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Du tourisme pro-pauvres, est-ce possible ?

Article publié le 31 août 2007

Si vous vivez dans l’hémisphère nord et que vous en avez les moyens, il y a de bonnes chances que vous ayez pris vos vacances durant l’été qui achève. Peut-être même avez-vous fait un séjour à l’étranger, dans un pays où les pauvres sont si nombreux que vous ne pouvez pas les éviter. Saviez-vous qu’il est possible de faire du tourisme propauvre ? Vous devrez cependant chercher votre destination, l’offre touristique soucieuse de profiter autant aux populations locales qu’aux grandes entreprises touristiques étant plutôt l’exception.

Le tourisme propauvre est l’une des nouvelles formes alternatives de tourisme apparues depuis quelques années : tourisme solidaire, alternatif, éthique, durable, communautaire, équitable, écotourisme, etc. ; toutes ces formes ont en commun de faire appel au sens des responsabilités du touriste.

La cause du tourisme propauvre est noble. Plusieurs gouvernements et organisations s’y sont associés. Mais dans les faits, les initiatives demeurent marginales. L’industrie du tourisme de masse (mainstream tourism) tarde à emboîter le pas et seules quelques niches très spécialisées sont concernées : l’écotourisme ou le tourisme communautaire, par exemple.

Un des problèmes du tourisme propauvre est la faiblesse des liens entre les projets et le marché touristiques. On construit des infrastructures, on entraîne une main d’oeuvre locale, mais au bout du compte, on semble oublier qu’à l’offre doit correspondre la demande.

Dans certains cas, des communautés sont incitées à investir en main-d’oeuvre et en terrain, et à s’endetter, dans des projets voués à l’échec. Ceux qui les avaient conseillés ne possèdent tout simplement pas l’expertise dans la commercialisation du tourisme, ou même dans la gestion de ce type de projets.

Quant aux entreprises touristiques, leur implication se limite à des dons faits au nom de leur responsabilité sociale, mais rares sont celles voulant faire les choses différemment, pour améliorer la vie des populations là où elles opèrent.

Ajoutons que les gouvernements des pays concernés n’ont ni les moyens, ni l’expertise publique nécessaire pour appuyer de politiques efficaces des initiatives intégrant les divers secteurs économiques et sociaux autour de projets touristiques propauvres.

Pour couronner le tout, les études sérieuses de l’impact du développement touristique sur la pauvreté font cruellement défaut.

Mais il y a de l’espoir, nous disent Caroline Ashley et Harold Goodwin du Overseas Development Institute (ODI). Il semble que l’on sache de plus en plus quels sont les bons ingrédients pour mettre sur la carte un nouvel emplacement touristique dans une région pauvre.

D’abord, ça prend une forme de tourisme pouvant attirer des clients qui ont de l’argent à dépenser dans l’économie locale. Ensuite, il faut que les micro et petites entreprises locales aient accès à du capital et à du soutien qui leur permettent de se développer. Il faut aussi que la main-d’oeuvre peu qualifiée ait de son côté accès à de la formation. Les infrastructures locales (ex. : routes, transport de l’électricité, etc.) doivent être adéquates. Enfin, la demande de produits locaux doit rencontrer une offre à même de la combler. (Overseas Development Institute. How do we mainstream pro-poor tourism ?)

Au-delà de ces éléments essentiels, il faut d’abord et avant tout qu’une grande partie des 700 millions de touristes actuels (1,6 milliard en 2020 selon l’Organisation mondiale du tourisme) soient sensibilisés à la nécessité de pratiquer un tourisme solidaire et responsable.

Ça, ce n’est pas gagné.

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commentaires
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par Ragowoh (IP:xxx.xx3.193.164) le 31 août 2007 à 20H42

En voyant votre titre "tourisme pro-pauvres", j’ai pensé à une petite provocation pour une meilleure accroche, ce que je trouvais assez juste. Mais dans l’article vous persévérez à utiliser ces termes comme si l’écotourisme n’avait pas d’autre dénomination que ce pédant "pro-pauvre".

C’est dommage, parce que sinon il est bon de parler de ces formules de voyages qui sont respectueuses des populations locales et de l’environnement. Je vous conseille la lecture d’Etre écovoyageur (1€, ça ne ruinera personne :-) ) Vous y trouverez des informations sur l’écotourisme, le tourisme solidaire, le tourisme durable (toutes ces notions se recoupant plus ou moins) et des liens intéressants (que je vous aurais copiés ici si j’avais eu le livre sous la main ! :-/

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par Michel Monette (IP:xxx.xx2.70.163) le 31 août 2007 à 21H55

Je n’ai pas inventé le terme pro-pauvres (qu’on retrouve aussi sous l’appellation propauvres). Je crois avoir compris que l’idée de ceux qui ont forgé le terme, à la fin des années 1990, est de se concentrer sur les conditions d’un tourisme qui tienne compte du développement des populations où se rendent - ou pourraient se rendre - les touristes. Ce n’est pas forcément de l’écotourisme qui n’est pas forcément non plus du tourisme pro-pauvres. On retrouve aussi le terme "croissance pro-pauvres", ce qui d’ailleurs ouvre la porte à un débat sur l’obsession de croissance alors que les ressources sont limitées.

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par Angelfred (IP:xxx.xx2.76.101) le 23 août 2008 à 11H47

Constat à la fois vrai, à la fois teinté de pessimisme, pourtant cette analyse même exprime deux vérités pour créer un nouveau tourisme plus solidaire en évitant ses écueils :

1/ Croiser l’ambition d’un projet avec la réalité du marché via l’expertise de professionnels de la commercialisation d’offres touristique.

2/ Prise de risque de la part d’une entreprise touristique pour faire les choses différemment, mais prise de risque calculés via des études sérieuses effectués sur le marché de niche de l’écotourisme aujourd’hui uniquement réservé à un catégorie sociale concernée et aisée.


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