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Les défaillances sanitaires

Article publié le 10 janvier 2011

Les défaillances sanitaires

Le scandale sanitaire qui secoue la France est un des plus lourds depuis celui du sang contaminé. Les ingrédients sont les mêmes. Alors que d’autres coups de grisou sanitaires ont eu lieu depuis la fin des années 90 (Viox, Celebrex, Acomplia, Avandia, Grippe A), la plupart des protagonistes siègent aux mêmes postes, ont progressé dans les organigrammes des agences de santé, ont pantouflé vers l’industrie ou vers des cabinets de conseils pharmaceutiques.
Plus navrant, c’est ceux qui n’ont « rien vu » qui parlent de transparence, d’éthique alors que les lanceurs d’alertes ont dénoncé en vain ce statisme complaisant à l’égard de firmes de plus en plus oublieuses des patients.
Parmi les ingrédients actuels des dérives sanitaires, on trouve des formes de corruptions modernes, des lâchetés politiques, des incompétences avérées toujours très politiciennes et interessées. A un autre niveau, on peut s’effarer sur le degré de dissolution de « l’irresponsabilité », chaque maillon aura sous-estimé sa charge de décision pour déléguer ce poids à un autre niveau qui aura fait le même raisonnement « irresponsable » ou « inadmissible ». A chaque échelon de la décision ou plutôt de la non-décision.


Les journaux se sont emparés d’idées vagues, de mots d’ordre. « La transparence » est rabâchée alors qu’il faut « la vérité et la réalité ». Le terme prépare à une version officielle d’un scandale acceptable avec de fausses responsabilités qui seront diluées dans le temps judiciaire si long et si arrangeant en terme de déresponsabilisation. Face à ce renoncement de la vérité pour la « transparence », on se doit d’éplucher des pistes et les axes d’investigation... Ce billet n’est pas un « j’accuse » mais une sorte de lampe torche qui se veut mettre en lumière des incohérences, des pratiques collégiales stupéfiantes, des rencontres organisées à haut risque pour la santé de tous. Des rapprochements presque coupables entre maillons de décision d’instance publique et secteur privé embourbés dans des scandales à répétition. Ce billet verra plusieurs axes ou niveaux de responsabilités décrits pour mettre en lumière ce que la presse n’a pas encore identifié. Certains éléments mettront des gens mal à l’aise, mais voilà, il est probable que ce billet serve d’avertissement contre des pratiques médiocres. Au bout du compte, le monde de la décision de mise sur le marché d’un médicament doit etre revisité, le monde de la pharmacovigilance également et le monde de la « transparence » si cher aux tenants verreux de l’industrie pharmaceutique.
On verra quelques propositions qui seront foncièrement évitées car très efficaces en matière de récidive de cette délinquance de riche qui tue, de manière aléatoire, anonyme et sans peine planchée si ce n’est l’oubli et l’indifférence décomplexée. Mais commençons la démonstration à partir d’éléments connus.

Un laboratoire « barbouze » ? Les pratiques de Servier ont été particulièrement décrites dans les journaux. Les meilleurs articles sont ceux de Mr Jaillette (Marianne) ou ceux de Michel de Pracontal (Médiapart), c’est une histoire de goût. Là, « les moyens et justifications de fins » qui sont mentionnés sont accablantes mais cela ne suffit pas à expliquer le scandale Médiator… Toujours dans la presse, on détectera la nonchalance débonnaire de quelques journalistes qui vont faire quelques articles niaiseux et sans relief pour ne pas être accusés de ne rien faire… mais chaque presse à ses boulets, ce sont les mêmes qui peinaient à justifier l’hyperpandémie grippale sous le règne de Bachelot.


Néanmoins, le travail d’investigation a montré les classiques du monde du médicament. Les jupes courtes des visiteuses médicales de Servier, comme si les autres labos n’avait pas été tentés de faire pareil. Les manœuvres d’intimidation de cette firme ont été mises en lumière… ainsi des experts trop rudes auraient reçus des petits cercueils avant d’être placardisés (Libération)… cela en dit long sur le travail d’évaluation, ceux qui ont continué à travailler ont visiblement été moins gênant pour Servier… et donc, on peut se questionner sur le mode de rétribution… la présence simple à des commissions de décision et donc de pouvoir suffit elle à manier un expert à volonté ? On sait tous que les hommes aiment l’argent mais aussi le pouvoir et les décisions, voire les titres, les honneurs… mais ceci est explicité plus loin. Quelques uns tiennent énormément à leur attribut de CV avec mention d’une expertise au sein de l’Agence…


Rappelons que Servier n’est pas le seul à jouer sur les hommes et à tirer à boulet rouge sur les gêneurs… Je mentionnerai le sort de Marc Girard qui s’est trouvé au banc de la société scientifique pour avoir fait preuve de virulence vis-à-vis du vaccin contre l’hépatite B ou de certains anti-coagulants et enfin de médicaments utilisés post infarctus. Dans un interview qui commence à dater, je me souviens qu’il eut révélé que ces amis médecins et scientifiques avaient reçu des pressions pour qu’ils rompent les liens avec lui… un florilèges de pression s’est abattue également sur cet homme qui s’avère être le « Denis Robert » de la santé. Cela rappelle l’omnipotence de Servier qui mit des battons dans les roues lors de la publication du livre d’Irène Frachon qu’il fallait à tout pris retarder… on se souvient qu’à l’époque un scandale de plus aurait coulé Roseline Bachelot qui se sera illustrée avec le plus grand fiasco sanitaire au travers de la pandémie du ridicule de l’an passé.


Mais concernant le comportement de Servier, j’avoue que je ne suis pas des plus virulents. Il a poussé pour le commerce d’un produit qu’il a conçu et vendu. Et ce n’est pas au laboratoire de jouer les critiques sur sa production, c’est à l’Etat et à l’expertise de faire le job… Et c’est sur ce point que je vais abattre mon avis qui se fera en plusieurs points. En premier rang de responsabilité, on retrouve un clan de pouvoir, celui de Sarkozy et son réseau d’hommes implantés dans l’establishement de la santé en France.


La famille Sarkozy au cœur de l’affaire ? Une fois de plus on voit un clan Sarkozy au cœur d’une influence supplémentaire. Après les rétrocommissions de Karachi, les compromissions des Bettencourts, Nicolas Sarkozy a été flashé en tant qu’avocat d’affaire de la firme Servier. Ceci est une information balancée de manière jubilatoire par Libération mais on n’oublie pas le discours que le président prononça vis-à-vis des firmes quelques mois avant l’opération « grippe A » au cours de laquelle on a vu des laborantins internationaux se gaver d’argent au point qu’ils ont dû l’utiliser parfois en achetant des boîtes de générique car le flot financier était devenu presque gabgique. « Certains ne savaient plus quoi faire de cet argent » avouent quelques cadres de firmes variées… Mais au delà de l’action de Sarkozy vis-à-vis de firmes pharmaceutiques, on peut aussi relever l’affaire de famille que constitue les vannes du marché des médicaments pour le clan Sarkozy. Voilà l’extrait d’un discours de Sarkozy à l’encontre de Servier « En tant qu’entrepreneur, vous critiquez l’empilement des mesures, des normes, des structures et vous avez raison ». Le Canard Enchaîné de cette semaine balance à ce sujet « le labo a eu beaucoup d’embûches : seulement trente trois ans qu’il faisait gober son Mediator par peletées »
 Comment le clan Sarkozy peut faire connaitre ses désirs à la « populace pharma » ? Plus confidentiellement, on sait que François Sarkozy est aujourd’hui à la direction d’AEC Partners dont la grande spécialité est une forme de consulting très orienté. Parmis les grands clients de cette société, le Leem (Anciennement appelé SNIP pour syndicat de l’industrie pharmaceutique) est visible sur le site de cette société. Rien d’illégal mais disons qu’au minimum il s’agit une faute de gout de meler activité de consulting et proximité présidentielle. On peut donc comprendre comment l’affaire Médiator requiert la plus « grande transparence » pour le chef de l’état. Mais alors que tout bon journaliste d’investigation s’arreterait après avoir revu ces informations qui montrent des liens ambigus et connus entre présidence et firmes, il faut creuser un peu plus…


Le filon « François Sarkozy » reste intéressant car il permet de remonter les traces pour notre chasse. Ainsi « François S » a été un des directeurs ou membre du comité d’évaluation de Paris Biotech Santé. Dès 2005 selon la rédaction du Post.fr, FS est à l’évaluation ou direction de cette structure qui est au cœur de beaucoup de fantasmes. Ainsi et pour cause, lors de l’affaire de l’Arche de Zoe, cette structure a du se défendre contre des accusations qui me paraissent assez peu probables, mêlant test de produits médicamenteux sur des gamins en Afrique. Un membre de cette structure semi-privé a eu le malheur de soutenir par hasard l’Arche de Zoe mais « à titre personnel » (cette personne étant d’ailleurs la fille d’un haut responsable d’une structure de l’évaluation de la recherche en France).


Plus préoccupant c’est cette présence de François Sarkozy a cette époque dans Paris Biotech Santé et donc sûrement un lien qui a pu perdurer de manière informelle (ceci reste à prouver mais classique dans ce genre de milieu). Au cœur de cette belle machine de Biotech, on voit une concentration de personnes plus ou moins connues. On imagine déjà le fonctionnement de cette boite qui forcément voit des réunions de son conseil d’administration et surtout de son organigramme d’évaluation. Au cœur de ce dispositif, on voit des formes de « relation contre-nature ». Ainsi, dans l’organigramme des évaluateurs dont j’ai évidemment une copie-écran, on voit l’improbable. Des hauts fonctionnaires ou assimilés, notamment ayant représenté ou représentant l’Agence du Médicament française ou l’Agence Européenne au milieu d’une pléthore de responsable des firmes. Parmi lesquelles Servier, Sanofi... Ce qui est problématique c’est justement que cette structure peut permettre une forme de discussion transversale hors canaux habituels d’information et hors institution. Car pour Médiator, on imagine mal des responsables de l’Agence recevoir à titre officiel, en tête à tête ou en petit comité des membres de Servier sans avoir à faire un rapport notifié. Certains ironiseront en pastichant l’idée, « c’est un peu comme si les mafieux calabrais rencontraient les juges de Palerme dans une association destinée à la réinsertion des jeunes délinquants… qui le permettrait ? »… Dans cette Paris Biotech Santé, on comprend mal que des pontes de l’évaluation des médicaments, plus spécialiste en dépôt d’AMM plus qu’en recherche et perspectives puisse avoir une moindre crédibilité sur les biotech et les médicaments d’avenir… Le problème de cette instance est posé. J’espère qu’il y a des réponses convaincantes à ce mélange des genres dont est spécialisée la Sarkozye.


Je ne peux imaginer que la structure Paris Biotech Santé au vu de son organigramme soit un lieu idéal qui permet des échanges. Mais c’est gênant. Certes, cette hybride peu utile pour la science et la recherche ou la santé peut se défendre de tout aspect concernant des échanges scabreux entre privé et Etat mais elle rend possible des passages d’informations, des éléments de discussions ou permet de rendre possible des accords tacites ou informels qui peuvent expliquer une porosité décisionnelle. Ainsi, quand on voit le mélange détonnant de ces organigrammes, des membres de l’Agence du Médicament, de l’EMEA, de Servier, des firmes… pour parler biotech officiellement… mais voilà, on sait que ce genre de rencontre multilatérale est impossible dans les agences… donc voilà… comment on peut avoir des doutes sur la légitimité de cette structure une fois qu’on voit un scandale comme Médiator. Encore une fois, une distance est nécessaire et légitime entre privé et évaluation. Cette structure rompt cette distance. Sur ce point donc, on voit une ancienne éminence grise de l’Afssaps, un conseiller spécial du directeur de l’Agence du Médicament être « évaluateur » de cette association… rappelons aussi que grand khan de l’Agence fait parti de cette structure et selon Formindep il a été depuis son départ actif pour Whyest (une firme).


Sans revenir à un colbertisme forcené et un jacobinisme réactionnaire, il serait bon de rompre ces liaisons dangereuses qui mêlent informellement agents de l’état, managers du privé et politiciens… rappelons qu’au milieu de ces gens, une diva égarée s’affiche, il s’agit d’Axel Khan dont le passé pro-firme a toujours été connu. Il est sûrement au sein de cette structure comme une potiche qui permet une crédibilité externe et rien d’autre. Mais dommage qu’il ne voit pas le risque de cette alchimie humaine malheureuse.


L’essentiel de mon propos consiste donc en une critique de l’organigramme qui permet à des représentants de l’Etat, des membres actifs de firmes de se voir sur un terrain neutre pour échanger. Leur background global est bien en dessous du niveau de la plupart des chercheurs INSERM et CNRS qui eux sauraient parler de Biotech et de Santé. Mais voilà, la structure existe et il faut faire avec. Sa critique me semble justifiée comme vous le comprendrez. On voit donc se dessiner un clan Sarkozy, des sociétés de consulting dirigées par le frère d’un président et enfin des courroies de transmission possiblement utile pour entériner des décisions hors cadre des agences. La théorie du complot n’est probablement pas à soulever mais des échanges malencontreux sont possibles par ce biais… et au bout du compte, il faut réfléchir à éviter des futurs Médiator.


Ainsi pour conclure avec les digressions affairistes, nous voyons apparaître ainsi. Il n’y aurait pas de scandale « Médiator », il n’y aurait aucun problème. Mais voilà, 500 à 2000 morts selon les sources officielles… le double ou le triple selon des analystes qui d’ailleurs ne s’étaient pas trompé concernant la Grippe A et la pandémie grotesque de 2009. Ceci motive une forme d’inquisition des structures rendant possible les digressions ou des conflits d’intérêts.

Les conflits d’Intérêts. On pourrait ironiser sur Martin Hirsh qui partage le courage de Kouchner « pas au courant de Médiator en 1998 ». Ce dernier secrétaire d’Etat à la santé avait été de ceux qui n’avaient pas trop condamné l’épidémie de légionellose à Georges Pompidou ultérieurement mais sa carrière politique a ensuite montré qu’il aimait les compromis parfois inexplicables… Pour ce qui est des conflits d’intérêts le journal Marianne a soulevé un « lièvre ». Il a montré que les hauts fonctionnaires des Agences du Médicament aimaient à pantoufler pour faire des sociétés de conseils pour les firmes. Quelques noms sont cités dont un ancien membre actif du Syndicat de l’industrie pharmaceutique a fait carrière à l’agence du médicament à des postes stratégiques et aurait toujours prôné l’importance de l’emploi des firmes à privilégier en regard des risques. D’autres pointures dont un certains professeur Alexandre sont mentionnés au sein de Pharnext. On parle aussi d’anciens représentants de gammes médicamenteuses qui se sont reconvertis dans le privé… un problème d’étanchéité encore.


Outre ces points, lorsqu’on récupère les déclarations de conflit d’intérêt on a du mal à ne pas rire. Ainsi, un conflit d’intérêt doit dater de moins de cinq ans… c’est évident, la mémoire ou la reconnaissance s’arrête à cinq ans. C’est sûrement prouvé scientifiquement. Imaginez que vous receviez un coup de pouce décisif pour votre carrière d’une industrie à vos 30 ans… il n’est pas certains que la mémoire ne soit pas rétroactive à 40 ans ou 50 ans… Alors qu’un historique de carrière intégral serait idéalement requis pour assurer des postes sensibles, les législateurs ne verrouillent pas la porosité du système et laisse cette limite de cinq ans. Parmi la liste des conflits d’intérêts, j’ai noté l’un d’entre eux, Monsieur B, qui avoue être consultant pour une série phénoménale de firmes… rien de problématique mais dans mon univers d’ayatollah assumé, avec un telle diversification de conseil aux firmes, il ne serait pas possible d’occuper un poste à responsabilité dans une commission d’évaluation quelconque. Rappelons l’aspect exécrable de ce cumul alors que bon nombre de praticiens ou de chercheurs sont à ce jour à pointer à l’ANPE. Mais ne voyez aucune agressivité pour l’exemple en question, mais juste le motif de prendre un simple élément de discussion. Enfin de Monsieur B a eu le talent de répondre à des interviews récent en enfumant le sujet par des digressions sur la difficulté d’évaluer les médicaments…
Parmi les cardiologues de renom, rappelons les propos de Claude Evin qui se riait de certains mandarins présentent jusqu’à plus de 50 activités différentes de consulting pro-firmes… là encore, pas d’étanchéité avoué par un ancien grand de la Santé.


Autre élément risible c’est l’absence de sérieux de la procédure concernant les conflits d’intérêts. Ainsi, un haut responsable de l’Agence du Médicament aurait selon diverses sources une épouse travaillant pour du conseil pharmaceutique. Ainsi, n’y a-t-il pas problème d’influence dans ce cas ? Ce n’est pas visible sur es déclarations de conflit d’intérêt de cet homme et pourtant, on peut déduire que la société de conseil de cette épouse de dignitaire doit être appréciée… Mais on imaginera très bien une rouerie légale permettant cet oubli…


Enfin, ayant téléchargé l’ensemble des déclarations de conflits d’intérêts (DCI), on voit clairement le peu de crédibilité de nos institutions sanitaires. Ainsi, la mode semble être la suivante. Un expert doit avoir plusieurs conflits d’intérêts déclarés ce qui empêche officiellement la justice d’avoir la moindre récrimination à faire car l’indépendance de l’expertise se diluerait avec le nombre de contact avec les labos. La logique se tient… mais voilà, changeons de rhétorique et parlons dans un autre domaine. Imaginons qu’on découvre un charnier gigantesque, on exclurait donc par principe et pour raison d’indépendance factice tout intermédiaire qui aurait traité avec plusieurs marchands d’armes voire de type d’armes… ne serait inquiété que l’intermédiaire qui n’aurait acheté uniquement des kalachinikov… on voit la limite de la démonstration.
Lorsqu’on analyse les DCI, on voit des magnifiques experts qui avouent avoir été actif au sein de cours magistraux ou de colloques mais n’auraient pas reçu de rémunération. Sur ce point, on les croit. C’est mal connaitre la recherche et l’expertise. Les gens se battraient pour rajouter une ligne à leur CV pour un jour avoir la possibilité brillante de diriger un laboratoire plus grand ou une équipe à responsabilité. Aussi lorsque le législateur flique les rentrées d’argent, il faudrait plutôt voir le cheminement de chaque homme et regarder les honneurs et distinction qu’il a pu glaner directement ou indirectement pour avoir juste été référent d’un « métraprojet » consistant en l’étude d’un nouveau prototype médicamenteux sur une population cible. Encore une limite du sujet. A vous de juger, rien d’explicite, de répréhensible… mais voilà, beaucoup de lien avec des laboratoires… juste un constat.
  
L’avenir d’un système vérolé. Viox, Célébrex, rozyglitasone, simbvastatine, acomplia, avandia… les molécules qui ont été à problème sont pléthoriques. Les scandales aussi. Rien à voir avec le diantalvic ou d’autre produit qu’on voudrait diaboliser comme le voudrait les tenants de la transparence bancale. Il y a d’abord ceux qui ont su porter l’affaire devant les médias.


Gerard Bapt. Il est probablement un des députés les plus engagés dans le domaine de la vigilance sanitaire. Visiblement légèrement atteint d’une sciatique au vu de sa difficulté à monter des escaliers, ce député peu connu avant l’affaire Mediator est sur tous les fronts sanitaires. Dépistages des surdités chez l’enfant, biberons frelatés à coup de composés dénoncé. A lui tout seul il pourrait éditer une revue équivalente à Prescrire. Cet homme a lancé des dizaines de requêtes pour avoir une évaluation du problème mais il s’est largement heurté à des Agences qui essayaient de couvrir leur lenteur coupable. Outre cette énergie, il ne faut pas imaginer ce député comme un politique obnubilé par un seul sujet. Ceux qui peuvent récupérer ses communiqués de presse, verrons un homme de culture large. Passionné visiblement d’Orient, de géopolitique mais également sensible et humain. N’est il pas un des rares avertis à avoir lancé un CP au sujet d’une affaire sordide de barbarie US en Afghanistan. Gerard Bapt pense qu’il faut réformer le système. Il a des idées et il serait utile qu’on les suive. En ligne de mire, le mélange des genres, les conflits d’intérêts et donc il est aux antipodes de la bonhomie agressive et lâche de Xavier Bertrand.
 
Irène Franchon. Les journalistes qui ont pu la rencontrer sont tous à l’unisson. Quelqu’un honnête, franc et qui cherche la vérité. Elle a un physique charmeur qui est marqué par un regard très vif qui montre une pugnacité opiniâtre. Son combat a commencé il y a longtemps et c’est par son énergie ainsi que grâce à d’autres jalons que l’affaire est sortie. Je pense au Pr Monstastruc qui a le mérité d’avoir publié un article incontournable en 2006 sur le cas d’une valvulopathie qui aurait du causer l’arrêt du Médiator mais qui visiblement n’a pas été suivi par un establishment sourd. Frachon est donc un des éléments forts de l’édifice d’alerte qui s’est levé tardivement. Il est d’ailleurs dommage que nos dispositifs aient plus privilégié les méandres des commissions sanitaires plutôt que l’avis au final très réaliste de cette personne. Aussi, dans un système totalement dévoyé, il serait bon de voir à l’avenir des gens de sa trempe.


Transparence ou vérité ? Alors que l’Elysée s’évertue à vouloir une transparence totale. Belle formule qui vise à supprimer toute vérité sur les défaillances lourdes d’un système vérolé. Il faut revenir sur le problème de médiator. Un produit a été mis sur le marché en 1975. Il a été maintes fois remis en cause. Alors que les coupes faims étaient viré du marché vers 1998, une miraculeuse suggestion d’une indication concernant le diabète a brouillé les cartes. Médiator est donc resté sur le marché. Lorsque des pays européens ont arrêté le produit que ce soit l’Italie, l’Espagne, notre France s’est entêté à produire ce médicament et à le rembourser sans que nos ministres soient informés c’est la version en tout cas transparente qui nous est servi pourrait dire le Canard Enchaîné. Le produit en 2008 était reconduit sur le marché à l’unanimité comme le montre un compte rendu de la commission d’AMM. Unanimité scandaleuse car on imagine les dégâts sanitaires, sociaux causés à la collectivité, aux patients et aux familles. La facture sociale est aussi inscrite dans le marbre. Ainsi une patiente victime de Médiator a pour survivre coûté environ 1,3 millions d’euros à la société… le discours imprécateur de nos ministres chassant les abus ne semble pas se fixer à ces actes délinquants de nos laboratoires. Dommage que la sécurité ne soit pas équitable pour tous. Qu’on s’acharne sur les petits dealers autant que sur les cols blancs responsables de charniers bien plus cachés serait une meilleure justice que cette transparence dont on nous rabâche les oreilles. Au bilan selon Gerard Bapt, Médiator aura coûté à la Sécurité sociale de 1975 à nos jours environ 1,2 milliards d’euros… et nous ne sommes que dans la partie émergée de l’iceberg.


Les Wistlebowers contre les conflits d’intérêts ? Outre les conflits d’intérêts de actifs des agences, des pantouflards qui bifurquent vers des cabinets de conseils ou des sociétés écrans qui visent à proposer des sites de discussions informels, on voit que la porosité de nos systèmes d’évaluation devient burlesque. Ayant plus l’air d’une auberge espagnole qui vit sur le dos des comptes sociaux et des patients, nos agences hexagonales et européennes soufrent de pratiques visiblement très ancrées dans des corps de métier. L’argent ne semble pas le simple moteur de la corruption. Les motivations sont plus diversifiées et sont visiblement poussées par des appétits de pouvoirs ou de notoriétés. Ainsi, pour enrayer ces modes de compromission complexe, il faut réfléchir à un dispositif d’alerte. En ce sens, les modes d’alerte et de témoignage qui existent pour des problèmes de trafics de stupéfiant ou d’armes. Les Wistleblowers à l’Américaine auraient pu éviter le phénomène Médiator mais en France aujourd’hui un lanceur d’alerte serait mis au banc de la communauté de l’expertise, viré d’une agence ou agressé par un procès mené par des cabinets d’avocats prestigieux. Oui, dans le domaine du médicament, comme dans l’industrie ou les banques, la moindre résistance est limée par des réponses judiciaires lourdes. Ces structures peuvent dépenser des millions pour faire taire ceux qui se lèvent et la France ne va pas défendre ces positionnements courageux et éthiques. La mise en place de protection pour les lanceurs d’alerte est un élément crucial pour l’avenir. Une réforme du système qui n’irai pas dans ce sens serait juste une supercherie légale pour laisser faire les choses jusqu’au prochain charnier sanitaire dont la France se fait la spécialité.
 
En conclusion, l’affaire Médiator est exemplaire car elle montre une lourde charge de conflits d’intérêts qui perdurent au sein de l’expertise et des Agences jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Elle met en lumière des pratiques qui n’ont jamais été dénoncées et ceci montre qu’il faut organiser un système de protection de lanceur d’alerte. Cette option sérieuse pourrait impliquer des journalistes, des ONG et un arsenal légal de protection de la source liée à une vérification des informations jusqu’à l’évacuation des « malfaisants ». A ce jour, la seule réponse au Médiator consiste en une éviction de ceux qui n’ont rien vu. L’ensemble de la chaîne de fonctionnement qui a touché le médiator devrait être démis de fonctions à responsabilité que ce soit au niveau français qu’au niveau européen. Il n’est pas normal qu’au sein des organigrammes des agences les Numéro 1 au numéro 6 puissent rester en place. Ainsi que tout conseiller interne à la direction, ceci est important. Un ministre digne de ce nom aurait déjà exigé d’avoir les lettres de démission de ces incompétents volontaires. Nous verrons à l’avenir si dans les organigrammes les choses explosent ou restent en l’état.

http://www.naturavox.fr/sante/article/mediator-le-fiasco-general-qui-en
 
http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/4397e8547982c599be0e95413ed1094d.pdf
http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/3ae00773882397c9bc29ad0aee2586a5.pdf
http://www.hcsp.fr/docspdf/docext/dadpi2009.pdf


http://www.prescrire.org/editoriaux/EDI27581.pdf


www.afssaps.fr/content/download/30434/401641/version/1/.../DPI2009.pdf


http://www.gerardbapt.info/index.php?option=com_content&task=view&id=444&Itemid=1

Voir encore Prescrire et Formindep.


ps : les ministres... bon, on sait qu'ils n'ont pas trop le temps de réfléchir à tous ces enjeux qui les dépassent, on devrait mettre un Claude Even à la Santé ce serait mieux ;)

 Source image : http://a33.idata.over-blog.com

Thèmes

Principe de Précaution Pharmacovigilance Afsapps Politique sanitaire

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commentaires
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(IP:xxx.xx1.173.41) le 10 janvier 2011 à 19H45

Bravo à vous d’avoir eu le courage d’écrire ce long message. Ceci fait suite à d’autres petits problèmes dans d’autres domaines ou plutôt dans tous les autres domaines.

Le premier de tous se termine par la remise en cause courageuse et certainement nécessaire de la Physique.Pourtant, tous les grands cerveaux étaient d’accord avec les erreurs et se vantaient d’avoir terminé une science...

Le mensonge n’est pas étranger à cette destruction de notre société actuelle. Or le mensonge est en très étroite relation avec la manipulation du mental. Ceux qui se sont ventés de leur cerveau rationnel et cartésien se trouvent souvent très logiquement épinglés dans ces scandales. Comme nos physiciens menteurs et dissimulateurs qui semblent ressembler à ces personnes du monde médical. Pourtant, notre éducation nationale se base sur le potentiel d’intelligence pour sélectionner et instruire nos prédateurs. Nous nous retrouvons curieusement devant l’avertissement des dirigeants Chinois dans les années 1975.

Ainsi, les chiffres d’efficacité pour les médicaments seraient donnés par les expériences qualifiées de double aveugle....et les chiffres donnaient qu’aucun médicament n’agissait à plus de 40% d’efficacité. La véritable défaillance n’est-elle pas là ? On fait des protocoles obligatoires pour 100% des malades et seulement 40% en profiteront. On ne peut compter les 30 à 40% de placebo MAIS tous les malades traités risquent les effets indésirables et les contre indications.

Quels étaient les chiffres de ces nouveaux médicaments déjà retirés pour grande toxicité mais dont la vente a été autorisée par la multitude qui devrait veiller à notre sécurité et à l’efficacité des traitements ? Pourquoi conserver ces postes nuisibles à la population ? Un médecin qui a failli une fois est renvoyé et même doit sortir du pays comme à Lille dans le nord selon les journaux et je crois même de Belgique, un commerçant se retrouve à la rue, un cultivateur de même et il existe des postes protégés qui semblent nous nuire. Ne devrait-on pas demander à la Présidence de la République de remettre un peu d’ordre, et peut être même de reprendre SEULE le domaine de la santé ? Il y a bien eu une grosse augmentation du budget de fonctionnement.

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par licomowhi1983 (IP:xxx.xx6.61.25) le 3 juin 2013 à 16H57

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