Ne sommes-nous pas schyzophrènes lorsque nous condamnons certains pays dans leurs pratiques sociales, le travail des enfants, la destruction des forêts...alors que de l’autre côté nous choisissons de consommer des produits issus de ces pratiques ?
Un journaliste néerlandais, Teun Van de Keuken s’est présenté dès 2004 devant la justice néerlandaise afin d’être condamné pour consommation de chocolat. Il s’appuyait sur un article du code pénal pour faire reconnaître sa complicité avec l’esclavage et le travail des enfants, dans les cacaoyères de Cotes d’Ivoire ( premier producteur mondial avec 43 % de la production mondiale), en tant que consommateur de chocolat "non-responsable" (non issu du commerce équitable).
Avez-vous déjà imaginé le poids de votre choix d’une simple boîte de sucre dans la vie de milliers d’haïtiens qui ont fuit vers la République Dominicaine pour travailler dans l’industrie de la Canne à sucre ? Découvrez en image la vie de ces esclaves grâce à l’exposition de Céline Anaya Gautier et Esteban Colomar.
De même, lorsque nous achetons des produits made in China, nous cautionnons leurs pratiques sociales et les encourageaons à continuer à produire selon un shéma de réduction de coûts maximal.
Lorsque nous choisissons des meubles de jardin en bois exotiques, nous participons à le déforestation, qui peut-être engendrera des inondations et des morts lors de la prochaine saison des pluies. Des images qui nous attristerons certainement mais nous oublierons que nous y avons participé... Choisissons plutôt des alternatives à ces bois : frêne rétifié, acacia ou "robinier" de France naturellement résistant.
Le film "Notre Pain Quotidien" sorti le 14 mars 2007 sur nos écrans est une autre manière, plus abrupte, de prendre conscience que nous pouvons demander "que l’on nous pardonne nos offenses".
Chacun de nous fait quotidiennement des choix de consommation tout à fait librement, mais souvent sans se rendre compte que derrière chaque produit il y a une histoire qui rejoint la nôtre.
- Tout d’abord, celle du producteur plus ou moins bien traîté, rémunéré, et de sa famille,
- d’un mode de fabrication qui peut peser sur la santé des ouvriers et même des habitants proches de l’usine,
- d’un transport plus ou moins long en avion, bateau ou camion (train rarement malheureusement)
- d’un distributeur qui réduit plus ou moins les coûts en amont pour créer sa marge en aval
- d’un conditonnement qui engendre une pollution bien différente selon l’emballage choisi (plus de transport nécessite souvent plus de protection)
- d’un recyclage possible ou non en fin de vie.
Lorsque vous vous retrouverez derrière votre caddie, votre panier, tentez de prendre le temps de peser vos gestes, de mesurer le poids et l’histoire de chaque chose choisie.
Bien entendu, il est difficile de faire un sans faute, mais déjà prendre conscience c’est le début d’une nouvelle façon de vivre son quotidien.
Vous verrez, faire vos courses ne sera plus un automatisme mais une nouvelle façon de voir le monde et vous n’aurez plus à rejoindre Teun Van de Keuken dans sa prison volontaire.
L’article me fait penser à un film à faire sur le sujet mais façon Babel : montrant quelques instant de la vie de chacun des acteurs de cette chaine alimentaire : producteurs riches, pauvres, ouvriers agricoles, logisticiens, transporteurs, patron et ouvriers sur le traitement de la nourriture, petit et grand commerce, acheteurs, ouvrier dans usine de recyclage et dans une décharge... Y a-t-il un réalisateur qui aimerait faire cela ???
oui...bonne idée... un film ou alors encore plus concrte, un supermarché qui enregistrerait la video de l’histoire du produit, accessible sur des écrans grâce au code barre. Qui est l’industriel qui veut faire cela ?
Je suis candidat pour le rôle du gros blanc dégueulasse, qui se goinfre à l’extrémité gastronomique de la chaîne...
Dédoublement de la personalité, quand le citoyen soutenant le commerce équitable, reprend la main sur le consommateur à la recherche du "meilleur prix"...
Voltaire défendant un jour Callas et mettant le lendemain "quelques guinées" sur le traffic des esclaves...
Victor Hugo écrivant l’art d’être grand père un jour, et poursuivant le lendemain sa petite servante de seize ans ...
J.J. Rousseau abandonnant femmes et enfants et rédigeant "l’Emile" sur l’éducation...
Bon, je m’égare peut-être un petit peu, mais c’est toute notre histoire : capable du meilleur comme du pire !
Mais une chose de sûr : le citoyen doit diriger le consommateur et non l’inverse.
C’est sans doute ce que ce monsieur Teun Van De Keuken veut nous rappeler !
J’interdis de suite à mes gosses de boire du coca et de manger bigmac car ça cautionne la croisade bushiste en Irak.... :-((
Cette démarche ne deviendrait réellement admirable que si le ridicule tuait encore.
Dans le contexte atuel, ce Keuken n’est qu’un pitre immergés au milieu d’une cohorte de clowns du même acabit.
Dans des sociétés saines, les types comme ça seraient attachés au pilori à proximité des écoles, et les gosses des invités à leur jeter des tomates bien mûres...
P.S. - Je retire ce que j’ai dit, s’il s’avère que ledit Keuken s’assure ainsi la pub personnelle, qui lui permet de remplir sa gamelle de foie gras (oie ou canard), de langouste et de pavé d’Angus Beef, voire de Wagyu de Kobé...
alors, je suis aussi un pitre, un clown ce que j’assume parfaitement lorsque ce sont des gens comme vous qui le disent. car pour vous, il est de toute façon impossible de croire que des gens peuvent vouloir consommer différemment dans un but désinterréssé...normal, il faut pouvoir l’être pour le comprendre. Vive les clowns ! :->
D’où l’interêt des AMAP (que vous connaissez déjà j’en suis sûr) : http://fr.wikipedia.org/wiki/AMAP
Activement vôtre. Romain
Excellente piqûre de rappel. Nos achats conditionnent largement le modèle économique dans lequel nous voulons nous inscrire. Il est bon de répéter l’importance de notre pouvoir de consommateur.
Ce n’est pas toujours facile d’acheter " intelligent ". Disposant d’un petit budget, je ne peux pas me permettre de n’acheter que des produits labellisés " commerce équitable " et " agriculture biologique " mais quand même :
Le café n’est pas une grosse dépense. Je n’achète que du café labellisé Max Havelaar.
Les bananes : seulement de la Martinique ou de la Guadeloupe : les employés des exploitations y bénéficient du droit social français alors que les principales sociétés trans-nationales appliquent ailleurs des règles de gestion du personnel quasi esclavagistes.
Les patates : uniquement françaises. Les autres ont un arrière-goût de kérosène profondément désagréable (en provenance d’Israël, la consommation de kérosène représente environ 30 % du poids du produit, si mes calculs sont justes).
Le chocolat : Suisse, ou équitable. Les producteurs de l’Union Européenne ont le droit d’y ajouter une sorte d’infâme mélasse. Du coup, ma consommation de chocolat a pratiquement cessé depuis l’application de la directive européenne autorisant cette pratique.
Je n’achète pas ces produits s’ils ne correspondent pas à mes critères d’achat (non référencés :-) ).
Café, banane, chocolat, c’est peu de choses mais je peux le faire.
À chaque nouveau produit que j’achète, je fais attention à sa provenance et à sa composition, en me disant que si chacun y met un peu du sien, certaines choses commenceraient à changer.
Eh oui, chacun peut faire quelque chose...contrairement aux idées reçues ce n’est pas forcément plus cher de consommer intelligemment ! Cela demande juste de l’intelligence un peu de volonté, et une envie aussi d’être plus libre en consommant selon nos propres envies et pas celles inculquées par la pub, les magazines, les voisins.
Comparer les prix des plats tout prêt, emballés et sur-emballés, "publicisés"...et ceux d’une bonne salade de l’agriculteur du coin, d’une bonne patate... moi je ne crois pas que ce sera plus cher. D’ailleurs cela fait un moment que je me dis que je vais réellement faire le test écrit !
L’auteur écrit très justement : ""Chacun de nous fait quotidiennement des choix de consommation tout à fait librement, mais souvent sans se rendre compte que derrière chaque produit il y a une histoire qui rejoint la nôtre.""
Que dire lorsque le ’produit’ est (était) un être vivant ? Lorsque l’on sait que le ’consommateur’ paie la viande 10 fois moins que son prix de revient. Que la différence c’est des subventions ! Autrement dit des taxes et des profits ! Autrement dit l’horreur, puisqu’il s’agit d’animaux sensibles, maltraités, productivité oblige ! :-(
Et pourtant, il suffirait de consommer moins de viande pour diminuer cette souffrance animale, ce qui en même temps agirait aussi sur l’embonpoint de certains, les risques cardio vasculaires d’autres... Décider que les céréales que l’on va donner à manger aux animaux peuvent en fait nous servir directement à nous sous forme de "steack de céréales", tout à fait nourrisants.
@ L’auteur,
remarquez que pour les gens qui mangent cacher ou halal les gateaux contiennent des gaisses animales, s’il faut remettre en question tous le systèmes de production et du commerce, il faudra énormément de temps.
Cependant à une époque (années 80), les oranges OUTSAPAN ont été boycottées du marché parce que liées à l’esclavage...
même si de nos jours votre exemple donne matière à réflexion, concernant l’action j’ai des doutes... la consommation étant prioritaire...
milla :-)
Le doute n’empêche pas l’action individuelle...notre propre action qui résulte de notre propre motivation, de notre réflexion... Il y a dans la vie de nombreuses choses dont on ne peut être certains (toutes ?) et pourtant cela n’empêche pas des femmes d’acheter des crèmes amincissantes très chères (je l’ai fait à une époque), des crèmes anti-rides qui n’enlèveront aucune ride mais donneront d’autres maladies moins visibles mais plus graves... alors pourquoi attendre d’être sûr pour bouger ? Si chacun compte sur les autres... effectivement rien ne se passera. Si chacun par contre décide de faire ce qu’il estime être bien...une goutte + une goutte...peut faire déborder un vase
Merci à tous pour toutes ces informations !
Je voudrais juste dire : regarde la paille dans l’oeil du voisin et non la poutre qu’il y a dans la tienne.
Voilà, comprenne qui voudra...
On peut débattre de plein de chose, n’empêche que le plus important c’est l’amour.
L’amour de ce que nous sommes pour nous aider à consommer juste et non pas pour juste consommer.
Car, la consommation est un marché.
Partons du consommateur, ensuite l’entreprise qui livre(commission pour garder le marché), la grande surface(commissions diverses et variées pour garder le marché), le commercial (commission pour garder le marché), l’agriculteur (prix à perte pour garder le marché), le vendeur de pesticide(commission pour garder le marché), le fabricant de pesticide,et autres producteurs d’agents nocifs(commission pour garder le marché), l’Etat(commissions diverses et variées suivant le sens du vent)...c’est sur c’est basique comme schéma, je sais...
Et tout ceci soulève des tas de questions.
Vite fait, en vrac...
Comment cela se fait-il que les entreprises en France coulent comme à Trafalgar, car c’est un coup de maître qui se joue à l’heure actuel.
Pourquoi nous dit-on que la masse salariale d’une entreprise est énorme, quand on sait ce que coûte une simple publicité, il y a de quoi se faire des frayeurs nocturnes, si si c’est vrai...
Est ce normal, que l’Etat et autres collectivités territoriales dépensent notre argent si durement gagné et imposé dans des fêtes, des colloques, auquels nous ne sommes pas conviés...
Et vous que savez vous, que vous ne dites pas... pour garder votre piscine, votre voiture ou pour plaire ???
C’est sur que le commerce équitable c’est bien. La seule chose c’est qu’il fait parti d’un système économique en place... Et puis, c’est toujours bien de regarder que l’autre fait ou ne fait pas !!! Et nous que faisons nous ???
Une dernière chose, qui il me semble ne vous aura pas échappé :
Qui produit en masse ??? Qui met sur le marché de masse ??? Qui obtient les autorisations pour mettre sur le marché ???
Pourquoi, veut-on me punir de consommer ??? J’ai rien demandé, moi ??? On m’a remis un produit contre de l’argent en m’assurant que ce produit est bon pour ma santé, qu’il est produit selon des critères strictes, qu’il n’est pas nuisible à ma santé, ni à l’environnement...Et tout ceci à grand coup de publicité, et maintenant on vient me voir, pour me dire pourquoi est ce que je consomme ce produit car il est néfaste pour son environnement (quel qui soit) ??? N’y a-t-il pas comme un défaut dans l’ennoncé ?
Je vous laisse à votre reflexion.
C’est vrai pourquoi changer nos habitudes alors que changer les habitudes du voisin, c’est plus rapide, radicale et cela nous permets de nous sentir mieux dans nos charantèses le soir devant le 20H ! " Ah ! que de malheurs dans le monde ! "
Finalement, qui sommes nous ?
Bien à vous.
Ps : le but de ce post n’est pas de vous donner de l’information car on ne trouve que de ça, seulement de vous pousser à la reflexion "abordable"(économie oblige) ;-). Car une fois qu’on a l’information, et alors ??? Qu’est ce que ça fait ?? "Super, je suis bien informé maintenant, mais il faut que je passe au magasin acheter des Maxi pingouin pour le quatre H des enfants, zut je suis à la bourre je vais prendre la voiture..."









