source : ONU
Un rapport récent rédigé par près de 200 experts venant de 25 pays sur les causes et dangers de la désertification a été publié, sous le sceau du Recteur de l’Université des Nations Unies, le Professeur Hans van Ginkel. Etrangement, ce Rapport a "déserté" de l’actualité internationale sur le sujet....
Le Rapport officiel, rendu public le 28 juin, a pourtant tout pour alerter les pouvoirs publics et l’opinion internationale : il énonce, faits à l’appui, que 2 milliards de personnes, un habitant sur trois de la planète, sont menacées par une des conséquences diverses de la désertification, laquelle n’a rien d’inéluctable si les autorités concernées réagissent de façon efficace, coordonnée et adéquate.
Il indique que, sur les 10 prochaines années, si rien n’est entrepris, ce sont plus de 50 millions d’humains dans le monde qui seront chassés de leur habitat actuel et formeront une vague migrante internationale gigantesque.
Ceci dit, le document indique les pistes qui, justement, peuvent endiguer ce mal , source potentielle de conflits et de tensions, et, en même temps, lutter contre la pauvreté et la famine.
La désertification : causes, conséquences et solutions
Selon les experts de l’ONU, la cause primordiale de la désertification n’est pas à rechercher dans la nature, mais dans les activités humaines, et notamment dans les pratiques asséchantes pour les sols de certains types d’agriculture et d’élevage ainsi qu’une déforestation incontrôlée.
Pour enrayer le processsus en cours, les moyens techniques, financiers et politiques existent, mais le rapport souligne que, pour l’heure, ces possibilités ne sont pas ou mal mises en oeuvre, faute d’une prise de conscience réelle de la gravité du problème par les responsbles politiques.
Aussi, le texte s’adresse surtout à ces dirigeants politiques afin qu’ils placent d’urgence ce problème au centre de leur action dans le domaine agricole, et plus généralement, de l’usage des sols. Les spécialistes affirment qu’il faut, entre autres mesures, stopper la déforestation, adopter des politiques rurales et agricoles nouvelles, repenser les techniques d’irrigation et surtout, financer ces mesures prioritaires.
Ainsi, le rapport alerte : " il est impératif que des politiques concrètes et des pratiques agricoles efficientes et durables soient mises en oeuvre pour renverser le déclin des régions en voie de désertification. S’attaquer à la désertification est un acte essentiel et concret afin de s’adapter au changement climatique et diminuer les pertes dans la diversité de la vie biologique".
Après la dernière rencontre, tenue à Alger, des experts travaillant sur cette question, le constat est plutôt négatif : les stratégies de lutte contre la désertification sont soit inexistantes, soit peu encouragées par les autorités au niveau local, quand elle ne mènent pas, de ce fait, à des tensions sur le problème de la propriété et de l’usage des terres.
Le financement et l’action, une question de volonté politique
Le Rapport manifeste au passage quel est le degré d’(in)attention des pouvoirs politiques au fléau de la désertification, qui menace à moyen terme, par un effet de boule de neige, l’ensemble des pays de la planète.
Les fonds alloués à ce combat ont diminué de 29% depuis la dernière Convention de l’ONU contre la désertification, qui a eu lieu en 2005, par rapport aux besoins identifiés et chiffrés des pays touchés.
Les rapporteurs sont d’une clarté limpide : " Ce qui se passe est que les responsables politiques et les décideurs publics ne mesurent pas la gravité de la situation. Ils ne fournissent pas les ressources nécessaires pour affronter la menace et la juguler", a déclaré Zafar Adeel, auteur réputé d’analyses sur le sujet et Directeur du Département en charge de l’eau, de l’environnement et de la santé à l’Université Internationale de l’ONU.
Ce spécialiste très au fait de la situation avertit clairement : "Alors que le problème s’aggrave et s’étend, les ressources qui y sont affectées diminuent. Il existe un problème fondamental du côté des politiques qui ne comprennent les liens entre les efforts pour réduire la pauvreté, adapter l’utilisation des terres aux objectifs de développement et combattre la désertification".
Les préconisations des experts sont pourtant fort claires et on peut en donner un résumé succinct :
Accorder
des aides et subventions incitatives aux agriculteurs et éleveurs afin
qu’ils puissent protéger les sols menacés efficacement, notamment en
leur donnant la propriété sur des sols considérés comme publics, afin
de les encourager dans un travail de longue haleine qui lie leurs
intérêts propres à ceux de la collectivité.
Arrêter
la déforestation dans les zones touchées et leurs alentours, dresser ,
si possible, un plan de reforestation avec des essences adaptées aux
sols et à leut état, et l’appliquer méthodiquement.
Mettre
en place des systèmes d’irrigation cohérents, suffisants et adaptés, en
liaison avec des politiques agricoles adéquates aux terres en question.
Aide
efficiente matérielle aux populations des zones désertiques ou
semi-désertiques afin, là aussi, de les stabiliser : fourniture de
conditions de vie meilleure (logements, services publics, travail),
promotion de l’éco-tourisme et des énergies solaires et/ou
renouvelables qui n’accroissent pas l’effet de serre.
L’ONU appelle les gouvernants à l’action
Ce Rapport est à l’évidence d’un intérêt certain, même si rien ne garantit que, malgré son urgence et ses arguments concrets, les responsables politiques l’entendent et y prêtent ensuite vraiment attention.
Cependant, le fait que les structures de l’ONU, ses meileurs experts sur le sujet, se donnent la peine de pointre le phénomène de la désertification, ses origines et ses remèdes possibles, devrait susciter un vaste débat public. C’est bien l’ONU qui appelle les gouvernants à l’action, ce n’est donc pas (ou plus) une question d’orientation partisane discutable, mais un problème précis et concret, d’intérêt public essentiel.
Comme le dit avec son sens particulier de la concision Zafar Adeel : "Si elles sont menées de manière appropriée, les politiques qui permettent de restructurer le cadre de vie et l’habitat des populations concernées seront des facteurs puissants pour stopper la désertification".
Il semble urgent de passer du sage voeu de cet expert à l’application concrète sur le terrain par les autorités publiques.
Tout l’enjeu de la lutte contre la désertification, avec ses possibles conséquences dramatiques, est là.
Thèmes
Le mauvais traitement des sols par l’agriculture intensive (engrais chimiques, pesticides, herbicides, labourages trop profonds...etc) est en grande partie responsable de la désertification, avec une dégradation biologique des substrats de culture.
Voir par exemple cette interview du microbiologiste Claude Bourguignon :
Aurélien,
Vous avez parfaitement raison de citer cette source de désertification. Elle est effectivement incluse dans le Rapport, avec les autres causes identifiées.
Bien cordialement vôtre,
Max7,
Votre commentaire me paraît ici quelque peu "incantatoire", même s’il part de très bonnes intentions.
La "consommation de masse" est un fait collectif qui est l’addition de "consommations individuelles", et ce n’est pas avec des incantations, pas plus qu’avec des formules magiques, que cette situation peut évoluer, mais à partir de la réalité et de l’action sur le terrain.
Il me semble donc être plus constructif de peser là où cela est possible, le plus efficacement possible et avec le sens du dialogue.
Les propositions concrètes du Rapport ne sont peut-être pas la panacée universelle du problème, mais elles tracent des pistes qui, faute de mieux, peuvent stopper, si elles sont appliquées avec détermination et ténacité dans le temps, la désertification et donc empêcher un exode de masse, donc une nouvelle menace à la stabilité de notre monde.
Bien cordialement vôtre,
oui, bien évidemment les modes de culture, l’utilisation de pesticides, etc sont responsables de graves modifications biologiques dont la désertification est une conséquence.
Je pense que l’on ne peut traiter le sujet de la désertification sans aller plus loin dans la réflexion.
Pourquoi nos modes de culture sont ce qu’ils sont aujourd’hui : parce que l’occident se baffre littéralement de toute sorte de produits de consommation de masse.
Nous ne pouvons pas traiter la désertification sans traiter de notre mode de vie et de consommation.
Arrêtons de vouloir penser des solutions très lointaines pour éviter de modifier nos modes de vie.
Les bons produits ne sortent jamais des exploitations agricoles abusives !!!
oui je comprend bien.
Je veut seulement dire qu’il me parait plus efficace de changer les choses à notre portée, comme son alimentation, plutôt que de se défaire du problème en le renvoyant sur l’industrie phytosanitaire, qui est, je vous l’accorde, odieuse.
Vous suivez mon schéma d’action ?
certes il faut dénoncer, mais aussi agir directement à la source et la source c’est nous !!
cordialement,
max
Je me demande aussi comment agir au niveau individuel contre la désertification. j’ai déjà cessé de manger de la viande car je sais que l’élevage a été la cause d’une grand partie de la déforestation de l’Amazonie. Je n’ai pas de véhicule, je mange bio et je suis contre les agro-carburants.
Mais je ne sais même pas comment ouvrir les yeux à des gens que je vois tous les jours. Quand je leur parle de la mort de millions de personnes, ils me regardent en rigolant et se commandent un gros steack.
Nous avons une vision étroite de la morale et nous pensons que du moment que les gens ne meurent pas par nos mains, nous sommes innocents. Mais chaque caddie de supermarché et chaque pompe à essence sont en réalité des instruments de destruction massive.
Comment faire ouvrir les yeux à ses voisins ?
Autant envoyer le rapport dans une bouteille à la mer... Demain, la guerre pour de l’eau empoisonnée !...
Lutter contre la désertification : Appel au développement de la culture du cactus.
Les participants à une journée d’étude sur "La désertification et les changements climatiques : un défi planétaire", organisée lundi à Settat, ont appelé la société civile à accorder davantage d’intérêt au cactus et au développement de sa culture, eu égard à son importance dans la lutte contre la désertification
Les intervenants à cette rencontre, initiée par l’Association nationale pour le développement du cactus (Anadec) et la Faculté des sciences et techniques de l’Université Hassan Ier de Settat à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification, ont recommandé le soutien des efforts et programmes visant l’élargissement et le développement de la culture de cette plante. Ils ont également souligné l’importance de proclamer une journée nationale du cactus (18 mars de chaque année) qui sera marquée par le lancement de chantiers de plantation du cactus dans les régions les plus menacées par la désertification, appelant l’ensemble des médias à accorder davantage d’intérêt à la problématique de la détérioration du sol et de la désertification.
Les participants ont mis en garde contre la menace que fait peser le phénomène de désertification sur le sol, à des proportions variées, au niveau national, évoquant la diminution alarmante des eaux souterraines et le coût élevé de la lutte contre l’érosion du sol.
Les intervenants ont de même rappelé que l’agriculture au Maroc reste tributaire des aléas climatiques étant donné que plus de 80% des terres agricoles se situent dans des zones arides ou semi-arides, relevant que les changements climatiques que connaît actuellement la planète vont avoir pour effet une diminution de 15% des ressources hydriques dans les années à venir, ainsi qu une aggravation du phénomène de la désertification.
Dans ce sens, les participants à cette journée d’étude ont mis en exergue les caractéristiques du cactus, en particulier sa capacité à résister aux conditions climatiques extrêmes, et son rôle important dans la protection contre l’érosion et la désertification, en plus de sa capacité à améliorer la qualité du sol et les opportunités qu’il offre en terme de revenus alternatifs pour la population rurale.
Selon l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le cactus peut contribuer à la lutte contre la famine dans le monde puisqu’il constitue la plante la mieux adaptée pour les régions arides et semi-arides.
Pour plus d’infos sur cette ONG marocaine : www.anadec.africa-web.org
Hello,
Et l’eau ?
"Au secours le désert avance" ne suffit pas pour le faire reculer...
Il pleut assez d’eau sur les continents pour faire reculer les déserts puisque le débit de fleuves de la planète est de 500 000 m3 par seconde.
Seulement il faut l’envoyer dans le bonne direction ....
Si on arrêtait les déforestations , les drainages , les endiguement des cours d’eau dans leur lit mineur, la surexploitatioon des réserves d’eau souterraine, le niveau des océans monterait moins vite.
Si en plus on comprenait qu’on devrait répartir les eaux des précipitations pour l’infiltrer dans le sol on ferait remonter les nappes préatiques en filtrant l’eau par une voyage souterrain lent.
L’association des biefs du Pilat fait la promotion et une démonstration de ce que pourrait être l’aménagement des chaque bassin versant.
http://perso.wanadoo.fr/biefs.dupilat/
Hélas tellement de gens font n’importe quoi sur cette terre et l’action des biefs du Pilat n’intéresse personne même si cela pouvait changer la face du monde.
Jeandb,
Je prends note de votre commentaire fort intéressant et qui rejoint dans ses principes les conclusions des experts sur le sujet pour les régions en désertification.
Ceci étant, rien n’empêche l’association de faire remonter de façon efficace son expérience et ses analyses ainsi que ses conseils vers les organismes et personnes cités afin de promouvoir son savoir.
Après tout, l’ONU et ses structures ont des sites internet et des personnes que l’on peut contacter, même en français.
Bien cordialement vôtre,
Philippe Vassé, Merci pour votre encouragement . Ce n’est pas faute de contacter des tas de gens à travers la planète dans toutes sortes d’organismes mais lorsqu’on a un avis qui est d’abord très marginal et à l’encontre du discours officiel , il faut du temps pour que ca bouge.
Le cycle de l’eau fait son trajet atmosphèrique grâce à l’air qui le prend en charge depuis l’évaporation jusqu’à la condensation. L’air a donc un cycle de l’air dont une partie commune avec de le cycle de l’eau. Mais l’air sec et froid débarassé de l’eau continue son trajet pour se recycler aussi et donc revenir cherché de la chaleur afin de reprendre de l’eau. C’est lorque l’air revient au sol qu’il asséche les sols et contribue à entretenir les déserts de la planète. Paralèllement l’activité humaine ayant besoin d’eau et plus particulièrement dans ces zones séches et arides pratique une surexploitation croissante des réserves d’eau souterraines avec des conséquences sur les écarts climatiques. Evidement si on cherche à savoir qui est responsable de la désertification cela peut durer longtemps pour attendre la réponse. La nature ou l’homme ? Les deux mon capitaine !!!
Tant que l’homme ne maitrisait pas son entourage environnemental on peut comprendre qu’il ne mesurait pas les conséquences de ses conneries.
Pour l’instant il tatonne de Rio en Grennelle pour dire acheter "MON Livre" Mais sur le terrain c’est de pire en pire.
Pour ma part je pense que la répartition de l’eau pour rehydrater les continents qui s’asséchent peut être une direction intéressante pour l’humanité. Mais peut-être est-il nécessaire d’attendre que le "savoir vivre" l’emporte sur la "connerie" avant d’être trop nombreux .....
Si vous avez des connaissances à l’ONU , bien le bonjour de ma part












