Article publié le 22 mai 2007
Pas besoin de présenter le Roundup. C’est le désherbant le plus utilisé au monde. Loin pourtant de l’innocuité et de son caractère soit disant respectueux de l’environnement présentés dans ses publicités, le produit phare de la sulfureuse multinationale Monsanto est une nouvelle fois mis en cause dans une étude scientifique de l’université de Caen. L’herbicide est accusé d’avoir des effets toxiques sur les cellules embryonnaires et les tissus placentaires humains, ainsi que d’agir comme un perturbateur endocrinien.

La
France est l’un des pays les plus consommateurs de produits
phytosanitaires au monde. Il aura fallu quelques décennies pour que se
fasse jour une vérité évidente. Ces produits sont toxiques et menacent
l’environnement. Une vérité très éloignée de la banalisation de leur
utilisation entrée dans les crânes à coup de publicités reconnues par
la justice comme mensongères. Rappelons à cet effet, le jugement du
tribunal correctionnel de Lyon du 26 janvier 2007 qui a condamné, deux
responsables des sociétés MONSANTO et SCOTTS France (le distributeur),
pour publicité mensongère sur les pesticides de la marque commerciale
“Round Up”. Les deux sociétés ont été condamnées à verser des dommages
et intérêts (15 000 €) aux deux associations, Eau & Rivières de
Bretagne et la CLCV, qui s’étaient constituées partie civile.
L’aventure judiciaire n’est pourtant pas finie. Les deux sociétés et
leurs deux dirigeants ont fait appel de cette condamnation.
La
molécule active du Roundup est le glyphosate. Le brevet du glyphosate
date de 1969 et la commercialisation de 1975. Si la molécule seule ne
peut pénétrer dans les cellules, les formules désherbantes dans
lesquelles elle est utilisée, incorporent des adjuvants qui la rendent
active sur la vie cellulaire. D’où sa dangerosité. La toxicité vient
davantage encore, que du glyphosate, des ingrédients “inertes” qui
facilitent l’application du Round’up et qui le composent à 99,04%.
Depuis les années 90, il est avéré que le glyphosate a des effets graves sur la photosynthèse des algues (F.A Anton, M. Ariz, The Science of the total environment Supplement 1993) mais aussi sur le comportement des truites et que la molécule peut affecter des animaux domestiques et certains mammifères. Dans ce contexte, il paraissait difficile de croire à une innocuité sur l’homme.
En mars 2002, L’American Chemical Society a publié, les résultats de l’équipe “Cycle cellulaire et Developpement” du CNRS de Roscoff qui mettait en cause le rôle du glyphosate dans la dérégulation de l’activité cellulaire et donc le risque de cancer chez l’homme.
Selon l’étude publiée le 4 mai 2007, réalisée par l’équipe du professeur Gilles-Eric Séralini de l’Université de Caen, membre du Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), “On observe les premiers effets toxiques à des doses 10 000 fois moins concentrées que la formulation vendue en magasin.” Ces effets augmentent au fil du temps. Le Roundup est, en outre, plus toxique que son principe actif (le glyphosate) alors que la majorité des tests avant homologation sont conduits sur cette seule molécule, dénonce le scientifique. Ces conclusions sont le fruit d’une comparaison des effets déjà observés sur les cellules provenant de placenta à ceux susceptibles de se manifester sur des cellules d’embryon.
Gilles-Eric
Séralini, membre depuis des années de la Commission du génie
biomoléculaire (CGB) française, chargée d’instruire les dossiers de
demande d’essais en champ, puis de commercialisation des OGM, ne
cessait de réclamer des études plus poussées sur les impacts du
Roundup. Cet éminent biochimiste considère en effet, que le Roundup est
devenu un produit alimentaire depuis qu’on l’utilise sur les OGM,
capables de l’absorber sans succomber. L’épandage de Roundup est ainsi
utilisé pour détecter la présence d’OGM dans une culture. Seules les
OGM survivent…
Excellent et très informatif article. La dernière phrase fait froid dans le dos. Lire aussi sur ce sujet le point de vue de Jacques Testart sur les OGM.
Très bon article, depuis longtemps j’utilise avec parcimonie ces produits , préfèrons les débroussailleuses aux produits chimiques.
avec parcimonie au niveau mondial, ça fait combien de cancers en moins ?
Ne nous leurrons pas, les grandes exploitations agricoles comme les petites sont obligées d’utiliser des pesticides pour avoir un rendement, à moins de faire de l’agriculture bio, ce qui pour l’exploitant et le potentiel acheteur des produits revient très cher, je parle par expérience.
Sans prétention aucune, je vous conseil ces 2 vidéos d’une même conférence de Claude Bourguignon (microbiologiste du sol) : 1ère partie, 2nde partie
Cela vous permettra je l’espère de parler avec encore plus d’expérience.
Tous ces produits sont nocifs et impactent gravement sur la faune , la flore et l’environement . Qui pourrait en douter à part ceux qui les commercialisent . On assiste en ce moment à une chute de la fertilité des américains , et bien plus à la campagne qu’à la ville. Ce sont bien ces produits qui en sont la cause , ainsi que en france la disparition des papillons dans des nombreuses régions :-((
Bonjour au chat,
pour la baisse de la fertilité, une étude récente américaine met en cause l’utilisation des pilules anticonceptionnelle et ses produits métabolisés et rejetés par l’urine.
Mais est-ce sérieux ?
M. Moreigne, désolé, mais un peu occupé aujourd’hui, je n’ai pas eu le temps de lire votre excellent article avant ce soir (21h.30).
Cependant je vous félicite pour avoir attiré l’attention de nos concitoyens sur ce qui est en passe de devenir un problème majeur de santé publique.
Comme d’habitude, les victimes de ces pollutions seront prises en charges par la communauté : nos dirigeants s’agiteront à nouveau fébrilement sur le déficit de la Sécu...et les actionnaires des sociétés productrices des produits polluants pourront couler des retraites heureuses !
Informer, Informer, voilà la solution, vous le faites très bien, et merci pour cela.
Bien à vous.
C’est bien malheureux de produire avec ces maudits produits !Tous cela me fait penser au film "soleil vert",un peu viellot aujourd’hui,mais dans le style seulement.En effet ont court malgré tout à des catastrophes écologiques majeurs : perte de faune aquatique,terrestres,des forêts primaires (genre amazonie),pollutions à gogo sur toute la planète...Non vraimment le scénario de ce film est toujours d’actualité !Pour changer la donne il(aurait)falllu que les situations économiques mondiales soient toutes équilibrés !De fait,par exemple,un smicard (ou quelqu’un qui gagne un petit peu plus), français ne serait pas obliger d’acheter "de la merde"pour manger, faire son ménage,sont jardin même.Il aurait pu ne pas arbitrer face à sa nourriture les produits d’entretiens, et son confort comme sa voiture ou son lcd.En fait tout ce qui est bon pour nous et la Vie est trop cher pour beaucoup... Et c’est bien là le malheur !!
Le jour où sera privilégiée la qualité au détriment de la quantité, que la grande distribution cessera de tirer les prix toujours vers le bas, afin d’augmenter encore ses marges bénéficiaires,peut-être qu’alors,les agriculteurs Français reviendront à des cultures raisonnées.Le changement ne s’opérera que si la volonté politique est présente (pas aujourd’hui).Encore un minimum de 5ans de Roundup.
Désolé j’ai voté contrairement à mon avis ayant lu "article inintéressant" au lieu de "intéressant" !...Bien sûr que cet article est intéressant.Mais quand fera-ton le procès de la chimie industrielle criminelle ?
Le pire est devant nous, malheureusement. La production du biocarburant, non seulement ravage les dernières forêts primaires de la planète, mais fait monter en flèche le prix du maïs.
Les agriculteurs vont se ruer sur cette manne financière, gaspillant plus que jamais les ressources en eau, les infestant de persticides et d’engrais chimique, détruisant la fertilité naturelle du sol à un rythme jamais atteint.
La désertification qui va en résulter va encore accroître la pression, aggravée par le réchauffement climatique.
Pour ceux qui voulait sauver la planète et l’humanité, j’ai une mauvaise nouvelle : nous avons perdu.












