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Liberté versus sécurité

Article publié le 26 mars 2007

Liberté versus sécurité

Dans son dernier livre, Miche Odoul [1] rappelle les deux modes possibles de vie que l’homme a pu choisir : nomadisme et sédentarisation. Il les prenait comme référence pour parler du bipolarisme qui existe dans l’être humain jusque dans sa biologie, avec le fonctionnement de son cerveau (côté droit/ côté gauche). Entre le nomade menant ses troupeaux librement suivant les besoins, les circonstances climatiques...etc, et le sédentaire attaché (donc « non libre ») à un territoire délimité, sécurisé par des frontières, le temps aura fini par donner raison au sédentaire. Le développement de la population rendra incompatibles ces deux styles de vie sur une large part du globe.

En effet, il n’est pas possible de faire cohabiter des gens qui ont un rapport de propriétaire à la terre, et ceux qui considèrent qu’elle appartient à tous : la conquête de l’Ouest l’a parfaitement illustré, hélas.

Notre monde est un monde sédentarisé, sécurisé. Au détriment d’une certaine liberté.

C’est aussi ce qui a permis le « développement », le « progrès », la « civilisation ».

Il ne s’agit donc pas de critiquer l’un ou l’autre système mais de prendre conscience que ces deux modes de vie continuent de chercher à cohabiter.... en nous ! Nous aimerions être "libre" mais nous ne pouvons renoncer à la sécurité (financière, affective,sociale...). Pour garder cette dernière nous sacrifions nos aspirations artistiques, perdons notre légèreté... Pour garder notre liberté, nous devons sacrifiier un peu de cette sécurité et limiter nos "attachements" : c’est le risque de la solitude, de la pauvreté, de la précarité...etc.

Michel schématise cette double aspiration entre la sécurité et la liberté dans un croquis amusant où l’homme est un parachutiste qui cherche à se poser quelque part entre ces deux pôles !

Ce qui ferait notre « malheur », c’est le tiraillement entre liberté et sécurité

Et au fil de notre vie, pour beaucoup d’entre nous, nous oscillons entre les deux :

- aspirations libertaires de l’adolescence à l’entrée dans l’âge adulte (pas besoin de se laisser polluer par les notions de sécurité "comme des vieux"... mais en oubliant que cette sécurité nous est -de fait- garantie par ces même vieux !)

- basculement du curseur vers le sécuritaire à l’entrée dans le monde du travail et de la fondation d’une famille (besoin de vérifier que l’on a les moyens de construire un nid, puis obligation d’assurer la subsistance des petits)

- souvent 10-15 ans plus tard, questionnements existentiels et tentation de pousser le curseur vers la liberté dès que notre besoin de sécurité est plus ou moins garanti (maison payée, carrière avancée, retraite, enfants sortis du nid), ou que nous en découvrons la vanité de l’excès (deuil, maladie, chômage...), nous découvrons le prix parfois exorbitant payé pour cette "sécurité" qui ne nous comble souvent pas, les rêves de liberté refont surface ...

Encore que nous ne sommes absolument pas égaux dans cette recherche : certains seront obsédés par la sécurité tout au long de leur vie, d’autre par la liberté... mais seront-ils plus heureux pour autant ?

Non, pas si c’est la peur qui les guide.Non, pas si ils vivent ce choix comme une contrainte exclusive (l’un ou l’autre !).


Car la vie peut-être d’accepter le mouvement qui nous fait danser entre ces deux extrêmes. Pour cela, il est nécessaire de se libérer de nos vieux schémas, vieux programmes toxiques, vieilles peurs ... et de réapprendre à faire confiance à la vie, et à toutes les dimensions de notre être ! Certains d’entre nous savent "danser" leur vie, d’autres l’apprennent petit à petit, tous nous avons le CHOIX : ne l’oublions pas !

Notre monde moderne parle de "nouveaux nomades" : plus de bureau personnalisé, plus d’emploi à vie, du travail aux quatre coins du monde... et si l’occasion nous était donnée de repenser notre vie en redonnant un peu plus de place à la précarité (qui libérée de la peur est une acceptation de la vie et de ses rythmes) et un peu moins aux "attachements" (en cessant de croire que tout et tous nous "appartiennent" par exemple). Et si nous en profitions pour laisser la peur de côté et accepter l’expérience de l’incertitude, du mouvement constant, de la souplesse, de l’adaptation...

Cela passe par un mot : CONFIANCE !


****

Remarque :Michel Odoul dans ce dernier livre fait bien le point sur les origines de notre « malheur »... et sur les possibilités/opportunités de nous guérir !




[1] « Un corps pour me soigner, une âme pour me guèrir ». Albin Michel - 2006

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