils seront payants. Du gagnant-gagnant[3] en perspective. On peut jouer sur une série de paramètres : le type de luminaire, la source lumineuse, les nombreux appareils d’accompagnement, qui consomment eux aussi leur part d’énergie : transformateurs, ballasts, condensateurs, starters, avec des écarts importants selon la qualité des matériels. En optimisant le choix sur toute la chaine, on peut accumuler les gains.

Revenons au point de départ : la bonne lumière quand il faut, là où il faut. La technique nous offre, à un coût très raisonnable, des petits appareils bien utiles. Les nouvelles lampes peuvent voir leur puissance graduée à la main, en fonction de vos souhaits. Des capteurs peuvent vérifier qu’il y a bien quelqu’un dans la pièce, et éteindre à votre place si vous avez oublié de le faire en sortant. Les mêmes capteurs peuvent allumer quand vous entrez, plus la peine de chercher où est le bouton ! Le développement durable pour les paresseux et les négligents, ce n’est pas moral mais ça marche. Dans les salles profondes, la technique vous permet de différencier l’intensité de votre éclairage, faible ou nulle près de la fenêtre, et de plus en plus forte au fur et à mesure que vous vous en éloignez.

Il y a des progrès à faire pour l’éclairage, c’est même un gisement important et d’accès facile à mobiliser. Permettez un clin d’œil facile pour conclure cette chronique. Mélangeons les deux sens du mot, propre et figuré : qu’il est bon d’être éclairé sur l’éclairage !

Thèmes

Développement durable

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