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Nano technologies mais maxi danger ?

Article publié le 31 mai 2007

Pourquoi l’infiniment petit est susceptible de mettre en danger l’infiniment grand...

Nano technologies mais maxi danger ?

Selon le magazine Quelle Santé, « les premiers troubles de santé liés à l’emploi de nanocomposants (de la taille d’un milliardième de mètre) dans les produits de consommation courante commencent à apparaître. […] En Allemagne, un produit nettoyant pour les sols, […] vient d’être retiré du marché précipitamment. Il a provoqué des phénomènes de détresse respiratoire chez 97 consommatrices ! »

Nous ne saurons probablement jamais si les nanotechnologies étaient véritablement en cause ou non pour une raison simple : du fait de leur taille (de l’ordre du milliardième de mètre : il y a la même échelle entre une pomme et la Terre qu’entre une pomme et un nano !), les nanocomposants sont quasiment indétectables et se faufilent partout ! Comme l’indique Que Choisir, « les méthodes de détection et de mesure des nanoparticules ne sont pas au point. ». « Ce qui complique la caractérisation des éventuels impacts sanitaires, c’est que les industriels eux-mêmes ne connaissent pas bien les nanoproduits qu’ils fabriquent », confie même (sous réserve d’anonymat) le directeur du département recherches d’un des spécialistes français des nanotechnologies !

En l’absence de tests poussés, nous en sommes donc réduits aux spéculations : « Quand les gens se baignent ou que les tubes sont jetés, que deviennent les nanoparticules ? Quel est leur effet sur les écosystèmes aquatiques ? Pourraient-elles contaminer l’homme par la chaîne alimentaire via les poissons ? Ca me paraît aberrant qu’on ait mis tout ça sur le marché sans avoir les réponses » déclare Alain Lombart, toxicologue retraité d’une entreprise fabriquant des nanoparticules de carbone, au magazine Que Choisir.

Le principe de précaution ? Pulvérisé sur l’autel du buisiness ! Le revenu mondial généré par les nanotechnologies était de 40 milliards d’euros en 2001 et on estime qu’il devrait atteindre 1000 milliards en 2010-2015 ! Pourquoi tuer la poule aux œufs d’or ? Le programme européen Reach sur les produits chimiques a ainsi exclu les nanoproduits de son champ d’application en raison de… leur faible tonnage ! Dans un sens, ce n’est pas plus mal car Reach a été tellement édulcoré pour faire plaisir aux industriels que les nanoparticules seraient de toute façon passées entre les mailles…

De toutes manières, les nanoparticules requièrent un programme spécifique, du fait de leur extrême dangerosité potentielle… Selon Hans Jonas, philosophe de l’écologie et auteur du Principe de responsabilité, l’accroissement de notre puissance technologique impose de nouveaux devoirs, non plus envers nos semblables mais envers les générations futures. En effet, selon Philosophie Magazine, « les nanoparticules sont incontrôlables par essence et non par accident. Les risques de l’infiniment petit doivent être appréhendés d’une toute autre manière que ceux impliqués par les autres évolutions techniques. »

« Certaines substances, a priori anodines, deviennent toxiques du fait de leur division à l’échelle nano. », précise déjà Stéphane Lacour de l’Université de Poitiers. De fait, selon Quelle Santé « on a démontré que les fullerènes (nanobilles de carbone) utilisés dans les crèmes hydratantes, endommagent le cerveau des poissons et sont hépatotoxiques chez l’homme. On a mis en évidence, et cela de manière irréfutable, que les nanoparticules de dioxyde de titane, employées dans les filtres solaires pour une question d’esthétique produisent des radicaux libres et endommagent l’ADN de la peau. » Comme le résume le journal La Décroissance, « Personne ne connaît tous les risques liés à la dissémination des nanoparticules dans la nature. »

On apprend aussi que, début juillet 2006, le Comité de prévention et de précaution (CPP), placé auprès du ministre chargé de l’environnement, mettait en garde : « De multiples arguments indiquent l’existence d’une réactivité particulière des nanoparticules en rapport avec leur très petite taille. Cette réactivité cellulaire et tissulaire peut constituer un danger pour l’homme si celui-ci est exposé par inhalation, ingestion ou passage transcutané. »

En effet, on soupçonne les nanoparticules de pénétrer, par la peau, à l’intérieur de l’organisme pour s’y accumuler. Ils franchissent les barrières habituellement protectrices et pourraient même atteindre le cerveau ! L’infiniment petit pourrait-il prendre le contrôle de l’infiniment grand ?

Cordialement,

Le Mendiant
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

Le site du Mendiant : http://www.lemendiant.fr/ Le conte à rebours du système...
Le blog du Mendiant : http://lemendiant.over-blog.com/ Un scandale par jour !

Sources :
Nonoparticules et cosmétiques, Quelle Santé N°9, Octobre 2006, p. 6
Nanoparticules : chronique d’une catastrophe annoncée, Quelle Santé N°13, Février 2007, Amel Bouvyer, p. 8
Nanotechnologies : A prendre avec des pincettes, Que Choisir N°445, Février 2007, Fabienne Maleysson, p.40
L’ère de la nanomédecine, Le Nouvel Observateur N°2207, 22 février 2007, Fabien Gruhier, p.82
Nanotechnologies : la révolution invisible, Philosophie Magazine N°7, Mars 2007, Jean-Paul Rousset, p. 25
Les nanotechnologies : vers l’infiniment dangereux, La Décroissance N°31, Avril 2006, Sophie Divry, p. 16

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commentaires
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par Thucydide (IP:xxx.xx0.101.9) le 31 mai 2007 à 09H23

Article intéressant sur un sujet beaucoup moins public que les OGM. Y a-t-il des tests de biodégradabilité sur ces nanoparticules ? S’ils ne disparaissent pas spontanément, on peut craindre le pire.

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par Loïc (IP:xxx.xx0.88.6) le 31 mai 2007 à 14H18

Article intéressant qui démystifie une technologie portée aux nues par de nombreux média.

Le probléme soulevé est celui de la dissémination incontrôlable dans la nature. Ce qui est regrettable, c’est qu’il n’est pas nouveau et que les erreurs du passé n’éclairent pas l’avenir.

Aujourd’hui, toute personne et tout animal vivant sur cette planete est contaminé par des polluants issus de l’industrie chimique, laquelle n’existe que depuis un siècle. La fertilité humaine est en baisse à cause de cela. Les conséquences de ces polluants persistants, car totalement non biodégradables, sont très mal connues et probablement sous-estimées.

Il serait temps qu’une opposition se structure non pas contre les OGM ou contre les nano ou contre la chimie mais plutôt contre la dissémination sauvage et totalement irresponsable dans l’environnement de substances dont on ignore la toxicité, la durée de vie, etc.

Les opposants au nucléaire ont réussit à obtenir certaines garanties dans ce domaine et faire mettre en place des réglementations idione, la directive REACH va aussi dans ce sens, il faut étendre cela à toutes les technologies disséminantes.

Loïc

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par Sextus (IP:xxx.xx6.28.230) le 31 mai 2007 à 23H45

Concernant la toxicité présumée des nanoparticules, encore faudrait-il savoir de quelles particules parle-t-on ! Les nanos ne sont qu’une échelle (un milliardième de mètre)... on peut donc estimer qu’à cette échelle, certaines particules peuvent être dangerueses (mais à quelles doses ?) et d’autres totalement inofensives. Evitons les amalgames et laissons les chercheurs travailler pour comprendre comment tout cela fonctionne. Concernant les nanotubes de carbone (les nanoparticules dont on parle le plus actuellement en raison de leur potentiel en termes d’applications industrielles) beaucoup d’études circulent mais leurs résultats semblent totalement contradictoires. L’application du principe de précaution s’impose donc et c’est justement l’esprit de la directive REACH, qui entre en vigueur le 1er juin, En effet Reach s’appliquera également aux produits comportant des nanoparticules. C’est une garantie importante puisqu’elle oblige les industriels à apporter la preuve de l’inocuité de leurs produits. Avec, à la clé, une responsabilité pénale lourde de conséquences. Contrairement à ce que pense Loïc, les erreurs du passé (amiante notamment) éclairent bien les décisions du présent, même si elles ne nous garantissent pas d’en commettre de nouvelles... Pour conclure, les nanotechnologies laissent entrevoir d’énormes progrès : la nanomédecine pour des médicaments plus efficaces, le développement de nouvelles technologies de l’énergie (solaire, hydrogène), des procédés plus économes en matières premières, des innovations en matière de dépolution des sols et de l’eau, etc. Mais comme toute nouvelle technologie, elle possèdent une part de risque, qu’il ne faut pas minimiser, mais qui ne devrait pas nous contraindre à l’immobilisme. Il convient selon moi de continuer à avancer, à croire au progrès, tout en s’entourant d’un maximum de précaution.

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par Rikiki (IP:xxx.xx1.11.185) le 1er juin 2007 à 01H59

Croire au progrés......mais lequel ?

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(IP:xxx.xx5.120.42) le 2 juin 2007 à 22H48

celui qui permet de ne plus mourir d’une rage de dent, de disposer de quasiment toutes les connaissances du monde sur le web, d’avoir un scanner, soigner la leucémie, limiter les maladies infectieuses, d’explorer l’Univers, et plus futilement de téléphoner de n’importe où (n’avez vous pas de télépone cellulaire ?), de connaitre son chemin par GPS, de mettre des millions de PC en réseau pour calculer des protéines, chercher des signaux extra terrestre, etc...

Ne soyons pas manichéens !

votez :
par Greg (IP:xxx.xx4.72.8) le 4 juin 2007 à 17H35

Pour info :

Ecolo...branche-toi au MoDem ! http://modem-ecologie.over-blog.com/


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