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Earth Hour 2009, démagogie ou action citoyenne ?

Mon impression depuis la Hongrie.

Article publié le 16 avril 2009

Mon voyage Avenir climat m’amène en Hongrie. J’ai participé à Budapest à l’Earth Hour 2009 planifié par le WWF. Le principe de l’action est d’éteindre pendant une heure les lumières "visibles depuis l’extérieur", selon Damien Demailly du WWF France. Je prépare un film sur la production d’électricité en Inde à partir du charbon. Près de la moitié de la population n’a pas accès à l’électricité là-bas, alors que nous nous éclairons à outrance. Vu d’Asie ou d’Europe de l’est, éteindre la lumière pendant une heure passe pour un geste (ou un jeu) de riche. Je n’en suis pas si sûr. Entre conscience écologique et happening politique, l’Earth Hour mondiale joue son rôle.

Earth Hour 2009, démagogie ou action citoyenne ?

Besoin d’un large mouvement

Je pense que ce moment était génial. Je voyage sur le thème du changement climatique et les ONG que je croise ont besoin d’un élan national pour faire pression sur le gouvernement. J’ai parcourus depuis l’an dernier plus de 23 pays, en 260 jours de voyage et 25 000 km de transport sans utiliser l’avion. J’ai interviewé une centaine de personnes et c’est à partir de cette expérience que je parle.

S’il n’y a pas de mobilisation de la base, les gouvernements ne bougent pas. Je ne me fais pas beaucoup d’illusion sur les décideurs politiques, si la majorité les pousse dans une direction, ils iront. Ils regardent leurs intérêts avant tout : élection et pouvoir.

Les rares pays où des ONG m’ont dit qu’un mouvement national avait lieu sont ceux qui ont connus une catastrophe naturelle largement médiatisé. Lorsque j’ai demandé aux hongrois de me décrire le changement climatique dans leur pays, ils ont tous évoqué une tempête survenue au bord du Danube à Budapets lors de leur fête nationale en 2006. Il y a eu 3 morts et des centaines de blessés.

J’ai parlé avec Greenpeace du manque d’eau à Ankara en 2007. Ce serait un indice de ce que peut être la moyenne d’un climat dans quelques décennies. En Slovénie, Mme BOGATAJ, du GIEC, m’a parlé des inondations la même année, les plus fortes depuis 250 ans qui ont fait 6 morts.


Earth Hour, un mouvement pacifique mondial

Earth Hour était un évènement largement moins anxiogène que ces catastrophes.

Les gens se retrouvent, échangent, font la fête, dans leur ville et avec des participants du monde entier. Dans chaque pays, en respectant l’heure locale, les lumières des principaux monuments se sont éteintes, ainsi que chez des centaines de millions de particuliers.

La consommation d’électricité a diminué. Pendant 1h, à grande échelle, nous avons démontré que c’est possible. Les émissions de gaz à effet de serre, responsable du changement climatique et surtout de ces conséquences, peuvent diminuer.

J’ai travaillé pour une ville, je sais que le symbole est fort car une décision a été prise par les élus : d’habitude, les phares halogènes éclairent plus le ciel que les monuments, et à Noël les factures d’électricités s’envolent pour payer la note des guirlandes.

Des habitants du monde entiers, de cultures et de niveau de vie différents, se sont engagés dans un même mouvement dans le but de préserver le climat.


Quelle est la suite ?

Earth Hour du WWF à fait suite aux "5 minutes pour la planète" des Amis de la Terre, une ONG autrement plus militante en passant. Le mouvement a pris de l’ampleur de manière considérable. Pour moi, la prochaine étape, c’est la COP15 à Copenhague.
Les politiques du monde entier ont pu "voir" la demande des terriens pour diminuer les consommations d’électricités et réduire les émissions de gaz à effet de serre. C’est selon moi samedi 28 mars que les peuples ont donné mandat aux représentants des états pour arriver à un protocole d’accord international de décroissance en faveur du climat.

Une dizaine de « camps actions climat » ont lieu un peu partout dans les pays du Nord pour préparer la COP15, la prochaine réunion des Nations Unies sur le climat. Un nouveau collectif d’ONG "pour une justice climatique" se forme à côté du vieillissant Réseau Action Climat, qui ne serait pas assez revendicatif et trop coulant sur la finance carbone.

Réseau militant et association se mobilisent fortement cette année pour faire pression sur le secteur privé et les gouvernements pour sortir enfin un programme efficace de lutte contre le changement climatique.

 

Le temps presse. Si ces mouvements démocratiques ne fonctionnent pas, il restera les guérillas de rues dans un monde d’un capitalisme autoritaire. Une solution peu réjouissante, non ?

Un ami hongrois me demandait s’il n’est pas plus utile de brûler une voiture que d’éteindre les lumières pendant 1 heure. Certes, l’idée est intéressante et plus radicale dans le geste et le résultat. Disons que si l’un échoue, il reste l’autre solution. Vous voyez une autre voie ?

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