Une dépêche de l’agence AP de ce jour, 19 juillet, nous apprend que les fuites radioactives "officiellement reconnues"
ont été plus fortes (+ de 50 % !) que celles annoncées juste après le tremblement de terre qui a frappé la centrale nucléaire japonaise de Kashiwazaki. La polémique gronde au Japon, mais cela peut intéresser l’opinion française...
Commençons par une nouvelle qui ne peut que soulever de nouvelles interrogations sur les faits et les chiffres annoncés depuis lundi : la centrale nucléaire japonaise de Kashiwazaki-Kariwa a été fermée pour le moment et pour une durée indéfinie, par décision du gouvernement japonais.
Et une polémique grandit au Japon après que des experts en radioactivité et des journalistes, emmenés... par le secrétaire général du Parti communiste japonais (PCJ), Kazuo Shii, a mis au jour des mensonges ou omissions initiaux de la part de l’entreprise qui gère le site, TEPCO (Tokyo Electric Power Company), en démontrant que les fuites radiocatives sont bien plus importantes en réalité que celles reconnues au départ, juste après le séisme, mais aussi qu’il y avait maintenant des problèmes quant à la stabilité du sous-sol de la centrale nucléaire.
Un scénario déjà vu quelque part...
Le débat polémique est né de ces découvertes que les dirigeants de TEPCO n’auraient "pas vues de suite" ou "mésestimées à l’origine".
Pour bien apprécier l’importance de ce dossier pour le public français, il faut donner ici une information de départ essentielle : la centrale nucléaire, dont il est fait état, est la plus puissante du monde en termes de production électrique et elle est installée sur une zone sismique connue depuis longtemps.
Elle a été frappée par un tremblement de terre lundi et cela a donné lieu, immédiatement après l’événement, à des rapports et des analyses rassurants émanant de la "seule" direction de TEPCO.
Résumons les déclarations initiales de la direction de TEPCO : "il y a certes des dégâts, mais sans conséquences graves. Nous avons listé une douzaine de points à examiner avec attention. Nous allons les réparer. La fuite radiocative est minime. Nous avons la situation en mains."
C’est donc l’intervention du responsable du Parti communiste japonais, avec des spécialistes scientifiques indépendants et qualifiés, accompagnés par des journalistes, qui a obligé la même direction de TEPCO à admettre aujourd’hui que : les dégâts sont plus importants et profonds que ceux initialement annoncés, la fuite radiocative est bien plus "significative" - bien que sans danger selon elle pour la santé publique (sic !) - et qu’il y avait bien un danger du fait d’une faille dans le sous-sol océanique près de la centrale.
Le résultat de tout ceci est le suivant : la centrale supposée lundi par la direction de TEPCO pouvoir continuer son fonctionnement avec de menues réparations est aujourd’hui complètement arrêtée !
Inquiétudes internationales et soupçons de mensonges initiaux
Il semble même que les révélations du responsable communiste japonais et de son équipe d’experts ont attiré l’attention de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), par leur sérieux et leur véracité.
Son président, M. Mohamed El Baradei, qui se trouvait alors en Malaisie, a immédiatement réagi aux informations de la presse japonaise et aux versions successives de la direction de TEPCO.
Sa réaction est intéressante car il n’ignore pas que les dirigeants de TEPCO ont déjà essuyé, au Japon, et de la part de spécialistes très reconnus, des critiques passées pour leurs informations pas toujours exactes et sincères sur des incidents survenus dans leurs centrales nucléaires.
Il a déclaré : "Ceci (la décision d’arrêt indéfini de la centrale-NDLR) ne signifie pas que le réacteur nucléaire ou le système de fonctionnement aient été endommagés. Je veux espérer et croire que les autorités japonaises seront entièrement transparentes dans les investigations en cours et sur leurs résultats finaux".
Puis, M. El Baradei, ayant dit cela, a proposé immédiatement au gouvernement japonais que des experts de l’AIEA participent aux investigations techniques avec les experts techniques japonais.
Cette dernière proposition pourrait manifester que sa confiance envers TEPCO et les autorités japonaises sera plus acquise si ses propres spécialistes sont inclus dans les équipes d’enquête.
Visiblement, M. El Baradei, qui est un homme de dossier et un responsable prudent, n’a pas toute confiance dans la direction de TEPCO pour faire la lumière intégrale et objective sur le problème, pas plus que dans les autorités japonaises... qui ont souvent, par le passé, laissé sans contrôle public TEPCO annoncer des choses par toujours exactes et vraies.
Les habitants, la mer et la mesure de la radioactivité
M. Katsumata, PDG de TEPCO, est venu sur les lieux inspecter la centrale et ce n’est qu’après sa visite que TEPCO a publié un communiqué qui affirmait que la fuite radioactive dans la mer du Japon était de 50 % supérieure à celle initialement indiquée !...
TEPCO n’a toutefois ni indiqué les chiffres précis ni les méthodes concrètes qui auraient permis de donner ces résultats successivement différents dans le temps, mais la société a présenté ses excuses pour ses "erreurs" antérieures aux chercheurs indépendants qui ont permis de constater que les dégâts étaient plus "substantiels" qu’annoncés aussi lundi et au public mondial de savoir que toute la vérité dite lundi n’était pas... exacte.
Selon un porte-parole de TEPCO, la fuite aurait déversé dans la mer des matières radioactives, mais d’une valeur de, je cite l’auteur, "d’1 milliardième des normes japonaises admises" !
Il sera observé ici, pour l’esprit scientifique des lecteurs, que TEPCO a fait monter la fuite radioactive de 50 % en deux jours, selon ses propres calculs non attestés par personne à ce jour, sans que le milliardième cité ait varié. Curieuse arithmétique !
Par ailleurs, TEPCO a voulu rassurer les 93 500 habitants de la ville de Kashiwazaki, en expliquant que tout va bien et que leur santé n’est pas en danger.On est prié de les croire aussi sur parole, surtout après une erreur avouée de 50 % sur la fuite radioactive, correction non avérée due surtout, de l’avis général, aux recherches indépendantes menées et... publiées.
Connaître les vraies données pour une information honnête
Les géologues-sismologues ont de leur côté indiqué que l’épicentre du séisme avait été identifié à 19 km du réacteur nucléaire. Afin de vérifier la stabilité même du sous-sol sur lequel repose la centrale, des examens en profondeur de celui-ci vont être entrepris.
M. El Baradei a souhaité que le Japon fasse "profiter" l’AIEA de ses résultats sur un séisme ayant frappé une centrale nucléaire afin que l’Agence en tire tous les enseignements.
Pour le moment, il semble plus essentiel d’abord d’avérer les données apportées par TEPCO et de vérifier de manière contradictoire l’importance réelle de la fuite radioactive dans la mer du Japon et ses conséquences générales.
Il sera temps ensuite de déterminer si la centrale pourra ou non redémarrer un jour, sachant qu’une faille sous-marine est située à côté d’elle.
Il s’agit ici encore du droit à l’information honnête des citoyens sur leur santé.
Ce qui est en cause et en débat au Japon sur cette centrale nucléaire est la gestion de l’information ainsi que son exactitude mesurée objectivement.
Cela ne peut qu’intéresser les citoyens français, surtout avec la privatisation d’EDF-GDF qui est susceptible d’apporter en France des problèmes similaires d’information en relation avec leur source et ses intérêts propres.
Source principale de cet article : dépêche AP du 19 juillet 2007- correspondant AP Japon
Thèmes
lire aussi le précédent écrit par Fab :
http://www.naturavox.fr/article.php...
(et les commentaires habituels des "pro à tous crins" qui font preuve d’une irresponsabilité citoyenne sidérante... au 21e siècle. )
Il était évident que l’incendie d’un transformateur à l’intérieur de la centrale était produit par un désordre provoqué au bâtiment et que la centrale ne pouvait être restée "intacte".
La faille est la Pacific Ridge, très active en ce moment.
C’est d’autant plus inquiétant que le séisme (ou les deux séismes pour certains) s’est produit à 349 km de profondeur :
http://earthquake.usgs.gov/eqcenter...
Lors des premières déclarations, il était indiqué que la centrale avait été construite a dessein sur un éperon rocheux... qui c’est bien connu, aussi, ne cèdent jamais en cas de séisme :-))
La carte du séisme publiée par le Monde vaut le coup d’oeil :
http://www.lemonde.fr/web/blog_elem...
Les habitants alentours cesseront-ils de manger pour autant le produit de leurs pêches ? Probablement pas. Et par le jeu des exportations nous pourrions, nous aussi en consommer... Car l’eau radioactive a bien été rejetée dans la nature.
l’"irresponsabilité citoyenne sidérante... au 21e siècle. )" que vous citez me semble bien de refuser la seule solution (du point de vue de la production d’éléctricité) capable de freiner le réchauffement climatique.
Tout cela pour des raisons douteuses... Voir l’article.
Je le répète encore une fois, la catastrophe c’est bien le seisme. Le fait qu’il y ait une centrale nucléaire n’a aucun incident sur l’environnement...
Vous avez remarqué que nos infos font toujours états de "petites fuites" voire de "toutes petites fuites". Nous avons de grosses poubelles, nos chiens font de gros cacas mais les centrales font toujours de petites fuites !
et toujours plus fort dans la dissimulation du risque encouru par la population, les dégâts étaient même si minimes ... que des fûts contenant des déchets radioactifs, un peu chahutés par le séisme, seraient "tombés" et se sont ouverts à l’intérieur de la centrale, voir : http://www.liberation.fr/actualite/...
@fabhyène et tsé
Et à l’inverse, avez vous remarqué que certains on des "gros cerveaux", font des montages énormes et qu’ils utilisent les "petits cerveaux" pour justifier leurs grosses magouilles.
Un exemple ?
Comment justifier de 20GWe d’éoliennes ?
Déjà que représente financièrement une telle abondance d’éoliennes ? Environ 1 million d’Euros par MWe installé soit :
20 GWe = 20 000MWe soit 20 milliards d’Euros
Admettez que cela vaut le coup de lâcher quelques infos alléchantes pour les "petits cerveaux". Avec tous le tapage qu’ils font !!!
Ensuite, parlons écologie (si ce mot veut encore dire quelque chose !) 20 GWe d’éolienne c’est : 20 000MWe / 2MWe (puissance moyenne d’une éolienne constatée à ce jour)
soit : 10 000 éoliennes.
Est-ce que la première des actions écologiques n’est pas de sauvegarder les paysages ? Plutôt que de soulever des faux problèmes avec de fausses informations sur d’éventuelles conséquences...et qui se passent chez les autres, ne pourrait on parler de nos problèmes ?
C’est chez nous, dans nos paysages et en plus avec notre argent...
A quoi ça sert ?
A rien ou plutôt, à enrichir des initiés ou des sociétés off shore...
Parlons technique :
Le nucléaire c’est l’assurance d’avoir une source d’énergie fiable pour de nombreuses années, au moins jusqu’à la mise au point de la fusion.
L’éolien, c’est l’assurance d’avoir de l’énergie lorsqu’il y à du vent. Autrement dit, c’est l’assurance, lorsque les 20 GWe existerons, de mettre à genoux, l’ensemble du réseau électrique par manque de vent car en aucun cas, il n’est prévus des variations de puissance si importantes absorbées par le réseau (la loi impose à RTE une reprise sans coupure de 1500MWe maximum).
Lorsque cela se produira, que diront les "petit cerveaux" ?
Qu’il faut de "gros budgets" pour remédier au problème !
Et qui payera ? Certainement pas les "gros cerveaux"…
Conclusion : il en va de même des "gros cacas" de nos chiens ou de nos "grosses poubelles" !
On peut, à titre individuel, opter pour des chiens plus petit ou avoir des gants pour ramasser leurs déjections ou acheter des aliments avec emballage recyclable afin de minimiser la taille de nos poubelles. C’est à notre portée !
La complexité du fonctionnement de l’énergie en France (ou ailleurs) nous permet moins d’avoir un avis tranché. En effet, comment peut on penser que les concepteurs de cette centrale n’est pas envisagé le pire ?
Comment peut on croire que des futs mal stockés, contenant je ne sais quel produit, puisse mettre en danger les populations ?
C’est la raison pour laquelle, il est important de ne pas utiliser le conditionnel pour des informations aussi importantes. Attendons que les experts aient rendu leurs avis.
Il sera toujours temps de polémiquer !
g.jacquin
Allô, ici, Pandore power
Tous les poissons ne sont pas de muettes tombes ou bien rouges, il y a le poisson d’avril. La télé est comme un bouton manquant, sans fil, y luttent des gorges contre la bête immonde.
(lire la suite sur instants-fugaces.net)












