Le "lâcher prise" est devenu la bouteille à l’encre des suggestions quotidiennes.
"Tu as un problème ? Lâche prise, et tout ira mieux." J’entends cela dix fois par jour. Ma foi, ça a l’air simple, et ça ne l’est pourtant pas. Parlant ainsi, souvent, on fait de la thérapie sauvage, comme on fait parfois de la psychanalyse sauvage.
Ce thème du lâcher prise vient incontestablement des pratiques orientales de méditation - en particulier de ce que l’on appelle le non-attachement, qui est au cœur des pratiques bouddhistes, et qui trouve une origine dans le yoga.
Cependant, le lâcher prise confronte toujours à une contradiction dans les termes. C’est une injonction paradoxale.
Car lâcher prise, ce n’est pas "lâcher l’affaire" (pour employer le langage d’aujourd’hui) ! Lâcher prise, ce n’est pas tout arrêter. Ce n’est pas renoncer, se retirer du jeu ou de l’action. C’est peut être bien le contraire : continuer. Ne pas se bloquer, se figer dans une position. Ne pas s’arrêter sur une croyance, une fausse alternative, un supposé choix sur lequel on ne parvient pas à trancher. Laisser l’énergie circuler. Rester dans le mouvement.
Peut-être que lâcher prise, c’est "laisser faire". Laisser faire la circonstance, la "situation", le moment. Se fondre dans la vague pour profiter de son énergie - c’est une métaphore que j’ai employée dans la Zen Attitude pour essayer d’identifier cette chose fugace, sensible, ce petit décalage qui suffit parfois à mettre en harmonie notre désir profond, inconscient, avec ce que nous sommes dans l’instant.
Les taoïstes évoqueront do, la Voie. Et un tenant de la psychologie positive comme Mihaly Csikszentmihalyi, l’expérience optimale (ou flow). Quels que soient les mots, il s’agit de ne pas se tromper. Le lâcher prise n’exclut pas la volonté. Il invite à la souplesse de l’esprit.
Votre article est trop court ! Vous soulevez une question passionnante et vous vous arrêtez en chemin :/-) Pourriez-vous nous refaire cet article en développant les points pour nous donner une philosophie de la vie ? Merci d’avance
cordialement :-)
Bonjour,
j’ai largement développé ce thème du non-attachement et du lâcher prise dans mon livre paru l’an dernier, et que je ne saurais trop vous recommander :)
Il s’agit de "la Zen Attitude", aux éditions Dervy. Vous pourrez vous le procurer aisément en le commandant sur le net à partir de mon blog, www.troisiemevoie.com
Vous savez, moi, quand je publie un article sur Naturavox, je ne cherche pas à vendre pour autant un ouvrage, un produit ou un service ! L’information pour l’information ça a du bon aussi non ? Aussi, lorsqu’on laisse un article sur ce site, le but, me semble t-il, est plutôt de débattre d’un sujet avec d’autres internautes et lier ainsi des liens amicaux voir professionnels. Cela dit, puisqu’ici rien n’est interdit... Concernant votre sujet, effectivement, il est intéressant. Un sportif, par exemple, parlera aussi de "lacher prise" ou de "relachement" pour éviter la crispation musculaire et les blocages psychologiques ressenti en compètition. En sophrologie, les praticiens parlent aussi de "lacher prise" pour obtenir la relaxation total de leurs passients, qui, ainsi libérés de toute pression, peuvent alors se livrer entièrement à la thérapie afin d’aller au fond des choses et ainsi remonter à la cause d’un problème spychologique ou spychosomatique. Bien évidamment, pour que la thérapie par l’hypnose soit efficasse, il faut que le patient en soit lui-même persuadé et qu’il fasse pleinement confiance au thérapeute. Comme quoi, tout est lié !
oui, ce serait passionnant de lire plus sur ce sujet, surtout en trouvant peut etre des techniques occidentales, meme si la mode des techniques va vers l’orient.
j’ai remarqué que l’etat d’esprit des techniques orientales sont difficiles à saisir pour nos esprits européens... merci d’avance,
cordialement
Très bien vu !
La leçon de vie est claire, même en peu de mots : plutot que de s’obstiner, de se braquer, d’avoir le dernier mot, de "l’emporter" nous tolérons soit un contradicteur ou des circonstances adverses ; nous acceptons que survienne des obstacles et des fâcheux. Nous restons zen face à une disharmonie passagère qui nous tombe dessus sans que nous l’ayons voulu. Car au fond, rien ne dure, par nature. Surtout les contrariétés pour lesquelles nous ruinons notre santé psychique et physique.
En lâchant prise, nous admettons pouvoir nous tromper, nous soumettons nos options et nos opinions à un examen plus poussé, pour soit opérer un revirement salutaire soit pour sortir affermi en emportant l’adhésion de l’autre. Dans les deux cas c’est largement positif !
Chacun peu s’inspirer du "lâcher prise", non pour abandonner, abdiquer ses convictions ou renoncer à ses droits, mais du moins ouvrir la porte à leur examen critique par d’autres, donner au temps l’occasion d’instruire notre affaire, d’apporter des éléments neuf, meilleurs, plus fiables, plus vrais... C’est ainsi que nous préparons de meilleures décisions, que nous donnons sa chance au meilleur, à la vérité, qui pour précieuse qu’elle est, s’accomode mal de la vitesse, et encore moins des préjugés de toutes sortes.
Einstein à dit : "il est plus facile de casser un atome qu’un préjugé". Quand on pense à la difficulté physique que représente une fission réussie, c’est éloquent.
Entre technophiles progressistes et écologistes, les divergeances de vues sont parfois telles qu’une entente paraît impossible ; mais là où tout bascule, c’est quand la haine et le mépris submergent l’échange. C’est la guerre. Le lacher prise évite cela, il évite un terme brutal à l’aventure collectivre de la reflexion, il évite d’avoir à désigner un vainqueur (donc un vaincu) alors que nos sorts sont liés et nos destins commmuns. D’un apparente défaite nous gagnons l’opportunité de nous entendre plus tard, nous sauvons la paix quand, pour un peu plus, la guerre était certaine. Si on respecte l’autre, il peut changer mais si on le méprise, c’est sûr, il se dégrade.
Le lâcher prise, pour l’Irak hier et demain pour l’Iran fut et serait sans doute la "moins pire" des options.
"Take it easy, give us a chance"
NB : je n’avais, avant cet article, rien lu sur le sujet du lacher prise, mais cela ne m’empêche pas d’y réfléchir. Lire c’est partager la pensée d’un autre. Ecrire aussi.
Bon courage à tous. Et restez Zen !
Le laisser faire est destructeur dans le temps , sauf erreur de la part de son auteur où il aurait dû ...lâcher prise et réfléchir. Nous, peuple Français , avons laisser faire nos technocrates depuis 1974 et nous sommes en faillite plus ou moins lointaine. Alors, qu’en lâchant prise , nous aurions pu prendre de la distance, et réfléchir. Nous aurions pu constater qu’un technocrate ou un énarque est un être dont le mental concret est hyperdéveloppé, il va donc trouver la meilleure solution à un problème et le plus rapidement , par contre , il n’a aucune vue d’ensemble et il ne doit donc jamais être mis à un poste de direction. Il est fait pour administrer et non diriger. Il trouve la bonne solution mais sans vue d’ensemble , bonne solution après bonne solution, on arrive fatalement au pire car la direction générale est inclinée au fur et à mesure , surtout quand les interets privés des fonctionnaires ont pu être approchés , tel que temps libre, et autres avantages pour leurs descendants.
Il y a dans votre lâcher prise comme une possibilité qu’ont certains êtres d’atteindre un mental que l’on peut qualifier peut-être de mental lointain . Ils ont ainsi plusieurs longueurs d’avance et se permettent de nous laisser faire nos expériences. Je pense à notre général De Gaulle et à ses réflections cassantes mais sereines et dont la réalité va nous être très difficile à supporter. Il fut pourtant tant raillé par nos incompétents .












