Suite à la présentation de la notion d’énergie (appelée "Qi" ou "Chi") en médecine chinoise traditionnelle, vous savez maintenant que l’énergie est la clé de voûte de l’équilibre de notre corps. Mais comment cette énergie peut-elle agir ?
Le Qi nécessite de pouvoir circuler. Tout comme le sang utilise un réseau de vaisseaux sanguins pour nous oxygéner, l’énergie a son propre système de circulation où les chemins empruntés sont appelés des méridiens reliant les différentes parties du corps et connectant les viscères. Toute la médecine chinoise et ses dérivés (acuponcture, shiatsu…) reposent sur cette structure : la compréhension globale du corps, l’appréhension des déséquilibres et les traitements.
Il existe 14 méridiens principaux qui sillonnent tout le corps (voir schéma). La plupart sont associés à un organe spécifique (ex. méridien du cœur, du foie…), les deux derniers permettent une régulation du système interne et leur mode de fonctionnement est un peu à part. Notez que nous sommes bien dans un contexte de médecine traditionnelle et non conventionnelle. Comme on peut le voir sur le diagramme, un méridien peut traverser le corps de la tête au pied (comme le méridien ‘vessie’ ou ‘vésicule biliaire’) et, bien que portant le nom d’un organe, il n’est pas physiquement lié avec celui-ci comme le nom semble l’indiquer : ainsi, le praticien de shiatsu pourra être amené à travailler sur le méridien ‘vessie’ en cas de transpiration nocturne ou sur le méridien ‘vésicule biliaire’ suivant certaines douleurs articulaires.
Mais un méridien, à quoi cela ressemble-t-il ? Pouvez-vous voir de l’énergie ? Certes, une lampe allume, le soleil éclaire ou une batterie alimente une machine… mais ce que nous voyons, ce sont avant tout les effets d’une transmission d’énergie plutôt que l’énergie elle-même. On ne voit pas le courant électrique ou les photons des rayons du soleil. De même, les méridiens ne sont pas une réalité palpable et visible.
Cependant, depuis une trentaine d’années, le sujet intéresse des chercheurs. Partant de la constatation d’effets bénéfiques et reconnus de l’acuponcture ou du shiatsu (notamment dans le domaine du soulagement de la douleur), des études ont été menées pour tâcher de mettre en lumière (c’est le cas de le dire !) les méridiens. Ce n’est que très récemment que des chercheurs allemands (*) ont réussi à photographier les méridiens grâce à une caméra thermographique à rayonnement infrarouge.
Pour
cela, il ont utilisé la technique du moxa (un bâton incandescent
approché des points de travail plutôt que de faire des pressions dessus
– j’en parlerai plus tard) pour stimuler le méridien de la vessie. Son
trajet le long des jambes a alors pu être photographié aux infrarouges
car le rayonnement thermique du corps s’est accru précisément le long
du méridien (photo à droite), tel qu’il est représenté en médecine
chinoise. Les chercheurs expliquent ces résultats par le fait que les
organismes vivants sont en permanence le siège d’une fine activité
électronique.
Le Shiatsu repose donc sur la bonne circulation énergétique au sein de ces méridiens (d’où la notion de "rééquilibrage"). Des nœuds entravant les flux énergétiques permettent d’expliquer certains symptômes et sont intégrés dans un cadre clinique précis. Par exemple, le diagnostic en médecine chinoise des céphalées (= maux de tête) se fait à partir de la localisation de la zone douloureuse dans la tête. Ainsi, une douleur occipitale irradiant vers la nuque correspond au méridien de la vessie, alors qu’une douleur temporale ou pariétale est en relation avec le méridien de la vésicule biliaire. Un même symptôme ne recevra donc pas le même traitement en médecine chinoise.
(*) Schlebusch K.-P., Maric-Oehler W., Popp F.-A (2005) :"Biophotonics in the infrared spectral range reveal acupuncture meridian structure of the body", Journal of Alternative Complementary Medicine, 11(1):171












