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Trop de propreté, danger !

Article publié le 22 janvier 2010

Et oui, à force de vouloir confiner ses enfants, dès leurs premiers vagissements, dans un environnement trop propre, à vrai dire totalement aseptisé, les parents – la plupart « occidentaux » - désarment leurs bambins et les livrent au danger de bon nombre de maladies une fois atteint l’âge adulte.

Trop de propreté, danger !

Pour arriver à un tel constat, il a fallu en 2010, une pointilleuse étude américaine, étalée sur près de vingt ans s’il vous plaît, menée par une armée de chercheurs sur une cohorte d’enfants nés aux Philippines, dans les années 1980. Mille cinq cent d’entre eux ont été suivis, tenez-vous bien, de leur naissance jusqu’à 22 ans. C’est du moins ce que relate la revue médicale Proceedings of the Royal Society B citée par le Figaro du 15 janvier dernier.

Ces doctes experts (une race encombrante quelquefois, hélas) ont conclu, par la voix de l’universitaire Thomas Mc Dade, que ces recherches « laissent penser que des environnements ultra-hygiéniques dans l’enfance peuvent augmenter le risque d’inflammation à l’âge adulte, ce qui à son tour accroît le risque de contracter un grand nombre de maladies, notamment cardiovasculaires. »
 
Pour en arriver à une telle conclusion, les conditions de vie et d’hygiène, des philippins (individus huit fois moins riches que les français) ont été soigneusement consignées, notamment dans la cohabitation avec des animaux et le type de toilettes utilisé. Tout comme la survenue d’épisodes infectieux.
 Et il s’est avéré que, selon un marqueur connu sur l’inflammation de l’organisme, le jeune adulte, si proche de l’Asie, était nettement plus immunisé contre les infections, que son « frère » des Etats Unis d’Amérique, notamment après « avoir subi des diarrhées ou infections respiratoires dans sa prime jeunesse ».
 
«  Aux Etats Unis, poursuit Thomas Mc Dade cité par le Figaro, nous avons tendance à penser que nous devons protéger à tout prix les bébés et les enfants contre les microbes et les pathogènes. Mais nous privons peut-être leurs fonctions immunitaires qui sont nécessaires pour guider le développement de ces fonctions jusqu’à l’âge adulte. » Une façon de faire qui largement traversé l’Atlantique. Depuis longtemps.
 
Si l’on ajoute cette étude à bon nombre d’autres enquêtes ayant prouvé par exemple que la vie en milieu rural est plus saine que celle des cités, sur le plan allergies notamment, que l’abus d’antibiotiques et vaccins chez les jeunes, nuit à leur système immunitaire qui n’est plus stimulé par l’infection (itou chez l’adulte, n’est-ce-pas ?), on peut en déduire que la vie moderne a ses tares. Importantes. En sacralisant l’hygiène à tout prix, mais aussi la crainte quasi chronique de la maladie inoculée sans vergogne par les laboratoires pharmaceutiques et leurs valets, nombreux dans les médias par exemple. A moins que cette étape destinée à se poursuivre pendant plusieurs générations soit nécessaire pour conduire l’homme à vivre, masqué ou sous une cloche. 
 
Tout ceci n’est qu’une palissade pour « l’ancien » que je suis et qui, ayant souvent passé sa jeunesse dans la rue et au bord de la mer, dans un pays pauvre, jusqu’au-delà de l’adolescence, a échappé par bonheur aux « environnements ultra-propres » alors méconnus de mes géniteurs qui, dans bien des cas, laissaient faire, sages sans le savoir, dame nature.
 
J’ai respiré la poussière des rues et m’y suis roulé. J’ai collectionné les plaies sanguinolentes et profondes quelquefois que seule la mer et ses vagues ont désinfectées avant de les aider à se refermer. Quatre mois par an, nous ignorions les chaussures, à la plage ou sur le gravier. Jamais au soleil de l’été la moindre huile ne protégeait nos épaules ou nos corps. Lorsque ma gorge était parsemée de taches blanches, un jus de citron saupoudré de bicarbonate de soude, ou bien un badigeonnage de « bleu de méthylène » suffisaient à les chasser. Une oreille bouchée ? Un cornet de papier buvard dont la pointe trempée dans l’huile d’olive était placée délicatement dans le conduit auditif, avant que la partie supérieure soit « mise à feu » et plouf, adieu le bouchon.
 
L’angine tenace, ou même la grippe, étaient jugulées par de la ouate imbibée de moutarde posée sur la poitrine. Ou bien par des verres-ventouses renfermant du coton enflammé, plantés sur le dos et destinés à attirer « le mauvais sang » à fleur de peau. La fièvre était souvent combattue par un linge imbibé d’eau glacée posé sur le front, le mal de tête par une légère saignée à la base de la nuque effectuée par les coiffeurs bien souvent et il ne se passait pas une année pleine sans que nous soyons soumis à la torture de la …purge. Enfants, nous étions dirigés vers une toilette complète qu’une fois par semaine sous la forme d’un bain chaud dans une …vaste bassine de zinc, savon à l’huile et gant en crins à l’appui.
Enfin, la pénicilline est apparue pour la première fois dans mon pays lorsque j’avais treize ans bien sonnés.
 
Et ce n’est pas tout. Pas d’autos ou si peu, dans les rues. Contact permanent avec le cheval, de trait ou de fiacre en pleine ville, avec des flaques de…crottin bien garni. En proche banlieue, des fermes et leurs animaux. Pour les « repas du midi » comme on disait chez moi, de la viande une fois la semaine et tous les soirs café au lait dans un bol empli de pain, rassis la plupart du temps, ainsi jusqu’au seuil de mes huit ans. Premier restaurant à l’âge de…vingt ans.
 
Et puis nous jouions d’un rien. Avec des jouets fabriqués par nos mains. Les plus experts d’entre nous allant jusqu’à construire des trottinettes et des chariots à partir de planches de bois, clous et roulements à billes. Lorsqu’ils ne se lançaient pas quelquefois à peaufiner des voiliers effilés voguant à merveille sur la crête des vagues, avec comme matériaux, la base d’une branche de palmier, une boite de conserve aplatie, un pan de toile usagée, du fil de fer et des bâtons de bois. Et j’en passe.
 
Pourquoi ce bref et dernier chapitre me direz-vous ? Que vient-il faire ici ? Simplement pour témoigner qu’à l’époque, non seulement la valeur de nos défenses immunitaires étaient opérationnelles, question santé, mais que, dans le domaine de la débrouillardise, les neurones étaient également souvent sollicités. Un apprentissage de la vie qui, fort heureusement, continue d’exister encore dans certains pays dits en retard de modernisme ou de …civilisation.
 
Source image : http://www.super-bebe.fr
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commentaires
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par clostra (IP:xxx.xx3.148.118) le 22 janvier 2010 à 10H58

Oui, on l’avait remarqué pour le virus de la polio dans les milieux où l’hygiène était respectée alors que les petits "crados" avaient, eux, été en contact avec des virus de la même famille et moins "virulents". Le système immunitaire est unique en son genre car il modifie définitivement le matériel génétique de certaines de ses cellules qui deviennent aptes à se défendre contre la plupart des infections qu’elles ont déjà rencontré. On est en droit de se poser des questions sur toutes les vaccinations infligées (sous la pression de qui ? car finalement très peu de vaccinations sont obligatoires ! - sauf évidemment pour les enfants qui fréquentent les crèches où elles seraient obligatoires (?)) On ne sait ?

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par mr-bienetre (IP:xxx.xx2.15.34) le 22 janvier 2010 à 12H44

Exactement "clostra" !

Et c’est ce que je me tue à expliquer aux gens qui ne comprennent toujours pas pourquoi le staphylocoque dorée, qui est la cause des infections nosocomiales, se propage autant dans des endroits aussi aseptisés que les centres hospitaliers, milieu où les bactéries finissent par s’adaptent et se renforcer, ce qui les rend bien sûr plus virulant.

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par SROBYL (IP:xxx.xx2.235.176) le 22 janvier 2010 à 15H09

exactement ! et en plus de l’apparition des souches résistantes, il y a aussi tout bonnement la concurrence que se livrent les différentes espèces microbiennes. Faire "table rase aseptique, c’est risqué : si ce n’est pas fait complètement, le microbe survivant a "le champ libre"

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par faxtronic (IP:xxx.xx3.127.45) le 22 janvier 2010 à 12H58

oui, il est evident que ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Il faudrait aussi comparer avec les mortalites infantiles aussi :

http://www.statistiques-mondiales.c...

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par faxtronic (IP:xxx.xx3.127.45) le 22 janvier 2010 à 13H00

mortalite infantile :

France 3 pour 1000 Usa 6 pour 1000 Philippine 20 pour 1000

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par mr-bienetre (IP:xxx.xx2.15.34) le 22 janvier 2010 à 13H39

Info intérêssante "faxtronic", comme quoi, on est pas si mal "loti" en France !

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par Henri François (IP:xxx.xx0.123.38) le 22 janvier 2010 à 15H28

Pas mal lotis en effet les enfants français. Mais méfiance. On peut par exemple, en pensant aux animaux notamment,que là ou la mortalité "enfantile" est assez importante, les individus qui poursuivent leur chemin sont plus costauds. D’ailleurs l’étude faite par les américains sur les philippins semble démontrer celà. A 20 ans les philippins sont mieux protégés naturellement que les américains du même âge. Alors ?!!! Amitiés.

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par faxtronic (IP:xxx.xx3.127.45) le 22 janvier 2010 à 16H08

ben ca c est une evidence, il est evident que si les plus faibles meurs en bas age, alors a 20ans il ne reste que les plus fort. Donc en effet, faisons comme les spartiates, une enfance a la dure, une bonne mortalite infantile et, hop des adultes en plaine forme. Et de surcroit pour avoir 2 beaux adultes, fait 3 gamins plutot que

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par BienEtre (IP:xxx.xx2.15.34) le 22 janvier 2010 à 16H59

"A 20 ans les philippins sont mieux protégés naturellement que les américains du même âge. Alors ?!!!"

Alors ? Ben ça ne me surprend guère de voir que les jeunes philippins aux modes de vie sûrement plus sein, disposent d’une meilleurs immunité que les jeunes américains élevés aux amburgers et au coca de chez Mc donald ! :-)