Article publié le 1er février 2008
Accident chimique ou incinérateur, les causes sont inconnues
Des valeurs 25 fois supérieures à la normale relevées dans l’atmosphère. Les experts sont vigilants.
Il n’y aurait pas lieu de paniquer, mais à tout le moins d’être vigilant : depuis trois jours, les concentrations de mercure ont décuplé dans le ciel bruxellois. Un phénomène qui demeurait inexpliqué ce jeudi soir.
Le réseau Celine, qui mesure les polluants dans l’atmosphère des trois Régions, a relevé depuis ce mardi des concentrations de mercure de 50 nanogrammes par mètre cube d’air. Soit une valeur 25 fois plus élevée que le niveau moyen enregistré dans l’atmosphère de la capitale.
« Nous avons constaté ce phénomène au départ de valeurs aberrantes dans les mesures de l’ozone, explique Olivier Brasseur, analyste chez Celine. Le problème est apparu mardi soir, au sud de Bruxelles. La station d’Uccle était touchée vers 19 h, le Parlement européen vers 20 h et Molenbeek-Saint-Jean vers 21 h. Depuis lors, le phénomène est constant avec une légère atténuation en journée en raison de la présence des autres polluants. »
Deux sources pourraient être à l’origine du problème : un incinérateur de déchets ou un accident dans une industrie chimique. « L’hypothèse de l’accident nous semble moins probable étant donné qu’un accident a un impact limité dans le temps et ne se prolonge pas deux nuits de suite, souligne notre interlocuteur. Cela ne peut provenir que de Wallonie ou de Flandre en raison des vents en provenance du sud. Aucune mesure de mercure n’a été enregistrée jusqu’à présent à la station de Leeuw-Saint-Pierre. »
Potentiel coupable, l’incinérateur de Virginal semblait disculpé hier après-midi. « Les valeurs en métaux lourds enregistrées depuis le début de semaine dans l’incinérateur sont normales », note Claude Pasture, directeur de l’Intercommunale du Brabant wallon.
De son côté, la ministre bruxelloise de l’Environnement Evelyne Huytebroeck signale avoir averti ses homologues wallon et flamand. Tant au nord qu’au sud du pays, les polices de l’environnement mènent l’enquête.
Au laboratoire de toxicologie de l’Université de Liège, on rassure : l’inhalation ne comporte pas de risques pour le moment, compte tenu des valeurs largement en dessous du seuil critique de 1 microgramme par mètre cube évoqué par l’Organisation mondiale de la Santé.
En revanche, le problème pourrait se poser en termes de santé si le mercure s’introduit dans la chaîne alimentaire en se déposant au sol. « En effet, les métaux lourds procèdent par accumulation dans l’organisme, souligne Olivier Brasseur. Mais là, tout dépendra de la durée de la pollution et sa dispersion au sol… »
Mesures actualisées sur www.irceline.be












