Article publié le 19 mai 2008
Alors que la crise alimentaire fait la une de l’actualité, et que nombre de commentateurs tendent à préférer les jugements moraux à une recherche des causes objectives de la perte d’équilibre entre l’offre et la demande mondiale de produits alimentaires, je me suis livré à un petit travail bibliographique pour tenter de répertorier tous les paramètres qui jouent un rôle dans cette situation.
La hausse de la demande alimentaire : deux facteurs
Penchons nous d’abord sur le coté « demande » de l’équation. La hausse de demande est issue du cumul permanent.
Premièrement, la hausse de la population mondiale s’établit à environ 1.13% par an. Ce qui représente tout de même la population de la Corse ajoutée chaque jour, celle de l’Allemagne chaque année. Ainsi, toutes autres choses étant égales, il faudrait déjà augmenter de 1.13% par an la production agricole, ce qui constitue en soit un défi, jusqu’ici relevé : la hausse de la production est mondialement plus rapide que la hausse de la population (mais ce n’est pas le cas dans tous les pays, loin de là). Cette augmentation de la population ralentit depuis des décennies, mais plutôt lentement. Elle était de 1.25% en l’an 2000, on annonce 1% exactement en 2015 (source : US bureau of the census).
Parce que ce premier facteur de hausse de demande reste inférieur à la hausse de l’offre, et parce qu’il s’atténue un tout petit peu d’année en année, certains commentateurs déclarent qu’il n’est pas responsable de la situation actuelle. Cela me semble relever du jugement de valeur : même si ce facteur n’explique pas à lui seul la pénurie, la pression démographique reste une bottom line sur laquelle tous les autres paramètres viennent s’ajouter. Si la croissance de population pouvait s’arrêter, elle libèrerait des marges de manœuvres pour faire face aux autres facteurs.
Les changements de régime alimentaire sont un deuxième facteur de la hausse de demande, aussi important que le premier ces dernières années. Schématiquement, une part croissante de la population mondiale mange plus, et surtout mange plus de viande. Déplacer la demande alimentaire vers la viande revient, paradoxalement, à accroître la demande de céréales : en effet pour produit un kg de viande, il faut plusieurs kg de céréales, 7 dans le cas du bœuf. Ainsi, la consommation accrue de viande agit comme un multiplicateur par-dessus la hausse de la population. Les changements de niveau de vie très rapide dans les pays émergents ont ici joué fortement. Ainsi, la consommation de viande des chinois a triplé en 15 ans, atteignant plus de 50 kg, ce qui est cependant encore trois fois moins élevé que la France (source earthtrends). A elle seule, la hausse de consommation de viande chinoise, en 15 ans, représente plus de 350 millions de tonnes de demande de céréales en plus selon une source à prendre cependant avec précaution puisque représentant le milieu des biocarburants américains.
Outre la Chine, bien d’autres pays ont connu une hausse plus ou moins importante de la consommation de viande, et désormais près de 30% des céréales produites dans le monde servent à nourrir des bêtes de boucherie.
La demande des biocarburants
L’éthanol, ou alcool du vin, est de plus en plus utilisé comme substitut d’essence. Pour l’énergie comme pour la boisson, on le produit par fermentation de n’importe quelle matière sucrée. Sa production s’est très fortement développé ces dernières années, utilisant principalement le maïs comme matière première. Près de 190 millions de barils d’éthanol seront produits cette année aux USA, ce qui vient remplacer quelque chose comme 2% de leur consommation de pétrole (le pouvoir calorifique d’un litre d’éthanol est inférieur à celui d’un litre de pétrole). Comme le bilan énergétique et écologique de l’éthanol est assez contesté (beaucoup d’énergie est consommée pour le produire), la contribution réelle de ce biocarburant à l’autonomie énergétique du pays et à la lutte contre l’effet de serre est plus que contestable, et quelques mesures simples d’économie de pétrole auraient sans doute un impact supérieur.
Mais, ce qui nous intéresse, c’est que ces usines d’éthanol consomment une quantité immense de céréales : en 2007, 25% de la production de maïs des Etats-Unis ont été absorbés par cette industrie, la part sera encore supérieure cette année. Cela a donc réduit les exportations de céréales américaines, contribuant à mettre le marché mondial en situation de manque. Avant de jeter la pierre sur les américains, notons qu’ils restent les premiers exportateurs de produits agricoles et nourrissent donc une partie de la planète.
Un rapporteur de l’ONU faisait remarquer que pour produire 50 litres de bioéthanol (un plein, équivalent énergétiquement à 30 litres d’essence), il faut plus de 300 kg de maïs, équivalent de ce qu’il faut pour nourrir un enfant pendant un an !
Si la crise alimentaire va probablement faire stopper les subventions à l’industrie de l’éthanol et donc la construction de nouvelles usines, il n’y a aucune raison de supposer que les usines existantes vont fermer vu qu’elles sont très rentables, le prix du carburant ayant encore plus augmenté que celui de la matière première. Au mieux, certaines changeront de matière première – j’y reviendrais dans la dernière partie.
Au brésil, la production d’éthanol à partir de canne à sucre est bien meilleure en termes de rendements et d’écobilan, ce qui n’empêche qu’elle utilise des surfaces agricoles importantes au détriment d’autres culture. Très rentable du fait des cours des carburants, les cultures à but énergétique vont probablement continuer à se répandre dans les années qui viennent. Ainsi le Ghana et la Suède viennent de signer un contrat selon lequel 30 000 hectares au Ghana seront cultivés en canne à sucre pour fournir de l’éthanol aux automobilistes suédois, et ce alors que le Ghana fait parti des pays les plus touchés par la crise alimentaire.
Les engrais et pesticides, chaînons entre l’alimentaire et l’énergie
Si les biocarburants sont le biais par lequel la situation du pétrole a pesé sur le domaine alimentaire su coté de la demande, il existe aussi une connexion du coté de l’offre. La production d’engrais azotés, indispensable à l’agriculture moderne, est pour l’essentiel issue de gaz naturel, dont le prix est indexé sur celui du pétrole. En conséquence, le prix des engrais a suivi la tendance imposée par le pétrole : http://www.theoildrum.com/uploads/fertilizer_pricea.jpg. Les pesticides, dérivés du pétrole, et bien sur carburants pétroliers utilisés par les machines agricoles, s’y sont ajoutés : ainsi le cours de l’énergie (pétrole ; gaz ; charbon) a pesé très lourdement sur le prix de production des produits agricoles. Inutile de préciser que cette tendance ne s’inversera pas. Il y aussi une pénurie de potasse, autre matière première de la production d’engrais.
Désertification, érosion, urbanisation : perte de terres cultivables
Un facteur à long terme très important dans l’équilibre alimentaire est la perte continue de terres cultivables, dues à la progression des déserts et à l’érosion des sols. Il s’agit essentiellement d’un effet mécanique du réchauffement climatique, cumulé à l’impact mauvaise utilisation des sols (déforestation…). Dans le monde, selon le Sundquiest (http://home.alltel.net/bsundquist1/se0.html), chaque année 20 000 km² deviennent complètement improductif, et des surfaces bien plus grandes sont touchées à des degrés moindres.
Selon un rapport de l’ONU datant de décembre 2006 (rapport Karl Harmsen), l’Afrique pourrait perdre d’ici 2025, 67% de ses terres cultivables, et n’être plus capable de nourrir qu’un quart de sa population. La Chine et l’Amérique Latine sont touchés à des degrés moindres. L’Europe n’est pas épargnée, la désertification touche le sud de l’Espagne.
L’urbanisation, et la construction d’usines, de routes, de voies ferrées, etc., vient elle aussi empiéter significativement sur les terres cultivables, d’autant que ce sont souvent les meilleures terres qui sont concernées (fonds de vallées, plaines). Les surfaces ainsi perdues sont très difficiles à estimer, mais Sundquiest, dans le même ouvrage, parle de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés par an. Il s’agit dont d’une diminution non négligeable de l’espace agricole.
L’épuisement des ressources en eau, étroitement lié à la désertification, est aussi un facteur primordial. Le nord de la Chine, par exemple, a commencé des années 1950 à utiliser des réserves d’eau au-delà de leur capacité de renouvellement. Aujourd’hui bien des nappes d’eau s’épuise (ce problème, qui touche à la fois l’agriculture et l’approvisionnement en eau des villes) a été largement reconnu par le gouvernement chinois). C’est la raison pour laquelle la production de céréales chinoise stagne depuis 10 ans, et recule dans certaines régions. Ainsi la Chine, malgré ses importants efforts de lutte contre la désertification, de gestion de l’eau, d’amélioration des rendements agricoles et de limitation de la natalité, ne parvient plus à répondre à sa demande intérieur et importe des quantités sans cesse croissance de céréales.
La pollution atmosphérique
Facteur complètement oublié des analystes, la pollution atmosphérique locale pèse sur les rendements agricoles. Ainsi une étude de l’INRA (http://www.inra.fr/presse/l_ozone_le_polluant_du_beau_temps) estime que les champs de blé d’île-de-France perdent 5 à 10% de leur productivité du fait de la pollution à l’ozone venant de l’agglomération parisienne. La situation est probablement pire pour les champs environnant les villes chinoises, où le niveau de pollution est beaucoup plus élevé.
Les réserves de poissons
Alors que l’Océan est souvent présenté comme « la » solution, en réalité la pêche, autre variable de l’équation alimentaire, est dans une situation pire que l’agriculture. Les populations de grands poissons sont en voie de disparition. Ainsi, selon l’INRA, on pêche en atlantique nord et pacifique 50 000 tonnes de thon rouge par an, alors qu’il faudrait limiter la pêche à 15 000 tonnes pour permettre le renouvellement de la population – autant dire que l’on est en train de détruire rapidement la réserve. D’après une étude publiée en 2003 dans Nature (signée Ramson Myers), depuis 1950, la population de grands poissons(cabillaud, morue, saumon, thon, flétan, haddock…) a chuté de 90% - ce chiffre ne correspond pas à des zones particulières surpêchées mais à l’ensemble des océans ! Les raisons tiennent à la fois à la surpêche et à des facteurs écologiques (pollution de la mer, réchauffement) dont l’influence est mal connue.
La pêche en haute mer semble donc une source de nourriture proche du tarissement. La pisciculture n’est pas une réponse universelle à ce problème, car pour nourrir les poissons d’élevages on recourt à la pêche minotière.
Un peu d’économie
Il convient de noter que la hausse actuelle des prix vient après 30 ans de baisse quasiment continue. Cette baisse devait beaucoup au dumping pratiqué par l’Union Européenne et les Etats-Unis, sous forme d’exportations agricoles subventionnées et d’aide alimentaire. Elle a contribué à ralentir la modernisation des agricultures des pays en voie de développement et à pousser nombre de leur paysans à abandonner leur terre.
Les raisons immédiates de la crise de 2007/2008
A toutes les raisons structurelles qui viennent d’être énumérées, ce sont ajoutées des raisons conjoncturelles, qui ont ajouté de façon immédiate à la hausse de prix. Peut être est-ce une bonne chose d’ailleurs, car en provoquant une crise d’urgence cela à attirer l’attention sur le problème structurel de l’approvisionnement en nourriture.
Citons d’abord la diminution des stocks depuis des années. Les nations ont progressivement perdu l’habitude d’avoir de grandes réserves de céréales, se disant qu’il suffisait d’importer en cas de mauvaise récolte. Ainsi, les stocks de blés des USA sont au plus bas depuis 60 ans.
A cela est venu se s’ajouter une récolte catastrophique en Australie, due à un été très sec. Les spéculateurs ont fait le reste, aidés d’ailleurs par le fait qu’on ait peu de stocks.
Le réchauffement climatique va-t-il changer la donne à long terme ?
S’il est le principal coupable de la désertification qui va affamer à terme une partie de la planète, le réchauffement climatique va considérablement changer la donne agricole mondiale à long terme. En effet, il suffirait qu’il repousse de quelques centaines de kilomètres la limite nord des terres cultivables pour ouvrir d’immenses terres nouvelles en Russie et au Canada – pas grand-chose dans l’hémisphère sud par contre, à part en Argentine. La température moyenne en Sibérie a augmenté de 3 degrés entre 1960 et 2005. Ces deux pays sont déjà sous-peuplés et bien pourvus en terres agricoles, ils pourraient devenir des superpuissances agricoles. Le monde est vraiment injuste : le réchauffement climatique va décimer l’Afrique qui n’y est pour rien, mais profiter à ces deux pays qui comptent parmi les responsables.
Cependant, il faut être prudent sur les gains de terres arables attendus en Russie et au Canada. La fonte du permafrost ne crée par de terres cultivables, mais des marais ! Il y aura aussi un risque accru de sécheresses. Pour la Russie, c’est surtout dans la région dite des « terres noires » qu’une forte amélioration de la productivité est espérée.
Certaines idées reçues doivent être combattues
« Ce n’est pas la natalité en Europe ou aux USA qui pose problème, mais celle de l’Asie et de l’Afrique ». Cet argument relève d’une certaine mauvaise foi : en effet il n’y a qu’un marché alimentaire mondial, la demande pèse sur la situation mondiale de la même façon quelque soit le continent d’où elle vient. Notons aussi que le taux de fécondité de la Chine est nettement inférieur à celui de la France, et que la population des pays développés est loin d’être stabilisée. La population américain augmente de 2 millions par an, celle de la France de 200 000 par an. Et du fait d’une demande individuelle bien plus élevée, ces habitants supplémentaires pèsent bien plus lourd qu’un nombre équivalent d’indiens ou d’africains. Les pays qui ne contribuent pas à la hausse de la population sont rares : principalement la Russie (qui perd plus d’un demi-million d’habitants par an), l’Ukraine, et depuis peu le Japon donc les courbes de naissances et décès viennent de se croiser. Non pas que cela relève de choix délibérés : à l’exception de la Chine, pratiquement tous les pays du Monde considèrent encore une hausse de la population comme quelque chose de souhaitable.
« Il y a largement assez de nourriture dans le monde, les raisons des famines sont la répartition des richesse et les guerres ». Il idée qui n’est pas fausse historiquement : en effet pratiquement toutes les famines des dernières décennies aurait pu être évitées. Néanmoins, cet argument, en pointant sur des raisons vraies immédiatement, a détourné l’attention des véritables problèmes à long termes, et entretenu l’illusion qu’on pouvait répondre indéfiniment à une demande en hausse.
« Le marché finit toujours par équilibrer l’offre et la demande ». La hausse des prix réduit bien sur la demande, c’est-à-dire la demande solvable, mais pas les besoins. Cet argument, qu’on entend aussi à propos du pétrole, oublie qu’il faut voir à quel prix, au sens propre comme au figure, ce fait cet équilibrage.
Quelques parades possibles
Biocarburants : Il faut geler tout développement des biocarburants empiétant sur les cultures destinées à l’alimentation humaine, et basculer vers les biocarburants dits de deuxième génération, qui utilisent comme matière première des résidus agricoles non comestibles (telle que la paille – encore qu’un emploi énergétique exagéré de la paille empiéterais sur les quantités disponibles pour l’alimentation du bétail, et que la paille laissée à terre protège le sol de l’érosion), et à terme des algues, culture capable d’offrir un rendement énorme sans utiliser de terres cultivables ni d’eau douce.
Démographie : Le ralentissement de la hausse de la population doit être accéléré. Les moyens sont connus depuis des décennies, meilleur accès à l’éducation (pour les femmes surtout), couverture sociale, meilleur accès au soins (paradoxalement, une mortalité infantile élevée encourage les gens avoir à avoir plus d’enfants et donc accélère au final la hausse de la population), meilleur accès à la contraception… Evidemment tout cela est plus facile à dire qu’à faire.
Désertification : des moyens de ralentir ce fléau sont connus. Le lancement par l’Afrique, sous la houlette du Sénégal, de la construction d’une « muraille verte », ruban forestier qui doit traverser le continent pour stopper l’extension vers le sud du Sahara est ainsi une excellente nouvelle.
Agroforesterie : l’agronome Matthieu Calame suggère qu’en bien des régions du globe un recours accrue à la culture d’arbre fruitier serait une bonne solution, contribuant à freiner la désertification alors que la culture en « champs ouvert » de céréales la facilite.
Viande : une forte réduction de la consommation de viande permettrait de libérer d’impotantes surfaces agricoles et de résoudre pour des années les problèmes alimentaires. Néanmoins, ce serait bien mal connaître la nature d’espérer qu’un grand nombre de personnes décident volontairement de changer leur régime alimentaire en ce sens pour faciliter la situation alimentaire mondiale.
lien image : http://images.google...
Excellent article ! (aux fautes d’orthographe près...)
Enfin quelqu’un qui comprend ce que je répète autour de moi depuis des années !!!!!
Ça fait du bien de ne plus se sentir seul...
Le plus dur à faire à mon avis est de désencrotter les populations de cette idée reçue que "l’augmentation de population, c’est bien ! On sera plus forts si on est beaucoup..."
Essayez d’en parler à votre voisin ouvrier ou à la première personne croisée dans la rue, il vous répondra "Si on nous donne des primes (allocations) pour faire des enfants c’est que c’est bien d’en faire... L’Etat sait ce qu’il fait !"
Ce que vous dites sur le nécessaire ralentissement "Démographique", me choque... Je ne suis pas sûr que ce soit la solution pour régler nos problèmes. La Terre peut porter plus d’hommes qu’aujourd’hui le problème n’est pas là. Tout enfant en plus est une chance pour la planète, pas un poids de plus. Que diriez vous si on vous disait un jour : "vous pas d’enfant, ça suffit y en a trop ?"
Mon choix personnel est fait, j’aurais 0 ou 1 enfant. Ah, ne croyez pas que je n’aime pas les enfants, au contraire, et adopter un voire plusieurs enfants (ce qui ne contribue à augmenter la population) est une idée qui m’attire. Chaque jour, 350000 enfants naissent, 35000 meurrent de faim. Je préfèrerais qu’il en naisse un peu moins et qu’aucun ne meure de faim. Quand à dire sans argument que "la terre peut porter plus d’hommes qu’aujourd’hui", désolé mais c’est un vœux pieux. Actuellement on nourrit 6.8 Md de personnes, tant bien que mal. Plutôt mal d’ailleurs, 900 millions sont sous alimentés. Pour celà, on produit de façon non durable. On épuise les sols, on rase les dernières forêts, on utilise en masse des engrais produits avec des matières fossiles qui s’épuisent et contribuent à l’effet de serre, on épuise l’eau, on détruit les populations de poissons... En parallèle, le réchauffement climatique menace les rendements agricoles des régions les plus peuplées du monde (Asie du Sud), les déserts progressent à un rythme incroyable et les villes mangent de l’espace agricole. Si on ne fait rien, la production agricole s’effondrera à terme.
Je suis le premier à dire que plein de choses peuvent et doivent être améliorés dans le système alimentaire. Réduire les gaspillages (gaspillage d’eau, surconsommation de viande). Mieux répartir les richesses. Mieux valoriser les déchets. Utiliser des plantes actuellement peu cultivées et qui ont un superbe potentiel (comme le Quinoa pour les régions montagneuses, le Jatropha pour les régions semi-arides, etc). Mieux gérer les ressources. Construire les villes de façon à gaspiller moins d’espace. Prendre des mesures contre la désertification et le réchauffement climatique. Trouver de nouveaux produits phytosanitaires. Equipper les millions de paysans des pays pauvres qui travaillent encore comme au moyen-âge. Et ainsi de suite.
On peut attendre beaucoup de toutes ces améliorations. Mais c’est peut être un peu utopoque d’espérer qu’elles puissent simultanément répondre à la hausse de population attendue d’ici 2050 (+38%, 2.6 Md en plus) ET faire face à toutes les causes de non-durabilité que j’ai cité, ET permettre aux gens les plus pauvres de manger mieux (ce serait bien de réduire ce chiffre de 900 millions non ?) ET conserver quand même un peu d’espaces naturels.
Une donnée écologique capitale est la production primaire globale. Il s’agit l’énergie de la matière organique crée par la photosynthèse, tout en bas ce la chaine alimentaire. Selon le papier sur le sujet le plus récent (H. Haberl, et al. (2007). "Quantifying and mapping the human appropriation of net primary production in earth’s terrestrial ecosystems". Proc. Natl Acad. Sci. USA ), Homo Sapiens Sapiens s’en approprie, directement ou non, pas moins de 24%. Onfiniment plus que n’importe quelle autre espèce. Est-il raisonnable d’augmenter encore largement ce chiffre ? Chaque point supplémentaire faire disparaitre un certain nombre d’espèces, en prenant leur part.
Bon article. J’ajouterais une précision sur la desertification. Pour le moment la desertification est plus liée aux pratiques agricoles intensives qu’au réchauffement climatique. La momo culture + pesticide + labour important tue totalement le sol. Ce modèle appliqué au pays du sud avec forte pluies ravage totalement le sol qui va directement dans les rivieres. Un sol très fertil d’une zone déforesté peu etre morte en quelques saisons.
C’est une grosse erreur de vouloir mettre en équation la hausse des prix des produits de première nécessité et la hausse de la demande : Premièrement, la population mondiale n’a pas doublée en 2 ans, les prix ont été multiplies par deux Ensuite, il n’y a pas de soucis de disponibilité de matière première. Ils sont juste trop chers pour les pauvres. Aujourd’hui, la production alimentaire permettrait de nourrir toute la population si les pays riches ne gaspillaient pas pendant que les pauvres n’ont rien. Les cultivateurs des pays pauvres produisent du coton, du café, du cacao, de la canne a sucre etc. a la demande du FMI et de la BM. Tout ca ne se mange pas. Sur une planète libérale mondialisée, il faut faire de l’argent. A n’importe quel prix : au prix de licenciements, aux prix de guerres (exemple Irak) au prix de la faim ! Les prix sont montes artificiellement car suite aux soucis dans l’immobilier, les capitaliste se sont rabattu sur les matières premières pour spéculer et compenser les pertes de l’immobilier Les multinationales de l’agroalimentaire font des milliards aujourd’hui ! Tant que 3 ou 4 Multinationales vont contrôler l’alimentation mondiale on pourra tourner en rond pour chercher les causes de la hausse des prix !
On ne dira jamais assez,en effet, avec Jean Ziegler, que le FMI et la BM sont responsables de la faim dans le monde.
"Premièrement, la population mondiale n’a pas doublée en 2 ans, les prix ont été multiplies par deux " Je ne comprend pas cette remarque. La demande n’a pas besoin de doubler pour doubler les prix. Quand offre et demande son très peu élastiques, 2% d’écart peuvent très bien suffir à provoquer un doublement du prix.
"la population mondiale n’a pas doublée en 2 ans, les prix ont été multiplies par deux" Je ne comprend le sens de cette remarque, il n’y a pas besoin d’un doublement de la demande pour faire doubler les prix. Quand l’offre et la demande sont peu élastiques, 1% d’écart peut créer une grande variation de prix (cf le pétrole).
Article intéressant, mais qui fait l’impasse sur une donnée primordiale à prendre en compte : La superposition presque parfaite des pays ayant des problèmes alimentaires, et les pays n’ayant pas de liberté du commerce. La coïncidence est si parfaite qu’elle ne peut être dûe au hasard.
Que des pays produisent du coton, du café ou du cacao , n’est pas un problème, au contraire, cela leur permet d’avoir une monnaie d’échange. Ce qui est dramatique, ce sont les politiques protectionnistes et les subventions en Europe et aux USA.
Des pays autrefois exportateurs, comme la Rhodésie aujourd’huile Zimbabwé, sont devenus des dictatures, avec des politiques planifiées qui affame la population.
"La pisciculture n’est pas une réponse universelle à ce problème, car pour nourrir les poissons d’élevages on recourt à la pêche minotière." Sauf que la pisciculture c’est avant tous des carpes (amour, argenté, noire, indiennes) et des tilapia en étang en Asie, rien à voir avec les saumons en cage nourri aux granulés de l’occident. Ces poissons se nourrissent sur la productivité naturel des étangs, favorisé par la fertilisation et de l’aliment de récupération. Ce type d’aquaculture fournis une bonne partie des protéines animales en Chine et en Asie du Sud Est. Un étang fertilisé peut donner 2 à 5T de poisson par an/ha, des vaches dans un champ au mieux 400kg.
Merci pour cette remarque, j’ai sans doute généralité un peu vite ce que j’ai eu l’occasion de voir (l’élevage de saumons en écosse).
> la population mondiale n’a pas doublée en 2 ans, les prix ont été multiplies par deux
Faux.
La courbe de l’offre et de la demande n’est pas linéaire. Il est très progressive, en particulier en cas de ressources limitées. Cela signifie que les petits augmentation de la demande entraînera beaucoup plus grande augmentation dans le prix. Actuellement, les stocks sont très limités - ce qui en fait la progressivité encore plus grand. Les stocks sont limités en raison de la baisse des prix dans le passé (environ 15 dernières années). L’une des plus importantes cause de la baisse des prix sont les subventions agricoles en Europe et aux États-Unis.
Donc les prix ne sont pas artificiellement élevés, mais un niveau artificiellement bas. Les gens dans les pays riches paient des impôts qui vont à l’subventions agricoles. Cela rend les produits agricoles trop bon marché et les producteurs des pays pauvres ne peuvent pas concurrencer. Ensuite, - ils ne produisent pas - qu’ils achètent. Et quand les prix augmenter (pour plusieurs raisons), les pays pauvres ne peuvent pas acheter. Et comme une conséquence de la précédente bas prix, leur agriculture est détruit et ils ne peuvent pas se nourrir.
Suivant le même raisonnement, la hausse des prix fera l’agriculture dans les pays les plus pauvres de nouveau rentable. Cela signifie que, dans environ deux ans, l’équilibre sera rétabli. Sans aucune manipulation artificielle. La libéralisation du commerce agricole peut créer cet équilibre encore plus vite.
Il est bon de croire au liberalisme et au fait que tout s’équilibre a la fin de lui meme grace au Dieu "Marché" qui travaille pour le bien etre de tous. Dans deux ans donc selon vos previsions on sera tous heureux (surtout les pauvre), ca se fera tout seul par la loi de l’offre et de la demande !
Non monsieur, ce n’est pas Dieu "Marché" , mais les lois économiques. Nous ne serons pas ¨tous heureux¨, mais les pénuries de produits agricoles seront fixés. Bien sûr, si nous serons prêts à libéraliser le marché agricole et si nous serons en mesure de résister à la tentation de réglementer.
Les pays pauvres peuvent bénéficier beaucoup. La libéralisation pourrait être difficile pour certains pays développés (la France) qui bénéficient de subventions massives.
Non monsieur, ce n’est pas Dieu "Marché" , mais les lois économiques. Nous ne serons pas ¨tous heureux¨, mais les pénuries de produits agricoles seront fixés. Bien sûr, si nous serons prêts à libéraliser le marché agricole et si nous serons en mesure de résister à la tentation de réglementer.
Les pays pauvres peuvent bénéficier beaucoup. La libéralisation pourrait être difficile pour certains pays développés (la France) qui bénéficient de subventions massives.
Non monsieur, ce n’est pas Dieu "Marché" , mais les lois économiques. Nous ne serons pas ¨tous heureux¨, mais les pénuries de produits agricoles seront fixés. Bien sûr, si nous serons prêts à libéraliser le marché agricole et si nous serons en mesure de résister à la tentation de réglementer.
Les pays pauvres peuvent bénéficier beaucoup. La libéralisation pourrait être difficile pour certains pays développés (la France) qui bénéficient de subventions massives.
> Il est bon de croire au liberalisme et au fait que tout s’équilibre a la fin de lui meme grace au Dieu "Marché"...
Non monsieur, ce n’est pas Dieu "Marché" , mais les lois économiques. Nous ne serons pas ¨tous heureux¨, mais les pénuries de produits agricoles seront fixés. Bien sûr, si nous serons prêts à libéraliser le marché agricole et si nous serons en mesure de résister à la tentation de réglementer.
Les pays pauvres peuvent bénéficier beaucoup. La libéralisation pourrait être difficile pour certains pays développés (la France) qui bénéficient de subventions massives.
Vous avez l’impression de m’expliquer que les meme lois de l’offre et de la demande sont appliqués depuis aujourd’hui et que l’équilibre arrivera demain. Pourtant il me semble que le libéralisme est appliqué depuis des décennies (debut du siecle)et que mis a part des crises sporadiques, on attend toujours les bienfaits de la loi de l’offre et de la demande pour la majorité... pour le moment, les riches sont plus riches, les pauvres sont plus pauvres, et il n’y a que les pauvres qui subissent la hausse des prix... Le commerce des matieres premieres est dominé par 4 ou 5 multinationales... Mais bon vous avez raison, plus que deux ans
> Pourtant il me semble que le libéralisme est appliqué depuis des décennies
D’échanges de produits agricoles est très loin d’être libre. Il est fortement déformée par la politique de subventions effectuées par l’Europe et les États-Unis. Et exactement les subventions tuent l’agriculture dans les pays pauvres.
Cet article a le mérite d’évoquer des questions qui deviennent de plus en plus préoccupantes. Mais les causes des crises alimentaires actuelles et futures n’y sont pas classées selon leur ordre réel d’importance.
C’est notamment le cas de la cause démographique laquelle aura de plus en plus de poids dans le déficit d’aliments disponibles par habitant. L’article explique bien que la démographie explosive participe à la crise alimentaire. Mais il ne place pas cette question de la démographie dans sa perspective du problème fondamental caractéristique de certaines régions de la planète.
L’article explique que la phrase suivante n’est pas fondée : « Ce n’est pas la natalité en Europe ou aux USA qui pose problème, mais celle de l’Asie et de l’Afrique ». L’auteur dit que « argument relève d’une certaine mauvaise foi ». C’est le seul défaut de cet article. Contrairement à ce qui est affirmé dans l’article, la démographie explosive dans certaines régions de la planète doit être examiné en priorité lorsque l’on cherche des solutions pour éviter que la crise alimentaire mondiale ne devienne chronique et en amplifications constante. La question de la démographie explosive est surtout prioritaire lorsqu’on veut bien prendre en compte les critères écologiques de l’analyse du problème.
Le marché alimentaire mondial est une aberration anti-écologique.
D’une part les lieux de production agro-alimentaire doivent être proches des lieux de consommation.
D’autre part le nombre d’habitants d’une région de notre planète ne devrait pas dépasser la capacité des ces habitants à se prendre en charge de façon autonome, y compris sur la question de la production de nourriture.
Et enfin si la croissance globale de la population mondiale n’est pas maîtrisée c’est justement exclusivement à cause de la forte natalité dans certaines régions du globe. Même si les Européens arrêtaient en ce moment précis, instantanément, de se reproduite, en décidant de se suicider, la croissance démographique sur d’autres continents est telle que de toute façon l’humanité va vers des catastrophes causées par la surpopulation. Sauf si l’on parvient à brider très fortement la natalité dans certaines régions du monde.
En résumé, pour respecter les contraintes écologiques fondamentales : contrairement à ce qui est avancé dans l’article, la vérité est que les Européens devraient avoir plus d’enfants (sans quoi ils disparaîtront car actuellement leur population est en chute accélérée et au lieu d’être renouvelée par des naissances locales elle est remplacée par une immigration massive qui vient des régions du monde à forte croissance démographique) et les Africains devraient avoir moins d’enfants, beaucoup moins.
Avant de crier que c’est un scandale de dire ça, je prie les commentateurs de lire la suite et de vérifier toutes les informations détaillées qui sont données sur les liens que je vous fournis. Les sources des informations sur la démographie sont l’Organisation des Nations Unies et le Conseil de l’Europe.
Concernant la faim dans le monde, il y a actuellement d’une part l’effet des spéculations sur le prix des denrées alimentaires ce qui rend les aliments inaccessibles aux pauvres, il y a d’autre part l’orientation des productions agricoles vers l’industrie non-alimentaire (agro-carburants ...) ou vers la production de la nourriture pour animaux d’élevage (car l’habitude injustifiée de manger quotidiennement la viande se propage sur la planète) ce qui réduit la part disponible pour la nourriture humaine.
Il y a aussi le déséquilibre entre d’un coté le potentiel de production agricole en respectant les équilibres écologiques (problème d’utilisation de pesticides, d’utilisation d’eau, de réduction de la biodiversité par la réduction des zones « sauvages » etc.) et de l’autre coté la masse croissante des populations.
C’est un fait certain : il va être de plus en plus difficile de nourrir la population mondiale si des actions prioritaires ne sont pas entreprises pour faire baisser fortement la natalité dans certaines régions du globe. L’article ne souligne pas que le problème vient de « la natalité dans CERTAINES régions du globe ».
Les gains de productivité dans les techniques agricoles se traduisent partout dans le monde par l’accroissement des pollutions de types divers et par l’accroissement des déséquilibres écologiques du fait de l’accroissement des zones agraires, de la réduction des forêts, de l’exposition accrue à l’érosion des grandes surfaces cultivés industriellement.
Autrement dit la solution n’est certainement pas dans le productivisme agricole en expansion perpétuelle. La solution est dans des mesures volontaristes de contrôle de la natalité dans les pays où les populations prolifiques n’arrivent pas à subvenir à leur propres besoins alimentaires. Ces pays sont ceux où les structures économiques ne peuvent pas suivre l’explosion démographique et où les adolescents ont pour objectif principal de venir gagner en Europe de quoi nourrir leur famille nombreuse.
Par exemple, le Niger a très peu de surface cultivable et très peu d’eau disponible pour l’agriculture, pourtant le Niger est le pays avec le taux de natalité le plus élevé au monde : plus de 7 enfants par femme. À ce taux-là la population double environ tous les 20 ou 25 ans. À l’évidence la priorité est dans la baisse de la natalité et pas dans la hausse de la productivité agricole.
Si on n’intervient pas avec des mesures volontaristes pour imposer la baisse de la natalité dans les pays qui n’arrivent pas de façon autonome à assurer la survie de leur population, alors le scénario démographique « moyen » qui prévoit 9 milliards d’habitants sur la planète en 2100 sera largement dépassé et pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliards d’habitants. La Division de la population de l’ONU a en effet publié ses prévisions les plus récentes concernant la progression de la population mondiale. La Division de la population envisage plusieurs scénarios dont un scénario « moyen » avec 9 milliards d’habitants en 2100. « Selon ce scénario moyen, le niveau de la fécondité mondiale se stabilisera autour de deux enfants par femme. Toutefois, la Division de la population rappelle que même de faibles variations dans le taux de fécondité peuvent avoir d’énormes conséquences sur le long terme. Même une faible variation de 0,25 enfant par femme par rapport à ce scénario moyen de 2,1 enfants par femme aboutirait à une prévision de la population mondiale pour 2033 de 2,3 milliards d’habitants (hypothèse basée, pour un taux de fécondité de 1,85 enfant par femme) à 36,4 milliards (hypothèse haute, pour un taux de fécondité de 2,35 enfants par femme). »
Vous trouverez le texte du paragraphe précédent dans le Communiqué de presse de l’ONU, dont le sous-titre précise que la population mondiale pourrait éventuellement « atteindre 44 milliards vers 2100 » car ce n’est pas exclu.
http://www.un.org/News/fr-press/doc...
En fait tout dépend du taux de natalité moyen des femmes. Le taux de natalité moyen global en Europe (l’ensemble du continent y compris la Fédération de Russie) est actuellement descendu à environ 1,3 enfant par femme. Le taux de natalité qui permet de maintenir une population au même niveau, donc le taux de renouvellement stable, est de 2,1 enfants par femme. Dans certaines régions de la planète ce taux restera longtemps très supérieur à 2,1 enfants par femme. C’est une question d’évolution des mentalités. Ainsi les démographes se basent sur les données économiques et sociologiques (donc sur le contexte de civilisation et le contexte culturel) pour estimer l’évolution des tendances démographiques. D’après ces études, les démographes prévoient généralement que l’évolution des mentalités en Afrique sera très lente et que le pic des populations en Afrique ne sera toujours pas atteint en 2100, date à laquelle les Africains seront selon les estimations moyennes entre 2,2 milliards et 3 milliards (ou entre 15 et 25 milliards dans les cas extrêmes, peu probables mais pas impossibles). Il ne faut pas oublier que les Africains étaient 130 millions en 1900, qu’ils étaient 780 millions en 2000 et qu’ils sont déjà 950 millions en 2008. Le taux de natalité moyen sur l’ensemble du continent africain est actuellement d’environ 5 enfants par femme.
Encore un extrait du même Communiqué de presse de l’ONU : « Le rapport montre également que, dans l’hypothèse du scénario moyen, la part de l’Afrique dans la population mondiale doublerait d’ici à 2300, passant de 13% actuellement à 24%. Celle de l’Europe tomberait de 12% à 7%, et l’Inde, la Chine et les États-Unis resteraient les États les plus peuplés. »
Le graphe suivant centralise les données démographiques mondiales fournies par divers organismes officiels spécialisés dans les études démographiques, dont notamment la « Population Division » des Nations Unies et l’INED à Paris.
http://www.agoravox.fr/IMG/Taux_de_...
Ce graphe est extrait de l’article « Démographie et immigration : suicide collectif des Européens » qui a été publié sur AgoraVox.
http://www.agoravox.fr/article.php3...
Pour nous recentrer sur le sujet principal de l’article, les réserves alimentaires dont dispose la population, la solution écologique et de bon sens est la suivante : le nombre d’habitants d’une région de notre planète ne devrait pas dépasser la capacité de ces habitants à se prendre en charge de façon autonome, y compris sur la question de la production de nourriture.
D’ailleurs il est anti-écologique de produire sur un continent la nourriture pour nourrir la population sur un autre continent. Les lieux de production agro-alimentaire doivent être proches des lieux de consommation.
Encore une remarque : les écologistes estiment que les ressources renouvelables de la planète, en respectant les équilibres écologiques, permettraient d’offrir une vie confortable, du niveau que connaissent aujourd’hui les pays « occidentaux », à 2 milliards d’habitants.
N’est-ce pas également un critère à prendre en compte ? N’est-on pas déjà largement en surpopulation ?
Quel avenir vise-t-on : une planète avec 2 milliards d’habitants avec une vie confortable de tout point de vue, ou bien une planète Terre avec 10 ou 20 ou 40 milliards d’habitants qui seront 5 fois ou 10 fois ou 20 fois de tout point de vue moins bien lotis que ce que connaissent aujourd’hui les pays « occidentaux » ?
Quoi que l’on fasse, un fait est incontournable : toute augmentation de la production agricole se traduit par l’augmentation de la pollution liée à l’industrialisation de l’agriculture. Une planète Terre avec 10 ou 20 ou 40 milliards d’habitants sera aussi 2 fois ou 4 fois ou 8 fois plus polluée que maintenant. Est-ce cela que l’on veut ?
Il n’y a qu’une solution : la réduction des naissances dans les régions où les populations ne sont déjà pas capables d’assurer leur propres moyens de survie. Les aides au développement devraient prioritairement et même exclusivement viser cet objectif ce qui d’ailleurs contribuerait rapidement à réduire la pauvreté endémique de ces régions.
Petit erratum : la consommation de viande chinoise est la moitié de celle des Français, pas un tiers : Chine 50 kg/an/personne, France 100, USA 120
Et votre consommation personnelle de viande , si ce n’est pas indiscret ?
Je ne vois pas trop l’intérêt de cette question, mais bon sensiblement moins que la moyenne française je pense, je n’en mange pas à tous les repas.
Vous dites plein de choses censées dans votre article, mais pourquoi ce titre ?
Face à la situation actuelle, il faut au contraire, se poser la question : "A qui profite le crime ? "
Et on le sait.
Ce sont les mêmes qui prétendent nourrir la planète, qui l’affament aujourd’hui, par les agrocarburants, les monocultures à l’exportation, j’en passe et des meilleures. Alors qu’éclatent des émeutes de la faim partout dans le monde, Monsanto, premier producteur de semences mondial, fait des bénéfices record, même chose pour Syngenta, premier producteur de produits chimiques pour l’agriculture, ou Cargill, premier négociant en céréales au monde. Croyez moi, ce n’est pas un hasard.
Et derrière ce système, il y a des responsables politiques qui soutiennent les OGM "qui nourrissent la planète", la "vocation exportatrice" de la France, ou ailleurs, le plan éthanol de Bush ou certains projets de la Commisison Européenne, etc, etc...
Je crois au contraire qu’il est salutaire de nommer les responsables et ceux qui les soutiennent, de comprendre les mécanismes de décision en jeu.
Il faut démonter leurs discours pseudo humanitaires ou écologiques et les faire apparaître pour ce qu’ils sont réellement : des profiteurs qui prospèrent sur la misère des autres.
Amicalement
MH
bonjour, Notons que la démographie et la mondialisation des marchés sont indissociablement liés. En effet, jusqu’à une époque assez récente, chaque pays subvenait à ses besoin vitaux, il n’y avait de marché mondial que pour quelques produits de luxe (vins, café, cacao, épices...). La démographie fait que ce n’est plus le cas, et ça va s’amplifier : si vous regardez la répartition par pays des 72 millions d’habitants annuels en plus, la grande majorité sont dans des pays qui sont importateurs nets de nourriture (Inde, Chine, Nigéria, Egypte, Mexique...) ou sont en passe de le devenir (Pakistan, Bangladesh). Le besoin d’importer va donc croissant, et la nourriture va devenir de plus en plus géostratégique, à la manière du pétrole. C’est la démographie qui crée la place qu’occupe les multinationales.
J’ai tendance à favoriser les données chiffrées aux jugements moraux. Les agrocarburants ? OUI ils contribuent à la crise, l’éthanol américain a ajouté environ 50 millions de tonnes de demande de Maïs ces dernières années. NON ce n’est pas le facteur principal, la croissance de consommation de viande en chine a ajouté trois fois plus de demande. Notons aussi que seul l’amidon du mais est converti en éthanol, on récupère un quart de la masse du mais sous forme de granulés très riches en protéines utilisés pour nourrir le bétail, le mais consommé par les usines d’éthanol n’est donc pas complètement perdu pour l’alimentation. Au passage, les exportations de mais des états-unis n’ont pas diminué pour autant : http://www.agro-terra.com/US_corn_u.... Mais des surfaces utilisées avant pour d’autres cultures sont passées au maïs.
Merci pour cet excellent article. L’essentiel y est dit en peu de lignes. Les relations entre les principaux facteurs sont bien mises en évidence.
L’influence de quelques autres paramètres a peut-être été sous-estimée : ressources en eau, global dimming...
Est-ce le sujet de votre thèse ? Pourriez-vous donner la bibliographie que vous avez utilisée ?
article intéressant mais j’ai eu du mal avec "Le ralentissement de la hausse de la population doit être accéléré" !
. En 2007, la production agricole mondiale a été une production record... Un autre chiffre important : depuis 1961, la production agricole a triplé alors que la population humaine n’a "que" doublé... (www.grain.org)
La vraie question est : comment ce fait-il qu’autant de pays qui étaient auto-suffisant sur le plan alimentaire, soient aujourd’hui dépendants des importations ?
Pendant des années de nombreux pays étranglés par le paiement de la "dette", ont abandonné, sous la pression de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International, une bonne partie de leur agriculture vivrière pour faire des productions à l’exportation qui permettraient de la rembourser.
Dans le même temps, l’Organisation Mondiale du Commerce, obligeait ces pays a ouvrir leurs frontières en abandonnant toute tarification douanière. Les importations à bas prix de produits alimentaires lourdement subventionnés et provenant de l’Union Européenne et des Etats-Unis ont balayé ce qui restait des marchés agricoles locaux et jeté des centaines de millions de paysans dans la pauvreté.
Aujourd’hui, ce sont les accords de libre échange qui ont pris le relai et continuent à désorganiser et faire disparaître les agricultures vivrières locales.
Le problème des émeutes de la faim au Mexique est une conséquence directe du développement de l’éthanol de maïs aux Etats-Unis, mais aussi de l’Accord de Libre Echange Nord-Américain.
L’accord de libre échange entre la Colombie et les Etats-Unis tend à réduire celle-ci, au rôle de producrice d’agrocarburants pour les Etats-Unis, tout en la rendant dépendante des importations d’aliments en provenance des Etats-Unis.
De nombreux pays ont été poussés pendant des années, à abandonner de gré ou de force leur agriculture vivrière et à dépendre de plus en plus de quelques grands groupes internationaux de l’agrobusiness.
Ajoutons à ce tableau, les fonds d’investissement qui ne recherchent que le profit imédiat, quite à faire flamber les prix...
Les émeutes de la faim, aujourd’hui, sont le résultats des politiques agricoles désastreuses des 30 dernières années et du système économique qui les sous-tend.
Aucune amélioration n’est possible sans une remise en cause profonde du système économique et des politiques agricoles.
MH
Vous généralisez trop : le transfert de surface agricoles vers les cultures d’exportation est en effet une cause importante du manque de nourriture pour un certain nombres de pays d’Afrique subsahariennes (surtout les pays du golf de guinée). Par contre, l’Inde, la Chine, l’Egypte, l’Iran comptent maintenant parmi les plus gros importants net de céréales, et ces pays n’ont pas de grosses surfaces de cultures d’exportation.
L’Egypte, qui fut pendant des siècles le grenier à blé de la méditerranée, importe plus du tiers de ses céréales et n’exporte pas grand choses comme produits agricules, à part du coton. Il en va de même pour l’Iran. L’Inde et la Chine exportent bien du thé, du riz ’haut de gamme’ et quelques autres trucs, mais c’est négligeable comparé au volume de leur agriculture.
Bref, pour ces quatre poids lourds, on ne peut vraiment pas utiliser l’argument "ils produisent pour l’export" pour expliquer qu’ils aient besoin d’importer des produits de base.
Par ailleurs, l’abandon des cultures vivrières s’explique non seulement pas les raisons que vous donnez mais aussi par le fait qu’elles aient été concurrencée par les exportations subventionnées de l’Europe et des Etats-Unis - soit une manifestation d’interventionnisme public, l’antithèse du libre marché tant conspué.
Il est vrai que jusqu’ici la production agricole croit plus vite que la population, je le disais dans l’article d’ailleurs, mais la marge se réduit. Et l’excédent, ces +50% de production agricole par habitant depuis 1961, a pour l’essentiel été absorbé par la consommation accrue de viande. En plus, ce n’est pas vrai dans tous les pays, loin de là, ça ne fait que renforcer le fait que le commerce international devienne de plus en plus importants.
pour compléter ce que je disais : on point du doigt les cultures "inutiles" comme le café comme cause du manque de nourriture des PVD.
Bon imaginons qu’on supprime carrément la culture du café et du tabac. Ces deux cultures occupent respectivement 12 et 5 millions d’hectares dans le monde. On pourrait donc augmenter d’environ 2.6% la production de céréales, en reportant aux 650 millions vd’hectares de céréales dans le monde.
Autrement dit, en deux ans, la hausse de la population aura complètement annulé le gain !!
Vous écrivez : "Par contre, l’Inde, la Chine, l’Egypte, l’Iran comptent maintenant parmi les plus gros importants net de céréales, et ces pays n’ont pas de grosses surfaces de cultures d’exportation."
Prenons le cas des deux plus gros pays, souvent cités comme responsables de la flambée des prix
Sur la Chine : Les échanges de produits alimentaires de la Chine ont été excédentaires de 4 milliards de $ (Md$) en moyenne de 2000 à 2006, dont de 4,947 Md$ en 2006, 2004 ayant connu un léger déficit de 306 millions de $ (M$). En particulier, elle a été exportatrice nette de céréales, sauf en 2004, mais était importatrice nette de 28 millions de tonnes (Mt) de graines oléagineuses et de 8,5 Mt d’huiles en 2006-07.
L’Inde : Elle a été exportatrice nette de produits alimentaires de 3,4 Md$ en moyenne de 2000 à 2006, dont 4,3 Md$ en 2005 et 2006. Les exportations nettes de céréales ont représenté en moyenne 1,337 Md$, soit 31% du total sur la période, mais sont tombées à 500 M$ en 2006, notamment parce que l’Inde a importé 6 Mt de blé alors qu’elle avait été exportatrice nette de 2,3 Mt de 2000 à 2005. Elle en a encore importé 2 Mt en 2007 et pourrait être excédentaire en 2008.
Mais l’Inde exporte surtout du riz (4,7Mten 2006) et un peu de maïs (0,6 Mt en 2006). Le déficit des échanges d’oléagineux a presque disparu en 2006 (0,3 Md$ contre 1,5 Md$ en 2003) car si l’Inde importe beaucoup d’huile de soja et de palme, elle exporte de l’huile d’arachide et de ricin et surtout des tourteaux d’oléagineux. L’Inde est aussi exportatrice nette de viande et de produits laitiers. Au total l’excédent de la balance commerciale agricole a dû se maintenir en 2007-08.
Conclusion : ni l’Inde, ni la Chine n’ont eu d’effet sur la flambée des prix actuelle.
Par contre comment expliquer autrement que par la spéculation la hausse en une seule journée du prix du riz de 31% le jeudi 27 mars 2008, passant de 580 à 760 dollars, ou de 29% du prix du blé HRW le 25 février 2008 ?
Que l’augmentation de la population mondiale puisse devenir dans les années qui viennent un problème aggravé par les changements climatiques, c’est une évidence.
Mais ce n’est pas l’explication des probèmes actuels.
MH
agroforesterie : pourquoi on plante UNIQUEMENT soit des noyers puis ailleurs UNIQUEMENT des bouleaux, y a-t-il un inconvénient à varier les plantations (mélanges d’espèces d’arbres fruitiers et ligneux...)
bonjour, je suis au lycée et je m intéresse a la crise alimentaire sauf que on lisant vos commentaires tout le monde se contredit et ne dit pas la mémé chose donc svp serait il possible de m expliquer clairement quel sont les cause de cette crise et les conséquence merci










