La
vie nous met face à un choix paradoxal. De par son impermanence, on
serait tenté de vouloir profiter un maximum des plaisirs de la vie et
ainsi ne se donner aucune limite. Mais d’un autre côté, prévoir,
construire, se projeter, deviennent une nécessité pour avoir une vie
organisée et harmonieuse. La vie nous réserve un certain nombre de
devoirs auxquels on ne devrait pas se soustraire. Alors, on est
tiraillé entre l’envie de profiter au maximum de la vie et de l’autre
de se protéger, se projeter. On peut toujours se projeter dans un
avenir plus ou moins éloigné où on se dit qu’on pourra toujours à ce
moment-là faire ce qu’on a vraiment envie, mais de par l’impermanence
des choses, peut-être qu’on ne sera plus là pour le faire. D’un autre
côté, profiter de la vie maintenant, sans se soucier de l’avenir, peut
être préjudicial, surtout si ce futur devient réalité. On est donc face
à un choix paradoxal ou peut-être pas. Peut-être que trouver un
équilibre entre l’envie de profiter de la vie et la nécessité de se
projeter, pourrait amener une vie harmonieuse.
Il n’y a peut-être pas forcément d’opposition entre ces deux éléments. L’impermanence de la vie et la confrontation à la mort nous recadrent et nous invitent avec insistance à se concentrer sur l’essentiel. Faire le tri dans sa vie entre ce qui est futile et ce qui ne l’est pas, sans pour autant bannir les petits plaisirs de la vie. Tout en sachant que les plaisirs restent impermanents eux aussi. Inexorablement, tout a une fin. Ça ne sert à rien de se voiler la face. Devant cette évidence, se projeter dans l’avenir change de perspective, car on ne voit alors plus le temps à venir comme quelque chose d’infini pour soi, mais bien de fini. Ça permet à nouveau de se recadrer, de comprendre que par moment, c’est sur l’instant qu’on doit accomplir certaines choses, car le temps court et ne se rattrape pas. Finalement, être bien présent à soi, attentif aux personnes et aux choses qui nous entourent, afin de pouvoir vivre pleinement sa vie.
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