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Pollution : vers un monde uniquement féminin ?

Article publié le 13 mars 2007

Pollution : vers un monde uniquement féminin ?

Dans le monde, un tiers des espèces de grenouilles sont aujourd’hui menacées d’extinction. Un constat accablant à ne pas mettre sur le dos de la spécialité culinaire qui a toujours indignés nos voisins d’outre-manche, mais qui est vraisemblablement imputable, pour une bonne part, à la pollution agricole et industrielle.

C’est en tout cas ce que montre une étude scientifique, dont la publication est prévue pour le mois de mai prochain.
Une étude qui révèle que la présence dans l’eau de polluants mimant l’action des oestrogènes influence la différentiation sexuelle des têtards. Ainsi, au lieu d’une proportion égale de mâles et de femelles, la population exposée voit arriver à maturité sexuelle 95 à 100% de femelles.
Un résultat qui confirme d’autres études menées sur d’autres espèces animales.

Il a été observé depuis plusieurs années un phénomène équivalent chez certains poissons devenus hermaphrodites, mais également une féminisation chez des espèces comme l’alligator de Floride, ou encore l’ours polaire, des animaux vivants dans des milieux très pollués.

Mais qu’en est-il chez l’Homme ?
Le constat est le même. C’est l’équipe d’endocrinologie pédiatrique du CHU Arnaud de Villeneuve installée à Montpellier qui a tiré la sonnette d’alarme en constatant une augmentation très significative des cas de malformations génitales chez les garçons. Ces malformations résultent d’un défaut de la masculinisation du fœtus pendant la grossesse, l’enfant souffrant de pathologies allant du micropénis jusqu’au pseudo-hermaphrodisme.
Menée sur 995 enfants de sexe masculin, une étude épidémiologique a révélé 25 cas de malformations, soit 10 fois plus que ce qu’attendaient les chercheurs. 8 de ces garçons étaient issus de familles exposées aux pesticides, le risque de malformations pour ces foyers se révélant être 4 fois plus important.

Qu’en est-il des filles ?
L’influence de ces polluants est évidemment inversée. En effet, les études menées sur la puberté précoce chez les filles montrent que l’âge de l’apparition des caractères sexuels comme celui de la survenue des premières règles, diminue.
Selon une étude américaine, 1 fille sur 6 verrait aujourd’hui ses seins se former et sa pilosité apparaître dès l’âge de 8 ans, ses premières règles arrivant vers 9 ans, soit avec 3 ou 4 ans d’avance. Il y a 25 ans, la puberté précoce ne concernait qu’une fille sur 100.
Populations de têtards exclusivement femelles, poissons hermaphrodites, ours polaires féminisés, jeunes garçons souffrant de malformations génitales, jeunes filles à la puberté de plus en plus précoce, les symptômes d’une grave influence des rejets industriels et agricoles sont bien là.
Phtalates, pesticides, hormones de synthèse, et d’autres molécules constituent une réelle menace pour l’ensemble des espèces dont la reproduction sexuée garantie la diversité génétique.

Des signes qui doivent être pris au sérieux et nous conduire enfin à prendre en main la qualité de l’eau douce dont nous disposons.

Sources :
Yahoo ! Actualités : Des grenouilles mâles transformées en femelles à cause de la pollution
Doctissimo : Malformations sexuelles : la pollution au banc des accusés
Viva Presse : Quand la chimie perturbe nos hormones

Crédit photo : © O. FRIGOUT

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commentaires
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par Onéma (IP:xxx.xx9.239.161) le 14 mars 2007 à 19H10

Très bon article résumant bien un nouveau problème attribuables aux pollutions diffuses.

Bon article car concis. Mais qui cit concis dit court et qui dit court dit simplificateur.

Pour ce qui concerne la transformation des grenouilles ou des poissons mâles en femelles par ingestion de produits endocrinologiques, je tiens à préciser que les principales émissions de ces produits dans l’environnement ne sont ni les industriels, ni les agriculteurs (que vous pointez du doigt), mais les ménages. Car malheureusement les stations d’épurations ne détruisent ni ne filtrent ces molécules.

Comme pour les pesticides (responsables d’autres maux), tous les jours de nouvelles molécules sont découvertes. Je ne suis pas contre le progrès, mais je suis révolté de l’insuffisance des tests imposés préalablement aux autorisation de mises sur le marché.

Il semble impossible à nos industries chimiques ou pharmaceutiques de prévoir l’effet de leurs molécules sur les écosystèmes et on découvre toujours après coup les catastrophes écologiques, avec un air étonné.

Mais où est le principe de précaution ? A croire que le principe de profit immédiat, conséquence du libéralisme économique, ne soit plus fort que lui !

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par Olivier FRIGOUT (IP:xxx.xx2.209.148) le 30 décembre 2007 à 17H42

Il est vrai que les hormones de synthèse issues de la contraception (pilule) jouent un rôle non négligeable, c’est la raison pour laquelle elles sont citées, avec les autres sources, en fin d’article. Mais la forte occurence de ces malformations dans les familles agricoles montrent un risque accru que les pesticides génèrent de façon irréfutable. Si les industriels intégraient dans leur politique le principe de précaution, non seulement ils ne pourraient commercialiser bon nombre de molécules, mais ils ne les commercialiseraient pas, après interdiction dans les pays développés, en Afrique par exemple. C’est pourtant le cas, ce qui montre le peu de cas qu’ils font de la santé publique.


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