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Tabac

Article publié le 26 décembre 2007

Affirmer que le tabac et le DD peuvent faire bon ménage, ça va faire un tabac ! Oui le tabac est mauvais pour la santé, et les fumeurs empestent ! Le coup personnel et collectif du tabac est très élevé. Mais c’est une source de plaisir, et on ne peut rejeter brutalement un plaisir sans y regarder de plus près. Les inconvénients doivent être mis en relation avec les avantages, pour pouvoir faire un bilan.

Je vous rassure, je ne fume pas et n’ai jamais vraiment fumé, parce que je n’y ai pas pris goût. Ça n’empêche pas de s’interroger sur le tabac, phénomène de société, qui se perd dans la nuit des temps, et qui joue incontestablement un rôle important dans la vie sociale.

Commençons par éliminer le tabac fumé par habitude, sans donner un réel plaisir. Les cigarettes allumées en série avec le mégot de la précédente, voilà un cas de figure facile à traiter. Tout faux.

Une autre clé d’entrée est la dépendance. Ce n’est pas bon de dépendre d’un produit, d’être obligé d’en consommer régulièrement pour éviter d’être en manque. La quête du plaisir est remplacée par celle de la non souffrance. Dommage. La dépendance peut aussi l’être par rapport à un modèle de comportement, à une image valorisante. Ce sont les moteurs largement utilisés par la publicité, le fameux cowboy de Malboro par exemple. Il faut fumer pour être quelqu’un, voilà une ligne à combattre sans relâche, en lui substituant probablement d’autres manières de montrer sa personnalité. Ce n’est pas en disant non que l’on gagne, mais en proposant d’autres choix, qu’il faut rendre plus valorisant.

Faisons un sort également aux sales enfumées, qui obligent de fait toute l’assistance à inhaler les volutes bleues, et créent une atmosphère épouvantable. Inscrivons dans cette catégorie les voitures, petits habitacles vite envahis par la fumée dont tous les passagers profitent, et notamment les enfants bien entendu.

Reste le tabac plaisir, contrôlé, consommé sans gêner l’entourage ou enfumer les non fumeurs. Pourquoi pas ? Avec modération, bien sûr, et en privilégiant les produits de qualité, les tabacs bio, il doit bien en exister. La plante tabac est peut-être nocive, mais elle doit l’être encore plus si elle est imbibée de substances chimiques, genre pesticides ou engrais. Nous prenons du plaisir à manger et à boire, et aussi en respirant de bonnes odeurs. Tous les sens de notre corps doivent être sollicités, et le tabac est sans doute pour certains une des manières de faire pour les papilles. Attention toutefois à ne pas les polluer, et à se priver ainsi du goût d’autres nourritures. Ce serait pécher. Il est surement nécessaire de rappeler que le tabac tue, mais ça ne parle guère à ceux qui passent outre cette injonction. Un message à leur attention, plus axé sur la bonne manière de fumer, en valorisant une attitude de gourmet versus gourmand, serait peut-être utile…

Il y a des précautions à prendre, sur la manière de fumer, la combinaison avec l’alcool, et ce que l’on fume, cigare, pipe, cigarette, filtre, etc. Chaque mode doit bien avoir des avantages et des inconvénients, mais on n’en parle guère, puisque la condamnation du tabac est radicale. Il parait juste que le narguilé est peu recommandable. Un peu juste comme conseil, même s’il est exotique. Merci aux lecteurs de ce blog qui auraient des lumières sur les effets comparés des modes de prise de tabac de se livrer à tous les commentaires utiles.

Voilà donc le bon tabac revenu en odeur de sainteté, à condition d’en bien user et de ne pas enfumer les autres. Du plaisir, mais aussi de la discipline, pour ne pas tomber dans de fâcheux excès. Le développement durable nous conduit toujours à la complexité.

Ce n’est pas fini. Il faut penser à l’usage, mais aussi au cycle de production. Est-il raisonnable, au moment où l’on demande à l’agriculture de fournir nourriture, énergie, matières premières de toutes sortes, de continuer à produire du tabac ? La terre est devenue un bien rare, et l’hectare[1] est l’unité de mesure de notre empreinte écologique, de notre poids environnemental sur la planète. Et comment vivent les paysans producteurs de tabac, sont-ils pressurés, exploités par des négociants sans scrupules qui leur rachètent leur récoltes à bas prix ? C’est sans doute vrai dans certains cas, mais ce n’est pas une fatalité, et le tabac équitable doit être possible, il existe peut-être déjà. Si cela a été possible pour le café[2], pourquoi pas pour le tabac, qui est plus réglementé ? Le tabac, c’est comme la vigne (je sens que j’aggrave mon cas), le produit doit ensuite être travaillé, et la manière de faire est déterminante. Toute la filière doit être passée au crible, pour lutter contre toutes les atteintes éventuelles à l’environnement, et favoriser le développement local. La concurrence avec les cultures vivrières, et la forte valeur ajoutée du tabac doivent être pesées et confrontées, de manière à trouver un bon équilibre, s’il y en a un. Les phases de transformation, de transport, d’emballage, sont à examiner pour veiller à réduire les besoins en énergie, et toute forme de dégradation de l’environnement, comme pour les autres activités. Il y a certainement des progrès à faire de ce côté, ce n’est pas parce qu’il s’agit de tabac qu’il faut s’en priver. Ajoutons la qualité de vie de l’ensemble des personnes qui travaillent sur la filière, avec l’accès rendu possible à l’éducation, à des conditions d’hygiène, et le tabac, toujours sous conditions d’un usage modéré, le tabac plaisir, pourrait bien devenir un vecteur de développement durable. Pari audacieux, sans doute, mais qui offre un cadre de réflexion pour une évolution, toujours bon à prendre à la place d’une guerre de tranchées.

Résumons : des agriculteurs bien payés, qui conservent des cultures vivrières à côté des plantations de tabac, dont les enfants vont à l’école, qui vivent dans des maisons saines ; un process de transformation économe en énergie et respectueux de l’environnement, qui offre des emplois de qualité et ouvrent la voie à une promotion sociale ; une réflexion en profondeur sur l’emballage, le conditionnement, le papier, et le transport ; une information du consommateur sur les effets comparés des modes de consommation du tabac, accompagné de la valorisation des bonnes pratiques. Voilà un bon programme. Pas sûr que ça suffise, mais rien n’empêche d’en parler. Il y a un mode de prise de plaisir à sauver. J’en parle d’autant plus que je n’y goute pas personnellement, et ça vaut le coup de s’y coller, c’est une affaire de principe. Développement durable et plaisir doivent aller de pair.



[1] n°30 dans Coup de shampoing sur le développement durable (WWW.Ibispress.com)

[2] n°8dans Coup de shampoing

Photo : http://www.gralon.net/articles/sant... ;

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commentaires
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par rool92 (IP:xxx.xx1.30.160) le 26 décembre 2007 à 19H15

Pensez à votre santé sans vous priver de votre plaisir de fumer ! Passez à la cigarette électronique...J’ai ouvert un blog sur le sujet : http://arreter-fumer-cigarette-elec...

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par la Mouche du coche (IP:xxx.xx3.95.2) le 27 décembre 2007 à 12H28

Merci à l’auteur d’avoir ouvert le débat même si le commentaire de Rool92 est plus intéressant que l’article lui-même. Bonnes fêtes à tous. :-)

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par Luc DUSSART (IP:xxx.xx4.214.185) le 27 décembre 2007 à 19H57

Tabac : une cigarette suffirait pour devenir durablement accro. C’est ce que l’on ne nous dit pas, parce qu’il y a des intérêts économiques en jeu. L’impact de la toute première cigarette dure des années : voila ce qu’affirment quelques chercheurs récemment. En d’autres termes, la nocivité du tabac est plus dans sa capacité à rendre les gens dépendants qu’à leur créer des cancers ou des problèmes pulmonaires ou cardiaques.

Dans ces conditions, il faudrait interdire le tabac : on y vient doucement, notamment en Amérique du nord. Je rêve quand je lis un papier sur la compatibilité du tabac et du DD. C’est écrit avec une bonne intention mais un peu à côté de la plaque. Désolé pour l’auteur.

Le tabac doit être assimilé à une drogue dure : le rapport Roques la mettait d’ailleurs dans cette catégorie. Dure comme l’héroïne. Alors parler de culture du pavot ou de la coca et du dévelt durable, c’est un peu osé !

Je voudrais aussi insister sur les mensonges que certains dealers d’opinion répandent, notamment sur le narghilé. L’expert sur la question est le Dr Kamal Chaouachi

http://publicationslist.org/kamal.c...

auteur d’un magnifique petit ouvrage tolérant sur la question. Non le tabac du narghilé ne rend pas dépendant : il n’y en a même pas toujours. Non la fumée n’a pas la nocivité de celle de la cigarette, puisqu’elle est lavée par l’eau, retenant pas mal de produits cancérigènes au passage. Cette fumée est douce et non acre. Non le tabac n’est pas brulé, consumé, mais juste chauffé, ce qui fait que la fumée n’a rien à voir avec celle du tabac ... fumé. Par contre le chauffage du tabac avec du charbon de bois dégage du CO (monoxyde de carbone) qui est léthal et dangereux à doses importantes. En chauffant le tabamel de la pipe à eau avec un autre procédé, le narghilé n’est pas vraiment nocif. Il ne semble pas rendre dépendant. Bref, on nous enfume avec des discours de patascience, pour des raisons dogmatiques et politiques. Le narghilé pourrait précisément devenir ce mode de consommation social, relationnel, que l’on aimerait avoir avec une consommation en groupe. Allez visiter la mosquée de Paris, qui sera bientôt non seulement un lieu de culte mais un des rares endroits publics où fumer le narghilé de façon conviviale. A en devenir adepte d’Allah (ce que je ne suis pas !!).

La prohibition ne marche pas et ne peut pas marcher : il serait temps que les prohibitionnistes de tout poil cessent de rêver et prônent plutôt comme vous le faites, une consommation raisonnée. La cigarette ne le permet plus. Une cigarette suffit pour tomber dans le piège d’une consommation durable (dans un cas sur trois semble t-il). C’est effrayant.

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par zygomar (IP:xxx.xx7.8.30) le 28 février 2008 à 19H07

"Le tabac doit être assimilé à une drogue dure : le rapport Roques la mettait d’ailleurs dans cette catégorie. Dure comme l’héroïne"

Faut arrêter de dire des conneries de cette taille.

A ma connaissance personne n’a encore été assassiné par un accro au tabac en manque. Alors qu’on ne peut pas en dire autant des accros à l’héro !!!

Ce n’est pas en chargeant sans cesse la barque de la culpabilisation que vous arriverez à un résultat, renseignez vous uprès de tabacologues intelligents et au fait des méthodes et des approches récentes de désintoxication.

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par Dino (IP:xxx.xx4.183.216) le 31 décembre 2007 à 11H19

bonjour, je pense que l’auteur oublie les petits producteurs de tabac français, du fin fond du Morbihan par exemple, pour qui le tabac était une longue série d’opérations manuelles, qui permettait d’arrondir les fins de mois d’hiver. au niveau international c’est nul, c’est rien, mais pour moi çà compte tout de même ! Etant ancien fumeur depuis un peu plus de six mois, après 40 ans de pratique, je pense pouvoir parler des plaisirs du tabac et aussi de ses nombreux inconvénients pour les autres et pour soi-même. Néanmoins en applaudissant aux bienfaits de la nouvelle loi, je pense très sincèrement qu’il existe depuis une bonne dizaine d’années, un nouveau courant des anti-tout en France qui m’exaspère ! Je suis pour la vie, pour le respect de la vie de ce qui m’entoure (espaces, paysages, animaux, et humains) néanmoins je pense qu’il ne saurait être souhaitable de "standardiser nos goûts en matière de nourriture par exemple" et pourtant il n’y a pas grand monde pour s’y opposer.....les anti-tout ne sont plus là, ils disparaissent sous un anonymat consternant ! bouillir le lait ne les inquiète pas, priver nos enfants de défenses immunitaires non plus, congeler tout ce qui a du goût non plus, profiter outrageusement de la nature "par ce que c’est dans l’air du temps non plus" manger des filets de panga qui font le tour du monde en avion" simplement par ce qu’ils sont prêts à etre mis dans la poële, pas de soucis, manger des perches du Nil qui n’ont aucun goût sauf peut-être celui des conservateurs....c’est parfait, ......accepter, que dis-je se précipiter, sur des peneïdés asiatiques bourrés d’exhausteurs de goût, de conservateurs, de colorants, alors qu’il existe des produits de bonne qualité en provenance des dom et des tom, ou de Madagascar "et que des milliers de familles pourraient être auto-suffisantes si nous pensions à elles quand nous faisons nos commissions. pour une fois que nous pouvons aussi avoir notre mot à dire devenons enfin des consommateurs responsables, prenons le temps de nous former et d’agir, pour que le mauvais commerce disparaisse et que les bons professionnels soient récompensés....et puis bonne année à vous tous

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par jolivelo (IP:xxx.xx9.122.122) le 31 décembre 2007 à 14H13

j’aime bien votre phrase : "Il est surement nécessaire de rappeler que le tabac tue, mais ça ne parle guère à ceux qui passent outre cette injonction. Un message à leur attention, plus axé sur la bonne manière de fumer, en valorisant une attitude de gourmet versus gourmand, serait peut-être utile…" Je me permets de faire un parallèle avec le vélo. Pour atteindre ceux qui ne s’y sont pas encore mis (ou remis), ne faudrait-il pas jouer davantage sur les thèmes qu’a sû développer la pub voiture : le désir, la passion, l’élégance, le design ? Je développe ce thème dans mon site http://jolivelo.free.fr

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par zygomar (IP:xxx.xx7.8.30) le 28 février 2008 à 19H24

Quand j’étais étudiant, il y a maintenant bien longtemps nous avions à quelques uns épluché des dossiers d’accidentés de la route amenés par la police au service d’urgence du CHU sur une période de trois années consécutives.

Croyez moi ou non mais nous avions mis en évidence une corrélation directe significative entre le nombre d’accidents de la circulation des deux roues en ville et le fait d’être fumeur de cigarettes (pas de pipe et de cigares). Nous en avions tiré la conclusion que le tabac était responsable des accidents de bicyclette et de mobylette en ville. Logique et imparable.

Il y a aussi cette statistique bien connue qui n’a rien à voir avec le tabac amis qui montre bien qu’il faut se méfier des statistiques mal digérées :

Des svants ont fait la courbe du nombre mensuel de naissances en Alsace. D’autres savants ornithologues ceux-là ont fait la courbe mois par mois du nombre de cigognes présentes en Alsace.

Les premiers se sont aperçu que le nombre de naissance était plus important au cours des mois de printemps. Les seconds se sont aperçu que le nombre de cigognes augmentait au cours du printemps.

Alors un groupe de techocrates, regroupant les données ainsi obtenues en a conclu que c’éytait les cigognes qui apportaient les bébés en Alsace.

Encore une anecdote liée au tabac cette fois et encore liée aux statistiques. Six semaines après l’interdiction de fumer dans les "lieux de convivialité" (j’adore cete expression), on a constaté une diminution significative du nombre des accidents cardiaques et cerebro-vasculaires. Bien.

Mais quand on connait les délais pour obtenir ce genre de données en France, même quand il s’agit d’épidémies de maladies infectieuses et le temps nécessaires aux services dits compétents pour mouliner les statistiques, on a peine à croire ce genre de conclusion taillée sur mesure pour servir les objectifs de certains et satisfaire certains ego.

Ca me rapelle que 4 semaines après l’accident de Seveso, les autorités italiennes commaençaient déjà à constater une augmentation de l’incidence des malformations congénitales chez les nouveau nés de la région..... Pas besoin de faire un dessin : 4 semaines après une exposition intra-utérine, il n’y a strictement aucune chance ou malchance ou plutôt risque de fabriquer une malformation chez le foetus.

Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages (ni même pour des cigognes), enfin pas top souvent.


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