Article publié le 30 octobre 2007
Toute l’attention médiatique est tournée vers les ravages du SIDA dans les pays à bas et moyens revenus,
alors que le cancer y cause un million de décès de plus chaque année.
Les pays donateurs et les pays concernés continuent d’ignorer les
ravages croissant de ce qui est considéré comme un problème de santé
des pays riches. Les moyens ne sont pas mis en place pour prévenir la maladie ou pour guérir ceux qui en sont atteints, même si sept cancers sur dix se produisent dans ces pays.
Faute de dépistage hâtf, la détection du cancer dans les pays à bas et
moyens revenus se fait à un stade trop avancé, alors qu’il est trop
tard pour pouvoir guérir. La prévention aussi laisse passablement à
désirer. Plus du quart des types de cancer y sont causés par des agents
infectieux, tels que la bactérie Helicobacter pylori, l’hépatite B et C
et le papillomavirus humain (HPV), comparé à environ 8% dans les pays à
revenus élevés.
L’hépatite B, par exemple, faute de vaccination à la naissance comme
cela se produit dans les pays riches, est responsable d’une incidence
beaucoup plus élevée du cancer du foie. De même, encore faute de
vaccination, le HPV cause de nombreux décès. Plus de 85% des 300,000
femmes qui meurent chaque année du cancer du cerveau vivaient dans un
pays à bas et moyens revenus.
Pourtant les vaccins existent et sont même peu coûteux.
Même les cancers causés par l’usage du tabac frappent plus durement les
pays moins riches. Il faut dire que plus de 80% du 1,1 milliard de
fumeurs que compte le monde y vivent. Or, plusieurs pays tardent à
mettre en application la convention cadre de lutte anti-tabac qui prévoit un train de mesures visant à réduire la consommation du tabac.
En somme, il serait possible de prévenir de nombreux décès dûs au cancer dans les pays pauvres
et à revenus moyens. C’est ce que soutiennent les auteurs d’une étude
commanditée par le National Cancer Institute and the American Cancer
Society (les chiffres mentionnés ci-haut proviennent du résumé de cette étude). Ceux-ci proposent même des méthodes de traitement moins coûteuses, alternatives à celles utilisées dans les pays riches.
Le cas des enfants de 15 ans et moins est particulièrement pathétique.
Alors que plus de 80% de ceux-ci survivent à un cancer aux États-Unis,
plus de 80% des enfants souffrant d’un cancer dans le monde vivent dans
un pays où ils sont condamnés à en mourir.
Le problème, c’est que ces enfants et les adultes atteints du cancer dans ces pays ne peuvent pas compter sur un système de santé publique digne de ce nom. Les organismes internationaux et les pays
donateurs qui leur viennent en aide n’ont pas comme objectif de les
aider à améliorer leur système de santé publique.
Bernard Kouchner a déjà proposé de créer « Malades sans frontières ».
Pourquoi pas « Santé publique sans frontières » ?
Lire aussi :
Les maladies du nord descendent vers le sud
Thèmes
Les souffrances engendrées par le cancer sont abominables mais la surmortalité causée par cette maladie permet de compenser partiellement la surnatalité des habitants de ces pays sous-développés. Constat horrible mais réaliste:sans le SIDA et le cancer, ces pays souffriraient encore plus de la misère due en grande partie à leur natalité excessive .
Heu...oui, c’est une façon de voir les choses ! Un peu morbide et sombre tout de même, mais bon, si vraiment il ne devait y avoir plus aucune autre solution, ma foie, pourquoi pas )) Vous devez quand même avoir un petit côté extrémiste, vous, sur les bords ! Amitié.
Un fait curieux est que nos agriculteurs ont connu le cancer avant de s’enfermer dans des cabines avec air conditionné et recyclé pendant certains traitements de leurs champs. Il y a même des produits phytosanitaires qui sont interdits dans nos pays ---dans nos pays---mais , dans les pays du sud , il ne sont pas interdits et alors , ils sont utilisés et ces produits vont dans les corps de gens qui traitent sans aucune précaution ainsi que ceux de ceux qui mangent les aliments surtout que ces produits s’accumulent dans les organismes comme de nombreuses expériences l’indiquent, surtout ceux solubles dans les graisses . ET, puisque ces produits sont cancérigènes chez nous, ils doivent l’être chez les autres !!! et donc chez les gens du sud aussi. Et avec les produits de cultures de commerce équitable venant des pays du sud , nous qui commençons à les consommer qu’avons nous comme preuve d’absence de tous produits phytosanitaires d’utilisation interdite en France et en Europe ?
Sur les liens entre produits phytosanitaires et cancer, il y a l’étude AGRICAN qui devrait nous permettre d’en savoir davantage quelque part en 2008.
http://www.novethic.fr/novethic/sit...
Dans le cas des pays du Sud, certaines pratiques sont très questionnables. Ont-elles un impact sur la qualité des produits agricoles venant de ces pays ? On nous assure que non. À tout hasard, quelques mesures assez simples peuvent diminuer considérablement les risques. Vous les trouverez vers le milieu de la page suivante : http://www.cancer.ca/ccs/internet/s...
Cela ne rassurera personne - qui peut vraiment rassurer, on se le demande bien - mais au moins il y a moyen de se prémunir contre les risques. Les populations du sud sont, pour leur part, très certainement exposées à des doses qui les mettent en danger.












