La colère est une émotion négative vécue vis-à-vis d’un facteur (une personne, un événement, etc.) qui engendre une insatisfaction. Elle peut prendre différentes formes, et a différents degré d’intensité (en gros de l’irritation à la fureur). Mais je ne compte pas me perdre dans ces détails, car ce qui m’intéresse dans ce billet, ce n’est pas vraiment le sentiment de colère lui-même, mais plutôt les différentes façons que nous avons de l’exprimer.
Bien souvent, la colère, la vraie (qui n’est donc pas qu’une petite irritation), se traduit par un emballement du langage et un comportement agressif. Je crois même qu’il ne doit pas y avoir grand monde qui croit que la colère puisse être autre chose qu’agressive. N’est-ce pas ? C’est bien votre opinion à vous aussi ? Vous avez cassé toute la vaisselle la dernière fois ? Mince. Parce que pourtant…
Il y a un bon usage que l’on peut faire de la colère, et je dirai même un usage bon (si si, cherchez bien, vous verrez que ce n’est pas pareil). C’est celui de l’expression d’une colère juste, mesurée à la taille de ce qu’elle doit être, posée en quelque sorte (le terme peut sembler contradictoire comme un mauvais slogan politique, et pourtant, il est tout à fait justifié).
C’est le cas en particulier de la colère exprimée face à une personne envers laquelle on nourrit un mécontentement justifié. Une colère d’emportement face à elle est un comportement qui pourrait paraître compréhensible, mais qui ne sera jamais réellement justifié, tout simplement parce qu’il reste parfaitement stérile. Dans l’emportement on ne remet pas les choses à leur juste place, mais on blesse. On contribue donc à détruire un peu plus la relation que l’autre a pu commencer à mettre en péril.
Alors que la bonne colère vise à rétablir l’équilibre que l’autre menace. En exprimant de façon juste son mécontentement, on se cadre soi-même vis-à-vis de l’autre, et on recadre l’autre en même temps. C’est ainsi qu’on peut aider à retrouver l’équilibre initial de la relation. Ce n’est pas une colère froide dont je parle, surtout pas puisque celle-ci prépare des lendemains furieux, mais d’une colère exprimée sur un ton qui ne s’emporte pas, qui ne trempe pas dans l’émotif, mais dans le maîtrisé.
Un petit exemple pour illustrer tout ça. Lors d’une réunion, lorsque votre auditoire se met à chahuter et à ne plus vous écouter, il est souvent inutile de poursuivre. Il vaut mieux s’arrêter un instant et observer attentivement votre auditoire. Cette attitude les troublera, et ils s’arrêteront d’eux-mêmes. Mais s’ils répètent le même comportement à plusieurs reprises, déséquilibrant ainsi la réunion et vous mettant en situation de porte-à-faux, je crois bon d’exprimer la colère que vous en nourrissez.
Posez-vous alors, et faites part de votre colère avec une voix forte et ferme, mais sans vous emballez, en restant posé. Vous pouvez même, pour vous aider à poser votre colère, entamer en disant : « Je suis en colère ! ». Non seulement vos chances sont grandes d’obtenir le silence et l’attention de l’assistance de cette façon, mais vous sortirez en plus de votre réunion en ayant gagné une véritable aura auprès de ces personnes. Parce qu’ils n’auront pas vu ça souvent.
J’aime beaucoup votre article, qui est très intéressant. J’ai lu quelque part que certaines personnes sont plus susceptibles que d’autres à se mettre en colères. Non pas parce qu’elles ont un tempérament plus agressif que la moyenne, mais parce qu’elles se sont aperçues que cela leur permet en général d’obtenir ce qu’elles désirent. Je pense ici aux enfants capricieux ou aux personnes qui, criant pour un oui pour un non, effraient leur auditoire qui n’a d’autre choix que plier au chantage. Car la colère c’est une sorte de chantage émotionnelle n’est-ce-pas ? Plus qu’un appel au secoure, c’est un peu comme "Arrêtes, donne moi ce que je veux ou je cris !" La colère fait mal à celui qui la subit mais aussi celui qui la ressent... Qu’en pensez vous ?
Les émotions, et cela n’est pas vrai que pour la colère, ont des "utilités" qui peuvent varier. Mais il faut bien préciser les choses.
Il me semble que pour la plus grande part, les émotions ne sont pas des choses voulues, mais qu’elles sont plus subies. Dans ce cas elles ne sont pas utilisées par les personnes dans un but donné. Elle sont simplement une donnée immédiate que fourni le corps à l’individu.
Mais effectivement, il arrive que les personnes les utilisent à leur profit, pour manipuler les autres et obtenir telle ou telle chose. Il n’y a pas que la colère qui puisse être ainsi mobilisée par un individu pour obtenir ce qu’il veut. Les enfants par exemples, utilisent souvent la tristesse pour émouvoir et être consolés.
La colère dont je parle, une colère calme si vous me passez l’expression, n’entre pas tout à fait dans ces deux description : il s’agit d’une émotion maîtrisée, utilisée non pour manipuler, mais pour assainir les relations, pour exprimer la vision juste que nous avons de la situation vécue. Dans cette mesure, l’impact négatif qu’elle petu avoir sur les personnes est amoindri du fait de ce qu’elle apporte de positif dans la relation.
Dernier petit mot pour vous remercier de votre appréciation de ce billet, que personnellement je ne juge pas formidable, ce que certains lecteurs semblent avoir décellé...











