Article publié le 6 mars 2007
Vu dimanche soir sur les Champs Elysées, la vitrine d’un constructeur automobile bien connu. Nous revenions du cinéma où nous venions de voir un bon film - Au nom de la liberté, sur l’’Afrique du Sud dans les années 1980 et la lutte contre l’’Apartheid, prenant place sur le site de Secunda, une raffinerie de pétrole… Et là, encore, stupeur. Stupeur face à l’usage grandissant et plein d’avenir du marketing écologique !
Devant nous, sur les Champs donc, toute une campagne de pub intitulée “la folie Verte”, commencée le 24 janvier dernier et devant durer jusqu’au 20 mai prochain. Nous entrons bien sûr chez le concessionnaire, nous y découvrons les efforts en termes de propulsion électrique, les filtres à particules, la motorisation HDI hybride, la pile à combustibles ou encore la grande opération carbonne…
Ce genre de campagne est compréhensible : la
nécessité d’agir n’est plus contestée et beaucoup “ont du souci à
s’faire”. Il est donc logique de montrer que l’on fait des efforts.
C’est encore mieux de persévérer et d’aller dans le bon sens. Et le
concessionaire en question agit en ce sens depuis la fin des années
1990.
Mais
ce genre de pub m’énerve. La protection de l’environnement est une
obligation morale. C’est bien de faire des efforts, mais quid des
lobbies derrière les constructions d’autoroutes et autres ? Et sur le site de la campagne pré-citée, la petite voiture qui mène à la forêt amazonienne, cela me donne froid dans le dos… Quid aussi du message subliminal (et oui, les consommateurs sur le sujet de nombreuses études et les messages subliminaux sont nombreux ! Et la société en charge de la campagne publicitaire suit bien entendu de très près les questions de “déconsommation” par exemple) laissant entendre qu’en roulant, on préserve l’environnement ? Et
puis, pour le moment, il me semble aussi que les véhicules réellement
propres sont encore réservés à une élite ! Enfin, nous sommes bien
partis pour voir ce genre de publicité se multiplier encore et encore…
Alors que ceux qui agissent véritablement en termes d’environnement
font tout justement pour ne pas faire de pub : je pense par exemple à Ecovert,
qui s’est développé sans pub avant d’être la première marque de
produits d’entretien écolos au monde, à Alter Eco, vendu depuis 2001
chez Monop et qui n’a jamais fait de pub (et dont les produits sont au
même prix que les autres sauf que les surplus vont dans la poche des
producteurs, pas des publicitaires), etc, etc…
Bref, j’avoue que la pub me saoûle déjà, que je conçois le marketing écologique, mais qu’il ne faut pas diluer le message non plus !…
Enfin, vous trouverez des informations assez intéressantes dans cet article d’Isabel Gutierriez publié en novembre 2000 sur la question : utile de le relire presque 7 ans après, je vous le conseille vivement ! A l’époque, “l’éco-produit (devait) être un produit ‘plus’” (plus écolo, plus économique, plus hygiènique). Maintenant il faudrait qu’il soit un produit tout court, normal, pour tout le monde, et pas un extra ! Et comme le concluait ce même article, “voir la vie en vert peut lui rapporter gros à condition toutefois de tenir ses promesses…”
Pour info, voici aussi le site d’Eurocarbone, destiné à aider les entreprises en matière de lutte contre le réchauffement climatique, et ses conseils de green marketing.
Puis deux blogs utiles en la matière au passage : celui du journaliste belge David Leloup, Médiattitudes et celui des démonteurs de pub, belges aussi ! Et surtout un petit rappel de cette étude de l’Alliance sur l’usage abusif de l’argument écologique dans les publicités. Le site de l’association “casseurs de pub” et celui du mouvement de résistance à l’agression publicitaire également. Pour avoir un autre point de vue. A garder à l’oeil surtout !! Comme toujours, ces initiatives sont bonnes, mais restons vigilants !! Les producteurs sont responsables, mais nous, consommateurs, devons aussi sanctionner ceux qui risquent de manipuler l’écologie à des fins commerciales, et ceux qui ne font pas d’efforts de profondeur !










