Article publié le 13 décembre 2007
Le Grenelle de l’environnement qui s’est déroulé dernièrement aurait dû permettre de prendre des décisions en matière de cultures transgéniques. Il y a peu de temps, Claude Lagorce, agriculteur à Girac, se donnait la mort pour ne pas assister à une manifestation d’anti-OGM contre ses cultures de maïs génétiquement modifié. Cet événement ne fait qu’alourdir un climat déjà peu propice au dialogue tant les positions des « pros » et des « antis » semblent irréconciliables.
Les divisions de la communauté scientifique et le manque de transparence du débat ne font qu’ajouter à la confusion d’une opinion publique, qui dans une sorte de réflexe de précaution, est majoritairement opposée aux OGM, un peu comme si dans le doute mieux valait s’abstenir…
Que faut-il en penser ? Poison ou panacée ? Source de formidables espoirs ou boite de pandore ? Pour essayer de clarifier ce débat, il convient de rappeler quels sont les enjeux, les menaces avant d’envisager les perspectives qu’offrent les OGM.Mais tout d’abord, qu’est-ce que c’est qu’un OGM ?
C’est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par génie génétique, soit pour accentuer certaines de ses caractéristiques ou lui en donner de nouvelles considérées comme désirables, soit au contraire pour atténuer, voire éliminer certaines caractéristiques considérées comme indésirables. Si l’on tente de traduire cela en langage courant, on pourrait dire que par un mécanisme de type « copier/coller », la science permet de retirer ou d’ajouter des séquences d’ADN dans le génome d’un organisme (ex. on copie le gène d’une bactérie pour le coller dans l’ADN du maïs), le caractère modifié se reproduisant ensuite en principe dans la descendance de cet organisme créant par là même une nouvelle espèce dite génétiquement modifiée.
Six catégories de gènes sont concernées : des gènes de résistance aux insectes, des gènes de tolérance aux herbicides (les OGM possédant ces gènes sont censés nécessiter moins d’herbicides), des gènes marqueurs, le gène de stérilité mâle, des gènes antisens ou « sens bloquant la traduction d’autres gènes », enfin les gènes utilisés pour réaliser des animaux transgéniques à différentes fins.
Qu’en est-il des fins justement ? Quels progrès les OGM tant décriés nous permettent-ils d’entrevoir ?
Les applications possibles concernent essentiellement l’agriculture et la santé. Il devient envisageable de ralentir le processus de mûrissement d’un légume comme la tomate ou de modifier les teneurs en oligo-éléments de certaines céréales comme le riz. Les méthodes qui consistaient à sélectionner et à croiser par tâtonnement des plantes pour obtenir des variétés nouvelles ayant certaines caractéristiques recherchées laissent la place à la conception, par le truchement de la génétique, d’espèces mieux adaptées à certaines conditions (sécheresse, salinité, tolérance à un herbicide pour éviter les pertes de rendement, plantes sécrétant une toxine insecticide pour éviter le recours aux pesticides…). Autres exemples : la modification génétique de l’anophèle, moustique vecteur du paludisme, pourrait permettre d’éradiquer ce fléau ; le processus de fabrication de la pâte à papier pourrait être facilité grâce à des peupliers ayant un moindre taux de lignine. Beaucoup de ces applications en sont encore au stade de l’expérimentation (en particulier la production d’« alicaments » et de substances médicales comme l’insuline) mais d’autres sont déjà commercialisées (maïs, riz, coton, colza, betterave, pomme de terre, soja, œillets, chicorée, tomate et tabac).
Si les questions éthiques pourraient faire l’objet de débats sans fin (étonnamment, les voix religieuses sont peu audibles sur ce sujet), elles semblent mises en suspens par l’importance des enjeux. Il ne s’agit pas simplement de défendre le progrès scientifique, les véritables enjeux sont humanitaires, environnementaux, économiques et politiques.
Au-delà de leur simple potentiel économique, les OGM semblent nous offrir un moyen efficace de lutte contre le sous-développement et la famine sur une planète dont la population ne cesse de croître. Ils pourraient également nous permettre de relever un grand nombre de défis environnementaux (limitation des pesticides, remède aux aléas climatiques, biocarburant…. Ces perspectives ne sont d’ailleurs pas sans alimenter de nouvelles controverses. Il suffit de mentionner que si 250 kg de maïs pourraient permettre de produire l’équivalent d’un plein (50l) d’éthanol, ils pourraient également permettre d’assurer la subsistance alimentaire d’un individu pendant une année…
S’il est encore tôt pour avoir une juste appréciation des bénéfices en matière de santé, les enjeux politiques sont clairs tant l’indépendance énergétique apparaît comme une variable stratégique à l’aube de l’ère de l’après-pétrole. Face à tant de promesses, de quelle nature peuvent bien être les dangers, réels ou supposés, que ce jeu de mécano sur l’ADN fait peser sur nos têtes et qui conduit un si grand nombre de nos concitoyens à la désobéissance civile ?
L’une des premières conséquences du « brevetage du vivant » est à la fois d’ordre économique, philosophique et juridique. Au-delà des propriétés insecticides par exemple, la logique marchande sur laquelle repose le développement des OGM induit des corollaires discutables : la stérilité des semences par exemple qui implique la dépendance à l’égard des semenciers ou la propriété intellectuelle, aspect d’autant plus crucial que le potentiel de dissémination vers les espèces « cousines » et ses conséquences sont difficilement prévisibles. A cet égard, les mesures de confinement (distances d’isolement, zone-tampon, …) des cultures de plein champs paraissent assez dérisoires. Combien de pays (et en majorité des pays en développement) seront demain à la merci de quelques multinationales ? La filière bio pourra-t-elle survivre si les cultures OGM se répandent ? Si des agriculteurs voyaient leur cultures touchées par des modifications génétiques devrait-ils des royalties au semencier à l’origine de la plante OGM souche ?
Il existe également un danger d’ordre alimentaire. Malgré le nombre croissant des études d’impact, les experts restent divisés quant à l’innocuité supposée des OGM sur notre santé. Le cahier des charges des tests (protocoles, échantillons, durées) de même que l’indépendance des instances qui y procèdent sont au cœur des débats. Le manque de clarté et de transparence autour des tests ne plaide pas en faveur des partisans des OGM et participe au climat de suspicion qui prévaut dans l’opinion publique d’autant qu’il n’échappe à personne que la partie est inégale entre les superpuissances de l’agro-industrie d’un côté et des ONG aux moyens limités de l’autre. Le principe de traçabilité est certes de rigueur mais le cadre légal européen tolère des « cas de présence fortuite ».
Le risque environnemental enfin n’est pas à négliger. Il est par exemple difficile aujourd’hui de mesurer l’impact de plantes ayant des gènes insecticides sur des espèces utiles occupant les mêmes niches de l’écosystème. La diffusion de gènes de résistance pourraient avoir des effets désastreux si elles se diffusaient à certaines espèces pathogènes (bactéries) et rendaient par là même inefficace notre arsenal antibiotique. Les logiques de progrès et de profits ici combinées ne risquent-elles pas de nous faire vivre de nouveaux drames comparables à ceux de l’amiante ou du propylène qui a contaminé nos rivières ? L’équilibre écologique de notre planète déjà si menacé pourra-t-il le supporter ?
Mais revenons à la situation en France et en Europe. En la matière, la France comme ses voisins est engagée dans un processus collectif qui, pour ne pas obérer nos marges de manœuvres ou nous imposer ce que nous ne souhaitons pas, doit faire l’objet d’une attention toute particulière.
En effet, depuis l’adoption de la directive européenne sur la dissémination des OGM dans l’environnement, en 2001, la position de la Commission est claire : aucun pays ne peut s’opposer à leur culture pour des raisons politiques ou commerciales. Partant du principe que les plantes autorisées dans l’UE ne sont pas dangereuses (celles-ci devant faire l’objet d’un processus d’autorisation qui fait débat), elle considère les restrictions comme des entraves à la libre circulation des biens et une interdiction ne pourrait se justifier que par l’apport de preuves de risques pour la santé ou l’environnement.
Depuis 2001, les produits contenant des OGM au-delà d’un seuil de 0,9 % doivent être étiquetés, et toutes les filières (OGM, biologiques et conventionnelles) doivent coexister. Plusieurs pays cependant (l’Allemagne, la Pologne ou l’Italie) et de nombreuses collectivités (en France, en Grande-Bretagne ou en Belgique) rejettent les OGM, considérant que la directive autorise en fait une contamination générale de l’environnement. Seul 6 pays sur 25 ont adopté une position résolument en faveur des OGM (c’est notamment le cas de l’Espagne ou du Portugal en partie sans doute sous l’influence de leur contexte climatique aride).
L’Autriche qui a essayé d’adopter récemment une loi prévoyant une interdiction des OGM au nom de la préservation des écosystèmes locaux, a vu la Cour de justice européenne trancher en sa défaveur le 13 septembre, estimant qu’elle n’avait apporté aucun élément probant et s’était bornée « à souligner la petite taille des exploitations agricoles ainsi que l’importance de l’agriculture biologique » sur le territoire concerné.
La France, où seul le Mon 810 (maïs transgénique pesticide de Monsanto) est cultivé sur une surface de 22 000 ha (soit 0,18% de la surface cultivée) paraît loin d’être submergée si on la compare au 17 M d’ha de Mon 810 cultivés en Argentine ou aux 50 M d’ha plantés aux Etats-Unis.
C’est pourquoi il est encore temps de débattre et de prendre des décisions avant que la situation ne nous échappe et, le Grenelle de l’environnement aurait pu en offrir l’occasion.
Mais quelles mesures prendre ? Les exigences des ONG sont-elles si délirantes que les représentants d’une agriculture productiviste se sentent obligés de brandir la menace d’un veto ? Ou est-ce leur logique schumpétérienne qui fonde les profits sur l’innovation qui s’accommode mal des délais induits par le principe de précaution ?
Les préconisations des anti-OGM ne sont pourtant pas dénuées de pertinence puisqu’elles proposent notamment :
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la création d’instances de contrôle des OGM et de leur utilisation (en particulier au niveau européen où c’est jusqu’à présent l’AESA -agence européenne pour la sécurité alimentaire- qui fait à elle seule la pluie et le beau temps en matière d’OGM alors que son indépendance est sujette à caution) ;
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le renforcement des contraintes qui pèsent sur l’expérimentation et notamment les cultures de pleins champs ;
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la limitation des marges de manœuvre des entreprises diffusant les OGM existants ;
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une loi imposant aux producteurs d’OGM de souscrire une assurance couvrant les risques économiques et écologiques qu’ils font encourir aux particuliers et à la société.
Ces propositions méritent d’être étudiées tout comme les diverses mesures qui pourraient être mises en œuvre
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pour favoriser la recherche en milieu confiné (car il ne saurait être question de faire obstacle au progrès),
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pour définir des cahiers des charges de tests moins sujets à controverse,
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pour renforcer la traçabilité et l’étiquetage des produits (celui-ci n’est pas obligatoire pour la viande, le lait, les œufs, etc, obtenus à partir d’animaux nourris avec des produits OGM !).
Qu’ils soient inoffensifs ou non, chacun doit rester libre de consommer ou non des produits à base d’OGM comme il est libre de recourir à des moyens contraceptifs ou non.Il semble enfin primordial de parvenir à créer les conditions d’un véritable débat démocratique (en particulier par la pédagogie, par la diffusion d’informations, de résultats d’études, …) : c’est la condition essentielle pour que les politiques soient à même de définir les orientations du pays et de faire entendre la voix des citoyens au sein des instances européennes où la véritable partie se joue.
Cette réappropriation du débat par les citoyens face aux acteurs économiques, scientifiques ou industriels, cette confrontation entre des personnes physiques et des personnes morales était l’un des enjeux, et non des moindres, du Grenelle de l’environnement et le gouvernement actuel sera jugé à l’aune de ce sur quoi cette consultation débouchera. Mais, si des idées nouvelles, qu’il faudra suivre, ont émergé (taxe carbone, nouveaux standards de constructions etc.), il faut bien reconnaître que, concernant les OGM, il en ressort davantage une impression que nous sommes restés au stade des bonnes intentions et des louables incantations car la promesse d’un moratoire ne résout rien.
Place de la Gauche. http://www.placedelagauche.org
Vous écrivez : "Au-delà de leur simple potentiel économique, les OGM semblent nous offrir un moyen efficace de lutte contre le sous-développement et la famine sur une planète dont la population ne cesse de croître."
Un rapport complet a été publié par une association indépendante qui démontre faits à l’appui (avec citation des sources et références) que les OGM agricoles sont un échec complet dans les trois domaines où ils nous avaient promis monts et merveilles :
la famine dans le monde augmente et les OGM ont provoqué des problèmes sociaux importants notamment en Inde (suicides de petits paysans ruinés) et en Afrique du Sud (ruine de petits paysans).
augmentation de la consommation de pesticides (!)
et rendements dans certains cas catastrophiques (Paraguay, Brésil car certains OGM agricole sont très vulnérables à la sécheresse)
Pour avoir accès au résumé en français de ce rapport : http://www.amisdelaterre.org/Les-OG...
bonne lecture
MH
O.G.M. = Organisme génétiquement modifié
Première remarque : cet acronyme comprend en fait tant les bactéries, insectes, champignons...soit tout organisme vivant dont les plantes. Il serait donc plus juste, s’adressant aux plantes de dire P.G.M.= Plante Génétiquement Modifiée !!
2e remarque : Les OGM (bactéries, cellules végétales isolées,...) sont utilisés en recherche médicale pour étudier des cibles possibles de médicaments, comprendre un mode d’action,...Vouloir interdire ces travaux serait une grave erreur pour le bien être futur des Hommes.
3e remarque : Les gènes isolés et réintroduits à ce jour dans des plantes cultivées sont en nombre limité car ils ne s’adressent qu’à des systèmes biologique à déterminisme génétique simple : un gène > un enzyme. Les premiers utilisés ont été des gènes apportant la résistance à des herbicides ( facilitant ainsi le tri des cellules à patrimoine génétique modifié quand l’herbicide est actif in vitro ), ou bien anti-sens comme il est indiqué dans l’article , c’est à dire que l’on insère la copie inverse du gène cible pour neutraliser l’effet du gène natif.
Pas d’avantage est-il écrit des PGM ! Logique à ce stade des recherches : la tomate qui se conserve mieux a un goût détestable ! vrai ! raison = utilisation d’une variété destinée à la conserverie, très riche en matière sèche, pour faire du concentré. Il eut été plus judicieux de choisir comme plante receveur du gène une variété destinée au marché frai ! Hélas, à la date des travaux (début des ’80), un seul cultivar de tomate autorisait la régénération d’une plante fertile à partir d’une cellule transformée ! Les entreprises à l’origine de ce travail ont préféré commercialiser le produit obtenu rapidement pour influencer l’évaluation de leurs actions !! Erreur qui ruina l’image de cette PGM et incita les medias non informés (comme souvent) à dénigrer la technologie alors qu’il s’agissait en fait d’un mauvais choix de variété à transformer génétiquement. Retarder la mise en place de la biosynthèse de la polygalacturonase reste à mon avis un bon objectif de recherche. Certains y sont parvenus sans P.G.M. . La sélection variétale assistée par marqueurs moléculaires est adaptée pour un critère qualitatif comme celui-ci.
Autre erreur des acteurs allant sur le marché trop vite (toujours pour des raisons boursières) : demander l’homologation par les Etats de plantes contenant des constructions génétiques incorporant des gènes marqueurs utiles in vitro mais inutiles pour l’expression future du gène dans les champs. C’est d’autant plus regrétable que les techniques d’élimination des gènes marqueurs sont efficaces. Puisqu’il est possible désormais de transformer la quasi totalité des espèces de plantes cultivées par Agrobacterium tumefaciens , il suffit de mettre le gène d’intérêt et le gène marqueur sur des plasmides différents. La recherche et l’obtention ultérieure d’une plante transformée avec le seul gène d’intérêt est simple à réaliser avec le concours des fameuses lois de Mendel ! ( croisement entre la plante transformée et une plante non transformée , autofécondation des plantes hybrides F1 obtenues et examen de leur descendance en F2 ). Bien sur il faut aussi trouver la plante transformée sans gène marqueur qui exprimera le mieux le gène d’intérêt introduit, en tout lieu et sous toute condition climatique...quand on sait que les plantes ont justement des quantités de gènes dont l’expression varie en fonction du milieu et de son action sur les séquences promotrices...il y a loin du labo au champ....d’où les choix des semenciers pour aller au marché au plus vite.
Il n’est alors pas bien normal que les experts chargés de ces homologations pour la mise en marché n’aient pas été plus rigoureux sur les règles à appliquer d’un point de vue éthique ou technique. Il n’est pas normal en effet de mettre sur le marché des plantes ayant des gènes de résistance à certains antibiotiques, utilisés in vitro pour trier les cellules transformées.
Avenir : On pourrait raconter ainsi le bon et mauvais choix pour chacun des gènes actuels ! Je suis à la disposition de ceux qui seraient intéressés... Ce que je sais aussi c’est que la Nature est remplie de systèmes génétiques super efficaces contre les maladies fongiques, les bactéries, les insectes ! Allez visiter les zônes tropicales... là où rien ne manque pour faire pousser les plantes ! Alors pourquoi ne pas rechercher chez ces végétaux les solutions génétiques inventées par la nature pour les transposer chez certaines espèces cultivées ? Le décriptage des génomes, la recherche de la fonctionalité des gènes impliqués, leurs interactions etc sont donc des voies de recherche à suivre. Les PGM sont des outils remarquables pour aider ces recherches. Les essais au champ sont in-dis-pensables pour s’assurer du bon niveau et de la stabilité de l’expression des gènes ! N’en déplaise à ceux qui s’opposent à ces recherches !!
Hélas il y a encore beaucoup à découvrir pour influencer des caractères agronomiques ou qualitatifs dont le déterminisme génétique est multigénique ! Et puis il faut savoir être aussi inventif que la nature et envisager des insertions de gènes qui ne fonctionnent que quand et où on en a besoin. Ainsi un gène de tolérance à un herbicide ne devrait s’exprimer que dans le tissu cible et jamais dans les graines si elles sont consommées par exemple !
Il faut savoir que le gène n’est pas lui seul un problème potentiel. C’est une succession de bases AGCT contenus dans le noyau des cellules. Et ça, notre tube disgestif est bien équipé pour le digérer !! En revanche la protéine dont il commande la fabrication dans la plante peut elle avoir des effets indésirables.
Il faut donc faire des progrès dans les choix des promoteurs des gènes. Il serait bien aussi de définir l’endroit où insérer le gène, pour mieux contrôler son interaction sur les autres gènes natifs, etc...
Toutes ces études ne pourront s’entreprendre sans poursuivre les travaux avec des O.G.M. ou des P.G.M. !
Alors les anti-tout qui dissertent sur le bien et le mal, commencez par revoir les connaissances biologiques de base sur ces sujets et ensuite il nous sera plus facile, ensemble de contrôler tant nos efforts de recherche que les applications bénéfiques.
A vous lire....
autres themes : semences de ferme = arnaque médiatique, toxicité des gènes Bt du maïs vs insecticide bio à base de Bt sauvage ! Dissémination des gènes dans les autres espèces, Accélération de l’évolution des espèces via la transgénèse : pour ou contre (peut-on faire en 20 ans ce que la nature fait en 100000 ans ? )
@Seedman
"semences de ferme = arnaque médiatique"
Vous pouvez développer, svp...
Je ne suis pas un scientifique, ni un "anti-tout", mais je réfléchis, je compare...
1° - Les abeilles butinent dans un rayon de 3 km autour de leurs ruches, voire 5 km si les fleurs se font rares dans leur environnement. Alors la "bande de sécurité" ou distance d’isolement de 50 mètres autour des plantations OGM en plein champ est parfaitement ridicule !!
2° - Imaginons que j’aille uriner dans le "tank à lait" d’un producteur de lait ( de la FNSEA par exemple ). Son lait contiendrait environ 0,025% d’urine, donc un pourcentage bien inférieur à 0,9%, et donc pas besoin de le signaler sur l’étiquette du lait. Je suppose que dans ce cas, la FNSEA ne verrait pas d’objection à ce genre de comportement ? Pour arriver à 0,9% de pollution, il faudrait que 36 personnes urinent dans ce même volume de lait : cela vous donne une échelle de comparaison de ce que représentent les 0,9% de pollution OGM que l’on veut autoriser dans l’alimentation humaine.
3° Les assureurs vous assurent pour tout, dans la mesure où ils peuvent calculer les risques encourus. Alors pourquoi l’assureur que j’ai consulté ne veut-il pas m’assurer contre les pollutions par le pollen de maïs OGM que pourraient subir mes productions apicoles ?? ( N’oubliez pas : 3 à 5 km, et sans tenir compte du vent ...)
4° - MM. Jacques Attali et Luc Ferry ont bien raison de vouloir supprimer le principe de précaution : avec un tel principe, nous aurions loupé l’amiante qui est un très bon isolant ...
Muhahaahhahahaha, Enorme ! Hier je suis allé visiter un vignoble en Allemagne, en discutant avec le vigneron, nous avons abordé l’agriculture biologique. Il m’a dit que depuis quelques années le conventionnel se raprochais du bio et vice versa.
Mais le meilleur : Comment font les agriculteurs bio quand il y a trop de pestes ? La réponse : Ils traitent la nuit ! Et tout ça trés sérieusement.
Il existe en conduite bio des traitements qui sont photosensibles.
Je connais un agri-bio qui a arreté de les utiliser parceque il pulvérisait le soir et que ses conards de voisins ont répandu le bruit qu’il faisait ça pour se cacher...
Un pulvérisateur, ça ne sert pas qu’a pulvériser du monsanto.
> OGM : la pomme de discorde transgénique...
"Il existe en conduite bio des traitements qui sont photosensibles..."
Pourriez-vous être plus précis ? Quels sont ces traitements "photosensibles" spécifiques à l’agriculture "bio" ? Merci. Ca aiderait à la compréhension de votre message.
"Cette réappropriation du débat par les citoyens face aux acteurs économiques, scientifiques ou industriels, cette confrontation entre des personnes physiques et des personnes morales était l’un des enjeux, et non des moindres, du Grenelle de l’environnement et le gouvernement actuel sera jugé à l’aune de ce sur quoi cette consultation débouchera."
Le Grenelle s’est positionné comme une démarche de négociations à partir d’expertises déjà réalisées , démarche réunissant différents acteurs et devant déboucher sur des mesures concrètes à mettre en place. Son but n’a donc pas été la réappropriation du débat par les citoyens Ce qui est bien dommage et aurait sans doute permit d’avancer vers l’organisation de l’expertise et du débat public , éléments indispensables dans une démocratie confrontée à de tels enjeux.





