Dans le monde, un tiers des espèces de grenouilles sont aujourd’hui menacées d’extinction. Un constat accablant à ne pas mettre sur le dos de la spécialité culinaire qui a toujours indignés nos voisins d’outre-manche, mais qui est vraisemblablement imputable, pour une bonne part, à la pollution agricole et industrielle.
C’est en tout cas ce que montre une étude scientifique, dont la publication est prévue pour le mois de mai prochain.
Une
étude qui révèle que la présence dans l’eau de polluants mimant
l’action des oestrogènes influence la différentiation sexuelle des
têtards. Ainsi, au lieu d’une proportion égale de mâles et de femelles,
la population exposée voit arriver à maturité sexuelle 95 à 100% de
femelles.
Un résultat qui confirme d’autres études menées sur d’autres espèces animales.
Il a été observé depuis plusieurs années un phénomène équivalent chez
certains poissons devenus hermaphrodites, mais également une
féminisation chez des espèces comme l’alligator de Floride, ou encore
l’ours polaire, des animaux vivants dans des milieux très pollués.
Mais qu’en est-il chez l’Homme ?
Le
constat est le même. C’est l’équipe d’endocrinologie pédiatrique du CHU
Arnaud de Villeneuve installée à Montpellier qui a tiré la sonnette
d’alarme en constatant une augmentation très significative des cas de
malformations génitales chez les garçons. Ces malformations résultent
d’un défaut de la masculinisation du fœtus pendant la grossesse,
l’enfant souffrant de pathologies allant du micropénis jusqu’au
pseudo-hermaphrodisme.
Menée sur 995 enfants de sexe masculin, une
étude épidémiologique a révélé 25 cas de malformations, soit 10 fois
plus que ce qu’attendaient les chercheurs. 8 de ces garçons étaient
issus de familles exposées aux pesticides, le risque de malformations
pour ces foyers se révélant être 4 fois plus important.
Qu’en est-il des filles ?
L’influence de ces polluants est
évidemment inversée. En effet, les études menées sur la puberté précoce
chez les filles montrent que l’âge de l’apparition des caractères
sexuels comme celui de la survenue des premières règles, diminue.
Selon
une étude américaine, 1 fille sur 6 verrait aujourd’hui ses seins se
former et sa pilosité apparaître dès l’âge de 8 ans, ses premières
règles arrivant vers 9 ans, soit avec 3 ou 4 ans d’avance. Il y a 25
ans, la puberté précoce ne concernait qu’une fille sur 100.
Populations
de têtards exclusivement femelles, poissons hermaphrodites, ours
polaires féminisés, jeunes garçons souffrant de malformations
génitales, jeunes filles à la puberté de plus en plus précoce, les
symptômes d’une grave influence des rejets industriels et agricoles
sont bien là.
Phtalates, pesticides, hormones de synthèse, et
d’autres molécules constituent une réelle menace pour l’ensemble des
espèces dont la reproduction sexuée garantie la diversité génétique.
Des
signes qui doivent être pris au sérieux et nous conduire enfin à
prendre en main la qualité de l’eau douce dont nous disposons.
Sources :
Yahoo ! Actualités : Des grenouilles mâles transformées en femelles à cause de la pollution
Doctissimo : Malformations sexuelles : la pollution au banc des accusés
Viva Presse : Quand la chimie perturbe nos hormones
Crédit photo : © O. FRIGOUT
Très bon article résumant bien un nouveau problème attribuables aux pollutions diffuses.
Bon article car concis. Mais qui cit concis dit court et qui dit court dit simplificateur.
Pour ce qui concerne la transformation des grenouilles ou des poissons mâles en femelles par ingestion de produits endocrinologiques, je tiens à préciser que les principales émissions de ces produits dans l’environnement ne sont ni les industriels, ni les agriculteurs (que vous pointez du doigt), mais les ménages. Car malheureusement les stations d’épurations ne détruisent ni ne filtrent ces molécules.
Comme pour les pesticides (responsables d’autres maux), tous les jours de nouvelles molécules sont découvertes. Je ne suis pas contre le progrès, mais je suis révolté de l’insuffisance des tests imposés préalablement aux autorisation de mises sur le marché.
Il semble impossible à nos industries chimiques ou pharmaceutiques de prévoir l’effet de leurs molécules sur les écosystèmes et on découvre toujours après coup les catastrophes écologiques, avec un air étonné.
Mais où est le principe de précaution ? A croire que le principe de profit immédiat, conséquence du libéralisme économique, ne soit plus fort que lui !
Il est vrai que les hormones de synthèse issues de la contraception (pilule) jouent un rôle non négligeable, c’est la raison pour laquelle elles sont citées, avec les autres sources, en fin d’article. Mais la forte occurence de ces malformations dans les familles agricoles montrent un risque accru que les pesticides génèrent de façon irréfutable. Si les industriels intégraient dans leur politique le principe de précaution, non seulement ils ne pourraient commercialiser bon nombre de molécules, mais ils ne les commercialiseraient pas, après interdiction dans les pays développés, en Afrique par exemple. C’est pourtant le cas, ce qui montre le peu de cas qu’ils font de la santé publique.












