Chaleur et pollution forment un cocktail détonant et nauséeux à Pékin. A bout de souffle, Hai Lan nous conte cette relation obligée avec ce nouveau “voisin” dérangeant qu’il convient d’apprivoiser. Quoi qu’il en coûte à la santé...
Depuis mon arrivée à Pékin, j’observe avec intérêt la pollution atmosphérique. Pour la première fois, elle est devenue comme une voisine, à qui l’on dit bonjour en sortant de chez soit. Parfois, elle est absente, parfois en pyjama, parfois en grande forme. En général, quand le ciel se fait trop lourd en hiver, les autorités pékinoises mettent la voisine au panier ! Ils arrêtent les centrales à charbon (il y en a une trentaine dans Pékin même). Comme c’est simple, il suffisait d’y penser : les autorités chinoises tournent le bouton on/off. Et au bout de vingt-quatre heures, le ciel redevient bleu comme la mer. Quand je pense que certains font du monitoring ou du planning… ce n’est pas si compliqué que ça, finalement, de gérer une ville.
Alors oui, mes poumons souffrent. Désormais, un sprint à vélo et une accélération à la piscine ne sont plus possibles. Comme si mes poumons se déchiraient. Bizarrement, je m’étais habituée à l’idée que mon souffle se fasse court face à cette « voisine de pallier ». Mais depuis quelques jours, j’ai été prise de malaise. Impossible d’avaler quoi que ce soit. Mon estomac fait des bonds. Ma bouche sent le souffre. « Ça va passer », me dis-je. Mais cela ne passe pas. Cela s’installe. M*** alors. J’avais déjà une voisine pas cool, alors si maintenant j’ai une colocataire dérangeante…
Visiblement, je n’étais pas la seule à éprouver ces malaises. Le gens autour de moi souffrent aussi des mêmes symptômes. Le mystère a fait long feu. Le Dr Amber Chen et le Dr Brent Powis expliquent que la chaleur, combinée aux polluants chimiques émis par les industries et le trafic, constituent un cocktail chimique des plus nocifs. Ce cocktail est particulièrement dangereux pour tous les organes directement en contact avec cette pollution : système respiratoire et digestif ! Ils indiquent que la pollution d’été peut donc causer, outre les habituelles rhinites et toux, des maladies d’estomac ou des états nauséeux constants. La voisine avait donc bien un rapport avec ma colocataire… Me voici donc condamnée à passer le reste de l’été avec ces deux charmantes “personnes”. Aujourd’hui, 19 juin l’indice de l’air à Pékin atteint le niveau de 202 alors que la plupart des villes chinoises ne sont qu’à 50 (sur une échelle allant jusqu’à 250). J’ai la nausée.
Hai Lan19 Juin 2007
Le troupeau aveugle - John Brunner - 1972.
La réalité rejoint "l’ancienne" fiction.
La Chine est vaste. En même temps equ’lle connaît cette situation que vous décrivez, il semblerait qu’elle investisse dans les énergies renouvellables. Dans 10 ans l’usine du monde vas nous envahir de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes pas chères. Déjà les lampes à manivelle si pratiques que l’on trouve dans les magasin d’outillage en France viennent de Chine.












